Intervention communale, Xavier Company

Quid de l’augmentation pérenne des terrasses lausannoises

Question écrite

Depuis plusieurs années, le succès de terrasses éphémères, notamment au bord du lac, se fait sentir un peu partout à Lausanne. L’après-coronavirus permet en plus de voir fleurir des terrasses un peu partout en ville, à la satisfaction des Lausannoises et Lausannois. En effet, l’accueil réservé tant aux lieux éphémères estivaux qu’aux nouvelles terrasses est très positif et devrait nous inciter à faire d’avantage dans cette direction, pour satisfaire à la volonté des habitantes et habitants.

Pour cette raison, nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  1. A ce stade, la Municipalité prévoit-elle de réitérer les années à venir les autorisations étendues pour terrasses qu’elle a délivrées cet été pour les bars, cafés ou restaurants ?
  2. Au vu du succès des terrasses autour de la Place de la Riponne, la Ville envisage-t-elle de mettre à disposition pour des terrasses éphémères ou d’autres activités les espaces autour du Palais de Rumine et sur la parcelle n° 10300 de la Commune de Lausanne (dont la Commune de Lausanne est propriétaire), soit notamment les deux jardins sur “l’avant” du bâtiment et l’espace en demi-cercle à l’angle Nord du bâtiment ?

Xavier Company

Feuille verte, Oleg Gafner, Xavier Company

La vague verte profite au service civil

Nous avons frôlé le pire pour le service civil, mais grâce à nos parlementaires vert·e·s, le Conseil national s’est retourné en quelque jour. Nous faisons le point sur cette saga gagnée dans la dernière session parlementaire d’il y a quelques jours.

Tout est une question de nom. Le service civil est tout d’abord un service, donc un engagement, 365 jours, qui permet aux objecteurs de conscience de mettre leur temps à disposition d’objectifs jugés prioritaires par la Confédération. Heureusement, ce service est civil, il agit donc pour la collectivité. Cet engagement volontaire bénéficie à des structures essentielles, principalement auprès des plus jeunes, des plus âgés ou de la nature, donc au bénéfice de toutes et tous. Peut-être qu’il serait ainsi plus juste de le renommer service de solidarité !

En temps de crise, comme nous venons de la traverser, le service civil est une aide supplémentaire et importante aux EMS et aux hôpitaux. Une aide qui permet notamment de libérer le personnel qualifié pour les soins, donc d’ajouter du personnel en plus dans des équipes qui fonctionnent souvent à effectifs réduits. 

Pour rappel, près de 5’000 établissements bénéficient de l’aide des civilistes dans des domaines de première nécessité. C’est donc un service accru à la population toute entière. Un civiliste aide la paysanne de montagne, un civiliste restaure un biotope, un civiliste accompagne des résidents de homes aux rendez-vous médicaux, un civiliste est parfois médecin et un civiliste garde des enfants. S’attaquer au service civil, c’est déclarer que l’aide aux personnes n’est ni nécessaire, ni un besoin civil.  Alors que l’engagement des civilistes suisses vient de démontrer sa nécessité, aujourd’hui plus que jamais, le Conseil fédéral avait décidé d’en restreindre fortement l’accès, afin d’augmenter le nombre de recrues militaires à la place.

Sur proposition du Conseil fédéral, le National a dans un premier temps accepté de demander aux militaires souhaitant rejoindre le service civil après-coup de patienter douze mois et pour au moins 150 jours de service. Tous auraient dû accomplir une fois et demie le nombre de jours de service militaire. Mais pis encore, les médecins n’auraient plus pu faire de service civil à des postes de médecins (et cela au sortir de la crise du coronavirus).

Le résultat aurait réduit encore davantage l’accès au service civil, et donc la possibilité pour les causes sociales et environnementales de profiter du travail des civilistes et d’atteindre des objectifs impossibles sans cette aide.

Heureusement, le travail de nos parlementaires et la peur du référendum qui avait d’ores et déjà été annoncé par les Vert-e-s, les Jeunes Vert-e-s et CIVIVA ont permis de renverser la majorité du Conseil national et de refuser, en vote final, ces durcissements incompréhensibles.

Une fois de plus, nous constatons que la vague verte des dernières élections fédérales porte ces fruits et permet de faire peser la politique que nous souhaitons aux Chambres sans avoir besoin de passer devant le peuple pour faire gagner le bon sens. Que la vague continue !

Oleg Gafner et Xavier Company

Lausanne

Un avenir préservé pour la campagne de Rovéréaz

Les Vert·e·s lausannois·es apprennent ce jour avec beaucoup de satisfaction que le canton de Vaud a accepté la zone réservée que la Ville de Lausanne avait déposée en avril dernier sur le secteur du Château Fallot dans la campagne de Rovéréaz. Il s’agit d’un pas de plus très important vers la protection intégrale de toute cette campagne, y compris le secteur du Chateau Fallot où un projet de construction de 18 logements de luxe avait été combattu tant par les Vert-e-s, que par les associations environnementales, les riverains, les amoureuses et les amoureux du site.

Cette décision positive du canton vient confirmer le bien-fondé et la justesse de l’action des Vert-e-s qui, aux côtés de la population, se sont engagés sans relâche depuis des années pour préserver un site exceptionnel et cher aux Lausannoises et Lausannois. Nous serons maintenant attentifs aux résultats de la mise à l’enquête publique de cette zone réservée, puis à son acceptation finale, pour que ces parcelles soient classées hors zone à bâtir dans le nouveau plan général d’affection de la Ville de Lausanne, et ainsi préserver cet espace vert unique dans le paysage lausannois.

Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Désinfecter, mais à quel prix?

Interpellation urgente

Afin de lutter efficacement contre la propagation du coronavirus ou de la grippe saisonnière, l’Office Fédéral de la Santé recommande le nettoyage des objets et des surfaces susceptibles d’être contaminés par la toux et les postillons de personnes infectées.[1]

C’est dans ce sens que la Ville de Lausanne s’est engagée dans la mise en place de toutes les mesures sanitaires nécessaires pour faire face à la pandémie du coronavirus. Que ce soit dans la restauration collective, aux guichets d’information, dans les transports publics, dans les structures d’accueil d’urgence, musées et autres installations sportives et publiques, les surface et objets sont régulièrement nettoyés de manière “adéquate” après leur utilisation, en particulier si plusieurs personnes les touchent. Il s’agit notamment des poignées de porte, les boutons d’ascenseur, les rampes d’escalier, les accoudoirs de chaises, les tables, les WC, etc.[2]

Or l’utilisation de puissants désinfectants peut provoquer de graves problèmes de santé aux personnes qui emploient ces produits en cas de mauvaise utilisation. Troubles respiratoires, irritation de la peau ou lésions oculaires sont les principaux risques que peuvent entraîner un mauvais emploi d’un désinfectant ou en l’absence de protections individuelles comme des gants et lunettes de protection.

De plus, un environnement qui serait trop aseptisé ne stimulerait pas suffisamment le système immunitaire freinant la production des anticorps lui permettant de se défendre. C’est pour cela que l’utilisation de détergents désinfectants est déconseillée dans le cadre privé et notamment pour les personnes ayant une défense immunitaire affaiblie.[3] Les résidus de désinfectants dilués de manière incorrecte sur les surfaces pourraient également favoriser la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Par ailleurs, cette désinfection systématique est utilisée dans les écoles et les crèches. Alors que la Ville s’est engagée dans un plan de réduction des perturbateurs endocriniens dans les crèches, l’utilisation systématique de ces produits désinfectants nous semble encore plus problématique dans le contexte de populations vulnérables que sont les enfants.

Enfin, l’utilisation de produits de désinfection entraîne également le problème de sa répercussion au niveau environnemental car les substances chimiques employées peuvent se retrouver en fin de cycle dans les eaux de surface ou dans les eaux traitées par les STEP.

Reste la question des gels ou solutions hydroalcooliques qui font désormais partie de notre quotidien et dont l’usage excessif n’est pas sans danger. En effet, la composition de ces gels peuvent contenir différents additifs, comme des ingrédients antimicrobiens ou des parfums, ayant un impact néfaste sur la santé.

Au vu de ce qui précède, les interpellatrices et interpellateurs remercient la Municipalité de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

  1. Quels sont les différents types de produits de désinfection mise à disposition des employé-e-s de la Ville de Lausanne pour le nettoyage des surfaces et pour la désinfection des mains ?
  2. Est-ce que les employé-e-s de la Ville de Lausanne chargées de nettoyer objets et surfaces ont été informées des dangers de l’utilisation des produits de désinfection et ont-elles reçu une formation ainsi qu’un équipement de protection?
  3. La Ville de Lausanne a-t-elle coordonné la désinfection de ses infrastructures ou a-t-elle délégué aux personnes responsables dans ses différents services ?
  4. Est-ce qu’une attention plus particulière a été prise dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires où les enfants peuvent être directement exposés à ces produits soit par contact ou par inhalation?
  5. Est-ce que les parents ont été informés des produits utilisés dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires ? Est-ce que ces produits ont été analysés pour être en conformité avec les nouvelles mesures contre les perturbateurs endocriniens ?
  6. Est-ce que le Service de l’eau a effectué un suivi analytique sur une potentielle contamination des eaux lausannoises par des substances provenant des produits de désinfection ?
  7. Comment la Municipalité va-t-elle tenir compte des enseignements et des retours du terrain pour organiser le nettoyage des surfaces sans mettre en danger la santé de ses employé-e-s, de la population et en particulier des enfants ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Ngoc Huy Ho, Sara Gnoni, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Sara Soto,       Ilias Panchard


[1] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/hygiene-pandemiefall/gegenstaende-oberflaechen-reinigen.html

[2] https://www.lausanne-tourisme.ch/fr/coronavirus-situation-a-lausanne/

[3] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/gesund-leben/umwelt-und-gesundheit/chemikalien/chemikalien-im-alltag/desinfektionsmittel.html

Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Utiliser les potentialités du solaire thermique pour concrétiser la transition énergétique lausannoise

Postulat

Le chauffage et la production d’eau chaude des bâtiments représentent une part importante de la consommation d’énergie du pays. S’il est bien entendu prioritaire de concevoir un bâtiment parfaitement isolé thermiquement, il est aussi nécessaire de prévoir un système de chauffage adéquat et environnementalement responsable. Celui-ci devra à terme se passer de toutes énergies fossiles pour viser une neutralité carbone de la Ville en 2030[1]. La Loi vaudoise sur l’Energie (LEn) requiert déjà 30% d’énergie renouvelable pour les nouvelles constructions, en laissant le choix de technologie (pompe à chaleur, solaire, bois, chauffage à distance renouvelable) suivant le contexte, mais ce 30% ne concerne que la couverture des besoins d’eau chaude sanitaire, et pas ceux du chauffage.

L’énergie solaire thermique (= faite par des capteurs solaires thermiques et non pas photovoltaïques), considérée dans son ensemble, est l’énergie renouvelable la plus respectueuse de l’environnement pour ce qui est de la production de chaleur nécessaire à nos bâtiments et autres services. Les installations sont en effet composées de matières premières simples et peu problématiques, de longue durée de vie, qui peuvent être facilement réparées, réutilisées, réaffectées ou en dernier recours, recyclée (de l’acier, de l’acier chromé, du cuivre, du bois, du verre, de l’aluminium et du matériel d’isolation sont utilisés). Le fluide utilisé est local, écologique, et incroyablement bon marché : l’eau du robinet.

Que ce soit sur de nouveaux immeubles, pour lesquels le mode de chauffage peut être entièrement conçu selon cette logique, ou pour des immeubles existants subissant des rénovations, nous pensons que le solaire thermique devrait être la règle, et non l’exception. Dans bien des cas, une bonne partie ou la totalité des besoins en chaleur peuvent être récoltés sur les toits et façades, via des appareils et équipements bon marché, techniquement simples, et maitrisés. Les installations solaires thermiques peuvent même être auto-cosntruites. En effet, grâce à la mise en œuvre de la stratégie énergétique fédérale de rénovation des bâtiments (programme bâtiments), les besoins de chaleur, que ce soit pour le chauffage ou l’eau chaude sanitaire, vont drastiquement baisser. C’est un changement de paradigme que l’on observe déjà dans l’habitat individuel (maison passive, Minergie P, etc). Dans ces conditions, le recours au solaire thermique est la solution la plus écologique pour couvrir une partie majeure du chauffage et de l’eau chaude sanitaire, avec des surfaces de capteurs raisonnables.

Concrètement cela peut se faire via des accumulateurs qui peuvent contenir des milliers de litres d’eau. De tels accumulateurs peuvent être disséminés dans la ville et communalisés par quartier ou groupe d’immeubles et répondre, de la sorte, en grande partie, à la demande en chaleur des nouveaux bâtiments ou des bâtiments rénovés (vu leurs besoins en chaleur réduits). Ces accumulateurs peuvent en effet stocker de l’été à l’hiver une grande partie de l’énergie nécessaire. Pour compléter le manque en hiver, une source de chaleur annexe (comme le CAD) sera nécessaire.

Pourtant, la stratégie municipale actuelle au niveau urbain est d’étendre le réseau de chauffage à distance (CAD), actuellement alimenté par la combustion des déchets (TRIDEL), avec un appoint au gaz ou mazout lors des pics de demande. Ces sources de chaleur n’ont pas d’avenir, car elles ne sont pas conformes à une politique climatique répondant à l’accord de Paris. Ces apports du CAD doivent se décarboniser. Pour ce faire, il est souhaitable de combiner un raccordement au CAD avec une source locale de chaleur solaire. Dans ce même but, l’étude de la faisabilité technique d’un réseau dans lequel des immeubles, des particuliers, des coopératives, des industries pourraient réinjecter leur surproduction de chaleur solaire est aussi une solution à étudier.

Via cette stratégie, le solaire thermique pourra assurer une partie majeure de l’approvisionnement en chaleur des bâtiments tout au long de l’année. La mise en œuvre à grande échelle de ce concept dans le secteur suisse de la construction permettra ainsi de contribuer de manière conséquente à un tournant énergétique fonctionnel et local.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité :

  • d’évaluer la faisabilité technique et économique de recourir au solaire thermique selon le concept présenté pour le chauffage et l’eau chaude des bâtiments lausannois et d’en déterminer le rapport coût-utilité,
  • de déterminer le potentiel le plus facilement exploitable pour supprimer toute énergie fossile dans le CAD,
  • d’en organiser une mise en œuvre ambitieuse dans le cadre de sa politique énergétique et urbanistique.

Marie-Thérèse Sangra, Benjamin Rudaz, Valery Beaud, Daniel Dubas, Karine Roch, Jean-Michel Bringolf


[1] Préavis 2019/30 « Stratégie municipale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux changements climatiques

Intervention communale, Valéry Beaud

L’aéroport de la Blécherette est-il une zone de non-droit ?

Interpellation

Le 12 mai 2020, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a mis à l’enquête publique, pour le compte de l’Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA, une procédure d’approbation des plans d’un projet d’implantation d’un bâtiment de 6.05 m de hauteur, de 17.8 m de largeur et de 18.5 m de longueur, d’une surface de 222 m2, répartis sur 2 étages, au nord de l’aéroport de la Blécherette.

Tout d’abord, il est utile de rappeler que l’aéroport de la Blécherette se trouve dans un environnement particulier, de plus en plus urbanisé, et que les nuisances de celui-ci sont de plus en plus contestées par la population, à juste titre d’ailleurs, une étude demandée par la Ville de Lausanne ayant permis de confirmer la gêne occasionnée pour la population riveraine. Il est également utile de préciser que l’extrémité nord de l’aéroport, qui se trouve dans un contexte plus rural, fait partie intégrante du Parc d’agglomération de la Blécherette selon le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), et que des enjeux qualitatifs et d’intégration paysagère doivent notamment être pris en compte par les projets qui s’y développent.

Concernant plus spécifiquement le projet mis à l’enquête, nous tenons tout d’abord à préciser que nous n’avons rien contre le principe d’une installation de simulateurs sur le site de l’aéroport de la Blécherette, pour autant qu’ils permettent de diminuer le nombre de mouvements annuels totaux en plein ciel et les nuisances associées. Or rien n’indique que ce sera le cas à la lecture du dossier d’enquête et de l’article du quotidien 24 Heures du 15 mai 2020, puisqu’il est notamment prévu d’y attirer une clientèle particulière, volant sur des avions Pilatus PC-12, soit entre autres des « élèves et pilotes européens » et des armées « de Finlande et d’Irlande ». Si de tels simulateurs semblent permettre une « diminution de 80% des vols de formation en plein ciel », il ne faudrait pas que le 20 % des vols en plein ciel restant de ces clients qui ne viendraient pas à la Blécherette sans cette infrastructure se fassent ici, ce qui reviendrait cas échéant à augmenter le nombre total de mouvements.

Concernant le bâtiment lui-même, l’emplacement retenu n’est pas conforme au Plan partiel d’affectation n° 661 « La Blécherette » approuvé par le Conseil d’Etat le 28 mai 1993 et à son addenda approuvé par le Département compétent le 26 août 2011 et entré en vigueur le 11 janvier 2012. Le nouveau bâtiment figure en effet très largement hors du périmètre d’implantation des constructions. A notre plus grand étonnement, nous constatons également que les derniers hangars construits sur le site (bâtiments n° 19’597 et 19’598) sont également situés hors du périmètre d’implantation des constructions et sont donc actuellement non conformes.

Outre sa non conformité à la planification, la localisation du bâtiment n’est par ailleurs pas acceptable du point de vue des principes mêmes de l’aménagement du territoire, notamment le mitage du territoire et l’intégration dans le paysage. Le nouveau bâtiment vient en effet s’insérer toujours plus au nord du site, dans un contexte à dominance agricole, et en contradiction avec les objectifs du Parc d’agglomération de la Blécherette. De plus, sa position se trouve à plus d’un kilomètre de l’arrêt de transports publics le plus proche.

Enfin, il est utile de rappeler que la commune de Lausanne est propriétaire du terrain et que la société Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA est au bénéfice d’un droit distinct et permanent de superficie (DDP), qui ne rapporte qu’environ Fr. 60’000.- par année à la Ville de Lausanne, soit seulement quelques 30 centimes par m . Au vu de l’activité projetée dans le nouveau bâtiment, à vocation commerciale, il semble que le montant de cette redevance annuelle devrait être revu à la hausse. Et de manière plus générale que le DDP doit être modifié.

Au vu de ces différents éléments, nous souhaitons poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • La commune de Lausanne étant propriétaire du terrain, la Municipalité avait-elle connaissance de ce projet avant la mise à l’enquête publique ?
  • Si ce n’est pas le cas, comment juge-t-elle ce fait au regard de la relation qui s’était développée ces dernières années avec Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA en marge de l’élaboration du «Protocole d’accord relatif à l’exploitation de l’aéroport » du 2 octobre 2018 ?
  • La commune de Lausanne étant propriétaire du terrain et Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA au bénéfice d’un droit distinct et permanent de superficie (DDP), le superficiant ne doit-il pas donner son accord préalable à tout projet de construction dans l’emprise du DDP ?
  • La Municipalité peut-elle confirmer si la construction de ces nouveaux simulateurs permettra de diminuer le nombre de mouvements annuels totaux sur le site de l’aéroport de la Blécherette et donc les nuisances associées ?
  • Si c’est le cas, cette diminution pourrait-elle être inscrite dans une convention tripartite entre Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA, la société FLY 7 Executive Aviation SA qui va exploiter le nouveau bâtiment et la Ville de Lausanne ?
  • Quelle est la position de la Municipalité face à ce projet qui est situé hors du périmètre d’implantation des constructions du Plan partiel d’affectation (PPA) en vigueur ?
  • Comment la Municipalité justifie-t-elle par ailleurs que les derniers hangars construits sur le site (bâtiments n° 19’597 et 19’598) aient pu être réalisés hors de ce même périmètre d’implantation des constructions ? Sont-ils de fait non conformes?
  • Comment la Municipalité juge-t-elle la localisation du bâtiment projeté par rapport au contexte paysager, à sa situation dans le Parc d’agglomération de la Blécherette et à son accessibilité en transports publics ?
  • La réalisation d’un tel projet à vocation commerciale ne doit-il pas engendrer une renégociation de la redevance du DDP ?
  • Le cas échéant, la Municipalité peut-elle indiquer si le Conseil communal sera saisi de cette modification du DDP par un préavis ?

Valéry Beaud, Daniel Dubas

Intervention communale, Valéry Beaud

Rééquilibrons les emprises sur le domaine public en faveur de la mobilité douce et de la convivialité

Postulat

Ces dernières années, plusieurs initiatives ont été déposées au Conseil communal de Lausanne pour repenser l’espace consacré aux différents usagers du domaine public, notamment dans le but d’augmenter la proportion des rues qui est dédiée aux piétons, aux vélos, aux terrasses, à l’arborisation, etc .1

La mise en œuvre de ces initiatives se voit toutefois souvent opposer l’argument que la largeur disponible de façade à façade dans une rue ne permettrait pas d’offrir une place suffisante à la mobilité douce, à la convivialité ou à la lutte contre les îlots de chaleur urbains. En effet, dans une habitude qui continue d’être la règle, les voies dédiées à la circulation et au stationnement des voitures, voire des bus, occupent la majeure partie de l’espace disponible.

Pourtant, des solutions existent pour revoir la répartition de la rue entre les différents usagers. C’est d’autant plus important que l’on sait que l’existence d’aménagements sécurisés pour la mobilité douce en accroît fortement la part modale.

Si la suppression de places de stationnement en bordure de chaussée peut être une voie intéressante à suivre dans certains cas, ce postulat propose d’explorer des pistes complémentaires, soit l’instauration de sens unique automobile dans certaines rues, la suppression de certaines présélections, voire la fermeture de certaines rues au trafic individuel motorisé.

De manière générale, hors des axes fréquentés par des lignes de bus bidirectionnelles qui n’ont pas de voies dédiées, la mise en sens unique de la circulation automobile permet de gagner une largeur d’environ 3 m, qui devient alors disponible au cas par cas pour élargir un trottoir, créer des pistes cyclables, aménager ou agrandir une terrasse, offrir des espaces de rencontre, planter des arbres, etc. Une circulation automobile unidirectionnelle permet également de diminuer les nuisances sonores, de renforcer la sécurité, de réduire le nombre de conflits entre les usagers de la rue, de faciliter les traversées piétonnes et d’améliorer la convivialité.

Dans le même sens, plusieurs routes aujourd’hui ouvertes au trafic automobile pourraient être fermées et converties, de même que certaines présélections raccourcies ou supprimées.

Il ne s’agit toutefois bien sûr pas là de solutions miracles pour toutes les situations, car elles peuvent engendrer un allongement des distances automobiles parcourues ou un report de trafic sur d’autres tronçons si elles ne sont pas accompagnées de mesures adéquates. Il s’agit toutefois d’une contribution à la limitation du trafic de transit.

Si cette proposition vise en premier lieu à donner plus de place à la mobilité douce (piétons et vélos) et aux espaces publics générateurs de rencontre, de convivialité et de socialisation, elle pourrait aussi dans certains cas permettre d’augmenter l’efficacité des transports publics, notamment sur des tronçons où les bus sont fréquemment bloqués dans le trafic automobile.

Tout en continuant à développer le réseau des rues dont la vitesse est limitée à 20 ou 30km/h, pour lesquelles la différence de vitesse limitée entre les usagers permet un partage des voies de circulation, la mise en sens unique automobile constitue donc un outil parmi d’autres pour rééquilibrer l’utilisation du domaine public, qui peut s’avérer le plus pertinent dans certains cas.

Sur la base des différents éléments exposés ci-dessus, le présent postulat demande donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’instaurer des sens unique automobiles dans certaines rues, de supprimer certaines présélections, voire de fermer certains axes au trafic individuel motorisé, afin d’offrir à la mobilité douce et à la convivialité la place dont elles ont besoin.

Valéry Beaud

Vincent Rossi, David Raedler, Jean-Michel Bringolf, Daniel Dubas, Sara Gnoni , Sima Dakkus

1 notamment postulat de Vincent Rossi et crts « Infrastructures cyclables à Lausanne : pour un Plan Vélo » (2015), postulat de Valéry Beaud « Pour une véritable stratégie de requalification de l’espace public » (2016), postulat de Denis Corboz et crts « De nouveaux destins pour nos places de parking » (2018), postulat de Vincent Brayer et crts « De la route à la rue » (2018), etc.

Lausanne

Candidatures vertes à la municipalité de Lausanne

Elections communales 2021

La période d’appel à candidature verte à la Municipalité de Lausanne, ayant couru du 1er février au 29 février, a abouti avec le dépôt de plusieurs candidatures. Les Vert·e·s lausannois·e·s remercient Xavier Company, Daniel Dubas et Natacha Litzistorf d’avoir fait acte de candidature, et pour l’énergie, les ressources, et les compétences mises au service du mouvement et de ses objectifs verts. Ces trois candidat·e·s vont désormais poursuivre le processus interne d’audition en vue d’une élection en Assemblée générale prévue début septembre.

La vie politique communale lausannoise reprend peu à peu après de longues semaines de gestion de crise, de confinement, de drames mais aussi d’entraide, de solidarité et de chamboulements sociaux. Cette période a fondamentalement démontré que certains enjeux sont trop universels et trop importants pour être gérés au niveau individuel, ou par les lois du marché. Le COVID-19 a nécessité une action collective et forte de l’Etat, coordonnée, finement renseignée par des experts, et communiquée à la population de manière didactique et sérieuse. Les défis qui nous attendent au-delà de cette pandémie sont de nature similaire, avec comme omniprésentes menaces le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

Les Vert·e·s lausannois·es militent pour une société responsable, démocratique, solidaire et ouverte, et ce à tous les niveaux, dont le niveau communal. Nous souhaitons que Lausanne, fraîchement baptisée capitale du climat en 2019, mérite son nom, et prenne de façon exemplaire et proactive le virage de la durabilité forte, écologique et sociale. Il faut pour cela réélire ou élire des personnes déterminées pour porter ces dossiers et concrétiser ce virage urbain et humaniste. Cette prochaine élection marquera la fin du mandat de Jean-Yves Pidoux, après trois législatures engagées au service des habitant·e·s et des causes vertes en ville de Lausanne. Son énergie, ses compétences et son analyse fine ont énormément apporté à la Ville et aux Vert·e·s, qui lui doivent beaucoup pour l’ensemble de son engagement tant communal que cantonal !

Suite à un appel à candidatures lancé aux membres en février, trois personnes se sont annoncées (par ordre alphabétique):

Xavier Company, 32 ans, conseiller communal depuis 2016 et co-président des Vert·e·s lausannois·es depuis 2017, exerce comme avocat au Barreau après avoir suivi une formation en droit et économie à l’Université de Lausanne. Il s’investit activement au sein des Jeunes Vert·e·s et des Vert·e·s depuis près de 10 ans, d’abord à la vice-présidence des Jeunes Vert·e·s vaudois·es, au comité des Jeunes Vert·e·s suisses, puis des Vert·e·s lausannois·es avant d’être élu à la co-présidence. En parallèle, il a développé des expériences et engagements entrepreneuriaux, civilistes et associatifs, notamment au sein de la Brasserie Docteur Gab’s, de l’ATE et de

l’association EyesUp (association active dans la lutte contre le harcèlement sexuel). Ses thèmes de prédilection sont l’énergie, l’égalité, le sport, le social, la mobilité et la sécurité.

Daniel Dubas, 42 ans, conseiller communal depuis 2014, a une formation en sciences politiques et en urbanisme. Cadre supérieur à la Confédération et membre de la direction de l’Office fédéral du développement territorial (ARE), il est actuellement Délégué du Conseil fédéral à l’Agenda 2030 pour le développement durable. Très actif au sein du délibérant lausannois, il a été successivement vice-président des Vert·e·s lausannois·es, chef de groupe et membre de la Commission des finances, entre autres. Ses sujets de prédilection sont notamment les questions de développement durable, l’urbanisme, la mobilité, l’environnement, l’énergie et les finances publiques.

Natacha Litzistorf, 51 ans, est politologue, ancienne présidente des Vert·e·s lausannois·es et conseillère communale depuis 2008, organe qu’elle a présidé en 2013. Elue Municipale en 2016, elle est en charge la direction du logement, de l’environnement et de l’architecture. Durant cette législature, ses dossiers principaux ont été: la création d’un morceau de ville autour de la gare (Pôle Gare), la végétalisation de la ville avec un accent sur l’arborisation, l’émergence d’une agriculture écologique, la construction de logements et d’infrastructures pour tous et toutes, l’assainissement énergétique, la numérisation au profit des administré.e.s et la participation de la population.