Intervention communale, Xavier Company

Un premier pas vers un espace public égalitaire

Postulat

Notre espace public reflète l’image de la société qui le crée. Chaque individu y est en effet confronté, qu’elle ou il le veuille où non, et c’est dans cet espace public que se font la plupart des interactions sociales. Son organisation, de même que les images qu’il renvoie, ont donc une importance particulière dans la mesure où elles nous sont inévitablement imposées. Dans un mouvement inverse, ces images forgent, consciemment ou, surtout, inconsciemment, notre compréhension de l’espace qui nous entoure et donc de notre société.

En l’état, il semble clair que cet espace public est créé par les hommes et pour les hommes… et plus précisément les hommes d’un autre temps. Priorité absolue aux voitures, largeur des trottoirs, mise en avant des infrastructures dites « masculines » ou à utilisation majoritairement masculine, nomenclature des rues, omniprésence des sports masculins, manque de prise de conscience des problématiques telles que le harcèlement de rue dans la réflexion urbanistique, jusqu’aux images sur les panneaux de signalisation (sans parler de la publicité – bien entendu), tout dans l’environnement citadin qui nous est imposé met les hommes en avant et les femmes en retrait (l’effet est donc doublement «efficace»).

Sur ce dernier point, nos collègues Genevois-es ont su trouver une réponse adéquate pour rétablir une forme de parité à moindre coût mais à haute valeur symbolique : celle de remplacer une partie des jeunes hommes figurant sur les panneaux de signalisation pour piéton par une femme, un couple de femmes, une femme enceinte ou une personnage âgée, toutes avec des silhouettes différentes.

En effet, la société n’est pas faite que de jeunes hommes avançant de manière déterminée sur un passage piéton, et notre signalisation doit en montrer sa diversité. On peut aussi imaginer d’autres panneaux de signalisation qui pourraient être rendus plus égalitaires (comme les zones de rencontre) et d’autres profiles sociaux tels que des enfants, un homme et un enfant, une famille, un couple d’hommes ou une personne à mobilité réduite, parce que tout le monde emprunte nos passages pour piéton-ne-s ou nos rues et il n’y a pas de raisons que l’image renvoyée soit uniquement celle d’un jeune homme avançant sans peine, seul, regardant droit devant lui. Une telle modification serait en plus vraisemblablement assez facile à mettre en place, soit en en apposant, par exemple, des autocollants avec les nouveaux motifs sur les panneaux existants lorsque c’est possible, ou en les remplaçant lorsqu’un autocollant ne suffirait pas ou ne serait pas conforme.

Par ce postulat, nous demandons donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité de rendre ses panneaux de signalisation plus égalitaires afin de refléter la diversité des personnes dans la société.

Xavier Company

Intervention communale, Sara Gnoni

Quels plans pour 2020 en attendant le plan climat?

Question écrite

Il est demandé une réponse urgente à la présente question écrite compte tenu de l’urgence climatique et environnementale déclarée par la Ville de Lausanne.

Le 17 janvier, nous fêtions le premier anniversaire de la Grève du Climat. 10’000 personnes sont encore descendues dans la rue pour demander les actions nécessaires pour nous assurer un avenir à toutes et tous. La pression de la rue n’a pas diminué car aucune action concrète, à la hauteur de l’enjeu, n’a été prise, à aucun niveau. L’année 2019 a été la plus chaude jamais enregistrée, les émissions de gaz à effet de serre ont également battu tous les records, la vie et la biodiversité continue sa chute libre et l’année a laissé sa place à 2020 pour de nouveaux records, comme nous avons déjà pu le constater avec le mois de janvier, le plus chaud de l’histoire.
Par ailleurs, le programme de l’ONU pour tenter d’endiguer la sixième extinction de masse demande de protéger au minimum un tiers du
territoire mondial d’ici 2030.

Rappelons qu’en octobre 2019, le Conseil communal de Lausanne avait également entériné l’urgence climatique et environnementale et la Municipalité a annoncé qu’elle allait prendre toutes les mesures nécessaires pour y faire face, notamment en atteignant la neutralité carbone en 2030.
Rappelons également que, pour respecter l’objectif de contenir les températures en dessous des 1.5°C, les émissions doivent diminuer de 7.6% par an dès 2020.

Le plan climat de la Ville de Lausanne nous sera livré fin 2020 selon les conclusions amendée du rapport-préavis 2019/30 et les mesures mettront ensuite nécessairement du temps à être implémentés.

Au vu des éléments ci-dessus, nous posons la question suivante à la
Municipalité:

Quelles mesures immédiates la Municipalité va-t-elle prendre pour respecter la baisse des émissions d’au moins 7.6% en 2020 demandée pour atteindre l’objectif de 1.5°C maximum d’augmentation de la température pour nous assurer un avenir dans des conditions encore supportables ? Par exemple, la Municipalité va-t-elle décourager significativement le trafic en transport individuel motorisé dans les mois qui viennent ou prendre des mesures pour se rendre exemplaire dans sa restauration collective en diminuant, voire en éliminant, les produits provenant d’animaux, donc directement ou indirectement responsables de la déforestation ?

Sara Gnoni