Intervention communale, Karine Roch

Rénovation et densification d’un immeuble de logements à loyers modérés, et création d’appartements neufs supplémentaires, chemin de Cassinette 17

Intervention

Préavis 2019/40

La rénovation de ce petit immeuble datant des années ’60 est un condensé des bonnes pratiques en matière de rénovation §et de densification intelligente. Le travail sur les typologies des logements permet de garantir la mixité sociale et fonctionnelle avec des appartements en marché libre et à loyer modéré ainsi que par l’ajout d’une surface commerciale.

Les quelques locataires restant dans les appartements non reloués depuis 2015 ont été relogés dans les règles de l’art.

La problématique de l’amiante a été soigneusement traitée.

Le projet a nécessité de nombreuses discussions entre la coopérative Cité-joie et les partenaires commune et Canton pour fixer les modalités de subventionnement.

La valeur du droit distinct et permanent de superficie a été réévaluée à 1’300’000 chf., permettant de percevoir une redevance de 5% au terme des travaux en remplacement du DDP accordé gratuitement auparavant.

En ce qui concerne les aspects énergétiques, les besoins en chauffage seront réduits de 45% par rapport à la norme SIA 380/1. Malheureusement pour des raisons de configuration du bâtiment le choix s’est porté dur une chaudière à gaz. Au niveau thermique, nous regrettons aussi que n’aient pas été posés des capteurs solaires thermiques. (1)

Enfin, bien qu’il soit prévu des places en sous-sol, nous mentionnons qu’il est important aussi que le vélo ait sa place de stationnement en surface afin de faciliter son usage au quotidien.

(1) En réalité, dans sa dernière version soumise au BPC, le projet comprend 20 m2 de capteurs solaires thermiques qui sont intégrés sur le plan des aménagements extérieurs.

Karine Roch

Intervention communale, Karine Roch

Rapport sur la gestion municipale 2019 et rapport 2019/35 initiatives et pétitions en cours de traitement, situation au 30 juin

Intervention

Comme chaque année la commission de gestion examine le rapport de gestion de la Municipalité et rédige ses observations. Effectivement cette année elle a accepté toutes les réponses données par la Municipalité.

Et puis cette année il est à signaler que sur la demande de quelques uns de ses membres, la Coges a pu suivre un cours donné par le Centre d’éducation permanente, qui est aussi prestataire de formation pour les employés de la Ville, En effet, en tant que commissaires de la Coges, nous nous posons souvent la question de comment nous pouvons améliorer la clarté et la pertinence de notre compte-rendu des visites des services de l’administration. Quels sont les indicateurs qu’il est pertinent de retenir, comment prendre un peu de recul et ne pas faire une redite du rapport de gestion de la Municipalité? Est-ce bien nécessaire chaque année de procéder de manière systématique à la visite de tous les services des directions? Ne vaut-il pas mieux dégager des thématiques transverses? En bref, comment valoriser ce rapport de la Coges, qui est public est accessible à tous les citoyen-nes mais qui est bien destiné avant tout aux membres de ce Conseil. 

Nous nous sommes exercés aussi à examiner les tâches effectuées par les services en termes de prestations fournies à la population ou à l’interne. Tout en remarquant que nos initiatives de conseillères et conseillers communaux vont dans le sens, souvent, d’étendre le nombre et l’intensité de ces tâches.

En tous les cas, lors de ce cours, les membres de la Coges ont tous souligné que le partage des problématiques rencontrées a été instructif et ont souhaité pouvoir maintenir et développer cet aspect.

Concernant le rapport sur les retards dans le traitement des initiatives et pétitions, a déploré qu’il n’y a pas de justifications motivées. La Municipalité est invitée et s’est engagée à motiver les raisons de ces retards lorsqu’ils ont des causes identifiables – autres que la surcharge de travail des services.

Au sujet des observations, la Coges gardera un oeil attentif sur le processus du traitement des mises à l’enquête. 

En tant que commissaires de la Coges, nous nous posons souvent la question de comment valoriser notre rapport des visites des services de l’administration. Comment ne pas en faire une redite du rapport de gestion de la Municipalité? Car si ce rapport est public et accessible à tous les citoyen-nes, il est bien avant tout destiné aux membres de ce Conseil.

Karine Roch

Ilias Panchard, Intervention communale

Contribuer à l’ouverture du Sleep-In le dimanche en journée ?

Question écrite

Lors de l’hiver 2018, l’accueil de nuit à Lausanne s’est renforcé avec l’ouverture du Répit, un lieu ouvert pour accueillir les personnes qui ne trouvent pas de place pour passer la nuit en hébergement d’urgence. Le Répit est soutenu par la ville et bénéficie d’un fort soutien au sein du Conseil communal. Sans compter que de nombreux-ses conseillères et conseillers communaux soutiennent un renforcement de l’offre et des horaires de l’accueil de nuit.1

Après y avoir passé la nuit, les usagères et usagers doivent quitter les structures d’accueil de nuit. L’enjeu pour les plus précaires est donc de trouver un lieu où il est possible de s’abriter gratuitement en journée. À Lausanne, depuis 2012, une structure est ouverte en journée du mardi au samedi. Cependant, aucune structure n’est ouverte le dimanche.

Pour pallier à cette absence, le Sleep-In a mené un projet pilote entre avril et juin 2019 en ouvrant ses locaux le dimanche. En outre, l’association y proposait plusieurs services (repas, soins, coiffure, aide administrative). L’offre a rencontré un francs succès, plus de 600 personnes en ont profité, mais elle n’a hélas pu être pérennisée faute de moyens.

L’association vient de lancer un appel aux dons en ligne et en appelle à la générosité des citoyennes et citoyens afin de pouvoir étendre son action de solidarité au dimanche. Le financement recherché est de 46’380 francs par an.

Vu les éléments qui précèdent, les co-signataires adressent la question suivante à la Municipalité :

  • La Municipalité est-elle prête à contribuer financièrement à l’élargissement des horaires d’ouverture du Sleep-In, ou, tout du moins, à s’engager à contribuer à ce projet à hauteur d’un montant équivalent à la différence entre le budget nécessaire (46’380.-) et l’argent collecté par l’association Sleep-In grâce à la générosité des citoyen-ne-s ?

Ilias Panchard

1 « Logement d’urgence et plan grand froid: Quelles mesures prévues pour l’hiver prochain ? »
Interpellation urgente, Claude Calame et Ilias Panchard, 27 octobre 2018

Ilias Panchard, Intervention communale

Fermetures des postes : ça suffit !

Intervention

Chères et chers collègues,

Nous touchons ici, hélas, aux limites des possibilités d’action du Conseil communal et même de la Municipalité, comme l’a fait remarquer le Syndic dans ses réponses aux questions.

De plus, la ville est démunie et ne peut aucunement agir sur ce qui touche aux conditions de travail dans ces nouvelles agences en partenariat.

Ce qui est scandaleux, c’est que la poste avance masquée et, contrairement par exemple aux CFF, elle ne met en place aucune consultation réelle des communes. La poste met les pouvoirs publics face au fait accompli. Cela se fait partout en Suisse aux dépens des habitant-e-s des quartiers. Tout en enrobant ses pratiques déloyales dans une communication moderniste et libérale : filiale modernisée, agence en partenariat, services renouvelés et j’en passe.

Concernant les dites agences en partenariat, en tant qu’habitant de l’avenue d’Echallens, je peux vous dire qu’un service indispensable va être perdu. Car comme l’a dit le Syndic, je le remercie d’ailleurs pour la clarté de ses interventions, les services rendus dans un office de poste ne peuvent pas être les mêmes que dans ces “agence en partenariat”.

Je pense ici aux familles, aux personnes âgées et aux nombreuses personnes qui utilisent chaque semaine les nombreux services postaux en se rendant au guichet. Faire croire que l’immense majorité n’utiliserait presque plus les services postaux est un mensonge éhonté. Les chiffres parlent d’eux mêmes et, au delà des chiffres, un service public ne devrait pas pouvoir décider d’abandonner des communes ou des quartiers.

Enfin, sur les livraisons, je rejoins l’analyse de notre collègue Gaillard sur les transports de colis et autres livraisons en ville. Nous sommes d’ailleurs intervenus récemment avec un postulat sur le fret à ce sujet (mettre lien postulat Benjamin sur les transports en ville). Tant de choses sont imaginables pour éviter de continuer à laisser une ville pleine de camionnettes de livraisons se développer… De réelles synergies sont par exemple imaginables entre la poste et les CFF, ce qui correspondrait aux missions d’un vrai service public.

L’essentiel se joue aux chambres fédérales… tant que le cadre légal fédéral ne sera pas modifié nous ne pourrons rien faire à la source !

Sauf intervenir, manifester, dénoncer, tenter de sauver des offices au niveau local… Ce sera dans tous les cas un combat de longue haleine et nous aurons à coup sûr l’occasion d’en reparler dans ce conseil !

Ilias Panchard

David Raedler, Intervention communale

Faudrait-il remplacer l’autoroute de la Maladière par un Boulevard Olympique ?

Interpellation

L’histoire de Lausanne est intimement liée à l’Exposition nationale suisse de 1964 qui avait pris place sur les rives du Lac Léman. Plusieurs de ses vestiges demeurent encore aujourd’hui, dont l’Esplanade des Trois Suisses et ses fameuses pyramides, l’Espace des inventions à la Vallée de la jeunesse ou encore le Théâtre de Vidy. Trois lieux emblématiques qui bénéficient encore aux lausannoises et lausannois. Il demeure toutefois également un autre vestige direct de l’Exposition auquel on pense souvent moins, malgré une incidence bien plus marquée sur la vie des lausannoises et lausannois : le tronçon autoroutier A1 entre Genève et Lausanne.

Première autoroute mise en service en Suisse, cette partie de l’A1 se trouve encore aujourd’hui au centre des débats et discussions urbanistiques de la région et agglomération lausannoise. Ceci notamment en raison du tronçon A1a qui relie Crissier à la Maladière et représente un cas unique à l’échelle Suisse « d’autoroute cul-de-sac ». Ce tronçon d’autoroute avait en effet à l’origine été pensé pour permettre le contournement sud de la Commune de Lausanne, permettant de relier l’Ouest lausannois à l’autoroute A9 débutant à Lutry. Ce projet, notamment lié à celui intitulé « bretelle de la Perraudettaz », aurait impliqué la création d’une voie autoroutière aux bords du Lac Léman rejoignant les hauts de Lutry, en passant par Bellerive et Ouchy1. Aujourd’hui encore d’ailleurs, les abords de l’Avenue de Rhodanie conservent quelques traces de ce projet, dans la mesure où l’on peut encore y apercevoir la ligne qui était prévue pour accueillir la continuation du tronçon A1a.

Cette particularité de l’A1a a toutefois des conséquences importantes en termes urbanistiques pour la Commune de Lausanne. Le quartier de Cour-Maladière faisant aujourd’hui partie du tissu urbain dense de Lausanne, le tronçon A1a représente une autoroute urbaine offrant un accès direct au centre-ville de Lausanne, entraînant essentiellement deux types de conséquences.

En termes de circulation tout d’abord, cela amène un grand nombre de véhicules dans une zone densément peuplée, avec des conséquences négatives directes sur la santé des habitantes et habitants par la pollution et le bruit impliqués, en plus de la péjoration de la vitesse et desserte des lignes de bus qui doivent circuler par l’Avenue de Cour, qui subit une fréquente congestion du trafic en conséquence de sa continuité directe avec le tronçon autoroutier. Cet accès direct au centre-ville de Lausanne peut par contre aussi être perçu positivement par le fait qu’il permet d’amener rapidement les véhicules sur une voie autoroutière, d’une façon pouvant alléger la circulation de transit dans les quartiers d’habitation.

Sous l’angle des infrastructures concernées ensuite, la qualification autoroutière du tronçon A1a impose des constructions de grande envergure et empêche une utilisation multimodale impliquant également les transports publics, les cycles et les piétons. Les « coupures » du tronçon sont par ailleurs impossibles, limitant ainsi les intersections possibles avec les routes alentours et provoquant un effet de coupure dans les quartiers concernés. Son impact sera encore plus important pour les futurs habitants de l’éco-quartier des Près-de-Vidy, qui verraient leur qualité de vie et la valorisation de leurs terrains grandement augmenter avec une requalificaiton de ce tronçon. Enfin, par sa situation, l’autoroute empêche de mettre en valeur le bâti et certains symboles de la Commune, dont le nouveau bâtiment abritant le siège du Comité International Olympique (CIO) et le site des ruines romaines.

La thématique d’une requalification du tronçon A1a a déjà été discutée et examinée à plusieurs reprises – à chaque fois sans aller jusqu’au bout du processus. Tel a d’abord été le cas durant la première partie des années 2000, à l’échelle du Schéma Directeur de l’Ouest Lausannois. Ensuite, cette requalification a également été examinée lors de l’élaboration du Plan OPair 2005 en tant que mesure visant à limiter la pollution atmosphérique provenant des transports de personnes2, puis encore lors de l’élaboration du projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM).

Concernant spécifiquement le Conseil communal, cette éventualité a été discutée par une Commission du Conseil communal en juillet 2013 suite à un postulat déposé par la Conseillère communale Elisabeth Müller3. Plusieurs projets de requalification de routes avaient alors été évoqués par le Municipal en charge (dont ceux liés à l’Avenue du Chablais et à l’Avenue de Provence, ainsi qu’à la Rte de Chavannes) pour expliquer qu’une requalification du tronçon autoroutier était « pour l’heure exclue ». A l’appui de cette exclusion, il avait également été fait mention des conséquences qu’une telle requalification aurait sur (i) l’accès des transports individuels motorisés (TIM) à la ville, (ii) des conséquences sur le voisinage et (iii) des répercussions financières pour la commune. La diminution de la circulation en ville pour l’année 2010 avait aussi été mentionnée4. Devant les promesses de requalification, le postulat en question avait fini par être retiré par la posultante.

Par la suite encore, en janvier 2016, la Ville de Lausanne a mandaté les bureaux Transitec Ingénieurs-Conseils SA et GEA – Valloton & Chanard SA pour établir une étude démontrant le potentiel urbain du secteur de la Maladière au sud-ouest de la ville. Cette étude avait pour objectifs de proposer plusieurs scénarios de densifications et requalifications, intégrant la requalification du dernier tronçon d’autoroute A1a en boulevard urbain ainsi que la restructuration du site pour accroître l’attractivité en transports publics et en modes doux. Ce rapport a été pris en compte notamment dans le cadre de la planification directrice d’un écoquartier aux Prés-de-Vidy effectuée en février 2017.

Dans l’ensemble, la requalification des axes routiers dans le but de réduire l’emprise routière au bénéfice du développement des modes alternatifs durables (transports publics, mobilités douces) constitue l’une des mesures principales prônée dans le cadre de la planification et de la gestion du réseau routier à l’échelle du Canton de Vaud ainsi que de l’agglomération lausannoise, notamment par le PALM. Concernant principalement les routes cantonales, ces mesures doivent également pouvoir être reportées sur le réseau de routes nationales lorsque cela se justifie au regard des spécificités de chaque cas.

L’OFROU ayant mis à l’enquête au mois de novembre 2018 la construction de nouvelles jonctions autoroutières portant notamment sur le tronçon A1a, les éventuels changements qui y seraient apportés doivent être examinés au plus vite. Parmi les alternatives au maintien et au développement du tronçon A1a en tant qu’autoroute, l’éventualité de sa requalification en « boulevard urbain » doit aussi être prise en compte. Les avantages d’une telle requalification, qui peut revêtir différents habits possibles (notamment route nationale ou cantonale), emporteraient entre autres une accessibilité aux transports publics et à la mobilité douce, une réunion du bâti urbain, un franchissement des quartiers existants en direction du lac et la possibilité de créer un véritable « Boulevard Olympique » mettant en valeur l’héritage olympique de la Commune. Cette requalification apporterait également une amélioration significative pour le développement du futur écoquartier des Prés-de-Vidy.

Questions :

  1. La Municipalité dispose-t-elle de chiffres et données analytiques sur les conséquences du tronçon A1a en lien avec son territoire, notamment (i) sur la santé des riverains (pollution et bruit), (ii) le nombre de véhicules entrant dans la Commune de Lausanne qui sont induits par la présence de ce tronçon autoroutier, (iii) les reports de véhicules par rapport à d’autres voies d’accès et de routes sur territoire de la Commune ainsi que dans l’agglomération, ou encore (iv) les effets urbanistiques du tronçon sur le bâti environnant et le développement des infrastructures dans les quartiers Sud-Ouest de la Ville ?
  2. La Municipalité a-t-elle d’ores et déjà examiné la possibilité et les effets d’une requalification du tronçon A1a sur son territoire ? Ceci y compris par rapport à l’utilisation possible de ce tronçon par les transports publics, les cycles et les piétons, ainsi que pour les moyens d’accessibilité aux Hautes Ecoles ou au futur éco-quartier des Près-de-Vidy.
    a) Si oui : quels en ont été les résultats et conclusions par rapport notamment à tous les éléments visés sous la question 1 supra ?
  3. Quel est l’état d’avancement des mesures de requalification qui étaient en cours d’étude dans le périmètre tels qu’annexés au Rapport de la commission n° 42 chargée de l’examen du Postulat de Mme Elisabeth Müller « Un sud-ouest trop perméable aux TIM », notamment l’Avenue du Chablais, l’Avenue de Provence et la Rte de Chavannes ?
  4. Quelles ont été les conclusions du rapport établi par les bureaux Transitec Ingénieurs-Conseils SA et GEA – Valloton & Chanard SA sur mandat de la Ville de Lausanne par rapport à l’éventualité d’une requalification du tronçon autoroutier A1a ?
  5. La Municipalité a-t-elle d’ores et déjà engagé des discussions avec le Canton de Vaud et/ou l’OFROU et/ou les autres Communes de l’Ouest lausannois en lien avec la possibilité de requalifier le tronçon A1a ?
  6. La Municipalité estime-t-elle qu’une requalification du tronçon A1a améliorerait la desserte au futur éco-quartier des Près-de-Vidy pour les transports publics et la mobilité douce et, partant, son impact en vue d’une qualification de société à 2000W ?
  7. La Municipalité a-t-elle échangé à ce sujet avec des personnes privées et partenaires directement affectés par le tronçon A1a, dont (i) le CIO, (ii) les associations de riverains et (iii) les entreprises privées directement concernées ?
  8. La Municipalité a-t-elle évalué la possibilité de créer un « Boulevard Olympique » permettant de mettre en valeur le siège du CIO sur son territoire, notamment impliquant une requalification du tronçon A1a ?
  9. La position de la Municipalité est-elle influencée par les projets de construction de nouvelles jonctions autoroutières mises à l’enquête en novembre 2018 et l’opposition faite par la Commune de Lausanne ?

1 Voir Archives cantonales vaudoises, SB 281/2/39-47 « Projet de bretelle autoroutière faisant la liaison entre l’ouest lausannois et l’autoroute A9, dite “bretelle de la Perraudettaz” ». Voir aussi 24heures, article du 19 juin 2019 « L’histoire d’Ouchy relie Weber et Delamuraz dans un drôle de drame ».

2 Plan des mesures OPair2005de l’agglomération Lausanne-Morges adopté par le Conseil d’Etat le 11 janvier 2006, p. 29 ss.

3 Postulat Elisabeth Müller « Un sud-ouest trop perméable aux TIM » du 12 mars 2013.

4 Dans l’ensemble, Rapport de la commission n° 42 chargée de l’examen du Postulat de Mme Elisabeth Müller « Un sud-ouest trop perméable aux TIM ».

David Raedler

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Parc naturel périurbain lausannois

Intervention

Mesdames et Messieurs, on sait aujourd’hui que la diversité écologique renforce la stabilité, la vitalité et la résilience des forêts. De la lecture du rapport préavis on retiendra que le massif forestier du Jorat joue un rôle écologique de première importance en tant que réservoir faunistique càd qu’elle offre les qualités nécessaires du point de vue de la taille et de la diversité des milieux pour que les communautés animales et végétales puissent y vivre, s’y reproduire et s’y multiplier. C’est donc à partir de ce réservoir faunistique essentiel pour la conservation des espèces que les animaux et les plantes vont ensuite se disperser pour aller coloniser d’autres sites en utilisant les ruisseaux et les cordons forestier comme trames vertes et permettre les échanges génétiques qui sont nécessaire à la survie des espèces à long terme.

Dans le canton de Vaud l’objectif d’améliorer l’intégration et la protection des milieux naturels dans l’aménagement du territoire et en particulier d’augmenter les surfaces réserves forestières n’est pas une idée récente, mais a déjà été énoncé en 2004 par le Conseil d’Etat dans son document la Nature Demain. Dans le plan d’action biodiversité 2019-2030, le canton de Vaud se fixe pour objectif 10% de réserves forestières et prévoit en plus d’ajouter dans chaque région biogéographique une réserve forestière de plus de 500 ha. Ces mêmes objectifs se retrouve dans les priorités de la politique forestière du canton 2006-2015. Fin 2018 il n’y avait que 3 % de la surface forestière vaudoise affectées en réserve.

C’est dire d’une part que ces objectifs de remettre la nature au cœur de nos milieux naturels n’est pas une lubie d’écolo en mal de verdure, mais s’inscrit dans une tendance sociétale de plus en plus marquée qui s’appuie sur des connaissances scientifiques pointues, et une conscience écologique de plus en plus développée au sein de la population qui recherche certes des zones de détente en plein air, mais qui aussi prend conscience de la pression accrue qu’exerce cette fréquentation sur les milieux et des espèces en régression constante.

Les manifestations des jeunes activistes pour le climat rappellent l’importance de la conservation de cette biodiversité à chacune de leurs apparition.

Choisir une zone centrale, ce qui signifie renoncer à toute exploitation forestière pendant 50 ans et en limiter l’accessibilité, c’est s’inscrire dans une perspective temporelle qui se rapproche un peu de celle de la biodiversité. Il est important de prendre conscience que le cycle naturel de la vie d’une forêt se rapproche plus du demi-siècle que des horizons temporels de l’économie humaine. Dans une forêt exploitée, le cycle de vie de la forêt s’interrompt au mieux après 80, voire 100 ans, alors que l’espérance de vie d’un chêne ou d’un hêtre est de l’ordre de 500 ans. L’approche économique de la forêt interrompt le « vie » d’une forêt au stade de sa vie de jeune adulte, privant l’écosystème de toutes les étapes ultérieures d’une forêt naturelle et en particulier faisant renoncer à toutes les étapes du vieillissement de la forêt. Les forêts que nous connaissons ne sont donc pas des forêts équilibrées, mais des forêts dépourvues de vieux arbres, d’ilots de sénescence, de bois mort ou d’arbres habitats, etc. Toutes les espèces dépendantes de ces milieux absents de nos forêts ont donc fortement régressé et se retrouvent sur les listes rouges des espèces menacées de Suisse. On est obligé de rappeler que la Suisse compte davantage d’espèces et de milieux naturels menacés que la plupart des autres pays européens selon les études de l’OCDE ( Le Temps titrait à ce sujet la Suisse bonnet d’âne de la biodiversité et des zones protégées).

Et je m’arrête là dans cette liste des menaces sur la biodiversité pour ne pas chagriner Monsieur Carrel par cette argumentation apocalyptique. Ce qu’il faut bien comprendre dans ce bilan du passé en matière de biodiversité, c’est que les espèces animales et végétales meurent lorsque leurs espaces de vie disparaissent.

C’est à ce constat que veut répondre le projet de parc du Jorat. Laisser la zone centre évoluer au rythme de sa dynamique naturelle sans intervention humaine c’est laisser réapparaître les milieux typiques d’une forêt naturelle où pourront se développer les communautés animales et végétales. On ne contestera pas que des efforts importants ont été fait ces 20 dernières années et l’abandon du concept de la forêt propre en ordre a déjà été une grande victoire pour la nature. On laisse aujourd’hui un peu plus de bois mort, mais les proportions actuelles sont encore insuffisantes : Dans une forêt à l’état naturel il y a 100 à 150 m3/ de bois mort / ha, il en faudrait selon les étude scientifique au moins 40 m3/bois mort / ha, alors qu’actuellement on trouve à peu près 20 m3/bois / ha, voire seulement 15 m3 bois mort / ha dans les endroits facilement accessibles à l’exploitation. 25 % des coléoptères suisses ont besoin de bois mort pour survivre.

Pourquoi faire plus ? je pense avoir déjà expliqué le fonctionnement naturel d’une forêt, mais j’aimerais répondre à la remarque de l’auteur du rapport de minorité qui invoque la forêt saine et productive. De quelle bonne santé parlez-vous ? si vous parlez de la bonne santé d’un écosystème naturel alors non, ce que vous prônez ne correspond pas à la bonne santé de la forêt. Si vous parler de la bonne santé d’une plantation de bois cad du porte-monnaie des propriétaires forestiers qui exploitaient à l’époque leur forêt, alors oui on peut parler d’une bonne santé économique. Vous évoquez aussi la loi forestière de 1902, une époque où il n’y avait simplement plus de forêt en Suisse. Depuis lors les choses ont évolué et une nouvelle loi sur les forêts de 1991 a placé sur pied d’égalité les quatre fonctions prêtées à la forêt : la production, la protection, la biodiversité et le délassement. Dans une forêt naturelle avec des arbres de tous âges et surtout des essences adaptées à la station, les parasites ne prennent pas le dessus. La forêt fait face, se régénère et est résiliente. Il n’y a pas de problème de bostriche dans une forêt naturelle.

Ce sont donc deux conceptions qui s’affrontent : celle de la forêt comme écosystème et celle de la production de matière première. Toutefois tout ne s’oppose pas et ne s’exclut pas. Les Verts sont favorables à l’utilisation du bois comme matériau de construction ou de chauffage, mais dans des proportions raisonnables sans que cela se fasse au détriment de la biodiversité, une nouvelle valeur dont on commence à percevoir l’immense importance pour les sociétés humaines.

Vous dites encore qu’aucune étude sérieuse ne peut prouver qu’il y aura de meilleures conditions pour la biodiversité dans la zone centrale. Vous avez en partie raison, parce qu’actuellement on ne trouve pratiquement plus aucune forêt naturelle en Suisse avec comme corolaire que la faune et la flore se sont tellement appauvries qu’il faudra attendre beaucoup de temps jusqu’à ce qu’elles puissent se rétablir et que les espèces rares qui ont disparu puissent revenir, encore faudra-t-il qu’il y en ait encore quelque part et qu’elles trouvent des voies pour revenir. En ce qui concerne votre appréciation sur le Parc national aux Grisons, je vous fournis volontiers un listing non exhaustif des études naturalistes qui démontreront sans difficulté les succès enregistrés en matière de présence d’espèces rares.

Quant au stockage du CO2, là aussi votre argumentation est incomplète. Certes un arbre jeune en croissance capte beaucoup de CO2, mais un vieil arbre au feuillage bien plus dense capte davantage de CO2 et stocke dans son tronc et dans ses branches bien davantage de CO2 qu’un jeune arbre. Cela plaide aussi pour la conservation des grands arbres âgés.

Alors 10 % de réserves forestières dans nos forêts cela semble raisonnable. Aujourd’hui dans le canton de Vaud nous ne sommes qu’à 3 % de réserves forestière. La commune de Lausanne donne l’exemple et nous pouvons en être fier.

D’expérience on sait que toutes les opérations favorisant la renaturation des milieux naturels suscitent toujours beaucoup de débats et d’inquiétude au début mais qu’au fil du temps et des résultats ces démarches sont plébiscitées par la population heureuse de retrouver des milieux riches en biodiversité. Pas de doutes que les communes qui nous ont momentanément abandonnées nous rejoindront prochainement sur demande de leur population.

Marie-Thérèse Sangra

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour des essais lausannois de vente légale de cannabis qui préservent la santé et la sécurité

Postulat

Peut-on affirmer que la consommation de cannabis, ou son marché, sont efficacement réglementés actuellement en Suisse ? Peut-on être satisfaits de la situation actuelle dans ce domaine, qui n’évolue qu’au rythme de la tortue depuis des décennies ? Quelle que soit notre opinion sur les solutions à apporter, nos réponses aux questions précédentes sont nécessairement « non ». Les consommatrices et les consommateurs sont dans une grande proportion jeunes, très nombreux, malgré l’interdiction légale, et cela ne va pas en diminuant. Une étude récente estime la consommations de produits issus du cannabis dans le canton à 55’000 joints par jour !1 Or, dans la situation actuelle, on ne peut ni contrôler le prix, ni la qualité (soit notamment le mélange avec d’autres produits, la présence de pesticides ou le taux de THC). Une réglementation améliorerait grandement l’accompagnement et la protection des consommatrices et des consommateurs, tout en faisant drastiquement baisser le trafic illégal, au profit d’une production réglementée, locale et biologique dont la qualité serait assurée par un cadre clair et des contrôles réguliers.

Suite au dépôt de différentes motions au Conseil national visant à créer les bases légales permettant de mener des essais pilotes pour expérimenter de nouvelles réponses sociales à la consommation de cannabis, le Conseil fédéral a élaboré un projet de modification de la Loi fédérale sur les stupéfiants (Lstup), ainsi qu’une ordonnance y relative. A la session d’hiver 2019, le Conseil national nouvellement élu est entré en matière sur ce projet de loi, qui a donc été renvoyé à sa commission de la santé et de la sécurité sociale. Cette dernière vient de terminer son travail et a validé ce projet, quelque peu amendé 2.

La commission conclut donc qu’il y a lieu d’autoriser la remise contrôlée de cannabis à des fins récréatives dans le cadre d’études. En outre, grâce à des amendements déposés par le groupe des Verts, les produits cannabiques qui pourront être distribués dans le cadre de ces essais pilotes devront provenir exclusivement d’une agriculture biologique suisse.

La Ville de Lausanne a systématiquement œuvré en faveur de tels projets pilotes, afin de pouvoir trouver une réponse adéquate à la consommation de produits issus du cannabis et à la prévention qui doit l’accompagner. Tout d’abord dans sa réponse au postulat de Hadrien Buclin et consorts
« Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! » (Rapport-préavis N° 2015/66), la Municipalité proposait au Conseil communal d’autoriser la Ville de Lausanne à rejoindre le groupe de travail mis sur pied par les villes de Bâle, Genève et Zurich en vue de participer à l’étude des modèles légaux de la consommation de cannabis. Plus récemment, en octobre 2018, en réponse à la question n° 26 de Céline Misiego « va-t-on enfin pouvoir tester la régularisation de la vente de cannabis ? », la Municipalité s’est dite favorable au projet de modification de la LStup citée ci-dessus, en précisant que la Ville de Lausanne était prête à réunir les partenaires nécessaires afin de mettre sur pied un tel projet pilote.

Maintenant que cette modification légale semble être sur le point d’être acceptée par le Parlement fédéral, il est temps de développer un projet lausannois afin d’être prêt à le proposer le moment venu à la Confédération. La LStup telle que modifiée par la commission prévoit que ces essais pilotes devront être limités dans l’espace, dans le temps et dans leur objet, ce qui paraît parfaitement convenir à la Ville de Lausanne. Le projet du Conseil fédéral vise par ailleurs à tester différents modèles de distribution, afin d’envisager le meilleur système, le cas échéant, de remise légale et réglementée de cannabis pour une consommation récréative.

Dès lors, le projet lausannois devrait tester le modèle qui permettrait le mieux de répondre aux deux problèmes majeurs que posent le système actuel : un danger sanitaire pour les consommatrices et les consommateurs et un sentiment d’insécurité pour la population, qui en a marre du deal de rue. L’élaboration du test doit donc, dans le cadre de la loi, coller au plus près de la réalité de la consommation de cannabis afin de connaître, grâce aux résultats du test, sur quel paramètre agir : le prix, les horaires de vente, les lieux, la quantité, la formation du personnel impliqué, etc.

Dans ce sens, il conviendra notamment d’être particulièrement attentifs au système de ventes et de suivi à mettre en place, pour éviter le système ultra-libéral de l’alcool et du tabac, système ultra-libéral aux effets sanitaires que nous connaissons, ou un système entièrement orienté sur les propriétés médicales des produits cannabiques. Les objectifs de ces projets pilotes étant de pouvoir tester sa réglementation sur des personnes d’ores et déjà consommatrices, il convient de privilégier un système de vente contrôlé permettant un accompagnement des acheteuses et des acheteurs, par exemple avec un système de « club », qui permettrait aussi un contrôle de la qualité et des prix afin d’éviter des prix permettant aux producteurs de de s’enrichir abusivement grâce à ces essais pilotes ou, plus tard, grâce à la vente de produits issus du cannabis. L’encadrement de la distribution ou de la vente doit également se faire par le biais de personnes formées et aptes à gérer les problématiques relatives à cette distribution (connaissances techniques, prévention, suivi, connaissance du milieu médico-social, etc.).

Le présent postulat demande dès lors à la Municipalité d’examiner l’opportunité de mettre en place, dès que la possibilité sera accordée par la Confédération, un projet pilote en terres lausannoises de vente légale de produits issus du cannabis, ainsi que les différentes formes qu’il devrait prendre, en particulier en pensant le système d’abord comme un moyen de protéger la sécurité et la santé des consommatrices et des consommateurs plutôt que comme un marché, par exemple au moyen d’un système de vente permettant un contrôle des prix et de la qualité des produits légalement distribués.

Xavier Company

1 https://www.24heures.ch/vaud-regions/vaudois-consomment-55-000-joints-jour/story/23151351

2https://www.parlament.ch/press-releases/Pages/mm-sgk-n-2020-01-31.aspx

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Municipalisation de la FASL

Intervention

Les négociations de fin d’année au sujet de la réorganisation de la Fondation pour l’animation socio-culturelle lausannoise (FASL) ont débouché sur une annonce unilatérale de sa municipalisation qui a conduit à une situation de crispation de part et d’autre en donnant aux travailleurs et travailleuses un sentiment d’impasse et d’incompréhension.

A titre personnel, je pense qu’il faut déplorer cette impression de rupture unilatérale des négociations, alors qu’il y avait eu auparavant un engagement important dans la recherche de solutions de la part de la FASl et de toutes les personnes qui oeuvrent avec elle, en particulier les nombreux bénévoles des associations de quartier.

Je n’ai pas une vision d’ensemble sur ce qui se passe au niveau de l’animation socio-culturelle à Lausanne, c’est pourquoi je me référerai à mon expérience en tant que membre du comité de l’association du quartier du Vallon et à la collaboration que nous entretenons avec le Centre d’animation de la Cité dont j’apprécie l’immense contribution à la dynamique de notre quartier. Leurs prestations concernent :

-L’accueil des enfants du quartier

-La médiation parfois délicate entre les habitant·e·s et les utilisateur·trice·s des institutions sociales du quartier ou le nouvel espace de consommation sécurisé

-un rôle d’intermédiaire auprès des habitant·e·s dans les activités de réappropriation des espaces de vie dans le quartier, p.ex. leur implication (toujours aux côtés des habitant·e·s) dans la nouvelle place de jeux, dans la zone de rencontre de la Place du Nord, la requalification de la place du Vallon, etc…

-la gestion des garages dans les AMV comme espace de rencontre pour les enfants, ados et famille ou leur soutien dans des démarches pour mutualiser l’utilisation de locaux temporairement vides pour des activités de réparation de vélos, de travail du bois, etc.

-leur implication dans de grands événements comme O Vallon 1 2 3, la venue dans le quartier de Gilles Clément, le jardinier paysagiste invité lors de Lausanne Jardin 2019

– ou encore la recherche de solutions créatives et adaptées aux situations d’urgences sur le terrain pour les personnes marginalisées ou en perte d’intégration (des solutions sur-mesure, rapides et peu coûteuses)

etc..

Bien sûr tout cela n’est pas l’unique fait des animateur·ṭrice·s du Vallon, mais résulte aussi du travail de l’association de quartier du Vallon, et des autres acteurs du quartier, mais sans le soutien des animateur·ṭrice·s, leur disponibilité, leur marge de manœuvre et une certaine liberté d’action pour soutenir et soulager le travail de l’association de quartier, il ne serait pas possible d’afficher autant de succès, ni de poursuivre, sur le long terme, une démarche citoyenne de «démocratie de quartier» si innovante.

Tout cela n’est a priori pas absolument incompatible avec une municipalisation, toutefois à la condition que des garde-fous très stricts soient définis, garantissant les missions de l’animation socio-culturelle. Or, rien de cela n’apparaît dans les annonces de municipalisation de la Ville, alors que c’est bien là dessus que devraient porter les discussions.

Dans le dernier communiqué de l’année passée à ce sujet, la Ville semblait annoncer vouloir reprendre les négociations. On a aussi pu lire dans les réponses aux interpellations (bien que cela ne soit pas d’une clarté absolue) que la Ville restait ouverte au dialogue. Il s’avère toutefois que les discussions ont repris dès le début de l’année au pas de charge sans que les partenaires de l’animation socio-culturelle n’aient toujours le temps de s’organiser dans de bonnes conditions et de manière représentative. La crainte que la municipalisation ne soit définitivement en marche et qu’il n’y ait plus de marge de manœuvre agite les esprits. Dès lors je pose la question, la municipalisation de la FASL est-elle aujourd’hui entérinée et en phase de concrétisation ? Il me semble important que la Ville joue franc jeu avec les animateur·ṭrice·s socioculturel·le·s. Je souhaite pour ma part que l’on revienne à la table des discussions avec l’ensemble des acteurs, que l’on travaille en toute transparence en analysant les conséquences concrètes d’une municipalisation sur les missions de l’animation socioculturelle.

David Raedler, Intervention communale

Lausanne entend-elle se profiler sur les rails d’une tarification intelligente de la mobilité ?

Interpellation

Les enjeux et défis à venir en termes de mobilité ne sont plus à démontrer : la croissance démographique et des habitudes de mobilité toujours plus renforcées mettent une pression importante sur l’entier du réseau routier, ferroviaire et de transports publics. Ceci avec des effets extrêmement marqués sur l’environnement et la santé. Aujourd’hui, les transports représentent 39% de l’entier des émissions CO2 en Suisse1 – une proportion qui est appelée à augmenter ces prochaines années.

Les zones urbaines sont particulièrement à risque dans ce cadre. Bouchons routiers, surcharge des transports publics et autres externalités négatives (bruit, pollution, accidents) y sont en effet fréquemment déplorés par les habitantes et habitants. La pénurie de logements et la hausse des prix de l’immobilier viennent aggraver encore ces considérations, dans la mesure où les places de travail sont principalement créées dans les centres, tandis que la population est amenée à s’établir dans les agglomérations.

En 2014, les prestations de transport atteignaient en Suisse 127,6 milliards de voyageurs-kilomètres, dont 74 % est à imputer au trafic individuel motorisé (TIM). Les prestations de transport sur route et sur rail augmenteront de près d’un quart entre 2010 et 20302, et il faut s’attendre à une augmentation de 25 % du transport de voyageurs et de 37 % du transport de marchandises d’ici à 20403. Cette croissance concernera en particulier les zones urbaines densément peuplées et entraînera des problèmes de capacité, une hausse des coûts ainsi qu’une augmentation des conséquences négatives externes (bruit, pollution, accidents, mitage du territoire, pertes économiques)4. Ceci notamment en heures de pointe, lorsque le réseau est surutilisé.

Figure 1 Groupe d’experts en données sur le transport (2006)

Figure 2 Rapport 2016

A la lumière de ces constats, le Conseil fédéral a lancé en 2012 un vaste plan d’étude sur la tarification de la mobilité, avec le double objectif d’identifier si (i) la demande en mobilité peut être influencée par le prix et si (ii) la répartition actuelle des coûts de la mobilité entre les utilisateurs et le secteur public est juste et efficace. Ce plan a abouti à un premier rapport stratégique en juin 2016, dans lequel le Conseil fédéral a détaillé les voies qu’il entendait suivre à ce sujet5. En substance, cette stratégie prévoit notamment que, dans les régions touchées par des surcharges de trafic particulièrement importantes, ­deux tarifs kilométriques différents devraient être appliqués : un tarif majoré aux heures de pointe et un tarif minoré aux heures creuses.

Ce système a été appliqué théoriquement à la ville et l’agglomération de Zoug dans le cadre d’une analyse d’efficacité et liée à la protection des données6, afin d’homogénéiser la répartition du trafic et de réduire, voire d’empêcher la surcharge des systèmes de transport7. Il en ressort que, aux heures de pointe du matin et du soir, le volume de trafic a pu être réduit de 9 à 12 % pour le TIM et de 5 à 9 % dans les transports publics8.

Dans l’ensemble, les usagers ne devraient pas payer davantage avec ce système de tarification de la mobilité, mais différemment. Ainsi, les impôts et redevances perçus pour le TIM ainsi que les revenus générés par les recettes provenant de la vente de billets ou d’abonnements de transport public sont remplacés par une redevance liée aux prestations9. Avec ce système et en termes financiers, les ménages très peu flexibles pourraient avoir un surcoût d’au-maximum 1 % du revenu brut alors que ceux bénéficiant de grande souplesse au niveau des horaires pourraient réaliser des économies égales à 1,2 % du revenu brut10.

Figure 3 Rapport TM 2019, p. 3 et 8.

Ces tests et expériences ayant été appliqués de façon théorique, il est maintenant impératif que des projets-pilotes et expériences réelles soient menés. Ceci a fortiori dans la mesure où les engorgements sur les réseaux de transport sont un défi majeur pour les cantons et les communes11. Le Conseil fédéral a donc souligné que, si une région ou une commune souhaite essayer d’appliquer la tarification de la mobilité ou certaines de ses composantes dans le cadre de projets pilotes, la Confédération leur apportera son soutien12. Des modifications législatives sont en cours d’élaboration pour permettre, juridiquement, ces projets-pilotes en adoptant les bases légales nécessaires13.

Ces études pratiques devraient également permettre de garantir l’acceptabilité sociale du système qui serait mis en place, afin d’éviter que les parts de la population les plus défavorisées n’en ressortent pénalisées14. Dans la mesure où l’analyse menée n’a pas explicitement pris en compte la question du transfert modal15, et de l’utilité de la tarification de la mobilité dans ce cadre, il est central que les projets-pilotes menés portent aussi sur ce sujet. Ceci d’autant plus que l’un des trois objectifs du projet de tarification de la mobilité consiste à réduire l’impact environnemental du trafic16.

La tarification de la mobilité doit notamment viser à augmenter l’attractivité, par le prix, des transports publics par rapport aux TIM. Elle doit aussi impérativement permettre de lisser les pics de mobilité avant de construire ou d’agrandir des infrastructures de transport. Ce faisant, tant les montants des investissements que les impacts de nouvelles infrastructures sur l’environnement, la nature et le paysage (morcellement, pertes d’habitat pour la faune, pertes en termes de surfaces agricoles, etc.) peuvent être diminués, voire exclus. Dans l’ensemble, il est impératif de repenser la mobilité afin d’en éviter la croissance sans limite.

Lors de l’élaboration du projet de rapport stratégique, six cantons avaient fait part de leur intérêt pour la réalisation d’un projet pilote dans leur région (GE, TI, ZG, SG, BE et NE)17. Ni le canton de Vaud, ni la commune de Lausanne, ne s’y était alors annoncé. Pourtant, la commune de Lausanne et son agglomération sont particulièrement affectés par la question de la tarification de la mobilité – ceci d’autant plus considérant les projets liés au M2 et au nouveau M3 actuellement à l’enquête. Il est donc impératif que la commune de Lausanne soit dans les premiers projets-pilotes, afin d’assurer la meilleure mise en œuvre de la tarification de la mobilité, dans l’intérêt de toutes et tous.

* * *

Questions :

  1. La Municipalité a-t-elle connaissance des différents rapports liés au mobility pricing, y compris le rapport stratégique ainsi que les derniers rapports du mois de décembre 2019 ?
  2. Comment la Municipalité se positionne-t-elle par rapport à ces différents rapports et leurs conclusions ?
  3. La Municipalité a-t-elle fait part au Conseil fédéral de son intérêt pour la participation aux projets pilotes liés à la tarification de la mobilité ?
    1. Si non :
      1. Pourquoi ?
      2. la Municipalité entend-elle faire part de son intérêt prochainement ?
    2. Si oui : quand et pour quel(s) type(s) de projets ?
  4. La Municipalité a-t-elle identifié les avantages et inconvénients liés au mobility pricing appliqués à la Commune de Lausanne ?
    1. Si non :
      1. Pourquoi ?
      2. La Municipalité entend-elle le faire prochainement ?
    2. Si oui :
      1. Quelles mesures ont été examinées ?
      2. Quelles en ont été les conclusions ?
  5. Plus généralement, quel rôle la Municipalité souhaite-t-elle que la Commune de Lausanne joue dans le cadre de la tarification de la mobilité ?
  6. Plus généralement, quelles mesures la Municipalité souhaiterait-elle mettre en œuvre dans la Commune de Lausanne en lien avec le mobility pricing, indépendamment de ce qu’autorise le cadre légal fédéral ?
  7. Des échanges ou discussions existent-ils à ce sujet avec le Canton et/ou à l’échelle de l’agglomération ?

David Raedler

Daniel Dubas

Sara Gnoni

1 Article RTS « Transport, énergie, déchets : le détail des émissions de CO2 en Suisse ».

2 Conseil fédéral, Rapport stratégique sur la tarification de la mobilité 2016 (le « Rapport 2016 »), p. 7 et 8.

3 DETEC, Tarification de la mobilité, 13 décembre 2019 (le « Rapport TM 2019 »), p. 3.

4 Rapport TM 2019, p. 3. Voir notamment p. 31-32 pour les effets sur l’économie, p. 32-33 pour le développement territorial et p. 34 pour les incidences sur l’environnement.

5 Rapport 2016.

6 Pour les éléments en protection des données, cf. Rapport TM 2019, p. 42.

7 OFROU, Tarification de la mobilité, Fiche d’information « Eléments-clés », décembre 2019 (« Eléments-clés 2019 »), ainsi que Rapport TM 2019, p. 9.

8 Rapport TM 2019, p. 3.

9 Eléments-clés 2019.

10 Rapport TM 2019, p. 4 et 25 ss.

11 Rapport TM 2019, p. 5.

12 Rapport TM 2019, p. 6 et 51.

13 Rapport TM 2019, p. 51.

14 Rapport TM 2019, p. 47 et 48.

15 Rapport TM 2019, p. 44.

16 Rapport TM 2019, p. 49.

17 Rapport relatif à l’évaluation de la possibilité de réaliser des projets pilotes, juin 2017, p. 3.

Ilias Panchard, Intervention communale

Animation socioculturelle (FASL) : nous ne voulons pas d’une fin en queue de poisson !

Intervention

Pour commencer, comme il est d’usage, je remercie la Municipalité pour ses réponses écrites à notre interpellation urgente.

Elles permettent d’apporter quelques éclaircissements dans une situation somme toute compliquée et parfois quelque peu dure à suivre. Nous saluons en particulier la volonté de la Municipalité, comme nous le demandons, de reprendre au plus vite les discussions avec les différents acteurs. Cela en vue d’un compromis acceptable par le plus grand nombre d’actrices et d’acteurs de ce dossier essentiel pour la Ville de Lausanne.

En préambule, je souhaite saluer la clarté de la Municipalité quant au rejet de toute forme de gestion de type new public management ou technocratique de la gouvernance des institutions subventionnées.

Un résumé des différentes étapes qui ont mené à la situation actuelle figure dans le texte de notre interpellation, ainsi que dans les réponses de la Municipalité à nos questions. Je ne reviendrai donc pas en détail sur ce long processus ici à la tribune. Cependant, j’aimerais insister sur c éléments précis qui nous semblent particulièrement importants, et qui sont essentiels pour l’animation socioculturelle :

  1. Le premier élément concerne les spécificités de l’action de l’animation socioculturelle. Elle se déploie en effet dans des quartiers très différents dans leur composition économique et sociale, leur situation géographique, concerné, ou non, par la présence d’institutions engagés au service d’une population parfois précaire et marginalisée. Bénéficier d’une marge de manoeuvre pour pouvoir s’adapter aux spécificités du terrain afin de répondre aux besoins de la population du quartier, s’avère donc essentiel pour les professionnel-le-s de l’animation socioculturelle.
    Ces derniers mois, de nombreux professionnel-le-s ont fait part de leur crainte de voir une adaptation standardisée sans nuances et trop détaillée de leur cahier des charges. Au delà même de savoir si la crainte est fondée ou non, le simple fait qu’elles et ils puissent ressentir cette volonté de la part de la Municipalité est déjà, en soi, problématique et devrait vivement nous alerter. Cette crainte vient entre autre d’une proposition de convention de subventionnement qui contenait des éléments uniformisés en terme d’heures, de public cible ou de prise en compte des spécificités des quartiers…
    Ce sont entre autres ces craintes qui ont fait réagir le groupe des Vert-e-s et qui nous détermine à agir depuis des semaines en faveur d’une solution négociée et viable.

  2. Le second élément concerne le rôle important joué par les bénévoles. Il est hélas assez peu abordé ce soir et dans le débat en général. Alors que sans leur engagement, de nombreuses activités et services rendus par l’animation socioculturelle ne pourraient simplement pas avoir lieu. Ces bénévoles ne peuvent être oubliés dans ce débat au moment où le bénévolat en général vit des heures difficiles. Une articulation de qualité entre les professionnel-le-s et les bénévoles dans les quartiers est nécessaire pour que l’animation socioculturelle fonctionne le mieux possible.
    Ce que font d’ailleurs la plupart des animatrices et animateurs en travaillant main dans la main avec les associations dans les quartiers. Nous comptons aussi sur la Municipalité pour renforcer la place donnée aux associations, de quoi reconnaître davantage encore le rôle joué par les bénévoles qui composent ces dernières.


Chères et chers collègues, disons le franchement, la situation actuelle ne convient à personne. Statu-quo ou potentielle municipalisation, le groupe des Vert-e-s est convaincu depuis le début qu’une autre solution est à même d’être trouvée, d’autant plus que des rencontres sont prévues ces prochaines semaines. Rencontres d’ailleurs confirmées ces dernières semaines par le municipal Payot.

L’animation socioculturelle fait assurément partie des thèmes les plus discutées au Conseil communal depuis le début de la législature. Mais nous ne sommes pas les seuls actrices et acteurs du dossier à avoir passé beaucoup de temps à plancher sur le sujet. Le Conseil de fondation de la FASL, les animatrices et animateurs, les bénévoles dans les quartiers, ces questions d’organisation, de gouvernance ont pris beaucoup de temps et obligé de très nombreuses personnes à dépenser passablement d’énergie, cela pendant des mois. D’où aussi une situation professionnelle difficile dans certaines maisons de quartiers. Nous devons en tenir compte, de la bonne manière.

C’est par conséquent pour cela qu’il est d’autant plus important d’aboutir à une solution globale, satisfaisante, concertée et de ne pas accepter une solution par défaut, en bout de course, qui soulèverait une nouvelle levée de boucliers importante ou, en tout cas, de très nombreuses interrogations critiques. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Il n’est pas possible pour nous, Conseil communal, de prendre une décision “par défaut”, sans se baser sur un projet clair, dans un climat aussi tendu. Cela ne servirait qu’à empirer la situation. C’est aussi ce qui ressort de nos échanges avec de nombreux représentant-e-s de l’animation socioculturelle. Nous tenons d’ailleurs à saluer les propos du municipal Payot et du syndic qui vont dans le sens d’une recherche apaisée d’un compromis solide et viable.

Il est nécessaire de prendre du temps pour avancer, d’établir un calendrier clair, avec une échéance précise pour réunir les actrices et acteurs du dossier et trouver un compromis acceptable. Y compris parmi les solutions évoquées précédemment, par exemple les contrats tripartites. Ce qu’a d’ailleurs évoqué le municipal Payot.

Nous sommes convaincus qu’une majorité d’actrices et d’acteurs – associatifs, professionnels et, je l’espère, politiques, sont en faveur d’une solution transitoire, veulent discuter à nouveau, négocier, s’engager en faveur d’un compromis solide et ne peuvent accepter, à cause de questions de délais, une fin en queue de poisson.

Enfin, en conclusion, je dirais que, tout comme le municipal David Payot, nous sommes optimistes. Nous croyons fermement en la possibilité de sortir de cette crise sans décision unilatérale. Ce n’est pas exactement dans l’ADN verte que de vanter ses mérites, je le dis donc avec une certaine modestie ou même une modestie certaine : l’évolution du dossier depuis le communiqué de presse du 29 novembre dernier donne clairement raison à notre approche politique. Concertée, responsable et constructive.

Une solution concertée, raisonnable et adaptée aux enjeux est possible. Mais, pour cela, il faut de la bonne volonté de la part de l’ensemble des actrices et acteurs du dossier.
Chose somme toute faisable, c’est ce qui ressort de nos échanges avec passablement d’animatrices et d’animateurs, de bénévoles et de citoyen-ne-s proches des activités proposés par l’animation socioculturelle. Reste à exprimer, ou continuer d’exprimer, cette bonne volonté aussi au niveau politique. Nous avons fait notre part en tant que groupe politique. C’est aussi chose faite récemment du côté de la Municipalité, récemment dans la presse où le municipal Payot annonce des discussions à venir et le syndic laisse la porte ouverte à d’autres solution. Reste maintenant à exprimer, au Conseil communal aussi, cette bonne volonté en envoyant un signal politique clair en faveur d’un compromis et d’une solution satisfaisante. Il en va de notre responsabilité politique.

Ilias Panchard