Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne

Municipalisation de la FASL : il est urgent d’attendre !

Interpellation urgente

Dans un communiqué du 29 novembre dernier, la Municipalité annonçait son intention de procéder à la municipalisation de la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL). Cette annonce fait suite à celle du Conseil de fondation qui, après une démarche de plus d’une année effectuée avec l’ensemble des professionnel-le-s et les bénévoles de l’ensemble des lieux d’animation, a en effet décidé de refuser les deux propositions de refonte de la gouvernance proposées par la Ville. De plus, une proposition de nouveaux statuts, tenant compte des recommandations de l’évaluation de l’IDHEAP, a été présentée à la Ville sans en obtenir l’adhésion.

La présence de la Municipalité au sein du Conseil de fondation de la FASL, la volonté de négocier de nouveaux contrats tripartites (Ville, FASL, associations) et la nouvelle convention de subventionnement entre la Commune et la FASL semblent être les trois points principaux qui ont mené à la situation de blocage actuelle.

Le groupe des Vert-e-s comprend tout à fait la volonté souhaitée de longue date par la Ville de la nécessité d’une bonne gouvernance de la FASL et la soutient pleinement dans l’idée de sa démarche. De même, bénéficier d’une bonne vue d’ensemble et d’un certain droit de regard sur les activités financées par le budget communal sont des souhaits que nous considérons comme légitimes.

L’animation socioculturelle est cependant une tâche particulière au sein des activités d’une collectivité publique qui s’en distingue par un ancrage délicat auprès d’une population parfois précaire et marginalisée. Pour répondre au mieux aux valeurs de l’animation socioculturelle, celle-ci doit bénéficier d’une indépendance opérationnelle et d’une marge de manœuvre importante pour s’adapter aux spécificités rencontrées sur le terrain afin de pouvoir répondre aux besoins d’une population qui échappe parfois à tous les maillons du filet social.

C’est pourquoi le groupe des Vert-e-s est attentif et préoccupé par les craintes exprimées de longue date par les professionnel-le-s de l’animation socioculturelle concernant le risque de voir leurs activités standardisées et fixées de manière trop détaillée, sans adaptation aux spécificités des quartiers et des populations dans lequel le lieu d’animation est implanté et sans marge de manœuvre suffisante. De même, voir les activités socioculturelles être trop fortement adaptées à une politique publique pourrait mener à une perte en qualité des prestations fournies par les professionnel-le-s et les associations dans les quartiers. Le simple fait que les professionnel-le-s du terrain ressentent cette volonté de la part de la Municipalité, même si elle ne s’avérait pas fondée, est déjà, en soi, problématique pour la qualité de leur travail. Il est en effet indispensable, quelle que soit la gouvernance choisie à l’avenir, de garantir une marge de manœuvre suffisante à l’animation socioculturelle, en fonction des besoins et des demandes exprimés sur le terrain et dans les lieux d’animation des quartiers.

Les réactions suite à l’annonce de la Municipalité montrent que le scénario annoncé pour l’instant est loin de faire l’unanimité. Entre le statu-quo et la municipalisation telle que proposée, le groupe des Vert-e-s est convaincu qu’une autre solution est à même d’être trouvée, d’autant plus que des rencontres sont semble-t-il prévues ces prochaines semaines entre la Ville, les associations de quartier et le personnel.

Considérant les éléments ci-dessus et suite aux différentes communications publiques de la Municipalité, de la FASL et des syndicats, les interpellatrices et interpellateurs posent les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Comment la Municipalité explique-t-elle que le processus susmentionné ait débouché sur l’annonce inopinée de la volonté de municipalisation de la FASL exprimée dans son communiqué du 29 novembre 2019, alors même qu’il ne s’agissait pas de la voie discutée jusque-là entre les partenaires ?
  2. Quelles sont les étapes envisagées par la Municipalité dans un avenir proche concernant sa relation avec la FASL, les professionnel-le-s et les associations ?
  3. Outre les deux propositions mises en avant par la Municipalité et rejetées par la FASL, quelles étaient les autres pistes de solution envisagées par les différentes parties prenantes pour une collaboration optimale ? La Municipalité estime-t-elle que des discussions ou des ajustements des deux premières propositions sont encore possibles ?
  4. Au vu des réactions contrastées et de l’incompréhension vécue par bon nombre d’actrices et d’acteurs du domaine, la Municipalité peut-elle d’ores et déjà préciser ses intentions concernant la réorganisation de l’animation socioculturelle dans un avenir proche et à moyen terme ?
  5. Dans la lignée du travail effectué depuis plusieurs années et malgré sa dernière communication, la Municipalité compte-t-elle néanmoins poursuivre les démarches permettant de trouver des solutions de gouvernance autres que la municipalisation ?
  6. Par exemple, la Municipalité prévoit-elle de réunir prochainement l’ensemble des actrices et acteurs de l’animation socioculturelle et pourrait-elle envisager l’ouverture de nouvelles négociations afin de trouver une solution pérenne permettant d’éviter la municipalisation évoquée ?
  7. Dans la même optique, la Ville peut-elle envisager de reconduire une convention provisoire afin d’éviter de placer le personnel dans une situation d’incertitude tout en laissant une période de temps suffisante pour conduire de nouvelles discussions à même de mener à une solution satisfaisante pour une majorité d’acteurs-trices de l’animation socioculturelle, ainsi que la Municipalité ?
  8. Dans le cas contraire, la Municipalité peut-elle garantir qu’une municipalisation ne mènerait pas à une uniformisation néfaste aux dépens des spécificités des quartiers et donc à une moins grande marge de manœuvre des actions de l’animation socioculturelle ? Le cas échéant, quelles seraient les mesures financières et organisationnelles envisagées pour éviter ces conséquences négatives?

Ilias Panchard

Daniel Dubas, Intervention communale

Budget 2020 : ambitieux et responsable

Le budget de fonctionnement pour l’année 2020 prévoit un déficit d’un peu moins de 50 millions de francs. Il n’est jamais réjouissant de faire face à un budget déficitaire, mais les montants projetés ne sont pas dramatiques non plus. Le budget reflète un contexte financier tendu – comme c’est le cas pour l’ensemble des communes vaudoises – tout en permettant aux autorités de mener des politiques ambitieuses qui répondent effectivement aux besoins de la population lausannoise.

Les charges sont maîtrisées. Elles n’augmentent en effet que de façon très modérée, tout comme les effectifs en personnel. Cette augmentation des charges s’explique entre autres par des amortissements importants, mais surtout par un renforcement substantiel des ressources allouées aux mesures prioritaires dans le domaine de la petite enfance et de la sécurité – en somme des politiques publiques discutées et largement validées par le Conseil communal, et auxquelles nous réitérons ici notre soutien très fort.

Au niveau des revenus, le budget prévoit une baisse significative par rapport à 2019. L’imposition sur les personnes physiques est en baisse, en partie à cause du compromis sur la baisse du coefficient communal validé par le Conseil communal. Les revenus des Services industriels continuent de leur côté à baisser, de presque 5 millions par rapport à 2019.

Le groupe des Verts salue la politique des investissements de la Ville de Lausanne, par exemple dans les domaines des infrastructures sportives et scolaires ainsi que des réseaux. Ces investissements reflètent des choix politiques et qui auront un retour sur investissement important ces prochaines années. Cette politique permet de transformer la ville dans un sens plus écologique, plus vivable, plus durable. Elle a des conséquences positives sur les entreprises locales, sur l’emploi et plus largement pour les habitants de cette ville. Elle permet notamment de mener des politiques proactives pour le climat et la biodiversité, dans les domaines de l’habitation, de la mobilité et des transports, de la sécurité, de l’intégration, de nos habitudes de travailler et de consommer, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, ou encore de l’accueil de la petite enfance, pour ne donner que quelques exemples.

Dans le même temps, nous soulignons la nécessité de maintenir une certaine rigueur dans la maîtrise des charges, notamment en regard des prévisions financières pas forcément réjouissantes. Nous saluons notamment les mesures proposées dans le cadre du deuxième Plan structurel d’amélioration financière (PSAF II), qui permet, pour l’année prochaine, de réduire encore un peu plus le déficit. Ces mesures cumulées s’élèvent à presque 33 millions depuis le début de la législature, ce qui représente un effort tout-à-fait considérable. L’objectif de 35 millions jusqu’à la fin de la législature sera donc très vraisemblablement atteint.

Pour les années à venir, il s’agira d’observer de près les effets de la réforme RFFA, acceptée par la population suisse. Les taux d’emprunt pourraient augmenter à terme, même si pour l’instant le poids de la dette en termes d’intérêts est en baisse, et une détérioration de la conjoncture économique n’est pas à exclure non plus.

De même, les charges de ville-centre restent très élevées. Selon une étude de l`Union des villes suisses, elles s’élèvent à 65 millions – ou près de 500 francs par habitant lausannois – et une répartition des charges plus juste va devoir être négociée avec le canton et les communes de l’agglomération.

En conclusion, le groupe des Verts va soutenir le budget 2020 de la Ville de Lausanne. Elle refusera les amendements proposés par la gauche, qui ne nous semblent pas responsables en l’état actuel des choses. Elle ne soutiendra pas non plus les amendements de la droite de cet hémicycle, qui entraîneraient une baisse inacceptable des prestations de la ville. Ce budget est responsable. Il permet à la ville de mener des politiques proactives, afin de répondre aux attentes et aux besoins de la population, sans pour autant mettre en danger la marge de manœuvre pour les générations futures de répondre à leurs propres besoins.

Daniel Dubas

Benjamin Rudaz, Intervention communale

Une gestion des marchandises compatible avec une ville agréable

Postulat : Pour une stratégie municipale de gestion des marchandises cohérente, compatible avec une ville dynamique et agréable à vivre

La Ville de Lausanne se piétonnise et sa mobilité se transforme pour favoriser les transports doux ou transports publics. De nombreux secteurs sont donc progressivement réaffectés vers des rues passantes, vivantes et souvent commerçantes. Simultanément, les moyens de livraison «durables» via le train sont progressivement démantelés ou abandonnés pour des raisons économiques (historiquement Ouchy-Ficelle, LEB, plateforme ferroviaire du Flon, Rasude puis Sébeillon). Que ce soit pour des commerces de détail ou d’alimentation, de nombreux véhicules de livraison circulent à travers l’agglomération jusque dans les rues piétonnes, soit pour livrer directement les commerces depuis le trottoir, soit sur des quais de déchargement. Ces véhicules sont d’un gabarit de plus en plus imposant allant jusqu’au poids-lourd, et l’absence de coordination entre les différents commerces aboutit à des trajets à vide ou des véhicules partiellement remplis. Des accidents surviennent parfois (rue de la Mercerie) et la cohabitation est parfois difficile entre piétons, mobilité douce, habitants, sans compter les nuisances autour des quais de déchargement, parfois mal aménagés ou mal situés. S’y ajoutent plus récemment, avec l’émergence du commerce en ligne et la libéralisation du transport postal des colis, la multiplication des acteurs de livraison à domicile, et de ce fait la multiplication des tournées de livraison, créant de fâcheuses redondances.

Étonnamment, aucune étude ou planification du Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) ne se penche sur l’aspect du fret routier ou ferroviaire, ni de l’approvisionnement de la région en produits manufacturés ou alimentaires. Pourtant, le Plan des mesures OPair 2018 de l’agglomération Lausanne-Morges préconise la réalisation d’une analyse globale des transports de marchandise et défini notamment deux mesures associées, « Analyse du transport logistique » (LO-1) et « Réduction des nuisances du transport logistique » (LO-2). De plus, le Grand Conseil vaudois a accepté l’an dernier l’exposé des motifs et projet de décret (EMPD) « accordant au Conseil d’Etat un crédit d’étude de CHF 1’400’000 pour financer l’élaboration de la stratégie cantonale du transport de marchandises ».

Alors que la motorisation de ces véhicules est actuellement très majoritairement thermique, cette source de pollution atmosphérique et sonore, et les conflits d’usage de l’espace public (tant sur la route, en bord de route ou dans les zones piétonnes) pourraient être réduits, pour le bénéfice des habitantes et habitants de Lausanne, ceci sans impacter négativement les commerces du Centre-Ville. Plusieurs pistes sont possibles, comme par exemple une collaboration public-privée permettant de gérer de manière efficiente un système de transbordement péri-urbain des marchandises vers des véhicules plus petits, plus propres et surtout mieux utilisés (remplis à l’aller comme au retour, évitant les redondances).

D’autres alternatives pourraient à l’avenir être envisagées, comme l’usage nocturne de la future ligne de tram pour le passage de marchandises jusqu’au centre-ville, ou encore la réaffectation de certains sites de fret ferroviaire, comme les halles de Sébeillon dont les rails vont être conservés malgré les installation provisoires qui y sont prévues.

En vue de développer une stratégie municipale de gestion des marchandises, de manière concertée avec le PALM et le Canton, ce postulat demande à la Municipalité d’examiner l’opportunité de :

  • Quantifier les impacts de cette activité de transports en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de particules fines, de bruit, de sécurité et d’occupation de la voirie ;
  • Consulter les associations de commerçants et les acteurs économiques générateurs de mouvements de fret entrants et sortants de l’agglomération ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret ferrovaire et des plate-formes d’échange rail-route de la région lausannoise ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret routier à travers la Ville, de et jusqu’aux points de livraison ;
  • Faire un état de la situation du trafic de livraison directe à domicile (Amazon, Zalando, DPD, TNT, La Poste, etc) ;
  • Établir une stratégie de réduction des impacts, en collaboration avec les acteurs économiques pré-cités.

Benjamin Rudaz

Lausanne

Liberté de la presse et proportionnalité

Des limites doivent être posées

Les Vert·e·s lausannois·es ont été surpris·es de l’attitude de certains membres de la Police municipale lausannoise ce samedi lors d’une action de blocage d’Extinction Rebellion, dont la vidéo a été publiée par le quotidien Le Courrier. Ces images mettent en évidence ce qui apparaît comme une restriction de la liberté de la presse et l’arrestation d’un militant passif les interpellant sur cette question. Ces actes, difficilement explicables, posent à nouveau la question des limites de l’action policière. Les interventions de la Police municipale doivent bénéficier d’une surveillance politique pour s’assurer que les droits fondamentaux de chacun soient respectés. C’est ce que nous avons demandé lors du débat sur notre interpellation urgente du mois d’août dernier et continuerons à demander à tous les échelons politiques.

Le rôle de la presse, comme « chien de garde de la démocratie » pour citer la Cour Européenne des droits de l’Homme, est indispensable et ne doit souffrir d’aucune limitation. Or, dans la vidéo du quotidien Le Courrier, on distingue clairement un photographe de presse, autorisé dans l’espace de manifestation, repoussé et empêché par une policière alors qu’il se tient à distance et n’entrave aucunement l’action de la police sur les manifestant·e·s. Une telle attitude n’est pas acceptable de la part d’un corps de police municipal, assermenté et au service de la démocratie. Les atteintes à la presse, quelles qu’elles soient, doivent être combattues vivement et fermement par les responsables politiques, chargé·e·s de superviser l’action policière. Il en va de même des tentatives de censure de la presse privée, qui doivent être combattues à tout prix, au risque d’aboutir à des dérives dangereuses.

La seconde partie de la vidéo montre une forme de délit de faciès de la Police Municipale qui doit lui aussi être condamné. En effet, un militant présent mais ne participant pas au blocage (par ailleurs membre des Jeunes Vert·e·s et militant actif avec la Grève du Climat, dont les manifestations sont systématiquement autorisées en bonne et due forme) s’est offusqué de la façon dont le photographe professionnel a été traité et a interpellé, avec d’autres personnes présentes, les policiers présents pour qu’ils se rendent compte de ce qui était en train de se passer. Bien qu’il n’ait, semble-t-il, outrepassé aucune limite, il a ensuite été maîtrisé par cinq policiers et embarqué, alors même qu’aucune infraction ne semble avoir été commise, simplement parce qu’il a été reconnu comme un militant actif lors d’autres événements passés.

Pour conclure, les Vert·e·s lausannois·es ne contestent pas que le travail de la Police municipale est loin d’être évident lors d’actions de blocage aussi importantes, et que la tension est grande. Son attitude posée, collaborative et respectueuse des militant·e·s a d’ailleurs été relevée lors des dernières interventions, et saluée. Mais il convient d’être systématiquement attentif à ne pas dépasser les limites qui sont celles de l’Etat de droit et la proportionnalité de l’action policière. Les pouvoirs politiques qui sont chargés de la haute surveillance doivent prendre leur responsabilité, en amont en donnant les directives nécessaires, et en aval lorsqu’il s’agit de contrôler les actes qui ont eu lieu. Nous attendons dès lors une prise de position claire et critique de la Municipalité face à ces débordements qui ne sauraient se reproduire.

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Pour une évaluation des impacts économiques et des coûts sociétaux de l’aéroport de la Blécherette

Postulat

L’aéroport de la Blécherette est situé sur la parcelle n° 2’394 de la commune de Lausanne, propriété de la commune de Lausanne, sur laquelle la société Aéroport de la région lausannoise La Blécherette SA bénéficie d’un droit distinct et permanent de superficie (DDP) de 192’296 m 2 .

Ces dernières années, l’aéroport de la Blécherette a régulièrement fait débat au sein du Conseil communal de Lausanne, notamment suite aux dépôts des objets suivants :

  • 21.01.2014 : pétition de l’Association de Défense des Riverains de la Blécherette « Pour une réduction des nuisances de l’aérodrome de la Blécherette » ;
  • 04.03.2014 : interpellation de Hadrien Buclin « Augmentation des vols d’affaires à l’aéroport de la Blécherette : quelles conséquences pour les habitants des zones riveraines ? » ;
  • 07.10.2014 : interpellation de Valéry Beaud « Pour en savoir plus sur l’aéroport de la Blécherette » ;
  • 07.06.2016 : postulat de Hadrien Buclin et Valéry Beaud « Pour une réduction conséquente des nuisances sonores provoquées par l’aéroport de la Blécherette et des dangers relatifs au trafic aérien en zone urbaine » ;
  • 11.04.2019 : rapport-préavis n° 2019/15, « Aéroport régional Lausanne-La Blécherette – Réponse à la pétition de l’Association de défense des riverains de la Blécherette et au postulat de Hadrien Buclin et Valéry Beaud ».

Dans les réponses de la Municipalité à ces différents objets, des éclairages ont ponctuellement été apportés sur des éléments économiques et financiers, par exemple les coûts de construction des infrastructures aéroportuaires, le chiffre d’affaire approximatif de la société exploitante, les redevances annuelles du droit distinct et permanent de superficie, le nombre de vols commerciaux ou le montant de la taxe « bruit ».

Si quelques informations importantes peuvent être tirées de ces données, comme le montant de la redevance annuelle du DDP de Fr. 58’588.80.- versé par l’aéroport à la Ville de Lausanne depuis le 12 avril 2015, soit environ 30 centimes par mètre carré et par année, ces différents éléments ne sont toutefois pas suffisants pour se faire une idée de l’ensemble des impacts économiques et des coûts sociétaux (externalités négatives) de l’aéroport de la Blécherette.

Parmi les externalités négatives, souvent oubliées, nous pouvons par exemple citer les pertes fiscales, les atteintes à la santé liées au bruit, les atteintes à la santé liées à la pollution de l’air, la protection du climat, la réduction du potentiel de construction de logements ou la réduction de la valeur de biens et terrains.

Afin que la Municipalité et le Conseil communal puissent mener un débat éclairé sur l’avenir de l’aéroport de la Blécherette, il est pourtant aujourd’hui important de posséder ces informations et donc de réaliser une évaluation économique et financière détaillée de celui-ci 1 , notamment :

  • impact économique direct par les activités de l’aéroport ;
  • impact économique indirect par les dépenses de l’aéroport et de ses collaborateurs ;
  • impact économique induit par les dépenses engendrées par les impacts direct et indirect ;
  • coûts économiques : effet sur la valeur de biens ou services, par exemple le marché immobilier ;
  • coûts sociaux : effet sur des tâches et politiques publiques visant à assurer le bien-être, la qualité́ de vie et la sécurité́ de la population, par exemple la santé ;
  • coûts environnementaux : effet sur l’environnement et les écosystèmes ;
  • coûts fiscaux : coûts liés au régime fiscal spécial de l’aviation ;
  • coûts induits par les externalités négatives de l’aéroport ;
  • coûts d’opportunité/renonciation.

Par ce postulat, nous demandons donc à la Municipalité de présenter une étude répertoriant à la fois les impacts économiques directs, indirects et induits de l’aéroport de la Blécherette, mais également l’ensemble des coûts sociétaux (externalités négatives) que celui-ci engendre.

Valéry Beaud

1Voir par exemple les études « Impact économique de l’aéroport de Genève sur l’économie genevoise et régionale » (mai 2014) et «Le coût sociétal du trafic aérien à Genève et les effets sur les finances publiques» (avril 2016).

Intervention communale, Valéry Beaud

Ecoquartier des Plaines-du-Loup : enthousiasmant!

Préavis n° 2019/36 “Plaines-du-Loup – 1er PPA – Pièce urbaine E ”

Intervention

Près de 13 ans après le lancement du projet d’écoquartier des Plaines-du-Loup, les mises à l’enquête publique des premiers bâtiments ont enfin eu lieu durant le mois d’octobre et nous avons ce soir entre nos mains les premiers droits distincts et permanents de superficie (DDP), pour 342 logements notamment.

Que de chemin parcouru depuis 2007, notamment le concours d’urbanisme et la transcription du projet lauréat dans un Plan directeur localisé (PDL), le 1er Plan partiel d’affectation (PPA) sur la partie Nord du quartier, la définition de critères d’attribution des lots aux investisseurs, et j’en passe, toutes ces étapes qui à leur niveau respectif ont permis de définir et d’inscrire des principes compatibles avec le développement d’un véritable écoquartier. Aujourd’hui, les DDP qui nous sont soumis dans le présent préavis sont très techniques, voir juridiques, mais ils sont une étape cruciale qui fige dans le marbre certains de ces principes.

Je relève tout d’abord avec plaisir la mixité des types d’investisseurs et des types de logements de cette pièce urbaine (PU) E, à la fois subventionnés, régulés, marché libre et propriété par étage (PPE), à même d’offrir la mixité sociale attendue. Je relève aussi les 10% de surfaces d’activités, un peu plus faible dans cette PU que dans d’autres, mais qui doivent garantir l’indispensable mixité fonctionnelle. Je relève enfin la concrétisation de la plupart des objectifs de la durabilité.

Au milieu de tant de choses, ces DDP comprennent aussi quelques aspects que je souhaite mettre en évidence et saluer ici :

  • le contrôle de la plupart des loyers durant toute la durée des DDP, ce qui permet de s’assurer que les loyers proposés sont en lien avec la couverture des coûts et conformes aux droit du bail ;
  • le petit abaissement des rentes de DDP durant les 5 premières années pour les locaux d’activités à but social ou culturel ouverts au public, une aide au démarrage importante pour favoriser la vie de quartier ;
  • l’intégration dans les DDP d’une convention urbanistique et paysagère pour pérenniser les principes de l’écoquartier lors de la construction et de l’entretien de celui-ci ;
  • le suivi pendant 3 ans de la consommation énergétique, tant il arrive que les performances annoncées d’un projet ne soient pas toujours atteintes en phase d’exploitation.

La lecture attentive de ce préavis confirme par ailleurs le rôle crucial et indispensable des coopératives d’habitants pour la qualité d’un tel projet. Comme vous pouvez le constater au travers des caractéristiques des différents projets, ce sont bien elles qui apportent le plus de diversité et d’innovation. Elles qui présentent le plus d’activités, de lieux communs, d’échanges et de partage, le plus de variété de logements, avec par exemple des clusters, des hébergements de courte durée, des collocations d’étudiants, des logements pour réfugiés, etc. Il est donc essentiel de poursuivre et de renforcer la politique en faveur des coopératives d’habitants.

Après ces propos plein d’enthousiasme, je me dois quand même de relever deux petits bémols :

  • le respect de la société à 2’000 W : le bilan présenté montre en effet que les matériaux de construction ne repectent pas les objectifs de la société à 2’000 W, ni en termes d’énergie primaire, ni en termes de gaz à effet de serre (GES). Au moment du concours d’urbanisme, il avait été annoncé que pour les respecter, une part importante des constructions devraient être réalisées en bois. Or la présence de bois n’est qu’anecdotique de cette première PU, qui fait plutôt la part belle au béton sous toute ses formes, expliquant ce dépassement facheux des valeurs cibles. Pour les prochaines PU et les prochaines étapes, nous attendons donc une intégration beaucoup plus importante du bois dans les consructions et le respect des valeurs cibles de la société à 2’000 W ;
  • le contracting énergétique, auquel les investisseurs doivent souscire pour la production de chaleur : si nous aurons l’occasion d’en parler plus en détail dans le cadre de la réponse à venir de la Municipalité à l’interpellation de M. Gaillard « Ecoquartier des Plaines-du-Loup : point de situation sur le contracting », je tiens à relever ici la contradiction qu’il y a d’un côté à vouloir limiter à juste titre le montant des loyers et d’un autre côté à engendrer des montants de charges totalement disproportionnés. En effet, les charges d’énergie thermique qui ont été annoncées pour l’écoquartier des Plaines-du-Loup sont environ deux fois supérieures à ce qu’elles sont dans les quartiers récents des Fiches Nord ou de Pra Roman par exemple. Est-ce juste que ce soit les seuls habitants de l’écoquartier des Plaines-du-Loup qui paient les choix de la commune ? Ne devrait-on pas plutôt tendre vers une harmonisation des tarifs avec le chauffage à distance lausannois ? La solution actuelle n’est pas satisfaisante et nous attendons avec impatience les évolutions données à ce dossier par la Municipalité.

A l’exception de ces derniers points que nous suivrons attentivement par la suite, vous aurez compris que c’est avec beaucoup d’enthousiasme que les Verts lausannois vous invitent à accepter les différentes conclusions de ce préavis n° 2019/36.

Valéry Beaud

Feuille verte

Black Friday a encore frappé et c’est la planète qui a payé…

Depuis quelques années désormais, le dernier vendredi du mois de novembre se distingue dans nos contrées par l’appellation « Black Friday ». Cette habitude, car il ne s’agit nullement d’une tradition malgré ce que certain·e·s se plaisent à dire, nous vient d’outre-Atlantique.

Apparu au début des années 1950, le dernier vendredi du mois de novembre était un jour relativement calme d’un point de vue commercial, puisque les gens attendaient le mois de décembre pour commencer leurs achats de Noël. Dès lors, pour la grande distribution, le mois de novembre présentait en général des chiffres d’affaires peu réjouissants. Ainsi l’idée est arrivée de proposer des rabais conséquents durant ce vendredi vu qu’il marque en plus le début des périodes de Fêtes. Grâce aux nombreuses promotions, les chiffres rouges de novembre redevenaient noirs dans les livres de compte. Et Black Friday obtint ses lettres de noblesse : grâce à cette attraction du prix bas, les commerçants voyaient leur mois de novembre avec plus de « couleurs »…

Aujourd’hui, c’est la majorité des enseignes présentes en Europe qui a cédé à cette nouvelle opération commerciale et qui s’est également mis à raboter les prix pour attirer les client·e·s.

En soi, qui pourrait s’offusquer de devoir moins payer pour un article qu’il/elle souhaite ? Personne. Nous, toutes et tous, devons tenir un budget et chacun·e a envie (voir besoin) de se faire plaisir, de s’accorder un cadeau, un geste pour se conforter dans la routine de nos vies quotidiennes. Même si désormais, les soldes ne sont plus réglementées et qu’on trouve du prix rouge à longueur d’année, on ne va pas renoncer à un p’tit rabais supplémentaire… Toujours mieux dans sa poche que dans celle du commerçant… Ou pas !

Cependant, la réalité est toute autre : de nombreuses preuves ont été fournies sur les agissements des enseignes durant ces périodes. Les prix sont très souvent augmentés juste avant pour accorder ensuite des rabais qui sont totalement faux, étant donné que le prix initial a été manipulé. Il y a peu, en Suisse, un cas a été dénoncé dans un magasin de sport. Le magasin a répondu qu’il s’agissait certainement d’une erreur de l’équipe de vente. Au final, il a été condamné à une amende dérisoire, et l’affaire est classée. Merci beaucoup, M’sieurs, Dames, au suivant !

Donc finalement, à quoi rime ce Black Friday : des prix manipulés, des client·e·s trompé·e·s et des ressources exploitées en vain…

Et ce n’est pas le seul gaspillage à considérer : outre les nombreuses ressources naturelles qui doivent être utilisées pour nourrir les rayons des magasins, ou les pages des shops en ligne, est-ce que l’on prend véritablement la mesure des impacts écologiques que toutes ces marchandises produisent ? Combien d’avions, de bateaux et autres frets supplémentaires sont nécessaires pour qu’au bout de la chaîne se trouve un coup de stylo rouge ? Alors qu’on essaie de trouver des solutions pour diminuer nos émissions de CO2, on en vient à réduire ces efforts à néant, juste pour assouvir la soif de vente d’une poignée de commerçants…

Objectivement, aujourd’hui, en tout cas sous nos latitudes, la seule chose que Black Friday représente vraiment, c’est le mépris.

Le mépris pour les consommatrices et les consommateurs qui croient acheter à meilleur prix mais qui finalement se font complètement duper.

Le mépris pour les équipes de vente qui se trouvent confrontées à un stress et à un rythme de travail effréné juste avant la folie des Fêtes.

Le mépris pour nos ressources naturelles qui sont exploitées pour fournir des biens de (sur)consommation dont personne n’a vraiment besoin mais dont de gros budgets publicitaires nous font croire qu’ils sont indispensables.

Et finalement, le mépris pour les artisan·e·s qui essaient de préserver la valeur de leur travail et se trouvent exclus du circuit commercial car il leur est impossible de s’aligner sur ces prix dévalorisés.

Arriverons-nous à limiter notre frénésie de consommation qui n’enrichit que quelques actionnaires et attribuer leur juste valeur aux ressources naturelles qui s’épuisent?

Keko Razzano

Intervention communale, Valéry Beaud

Assainsissement du bruit routier

Rapport-préavis n° 2019/33 – Intervention

Considérant que la problématique du bruit était une pollution souvent sous-estimée, avec des conséquences importantes sur la santé des habitants, les Verts lausannois sont régulièrement intervenus ces dernières années pour lutter contre le bruit, notamment routier, et demander que les mesures de réduction soient prises à la source, notamment par une diminution du trafic individuel motorisé et une limitation de la vitesse.

Aujourd’hui, nous saluons donc cet excellent rapport-préavis et l’ensemble des mesures qu’il propose pour assainir le bruit routier, à savoir la mise en place d’une limitation de la vitesse à 30 km/h de nuit entre 22h et 6h, la création de nouvelles zones modérées et la pose de revêtements phono-absorbants.

Plus spécifiquement sur la limitation de la vitesse à 30 km/h de nuit, celle-ci a pu faire l’objet d’un essai sur les Avenues Vinet et Beaulieu et d’un suivi scientifiquement étayé, dont les résultats sont incontestables : diminution des niveaux sonores moyens et des niveaux de pointe. De plus, la mesure est bien acceptée, par les riverains naturellement, mais aussi par les automobilistes. En définitive, c’est une mesure simple et proportionnée, d’un rapport coût-efficacité imbattable.

Concernant le réseau routier retenu pour la limitation de la vitesse durant la nuit, nous saluons naturellement son étendue, mais nous regrettons le maintien de la vitesse actuelle sur certains tronçons densément habités, comme l’Avenue du Léman ou l’Avenue de la Vallombreuse. Nous comprenons toutefois le souci de la Municipalité d’appliquer de manière stricte les critères définis par le Canton et prenons note que la vitesse de certains tronçons sera abaissée par d’autres mesures, comme l’extension des zones modérées, ou pour certains en entrée de ville lorsque les communes voisines rejoindront le mouvement, puisque leur intérêt semble déjà fort.

Mis à part ce petit bémol que nous devions exprimer, nous saluons encore une fois ce rapport-préavis, qui permettra non seulement de mettre en conformité certaines infrastructures routières avec la législation fédérale sur la protection contre le bruit, mais plus générallement d’améliorer la santé et la qualité de vie d’environ 33’000 habitants et d’augmenter l’attractivité de la ville.

Valéry Beaud