Intervention communale, Sara Gnoni

Notre maison est en feu…

Intervention

Notre humanité se trouve dans une situation d’urgence sans précédent, ici comme partout ailleurs. Cette situation d’urgence, si on n’y répond pas immédiatement, risque de nous propulser encore plus rapidement dans la destruction de tout ce qui nous est cher et qui assure notre survie: notre maison, ses habitants et ses écosystèmes, notre futur et celui des générations à venir.

La science est indiscutable: nous avons provoqué la 6ème extinction de masse, nous avons perdu 70% de vertébrés, plus de 75% des insectes et chaque nouvelle étude ou rapport est plus grave que les précédent, par exemple le niveau de montée des eaux attendus jusqu’à présent pour 2100 est attendu pour 2050 déjà, engloutissant des villes et des régions entières et engendrera des centaines de millions de réfugiés climatiques. Dans nos Alpes, 10% de volume glaciaire a encore disparu en cinq ans.

Absolument tous les voyants sont au rouge et nous n’allons absolument pas dans la bonne direction: chaque année est pire la précédente: plus d’émissions de GES, le jour du dépassement arrive toujours plus tôt, nous produisons plus de déchets que nous recyclons moins, le continent de plastique ne cesse de s’agrandir, la biodiversité continue sa chute libre, les océans se vident, les températures augmentent, septembre ayant encore battu son triste record.

N’importe quelle personne doit l’avoir compris, nous sommes dans une situation de menace existentielle et si cette même menace était générée par une autre nation par exemple, nous serons, depuis longtemps, tous unis pour y faire face. Mais malgré nous parlons de raser des forêts pour construire des routes, d’augmenter la capacité des aéroports, de construire des autoroutes à six pistes: nous sommes en train de marcher tels des somnambules vers une catastrophe.

L’ampleur de la tâche pour inverser la tendance est énorme  et la fenêtre d’opportunité pour agir se réduit de jour en jour.

C’est dans cette optique que nous avions déposé en janvier dernier le postulat “urgence climatique, il est temps d’agir au rythme exigé par la science” qui demandait 1) de déclarer l’urgence climatique et environnementale, de dire la vérité sur la crise à laquelle nous faisons face pour obtenir une forte adhésion de la population et 3) de pouvoir accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat.

C’est donc avec une énorme déception que nous avons reçu ce postulat, qui si il a le mérite d’avoir été rédigé rapidement et de faire l’inventaire des mesures prises jusqu’à ce jour, pour lesquelles nous félicitons la Muni, il n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

Notre maison est en feu…et avec ce préavis nous nous félicitons du petit pas de bébé que nous avons fait vers la sortie.

Le préavis dit “le programme climatique ne constitue pas l’entier de la politique communale” mais dites-moi qu’il y a-t-il de plus important, de plus essentiel dans le rôle des autorités que de préserver la VIE des ses habitants dans de bonnes conditions ?

Où sont les mesures drastiques et sans précédent qui nous sont demandées par le SR 15, rapport du GIEC de octobre 2018, pour pouvoir permettre de globalement, maintenir l’augmentation de la température globale en dessous de 1.5C° par rapport à l’ère pré-industrielle et préserver, justement la survie des terriens dans de bonnes conditions.

Tellement de thèmes centraux sont omis de ce postulat, thèmes pour lesquels des mesures concrètes peuvent être prises immédiatement, sans attendre la rédaction du plan climat dans deux ans et demi : la mobilité: réduction drastique des voitures en ville, alimentation: passage à une alimentation majoritairement végétarienne, travailler sur la réduction du gaspillage alimentaire, aller vers une baisse des températures de chauffage des logements et des bâtiments communaux, passer à une agriculture et une agroforesterie régénérative, implémenter des solutions de rafraîchissement de la ville pour éviter à tout prix le recours aux climatiseurs qui ne font qu’amplifier le problème du réchauffement de par leur consommation et leur émission de CFC et de HCFC, le désinvestissement.

Au lieu de ceci, on nous propose un postulat qui se félicite de tout ce qui a été fait mais qui pour ce qui est du futur a un scope de loin pas assez ambitieux, mal défini et restreint, qui comprend principalement des mesures qui concernent l’administration mais pas l’ensemble de la population de la Ville et un timing trop long: deux ans et demi pour écrire le plan climat et neuf ans pour l’implémenter: nous n’avons pas ce temps. On nous a présenté un classique Business as Usual amélioré, loin, très loin de ce qui nous est demandé pour répondre à la crise à laquelle nous faisons face.Comme dit, il ne répond en aucun cas aux demandes de mon postulat et en ce qui concerne le postulat de Mr Dupuis, il n’y répond pas non plus, tout au plus nous pouvons prendre acte de la stratégie de la Municipalité.

Nous allons donc proposer un amendement pour demander de répondre aux demandes de mon postulat, sans quoi nous refuserons, comme en commission cette réponse et soutiendrons l’amendement pour la réponse au postulat Dupuis.

Concernant le postulat Company, il interviendra après moi et sera je pense plus clément envers cet objet que je ne l’ai été.

Sara Gnoni

Intervention communale, Valéry Beaud

Aéroport régional Lausanne-Blécherette

Rapport-préavis 2019/15 – Intervention

Durant ces 6 dernières années, l’exploitation, les nuisances et la sécurité de l’aéroport de la Blécherette ont régulièrement fait débat : une pétition de l’Association de défense des riverains de la Blécherette (ADRB), deux interpellations, un postulat de Hadrien Buclin et moi, et même le retrait par la Municipalité d’un premier rapport-préavis n° 2016/38 jugé très insatisfaisant.
Aujourd’hui, nous avons entre nos mains un nouveau rapport-préavis (n° 2019/15), qui nous satisfait déjà beaucoup plus. Sous l’impulsion du Syndic en tout début de législature, et plus encore depuis la prise en main du dossier par Mme la Municipale Natacha Litzistorf, la Municipalité s’est enfin saisie sérieusement de cette affaire, pour aboutir aujourd’hui à des premières propositions concertées, notamment au protocole d’accord qui nous est soumis.
Je commencerais donc par relever ici quelques éléments de satisfaction :

  • tout d’abord le rééquilibrage des décollages entre le Nord et le Sud, en favorisant les mouvements vers le Nord, conformément aux répartition qui existaient encore en 2006-2007 et au cadastre du bruit de l’aéroport ;
  • ensuite, les actions présentées en vue de limiter les nuisances, notamment les incitations financières au choix d’aéronefs moins bruyants et moins polluants, la mise à disposition d’essence sans plomb à un taux préférentiel ou la sensibilisation des pilotes ;-
  • enfin, la réalisation de l’étude de bruit tant demandée par les pétitionaires, qui au-delà du strict respect de l’Ordonnace sur la protection contre le bruit (OPB), démontre que la gêne due au passage des avions est effective et importante.

Au-delà de ces éléments de satisfaction, qui répondent à de réelles préoccupations de la population, il est toutefois important de ne pas oublier la situation actuelle, qui peut se résumer ainsi : alors que le terrain est mis très généreusement à disposition par la Ville de Lausanne et que seule une infime part des utilisateurs paient des impôts à Lausanne, ce sont essentiellement les Lausannoises et les Lausannois qui subissent les nuisances de l’aéroport.

En ce sens, si nous saluons ce rapport-préavis, nous sommes obligés de le considérer seulement comme un premier pas, mais nous en attendons d’autres de la part de la Municipalité, même si nous sommes conscients que sa marge de manœuvre est étroite, notamment sur les points suivants :

  • une diminution du nombre de vols d’écolage, qui malgré la situation urbaine de l’aéroport, représentent 37% des mouvements d’avions ;
  • un encadrement du développement des vols d’hélicoptères, où les vols de sauvetage, incontestés, ne représentent que 29%, mais où il est par contre possible depuis La Blécherette de partir en hélicoptère pour une petite escale gourmande dans un restaurant, pour un transfert au karting de Vuiteboeuf, pour une partie de golf ou pour de l’héliski ;
  • une évaluation des toutes les possibilités d’augmenter la redevance du droit distinct et permanent de superficie (DDP), qui ne rapporte qu’environ Fr. 60’000.- par année à la Ville de Lausanne, soit seulement quelques 30 centimes par m 2 .

Bref, alors que notre Conseil communal a déclaré il y a 2 semaines l’urgence climatique, que les riverains de l’aéroport souffrent de ses nuisances sonores et que les premiers bâtiments de l’écoquartier voisin des Plaines-du-Loup ont été mis à l’enquête, nous devons vraiment chercher tous les moyens à disposition pour cohabiter au mieux jusqu’à la fin de la concession d’exploitation de l’aéroport en 2036. Aujourd’hui, les habitants qui se trouvent dans l’axe des décollages en direction de la Ville n’en peuvent plus, ne pouvant simplement pas être sur leur balcon ou vivre les fenêtres ouvertes lors des belles journées d’été. Il est de notre devoir de préserver la santé et la qualité de vie de notre population.

Enfin, que dire du comportement de l’aéroport, qui pendant ce temps se permet d’évoquer une extension de la piste, le développement de vols de ligne ou encore de tester une ligne de fret aérien avec la Grande-Bretagne, dans un déni total du contexte dans lequel se trouve l’aéroport et de la période que nous vivons.

En conclusion, je remercie encore Mme la Municipale Natacha Litzistorf pour avoir empoigné ce dossier avec force et conviction, mais je reprendrais les termes du vœu que j’ai déposé en commission et que celle-ci a accepté, souhaitant que la Municiplaité poursuive ses efforts pour réduire les nuisances de l’aéroport et fasse son possible pour adapter la redevance versée par celui- ci.

Valéry Beaud

Lausanne

Il faut dézoner la campagne de Rovéréaz

A Rovéréaz, cinq ONG environnementales, les Vert·e·s lausannois·es, le Mouvement pour la Défense de Lausanne, des riverains et plus de 5000 citoyennes et citoyens s’opposent à un projet destructeur pour la nature et l’environnement.

Un projet de construction de 18 logements de luxe dans la campagne de Rovéréaz, au milieu d’une zone de verdure adorée des Lausannoises et Lausannois, d’un biotope et d’une zone protégée à l’ISOS, a provoqué une levée de boucliers, tant au sein des associations de protection de la nature que parmi les citoyennes et citoyens. Le projet en cause sacrifie une campagne encore vierge et dénature l’ensemble du site au sud de la ferme de Rovéréaz, pour des constructions privées qui profiteraient uniquement à une poignée de privilégiés. De plus, sa localisation en lisière de forêt et le nombre de places de parc prévues (42 souterraines et 4 en surface) mettent en danger tout l’écosystème environnant. Le trafic et le mitage qui en résulteront perturberont la faune, la flore, les riverains et les promeneurs, tout en détruisant irrémédiablement le charme des lieux.

Pro Natura, WWF, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP),ATE et Helvetia Nostra se sont réunies pour former une opposition commune (cf. annexes). Elles demandent à la Municipalité de Lausanne de rendre cette parcelle inconstructible, afin de la laisser en zone de verdure. Ces demandes sont renforcées par des oppositions des Vert·e·s lausannois·es et du Mouvement pour la Défense de Lausanne dont les conclusions sont identiques. Les Vert·e·s ont également travaillé au Conseil communal ces dernières années afin de rendre cette parcelle inconstructible. Cette zone de verdure est non seulement essentielle aux habitantes et habitants des hauts de Lausanne, car c’est un site paysager et de loisirs, un poumon vert dans un milieu urbain. Il faut également la protéger pour une multitude de raisons environnementales et paysagères : protection du patrimoine bâti et paysager, de la cohérence historique du site de Rovéréaz, de la faune et de la flore. Ce projet entre donc en totale contradiction avec les principes actuels d’aménagement du territoire et de densification, qui doit se faire dans les centres urbains.

Les organisations environnementales ne sont pas les seules à se mobiliser pour la préservation de cet espace de détente et de délassement proche de Lausanne. En effet, divers riverains ont formé opposition et plus de 5000 citoyennes et citoyens ont signé une pétition qui demande de rendre cette zone inconstructible. La pétition sera transmise mardi prochain, 26 novembre 2019, à la Municipalité de Lausanne. Le large soutien qu’elle a reçu montre l’attachement des habitantes et habitants de la région à la campagne de Rovéréaz, en plus des raisons évidentes de protection de la nature, de l’environnement et du climat. Toutes ces raisons doivent mener la Municipalité de Lausanne à dézoner cette parcelle.

L’implication de la population devrait convaincre de renoncer à ce projet, puisqu’il s’agit de la seule solution possible pour concilier la volonté populaire et les principes définis dans le plan climat que la ville de Lausanne a présenté récemment.

Opposition commune des organisations environnementales (WWF Vaud, Pro Natura Vaud, ATE Vaud, Helvetia Nostra, Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP))

Opposition des Vert·e·s lausannois·es

Intervention communale, Karine Roch

Centre omnisports de Grand-Vennes et Zone sportive de Vidy

Intervention

Préavis N° 2019/19 – remplacement de deux terrains de football en matière synthétique – demande de crédit d’ouvrage

Comme la commission a pu le constater en siégeant sur place au centre omnisports de Grand-Vennes, la surface de ce terrain après presque 15 ans d’utilisation intensive est râpée jusqu’à sa trame.

Dans le contexte urbain, d’exiguïté des espaces et d’intensité d’utilisation, le développement raisonné et approprié des terrains synthétiques répond à la demande sociale, tout en conservant (voire en libérant) des terrains en herbe qui participent notamment d’une meilleure climatisation de la ville.
Un terrain synthétique est utilisable 30 heures par semaine (40 heures même dans les cas présents) contre 6h face au terrain naturel si l’on veut une qualité sportive équivalente. Il faudrait donc mobiliser 5 terrains en herbe pour assurer une offre équivalente à un terrain synthétique. 
L’évolution des techniques de fabrication des revêtements synthétiques est favorable. La couche de remplissage est remplacée par des matériaux naturels biodégradables au lieu des billes de caoutchouc issu de pneus usagés. Ce point est déterminant pour limiter les impacts environnementaux dus à l’élimination de ces matières et éviter leur diffusion au sein des écosystèmes. En l’occurrence, ce sera des granulats de liège, dont il faudra quand même utiliser 21 tonnes par terrain.

Au vu de ce qui précède, les Verts se joignent à l’unanimité de la commission pour approuver ce préavis.

Karine Roch

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Sophie Michaud Gigon quitte le Conseil communal

Madame la Présidente,

il y a 12 ans jour pour jour, j’étais assermentée au sein de notre Conseil. Aujourd’hui, c’est avec émotion que je vous remets ma lettre de démission.

Amoureuse des institutions politiques, je suis convaincue que les personnes qui s’y engagent sont des personnes qui contribuent au mieux vivre ensemble et qui sont au niveau communal mues par la volonté de participer à la bonne marche de leur lieu de vie.

La politique, c’est aussi la chose la plus chronophage qui soit ! Car derrière tout ce qui se voit au Conseil, il y a parallèlement ces échanges, cette vie de parti, ces discussions… Vouloir rentabiliser le temps investi en politique, c’est comme vouloir entrer dans du 36 quand on fait du 42 : une mauvaise idée. Bref, la politique exige de notre part à toutes et tous forcément un peu de passion.

Et de la patience ! Ah, la patience… Peut-être du reste que dans une cinquantaine d’années, on aura une place des Bergières et qu’on y apposera une plaque “SQUARE de l’enquiquineuse Sophie Michaud Gigon”, comme reconnaissance à titre posthume (quoique, 50 ans, ça m’a l’air quand même un peu serré).

En 12 ans, j’ai travaillé pour mon quartier et pour la qualité de vie dans ma ville, en touchant à tous les domaines : sport, santé, écoles, pollution de l’air, politique régionale, logements, économie locale, aménagements extérieurs et lieux de vie, etc.

J’ai ainsi eu l’impression qu’on peut finalement faire beaucoup en faisant preuve de bon sens, en investissant aux bons endroits, en créant du lien et en partageant l’adage que là où on habite, eh bien on s’y engage. Quel que soit la forme de l’engagement finalement.

Nous avons la chance dans ce Conseil d’avoir affaire à une Municipalité de grande qualité, et le rythme effréné auquel les astreint la gestion d’une ville comme Lausanne est coloré par nos interventions plus ou moins dans la cible, qu’ils accueillent avec professionnalisme, teinté d’un certain fatalisme face à nos exigences multiples – mais souvent légitimes, bien sûr. Ce Conseil joue son rôle et le groupe des Verts n’est pas en reste, je l’avoue, avec un brin de fierté.

En quittant le Conseil communal, je quitte donc une famille. J’ai tissé des liens avec des collègues de tous les partis, de gauche à droite, et développé même de belles amitiés avec certaines et certains d’entre vous; ce qui nous a réuni au fil des ans, ce ne sont pas forcément nos positions politiques mais des valeurs humaines, un lien affectueux particulier au-delà des attaches partisanes.

Après 10 ans de lobbying fédéral en faveur de la nature et de l’environnement, puis en faveur des consommateurs, je poursuis dès décembre mon travail à Berne en tant que Conseillère nationale, tout en le combinant avec mon poste à la FRC. Gageons que je ne pourrai pas – comme dans notre Conseil – y défendre mes projets, un bonnet de water-polo vissé sur la tête, et que cette liberté me manquera. Comme vous tous d’ailleurs me manquerez.

Mais nous nous reverrons, car Lausanne reste ma ville, comme elle est la vôtre.

Madame la Présidente, chères et chers collègues, chère Municipalité, cher Monsieur Tétaz, il ne me reste plus qu’à vous remercier pour ces 12 années, à vous demander de transmettre mes remerciements à l’administration communale, et à vous souhaiter de continuer à mener les affaires de notre ville avec passion et tambour battant.

Sophie Michaud Gigon