Intervention communale, Karine Roch

Déploiement des compteurs intelligents

Intervention

Préavis 2019/16 – 1ère phase
Par ce préavis nous est présentée la première phase du déploiement des compteurs électriques intelligents, il s’agit de la mise en place de la plateforme informatique nécessaire à la collecte et au traitement des données ainsi que des outils numériques visant à faciliter au niveau administratif les futures installations des nouveaux compteurs. 
En quelques mots, cette mesure est imposée aux gestionnaires de réseaux par la LApEl dans le cadre de la stratégie énergétique 2050. Les compteurs intelligents permettront la mesure en continu et la communication dans les deux sens entre les habitations et le gestionnaire du réseau. Les relevés manuel in situ ne seront plus nécessaires. Les coûts de la mise en place sont imputables aux consommateurs finaux. Le compteur s’accompagnera d’une interface utilisateur dont le but est de permettre aux ménages de maîtriser leur consommation d’énergie. Sur la base de la connaissance des profils des clients, les services électriques pourront développer des offres tarifaires spéciales, étendant ce qui est déjà pratiqué pour le tarif de nuit ou de week end. Enfin, il sera possible aux gestionnaires de moduler la distribution en fonction de la demande et de la production en temps réel, afin de gérer les pics de demande et d’approvisionnement variable typique de l’énergie photovoltaïque et éolienne. Techniquement, les compteurs communiquant pourront contrôler l’enclenchement des appareils à forte consommation de courant, en contrepartie par exemple, de tarifs d’abonnement plus avantageux. A noter encore, que la transmission des données se fera sur le support fixe de la fibre optique pour toute la zone qui est couverte par le réseau de la Ville. 
Le déploiement des compteurs intelligents semble donc être une pièce indispensable au puzzle de la transition énergétique.  En réalité, en y regardant de plus près, on voit que c’est un pari industriel, dont l’expansion, n’a pas été l’objet de débat dans l’espace public son processus d’expansion. Pour cette raison ainsi que pour la raison de la pertinence écologique de ces compteurs je m’abstiendrai de voter les conclusions de ce préavis, ce sera également le cas d’autres membres du groupe des Vert·e·s.
La mutation du réseau électrique est donc une mesure imposée par la stratégie énergétique 2050 sur laquelle nous n’avons pas de prise. A notre niveau communal, je vois quand même deux points sur lesquels nous pouvons agir: 
1 – tout d’abord et contrairement à ce qui est annoncé, à part pour quelques groupes de personnes motivées par des initiatives de production et d’auto-consommation, il est illusoire de croire que ces systèmes auront une quelconque influence sur la maîtrise de la demande d’énergie des consommateurs moyens. Ceux-ci ont déjà accès à l’information sur leur consommation par leur facture d’électricité. Après avoir remplacé ses ampoules électriques et acheté un nouveau frigo, et pour des raisons de motivation, de compétences et de manque de contrôle sur les principales causes de la consommation d’énergie (comme le manque d’efficience énergétique des bâtiments …), va-t-on vraiment prendre le temps d’ausculter ses données de consommation et changer son comportement en conséquence ?Ce n’est pas une couche technologique de plus qui va rendre les consommateurs plus attentif à leur rapport à l’énergie. Tout en étant de plus en plus hyperconnectés, nous sommes de plus en plus déconnectés des notions physiques du monde réel. Seule une information et une sensibilisation importante peut remédier à cela et il faut agir sur les notions larges sur l’énergie, pas seulement sur le décryptage des offres commerciales, et en soutenant aussi les initiatives citoyennes non institutionnelles, par exemple via le fonds pour l’efficacité énergétique. 
2 – deuxième point, la mise en doute que le rapport coût-bénéfices du déploiement des compteurs intelligents est positif. C’est ce que dit un rapport de 2012 de l’OFEN « Smart Metering Roll Out – Kosten und Nutzen », mais dans le même temps en 2014 la commission européenne a publié également un rapport qui montre que pour 11 pays sur 27, les bénéfices coût-investissent du déploiement des compteurs sont négatifs ou peu concluant. 
En France, le rapport de la Cour des comptes publié en février 2018, sur la mise en place du dispositif Linky – 35 millions de «compteurs communiquant» par Enedis (ex-ERDF) conclut « L’analyse bénéfices-coût au niveau de la distribution ne peut à elle seule justifier économiquement le projet et, en l’état actuel des travaux, le système n’apportera pas les bénéfices annoncés en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’énergie».
La marge d’économie est donc asymétrique, elle profitera aux services d’électricité qui pourront optimiser la vente d’énergie via les nouvelles offres commerciales basée sur la connaissance des profils des utilisateurs (tant mieux pour nos SIL !), mais il semble important de demander la plus grande transparence sur le report des coûts. Ce point est évoqué dans le préavis, mais aucune estimation de ces coûts n’est pour l’instant fournie. 
Enfin, j’aimerais évoquer la question de la protection des données touchant à la sphère privée. Avec une mesure des courbes de charges au 1/4 d’heure, il est possible de voir l’enclenchement des différents appareils, de connaître les heures de lever ou de coucher, les périodes d’absence, le volume d’eau chaude consommée par jour, le nombre de personnes présentes dans le logement. La courbe de charge peut ainsi permettre de déduire de très nombreuses information relatives à la vie privée. Mon collègue David Raedler complétera ce point de la protection des données.

Karine Roch

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Urgence climatique

Intervention

Chèr·e·s collègues,

Nous sommes en ce moment deux à la tribune pour vous parler du plus grand défi que l’humanité ait connu mais je souhaiterais que nous soyons TOUTES ET TOUS unis pour y faire face. 

En ce moment je me tiens devant vous non pas comme conseillère ni comme Verte, mais comme terrienne, citoyenne, maman, porte-parole du message scientifique qui nous est communiqué depuis plus de 30 ans, sans que nous l’entendions vraiment. 

Le sujet dont nous traitons ce soir est apolitique, n’est pas partisan et que vous soyez de droite, de gauche ou du centre, vous vous devez tous de répondre à la question “quel genre de futur vous souhaitez pour vous-même vos amis, votre famille, vos proches?” 

Nous sommes face à une crise climatique et écologique sans précédent. Si les rapports du GIEC d’octobre 2018 ou l’extrait du rapport de l’IPBES qui va être présenté cette fin d’année ne vous sont toujours pas familiers, j’aimerais brièvement vous parler de deux rapports récents.

Le premier qui est le Global Risk Report du WEF de 2019 donc la matrice que vous voyez qui montre que les risques qui sont les plus probables et qui ont le plus d’impact – carré en haut à droite, sont des risques liés au climat et à la perte de biodiversité.

Dans ce rapport, une des phrases clé est celle-ci “de tous les risques, c’est en relation avec l’environnement que le monde sombrera le plus clairement dans la catastrophe”. 

Un deuxième rapport récent, une approche par les scénarios (identique au WEF, donc multiplier la probabilité qu’un événement arrive par son impact pour donner le risque) appelé “existential climate-related security risk” dit plusieurs choses essentielles:

1. Historiquement les scientifiques ont été très prudents dans leur communication, et nous le voyons maintenant c’est que la réalité dépasse même les prévisions les plus pessimistes. Comme par exemple les 31°C au cercle arctique le 13 mai passé. Le réchauffement global et la fonte des glaces se fait à un rythme beaucoup plus élevé qu’initialement prévu.

2. Pour réduire les risques que nous venons de mentionner et préserver la civilisation humaine, il est essentiel de mettre en place très rapidement un système industriel à zéro émission. Cela nécessite la mobilisation globale de ressources pour faire face à l’urgence.

3. L’institut qui publie cette étude se déclare incapable, en raison de leur ampleur, de modéliser le niveau de destruction lié au changement climatique en 2050 déjà, pour les scénarios les moins optimistes et 2050, c’est demain

Je ne vais pas vous faire l’inventaire des scénarios films d’horreur auxquels nous devrons faire face si nous n’agissons pas ou pas assez vite, mais plutôt vous dire que c’est une opportunité unique d’agir ensemble et de créer un futur beaucoup plus agréable pour nous tous, avec une société inclusive, des villes plus belles propres et résilientes, respectant les limites de la biosphère.

En effet, la protection du climat et de la biodiversité s’accompagne de nombreuses aubaines en matière d’emplois locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie locale ou l’artisanat, en particulier dans le domaine de la réparation. Cela ouvre des perspectives pour résoudre, au moins en partie, les problèmes de socitété auxquels nous faisons face et que personne ne peut nier, comme la précarisation de la population, l’insécurité, les migrations, les pertes d’identité ou les inégalités.

Un autre extrait du WEF dit  Innovative and collaborative approaches may be needed to ensure that action is taken globally before it is too late

Le but de notre postulat est donc de déclarer l’urgence climatique pour donner enfin à la crise climatique et environnementale l’importance qu’elle doit avoir, c’est à dire une situation de crise qui menace la vie humaine.

Nous nous joindrons ainsi au mouvement de pays, de Villes, de Etats et régions qui l’ont fait avant nous et qui couvrent à présent une population de 70 millions de personnes au niveau mondial. Nous pouvons citer comme exemples Le Royaume-Uni qui a été le premier pays au monde à déclarer l’urgence climatique et qui a été suivi par l’Irlande, l’Ecosse ou, plus près de chez nous, Yverdon, Delémont  le canton de Bâle Ville, du Jura ou le canton de Vaud.

Au delà du geste hautement symbolique, le but est double: tout d’abord d’informer, sensibiliser et éduquer la population, les collectivités, les entreprises et créer une large adhésion pour passer à l’action. En effet on a beau lire des rapports, ou des informations scientifiques, rien ne vaut un message clair, transmis par des personnes qui nous sont proches et auxquelles on peut se relier. 

Dans le cadre de ce premier but se trouve également un rôle d’exemplarité: par notre déclaration d’urgence climatique, nous pouvons inspirer d’autres villes à faire de même et créer un cercle vertueux vers l’action.

Le 2e but de ce geste symbolique est d’accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat. La déclaration permettra ainsi de mettre la priorité sur ces objets, par exemple le plan climat qui vient de vous être présenté, que nous avons co-signé et que nous soutenons fortement, pour que le groupe de travail qui se penche dessus puisse y travailler de toute urgence – soit à la hauteur de l’enjeu auquel nous faisons face. Nous avons un peu moins de 11 ans pour agir, pas pour mettre en place un plan mais pour agir concrètement et nous ne pouvons pas accepter les délais usuels de traitements des objets pour un enjeu vital tel que celui-ci, 11 ans c’est demain

En commission il y a évidemment eu des objections telles que le fait que ceci créerait un précédent pour apporter des sujets en urgence de toutes parts, comme le harcèlement par exemple. Vous l’aurez compris et j’en appelle à votre bon sens, qu’il ne s’agit pas du tout du même degré d’urgence, on parle, encore une fois de la survie de notre société. Une autre objection était celle qu’il est difficile objectivement de savoir quels objets sont liés au climat, sur ce point j’en appelle encore une fois au bon sens et à l’expertise du groupe de travail qui se penchera sur la mise en place des mesures concrètes pour nous sortir des énergies fossiles pour déterminer la pertinence ou non de l’urgence.

Je vous rappelle enfin que nous avons une responsabilité morale, en tant que pays riche, d’agir au plus vite et au-delà de ce qui est demandé par le GIEC pour que les pays qui n’ont pas encore accès à l’électricité ou à l’eau courante puissent atteindre un niveau de vie digne. L’urgence n’est donc pas seulement dans notre intérêt de préserver notre climat, nos alpes, nos cultures, mais aussi notre devoir de pays riche.

J’espère que vous l’aurez compris, nous sommes face au plus grand défi de notre espèce et la réponse que vous donnerez ce soir avec votre vote sera déterminante pour assurer un futur à vous ainsi qu’aux personnes que vous aimez.

Sara Gnoni

Références:

Rapport WEF Global Risks Landscape 2019

The year 2018 was another one of storms, fires and floods.19 Of all risks, it is in relation to the environment that the world is most clearly sleepwalking into catastrophe. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) bluntly said in October 2018 that we have at most 12 years to make the drastic and unprecedented changes needed to prevent average global temperatures from rising beyond the Paris Agreement’s 1.5oC target. In the United States, the Fourth National Climate Assessment warned in November that without significant reductions in emissions, average global temperatures could rise by 5oC by the end of the century.20 GRPS respondents seem increasingly worried about environmental policy failure: having fallen in the rankings after Paris, “failure of climate-change mitigation and adaptation” jumped back to number two in terms of impact this year. And the most frequently cited risk interconnection was the pairing of “failure of climate-change mitigation and adaptation” and “extreme weather events”. The accelerating pace of biodiversity loss is a particular concern. The Living Planet Index, which tracks more than 4,000 species across the globe, reports a 60% decline in average abundance since 1970.21 Climate change is exacerbating biodiversity loss and the causality goes both ways: many affected ecosystems—such as oceans and forests—are important for absorbing carbon emissions. Increasingly fragile ecosystems also pose risks to societal and economic stability. For example, 200 million people depend on coastal mangrove ecosystems to protect their livelihoods and food security from storm surges and rising sea levels, as discussed in Chapter 5 (Fight or Flight).22 One estimate of the notional economic value of “ecosystem services”—benefits to humans, such as drinking water, pollination or protection against floods—puts it at US$125 trillion per year, around two-thirds higher than global GDP.23

In the human food chain, loss of biodiversity affects health and socio- economic development, with implications for well-being, productivity and even regional security. Micronutrient malnutrition affects as many as 2 billion people. It is typically caused by a lack of access to food of sufficient variety and quality.24 Nearly half the world’s plant-based calories are provided by just three crops: rice, wheat and maize.25 Climate change compounds the risks. In 2017, climate-related disasters caused acute food insecurity for approximately 39 million people across 23 countries.26 Less obviously, increased levels of carbon dioxide in the atmosphere are affecting the nutritional composition of staples such as rice and wheat. Research suggests that by 2050 this could lead to zinc deficiencies for 175 million people, protein deficiencies for 122 million, and loss of dietary iron for 1 billion.

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Aide et conseils pour se débarrasser de l’amiante

Intervention

Préavis «Organisation, compétences et actions communales relatives à la problématique de l’amiante» n° 2019/10

La Ville est organisée sur la problématique de l’amiante et le précise dans ce préavis.

Tous les bâtiments construits avant 1990 contiennent ce matériau utile dans la construction et fort dangereux pour la santé. On en retrouve donc hélas partout. L’impact sur la santé dépend comme pour toute substances toxiques du cumul et de la durée d’exposition, ainsi que du profil de la personne. Guy Gaudard l’a illustré pleinement. Pour ses propres bâtiments, la Ville est équipée, elle a même revu l’ordre des rénovations à faire. Les bâtiments scolaires ont été diagnostiqués en priorité ; sans pouvoir garantir qu’il n’y ait plus de traces, les travaux à effectuer l’ont été. Par ailleurs, la Ville souhaite intensifier l’information aux habitants en mettant aussi en avant le principe de précaution et en élargissant aux autres matériaux toxiques de la construction; c’est une bonne chose, il ne faut pas relâcher l’attention.

Là où les Verts voient aussi un enjeu, c’est dans le lien avec la population elle-même confrontée à des travaux. L’amiante et sa dangerosité est plutôt bien connue de la population. Comme pour toute substance toxique pour la santé, les questions qui taraudent les gens sont : à partir de quelle exposition est-ce grave pour ma santé, comment m’en prémunir, est-ce suffisant si je fais ceci ou cela etc. Nous n’avons pas forcément les connaissances ni les ressources pour avancer seul. Ces questions peuvent vite devenir anxiogènes et la Ville doit – tout en agissant – rassurer et surtout donner des pistes.

Si vous êtes propriétaire d’un appartement ou locataire d’un bail commercial et que vous envisagez des travaux, le problème de l’amiante s’imposera, mais vous ne saurez pas forcément quoi faire. Et si vous le savez, vous n’en aurez pas forcément les moyens, le désamiantage étant onéreux et s’ajoutant à une facture qui peut être déjà très importante selon les travaux. En bref, la Ville doit aussi accompagner les habitants, soit en soutenant financièrement les diagnostics, soit en établissant des protocoles avec ce qui est indispensable et ce qu’il est recommandé de faire. Bref, elle doit conseiller les gens et s’assurer que le problème n’est pas seulement pris au sérieux intellectuellement, mais dans les actes, en allégeant le cas échéant la charge reposant sur la personne prévoyant des travaux. Comme c’est ici une question de santé publique, un soutien du canton semble justifié.

Les Verts soutiennent avec ces remarques la réponse au postulat Gaudard et ce préavis municipal à l’unanimité.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

Anne Berguerand, Intervention communale, Lausanne

Les employé-es de la Ville sont-ils suffisamment informé-es sur le principe de transparence?

Question écrite

Le principe de la transparence dans l’administration ressort de la loi du 24.9.2002 sur l’information (LInfo) ainsi que de son règlement d’application. Les articles 8 et suivants LInfo permettent à toutes les citoyennes et citoyens de faire une demande d’accès à des documents officiels détenus par un organisme soumis à cette législation.

Ce principe veut que le public soit informé de manière ouverte et complète sur les activités de l’État. Il implique notamment le principe de la présomption de publicité des documents officiels.

Finalement, la politique de transparence vise à nourrir la crédibilité de l’action publique et à favoriser le bon fonctionnement de la démocratie.

Questions :

Quelle est la stratégie de la Municipalité dans ses directives envers ses collaboratrices et collaborateurs, concernant la transmission d’information depuis l’entrée en vigueur de la Linfo ?

Quelles mesures concrètes, visant à s’assurer que cette loi soit bien connue et maîtrisée par le personnel de l’administration communale, sont actuellement prises ?

Anne Berguerand

Feuille verte, Lausanne

Le climat, les jeunes et la politique

Les grèves du climat se succèdent et se banalisent dans le paysage politique. Ainsi, le vendredi 24 mai dernier, plus de 5’000 jeunes sont à nouveau descendus dans la rue malgré la période des examens ! Certains journaux titrent : « La participation des jeunes fond comme neige au soleil. ». Qu’on me trouve le mouvement politique qui parviendrait à mobiliser autant de fois autant de jeunes pour des manifestations, avant de parler de fin des grèves du climat. D’autres critiques fusent comme celle de notre cher ancien Conseiller national vaudois Fattebert qui déclare que les jeunes Vaudois-e-s font preuve d’« un manque de maturité certain ». Fort heureusement, les jeunes, tant décriés par l’UDC pour leurs manipulations et leur manque de responsabilité, ont voté aux élections européennes. C’est bien la preuve que le sursaut de conscience manifesté par les nouvelles générations sur la question climatique ne se traduit pas uniquement dans une position contestataire permanente, non, il s’exprime aussi dans les urnes. Les jeunes montrent ainsi leur volonté d’une politique plus écologiste. En Allemagne et en France, les Verts ont été propulsés comme deuxième et troisième force politique du pays !

Qu’en est-il de la Suisse ?

La politique institutionnelle et parlementaire ne fait pas partie des moyens d’action les plus évidents pour les jeunes. Certainement, d’une part, parce que l’État n’offre aucune éducation civique pendant l’école obligatoire et qu’il n’y a pas d’accompagnement dans l’acquisition des droits citoyens, mais également par la complexification de certains processus politiques. Des discours longs et métaphoriques doivent laisser leur place à des explications claires et accessibles.

La responsabilité des partis politique lors des prochaines élections fédérales en octobre prochain ne réside pas dans la promotion du programme uniquement, elle se trouve aussi et surtout dans la vulgarisation du langage politique et du fonctionnement des chambres.

C’est pourquoi les Jeunes Vert-e-s vaudois-e-s ont mis sur pied le site internet vote-climat.ch et développent actuellement une série de capsules vidéo, bientôt mises en ligne, pour simplifier la compréhension du système politique suisse et montrer que cette nouvelle législature aux chambres fédérales ne peut se faire qu’avec une majorité écologiste.

Il faut prendre le virage numérique, savoir-faire campagne ailleurs que sur les marchés. D’ailleurs, une campagne numérique ne signifie pas uniquement sponsoriser certaines publications, il est nécessaire désormais de jouer avec les logarithmes des GAFA, de partager les liens utiles sur les réseaux sociaux, en bref, faire jouer nos carnets d’adresses virtuelles.

Alors que partout on parle de vague verte, je nous souhaite, grâce à nos efforts communs, un tsunami du même nom. Motivez votre entourage, partagez les vidéos et les site internet de vulgarisation de la politique, faites votez vos neveux et nièces, voisines et voisins, enfants, petits-enfants, parents, grands-parents, pour les jeunes engagé-e-s pour la justice climatique et sociale. Votez les Jeunes Vert-e-s!

Oleg Gafner

Anne Berguerand, Intervention communale

Un tunnel piétonnier pour relier les gares du Flon et des CFF

Intervention

Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la Municipalité, chers collègues !

Les Verts lausannois soutiennent avec conviction cette proposition de liaison piétonne entre la Gare du Flon et la Gare CFF, proposition qui fait d’ailleurs partie de notre programme. C’est un projet très important pour nous et nous souhaitons que la pétition soit renvoyée à la Municipalité pour étude et rapport-préavis.

Tout d’abord, il est utile de rappeler que la Gare du Flon est la 3e gare de Suisse romande en terme d’affluence, juste derrière les gares CFF de Genève et de Lausanne. Dans la pratique, les gares de Lausanne et du Flon devraient même être considérées comme une seule interface de transport public. Cette interface a pourtant un principal défaut, l’absence de liaison directe entre les deux gares, si ce n’est le métro M2 actuellement, auquel viendra s’ajouter le métro M3 dans le futur. Les milliers et les milliers d’usagers qui effectuent ce trajet quotidiennement viennent donc saturer le métro sur son parcours le plus fréquenté, et doivent en heure de pointe souvent laisser passer 2 ou 3 métros avant de pouvoir monter.

Bien consciente de cette problématique, un communiqué de la Ville de Lausanne annonçait le 17 janvier 2007 la réalisation d’une liaison piétonne souterraine entre la gare et le centre :

Je cite le communiqué :

“Le PALM prévoit également la création d’une liaison directe pour piétons entre la gare de Lausanne et les quartiers de Saint-François et du Flon. Ces lieux sont en effet générateurs de trafic piétonnier important, dans une zone à forte densité de commerces, d’emplois et d’activités de loisirs. La topographie et les dénivelés ne facilitent pas la mobilité douce et risquent dès lors de surcharger le futur M2 sur cette courte distance”.

Cette liaison était alors inscrite dans la stratégie de développement de la mobilité douce du Plan d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), sous la mesure 4d. Estimée à 14 millions de francs, cette liaison mécanisée était même un tripôle Gare-Flon-St-François, en forme de Y.

Lors de l’élaboration du PALM 2012, cette mesure a été supprimée, non pas parce qu’elle n’était plus pertinente, mais simplement pour réaffecter le montant associé à la première étape du métro M3. Souvenez-vous en effet des tensions qui existaient alors entre Lausanne et les communes de l’Ouest, celles-ci voulant le tram T1 et Lausanne le métro M3. Pour faire finalement accepter le M3 en priorité A, il a fallu diminuer son coût et Lausanne a dû faire des sacrifices, particulièrement l’abandon de cette liaison piétonne.

Cette liaison piétonne Flon – Gare reste pourtant aujourd’hui une évidence, elle ne serait en fait que l’équivalent d’un couloir reliant deux stations de métros de certaines grandes villes.

La distance Flon-Gare est en effet seulement de quelques 275 m, soit moins de 4 minutes à pied. Souvenez-vous lorsque vous attendiez la navette Flon-Gare à l’époque : lorsque vous vous penchiez pour voir où elle était, l’autre extrémité du tunnel était visible… tant et si bien que certains s’aventuraient sur les rails de nuit.

Aujourd’hui, c’est le dernier moment pour remettre l’ouvrage sur le métier et intégrer cette liaison piétonne aux travaux de la Gare de Lausanne et du métro M3, pour bénéficier de ces synergies.

Cette liaison piétonne est notamment vitale pour les raisons suivantes :

– elle réduirait l’encombrement des rames de métros, car même avec le M3, ce tronçon sera rapidement à nouveau saturé au vu des développements prévus sur la ligne du LEB (cadence à 10 min) et sur le M1 (développement des Hautes Ecoles, quartier des Prés-de-Vidy et des Côtes de la Bourdonnette, etc.)

– elle réduirait le temps d’attente et donc le temps de parcours des milliers et des milliers de personnes qui font quotidiennement une connexion entre le réseau CFF et le M1 ou le LEB ;

– elle serait gratuite ;

– elle encouragerait à la marche, et serait donc bonne pour la santé.

Aujourd’hui, refuser cette proposition, c’est planifier un chaos dans quelques années sur le tronçon Gare – Flon!

Les Verts lausannois vont donc voter un renvoi à la Municipalité pour étude et rapport-préavis et vous encouragent à faire de même.

Anne Berguerand