Lausanne

Stade de la Tuilière : Un stade pour tous, ou tout pour INEOS ?

Communiqué de presse des Verts lausannois du 18 juin 2018

Les Verts lausannois ont pris connaissance de l’avancée des tractations entre la Ville de Lausanne et Le FC Lausanne-Sport, respectivement INEOS, concernant le stade de la Tuilière. Si l’on peut espérer que la Ville a pris les précautions nécessaires pour se préserver financièrement en cas de départ d’INEOS de la tête du Lausanne-Sport, comme le Municipalité l’avait annoncé au Conseil communal, les Verts lausannois regrettent l’accaparation du stade par INEOS qui est en train de s’opérer, en dépit des processus démocratiques antérieurs, et l’opacité qui entoure ces transactions. De plus, les Verts craignent que l’image négative d’INEOS ne ternisse celle de la Ville, si celle-ci y est trop liée, et n’enterre définitivement toute volonté de naming du stade de la part d’un acteur local responsable.

Une des craintes des Verts lausannois, formulée dans les différentes interpellations déposées sur cet objet depuis le mois de novembre 2017, était de savoir si par la création d’une société ad hoc, INEOS Football SA, INEOS fragilisait ses investissements au sein du Lausanne-Sport et faisait peser encore plus de risques financiers sur la Ville de Lausanne. Des assurances avaient été données par la Municipalité de Lausanne lors de son intervention au Conseil communal, mais rien ne ressort malheureusement du communiqué de presse de ce jour.

Les Verts lausannois restent dans tous les cas très critiques quant à l’opacité qui entoure ces transactions et le déni démocratique qui accompagne les modifications imposées par INEOS au stade de la Tuilière. Les deux interpellations ordinaires déposées par le groupe n’ont pas reçu de réponse de la Municipalité après respectivement trois et quatre mois et il a fallu déposer une nouvelle interpellation urgente pour que la Municipalité daigne répondre, par oral. Aucun écrit n’a cependant été rendu, en dépit des requêtes réitérées dans ce sens. Pas plus qu’un nouveau vote n’a été proposé au Conseil communal, compte tenu des modifications apportées au projet accepté par le préavis N° 2016/68 et des 76 millions de francs investis par la Ville dans le stade.

Ce stade, sensé appartenir aux Lausannois-es (qui le financent à hauteur de 76 millions de francs) est en train d’être accaparé par le géant de la pétrochimie mondiale, à des fins commerciales et non populaires, comme il le devrait. En effet, les modifications de luxe imposées par INEOS, tendant notamment à un terrain hybride plutôt que synthétique et à la pose de quatre écrans géants, rendent plus compliquée et plus coûteuse l’utilisation du stade par le Lausanne-Sport ou par d’autres entités. INEOS est une compagnie basée à Rolle majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et a un bilan catastrophique en matière de durabilité. L’association de la Ville à cette entreprise est non seulement regrettable, compte tenu de son image mondiale et des scandales qui l’éclaboussent, mais elle risque également de faire fuir de potentielles collaborations locales responsables, notamment pour le naming du stade. La Ville donne ainsi l’impression que l’intérêt public est mis de côté en faveur des intérêts financiers d’INEOS ou du Lausanne-Sport, et les Verts lausannois le regrettent amèrement.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

Alice Genoud, Intervention communale

Lausanne, pionnière en agriculture urbaine

Intervention sur le R105 – Politique d’agriculture urbaine

Madame la Présidente, Chères et chers collègues,

C’est avec grand plaisir que les Verts ont pu se pencher ce rapport-préavis qui définit, pour la suite de la législature et au delà, les jalons pour une politique d’agriculture urbaine efficace et prenant en compte autant les besoins des agriculteurs que ceux des « consommateurs ». Les Verts sont extrêmement actifs sur cette thématique, en témoigne les trois préavis (sur quatre) auxquels la municipalité répond sont issus de nos rangs. Comme mentionné dans le préavis, l’agriculture urbaine est « Multifonctionnelle, l’agriculture urbaine contribue à la production de denrées alimentaires, au paysage, à la biodiversité, au maintien des ressources », elle est aussi à un facteur de cohésion sociale et de sensibilisation à l’environnement important et c’est ces nombreux bénéfices que les Verts cherchent à mettre en avant depuis de nombreuses années.

Les Verts ne peuvent que saluer une vrai politique d’envergure, pionnière au niveau d’une Ville, qui permettra de consolider la place de choix qu’à déjà Lausanne sur ces questions. Ce rapport-préavis démontre en effet la richesse des acteurs présents sur ces questions à Lausanne, que ce soit bien sûr les agriculteurs et les difféerents services administratifs, mais aussi les nombreuses actives sur le sujet, les professeurs et étudiants de l’UNIL, les vignobles, les écoles de la Ville et j’en passe. Il est important pour tous ces acteurs, de pouvoir bénéficier d’une politique claire et sur la durée, ce à quoi ce rapport-préavis répond.

Ce cadre permettra de consolider mais aussi d’innover, dans un domaine où on sent un engouement important de la population, au vu du nombre de demande et d’associations créées autours de l’agriculture urbaine et de la nature en Ville.

Ce rapport-préavis est néanmoins pour une part non négligeable un rapport d’intention et les Verts resteront attentifs à ce qu’ils puissent être concrétisés rapidement et de façon pérenne, notamment quand des crédits seront nécessaires à sa réalisation.

Les Verts ne peuvent que vous inviter à accepter ce rapport-préavis et à continuer à défendre Lausanne comme ville pionnière dans ce domaine.

Alice Genoud

Lausanne

Valéry Beaud élu à la présidence du Conseil communal de Lausanne

Communiqué de presse

C’est avec plaisir que les Verts lausannois ont accueilli l’élection de Valéry Beaud à la présidence du Conseil communal pour l’année à venir (2018-2019). Le candidat du groupe des Verts a été brillamment élu par le Conseil communal de Lausanne lors de sa séance du 12 juin 2018, récompensant ainsi son travail accompli ces dernières années au sein de ce Conseil et du bureau du Conseil communal. Conseiller communal dynamique sur de nombreux sujets chers aux Verts, Valéry Beaud a su défendre la position du parti ces dernières années, tout en travaillant activement avec tous les groupes du Conseil communal pour trouver des consensus bénéfiques à tou-te-s. Sa connaissance des dossiers communaux, du fonctionnement et des membres du Conseil, ainsi que sa diplomatie seront autant d’atouts pour lui permettre de guider les débats du Conseil communal de Lausanne dans l’année à venir.

D’origine gruérienne, Valéry Beaud est né à Lausanne en 1979, ville qu’il n’a jamais quitté à l’exception de quelques séjours académiques à l’étranger. Marié, il est papa de deux petites filles. Ingénieur EPFL en environnement de formation, titulaire d’un Diplôme postgrade en géologie de l’ingénieur et de l’environnement et Urbaniste FSU, il dirige actuellement un bureau d’études en environnement, géologie, eau et énergie de 15 personnes au Mont-sur-Lausanne.

Passionné d’urbanisme, de mobilité et d’environnement, il est également très impliqué dans la vie associative lausannoise. Actuellement membre des comités des associations Droit de Cité et écoquartier, il a notamment présidé cette dernière durant 9 ans (2008-2017).

Il est entré au Conseil communal en 2011, puis a présidé le groupe des Verts du Conseil communal de 2013 à 2016. Il est notamment membre depuis 2011 de la Commission consultative d’urbanisme et de transport (CCUT) et de la Commission permanente de politique régionale (CPPR), qu’il a présidé durant l’année 2015-2016.

Conseiller communal très actif, il a déposé de nombreux postulats et interpellations dans ses domaines de prédilection, œuvrant notamment pour un urbanisme et une mobilité durables, pour des espaces publics de qualité, pour la défense du patrimoine bâti et naturel, pour de nouveaux parcs et places de jeu, pour la diminution des nuisances sonores et de la pollution de l’air et pour un renforcement de la politique des quartiers et de la participation citoyenne. Sa connaissance de la ville,des dossiers, sa diplomatie et son application lui permettront idéalement de guider les débats et de représenter le Conseil communal dès le mois d’août prochain durant une année.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Alice Genoud, co-présidente du groupe des Verts au Conseil communal

 

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Mais où s’arrêtera donc Tamedia ?

Interpellation urgente

Mercredi soir 6 juin 2018, nous apprenions, par voie de presse, la disparition du quotidien romand Le Matin dans sa version imprimée. Les employés ont été, eux, informés le lendemain matin, par communiqué interne. Ce communiqué a été quasiment repris mot pour mot pour devenir un « article » dans le 20 minutes, quotidien gratuit concurrent appartenant pourtant au même éditeur, soit Tamedia.

Le communiqué indique que le journal va continuer à subsister en ligne, avec 10 ou 15 collaborateurs seulement. Cela sous-entend une quarantaine de licenciement au moins. En parallèle, Tamedia a expliqué qu’il allait « promouvoir » différents journalistes en qualité « d’experts », ceci dans le cadre d’un projet appelé « perspectives de carrières pour les journalistes ».

La disparition du quotidien romand Le Matin dans sa version imprimée marque la mort du journal que nous avons tous lu régulièrement, à une table de café, chez le médecin, ou en attendant un train. Mais une chose est sûre, c’est que Le Matin est lu, par beaucoup de monde, et pas uniquement sur internet. En effet, c’est un journal populaire, qui parle notamment à une tranche de la population qui n’est pas habituée à rechercher l’informations sur internet et qui risque donc, dès le 22 juillet 2018, date de la dernière édition papier, de voir disparaître une des désormais rares sources d’information à sa disposition.

La Municipalité de Lausanne a déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de faire part de ses craintes pour le futur de la presse romande, notamment à Tamedia lors de la restructuration de 24 Heures et de la Tribune de Genève, ou encore lors des débats sur l’initiative No Billag. Malgré cette dernière victoire politique, et les inquiétudes exprimées régulièrement, la situation se dégrade de jour en jour relativement à la diversité de la presse romande. Tamedia en particulier semble faire la sourde oreille face aux volontés politiques et populaires. Dans ce paysage sombre, existe-t-il encore une marge de manœuvre pour préserver la diversité de la presse en Suisse romande, ce « chien de garde de la démocratie » comme le nomme la CEDH ? Ou doit-on se plier aux décisions d’un grand groupe de presse sans broncher jusqu’à ce qu’il ne reste plus que sur le marché le seul 20 minutes, fierté de Tamedia puisqu’il s’agit du seul titre qui réalise des bénéfices ?

La Ville de Lausanne, comme ville hôte du siège de Tamedia comme de Ringier Romandie, doit pouvoir jouer un rôle pour préserver cette diversité de la presse qui nous est chère. C’est pourquoi nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

La Municipalité a-t-elle été informée de la situation avant la décision définitive de Tamedia ?

La Municipalité est-elle en contact avec les dirigeants de Tamedia, la société des rédacteurs, ou le Canton dans le cadre de ces négociations importantes ?

Quel rôle entend jouer la Municipalité dans les négociations pour préserver la version papier du Matin, ou pour assurer un plan social adéquat aux collaborateurs dont le licenciement a été annoncé ?

Quels ont été les retours de Tamedia sur la lettre ouverte de neufs syndics de villes vaudoises (dont Lausanne) du 27 septembre 2016?

Les discussions sont-elles possibles, à terme, avec Tamedia, afin d’arriver à un résultat permettant de préserver la diversité de la presse en Suisse romande ?

Qu’entend faire la Municipalité pour empêcher la situation de la presse romande de se dégrader d’avantage ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

La mobilité douce c’est bien, la respecter c’est bien aussi

Interpellation

L’interpellatrice et les interpellateurs ont pris connaissance avec grand plaisir de la nouvelle campagne “Gagnez en douceur” sur la mobilité douce en ville, lancée depuis peu par la Municipalité, et s’en félicitent. Nous apprécions particulièrement la mise en valeur de la mobilité douce, qui en a grandement besoin.

Cette campagne rassemble de nombreuses qualités, dont notamment celle de mettre en avant les infrastructures réalisées par la Ville au profit des personnes à mobilité réduite et plus généralement des piétons et cyclistes, qualités qui ne sont en rien remises en question ici.

En revanche, pour donner suite à cette campagne, il nous semble que la prévention auprès des automobilistes pour le respect de la mobilité douce mérite d’être développée, car il n’est pas assez présent dans cette campagne précisément.

D’une part, les cyclistes sont contraints d’utiliser des aménagements spécifiques encore largement lacunaires. En dehors des bandes cyclables, ils doivent partager la voirie avec des véhicules larges, massifs, parfois très rapides et souvent dangereux. Hormis quelques exceptions, ils doivent respecter des règles de circulation faites pour l’automobile sur la base de ce qui les caractérise, à savoir leur vitesse, leur encombrement, leur manque de maniabilité et leur impossibilité de dialoguer entre conducteurs. Ces règles sont donc par nature inadaptées aux cyclistes, mais elles s’appliquent à eux. De ce fait, il est difficile pour eux de les respecter, ce qui amène les tensions que nous connaissons entre automobilistes et cyclistes.

Rappelons que notre commune se place au dernier rang de Villes en ce qui concerne la gestion du trafic cycliste. Dans ce contexte, les cyclistes naviguent au mieux pour éviter les dangers, mais n’évitent pas toujours les agressions verbales ou les coups de klaxon. En effet : qu’ils respectent les règles précitées ou non, les cyclistes sont la cible d’automobilistes qui leur reprochent alternativement d’être trop lents ou de les dépasser, voire simplement de faire usage de leur priorité.

D’ailleurs, même les vidéos de prévention pour la sécurité cycliste semblent manquer leur cible en stéréotypant le comportement de ces derniers et en faisant des boutades sur leurs décès. Ceci aurait plus tendance à renforcer les clivages qu’à amener une réelle prise de conscience .

En parallèle, les piétons subissent également l’omniprésence des aménagements destinés à l’automobile, très bien illustrée par une recherche des mots “arrogance of space” sur Google, ou simplement par le dessin du Suédois Karl Jilg ci-contre.

 

Comme si cela ne suffisait pas, les règles élémentaires de cédez le passage sur les passages piétons ne sont toujours pas systématiquement respectées, plus de deux décennies après l’entrée en vigueur de la loi. Il est également fréquent que des voitures mal garées empiètent largement sur le trottoir, au point parfois d’empêcher le passage d’une chaise roulante ou d’une poussette, par exemple. Enfin, comme cela a déjà été débattu dans ce Conseil, les déplacements à pieds sont souvent découragés en raison de nombreuses et longues attentes aux feux.

Ce manque de considération des piétons et des cyclistes doit cesser. Alors que notre société fait face à des défis énormes de densité urbaine, de vieillissement et de réchauffement climatique, il est grand temps de non seulement reconnaître les qualités de la mobilité douce, mais de réaffirmer son droit d’exister pleinement tout en faisant en sorte que ses pratiquants soient en sécurité.

A l’instar de la prévention qui est faite à juste titre, par la police envers les cyclistes (rappel du port du casque, descendre du cycle lorsqu’ils ne sont plus sur la chaussées et respect de la signalisation) , il est aussi important que celle-ci soit faite et répétée aux conducteurs de véhicules motorisés en tout genre. Ce n’est que si chacun respecte les règles qui lui sont propres que la sécurité de tous sera améliorée et que les situations de tension que nous connaissons seront apaisées.

Nous pensons que les points suivants méritent d’être abordés en sensibilisant les conducteurs de transports motorisés, en particulier lorsque ces comportements représentent des infractions punissables :

Manière de considérer la bande cyclable en général, y compris perte de priorité lorsqu’on la coupe et interdiction d’y stationner;
Comment rouler sur la chaussée pour laisser la place aux vélos, en particulier lors d’un dépassement;
Interdiction d’utiliser les bandes et pistes cyclables par les deux roues motorisés;
Comment s’arrêter aux feux pour permettre la remontée des vélos, tout en évitant de s’arrêter sur le sas vélo;
Comportement légitime des cyclistes sur un giratoire et interdiction de les dépasser à l’entrée ou sur le giratoire;
Gestes à rappeler avant de tourner pour ne pas couper la route à un cycliste;
Manière d’ouvrir la portière pour éviter l’emportiérage (ouverture de portière sur la trajectoire d’un cycliste);
Arrêt obligatoire et complet aux passages piétons en présence d’un piéton souhaitant traverser;
Arrêt avant le passage piétons, jamais dessus;
Interdiction de garer son véhicule sur le trottoir en l’absence de places marquées;
Fair-play dans tous les cas entre tous les utilisateurs.
Dès lors, nos questions sont les suivantes :

Quelle est la perception de la Municipalité des problèmes évoqués plus haut concernant le comportement des automobilistes envers les cyclistes et les piétons?
Partage-t-elle l’avis qu’il y a un besoin de rappel des codes de la route envers les automobilistes?
Est-ce que la Police interpelle des automobilistes qui ont un comportement inadéquat envers la mobilité douce, et en particulier ceux qui commettent les infractions au code de la route mentionnées ci-dessus? A quelle fréquence? (% des interpellations liées aux violations du code de la route)
Est-ce que la Municipalité a l’intention de faire une campagne de prévention pour sensibiliser les automobilistes à l’existence des cyclistes et des piétons, au respect qui leur est dû et aux règles basiques à adopter ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sara Gnoni

Vincent Rossi

Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Intervention communale, Xavier Company

Garder confiance en l’énergie hydraulique

Intervention

A propos des interpellations de Benoit Gaillard et consorts « Alpiq vend-il ses atouts ? » et de M. Romain Felli et consorts : « Alpiq : privatiser les bénéfices et socialiser les pertes ? »

Les Verts remercient tout d’abord la Municipalité pour ses réponses détaillées et aussi précises que possible malgré la complexité juridique de la situation en Roumanie, la prévisibilité juridique en Suisse ou la situation économique du secteur énergétique actuellement.

Le Groupe des Verts se félicite surtout de l’anticipation dont ont fait preuve les SIL face à la phase critique que transverse Alpiq actuellement, de même que tout le secteur hydroélectrique. S’il faut reconnaître que la rentabilité à cours terme de ces investissements pour la Ville est inexistante, les SIL ont su avoir une vision à long terme, anticipant leur restructuration pour suivre l’évolution du marché. Et dans ces périodes d’insécurité tant juridique qu’économique, c’est à saluer. Il convient aussi de saluer le réalisme dont font preuve les SIL, et leur respect pour les ressources de la ville, puisque la Municipalité indique notamment dans réponse à l’interpellation de M. Felli “la Municipalité ne proposera pas au Conseil communal d’utiliser les ressources de la collectivité à cette fin (soit le rachat d’entreprises privées). Les moyens de la Ville de Lausanne se doivent d’être attribués à meilleur escient.”

Cette anticipation des SIL ne met que plus en valeur l’imprévoyance des acteurs du marché énergétique ces dernières années, dont on doit subir les conséquences notamment en tant qu’actionnaire, qui semblent n’avoir qu’une vision économique à court terme et sans prendre en considération les externalités de toutes les énergies produites. Elle fait aussi ressortir les contradiction des politiques publiques qui nous gouvernent, qui d’une main signent les accords de Paris, de l’autre ne mettent rien en oeuvre pour les appliquer, ou, pire, semblent aller à l’inverse, quand on pense notamment à la désastreuse idée d’ouverture du marché de l’énergie actuellement en discussion, ou l’absence de soutien à l’hydraulique suisse.

Malgré la confiance qu’a donné, à juste titre jusque-là, la Municipalité à Alpiq, il est donc rassurant de constater que cette confiance n’est pas aveugle et que la Municipalité reste très attentive à l’évolution de la situation.

Malgré son implication dans le secteur nucléaire, Alpiq, tout comme la Ville de Lausanne, se sont fortement engagées pour la défense de l’hydro-électricité en Suisse et l’évolution de la situation semble leur donner raison, non seulement d’un point de vue écologique, mais aussi économique. En effet, dans la réponse à l’interpellation de M. Felli, on peut lire notamment que la stratégie de vente de certains actifs par Alpiq vise à gagner du temps avant la remontée des prix de l’électricité, et que cette reprise est déjà constatable. Cette confiance à l’hydroélectricité permettra aussi également à la Ville d’assurer l’application de mon postulat, accepté au début de ce Conseil pour la sortie du nucléaire lausannois.

C’est donc à long terme que nous devons regarder, et ne pas lâcher à la première occasion un partenaire, certes pas parfait (et c’est un Vert qui vous le dit), mais fiable, et qui a su maintenir, bon gré mal gré, son soutien au pilier principal d’approvisionnement électrique renouvelable en Suisse qu’est l’hydraulique.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?

Intervention

A propos de l’interpellation urgente “Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?” de Thanh-My Tran-Nhu

Je déclare mes intérêts, je suis civiliste.

La ville de Lausanne se doit d’être exemplaire.

La Police se doit d’être exemplaire.

Alors la Police de la ville de Lausanne, que dire ?

Si le « couac » très révélateur, de la non-féminisation de l’annonce contrairement à la totalité des autres annonces d’emplois de la Ville a été réparé, on peut se demander sous combien d’yeux cette annonce était passée avant sa publication sans que cette « coquille » comme l’a dit le Municipal, officier, ne soit pas repérée.

Il n’en est pas de même pour la mention de l’expérience militaire comme atout.

Je ne débattrai pas de savoir s’il s’agit d’un point de vue juridique d’un critère de discrimination à l’embauche et laisse ça au Tribunal de Prud’homme pour le cas où ce dossier y terminerait, mais d’un point de vue institutionnel il est aberrant de lire de tels critères, en 2018, dans une annonce d’une ville Suisse.

Selon le Municipal en charge, officier, il s’agit d’un atout car cela représente un indice prouvant une connaissance organisationnelle similaire à la Police lausannoise. Etait-il réellement nécessaire de formuler cela avec la mention du service militaire s’il s’agit uniquement d’une connaissance organisationnelle ? Les autres mentions, qui figurent également dans l’annonce, ne suffisaient-ils pas ?

Par exemple :

  • formation complémentaire dans le domaine de la sécurité publique;
  • expérience de gestion et de conduite du personnel comme cadre supérieur;
  • leadership, aptitudes avérées en négociation

Ces critères, qui, eux, ne portent pas de considération de genre, ne suffisaient-ils pas à choisir une personne apte à répondre aux connaissances organisationnelles et des réactions de crises qui requière le poste de commandant ou de commandante de la police de lausanne ? Etait-il vraiment nécessaire de mentionner, absolument, le service militaire comme critère souhaité ?

Cette mention désuète n’a rien à faire dans les atouts pour cette fonction.

Et finalement, pour répondre à M. De Haller, oui, il s’agit d’une discrimination et ce n’est pas moi qui le dit, mais les chiffres : il y a actuellement 0,72% de femme dans l’armée suisse, donc, de facto, il s’agit d’un critère discriminatoire.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Pour une énergie propre

Intervention

La demande formulée par mon postulat est simple : veut-on continuer d’offrir aux Lausannoises et Lausannois une énergies nucléaire, fossile, ou non vérifiée ? Veut-on donc soutenir, indirectement une énergie qui est hautement dangereuse, polluante, qui n’intègre pas ses externalités et dont la majorité de nos citoyens a souhaité sortir près de 70% ?

L’histoire nous a non seulement démontré qu’on ne pouvait s’assurer à 100% de la sécurité du nucléaire, mais aussi que ses déchets, de nombreuses décennies après ses débuts, ne peuvent toujours pas être traités, que l’extraction du nucléaire est plus que problématique… et je passe sur les défauts suivants de cette énergies destructrice.

Il est non seulement temps de laisser cette énergie de côté, mais surtout d’être pro-actifs dans le tournant énergétique. Rien ne sert de trainer cette énergie tant qu’on peut, comme semble vouloir le faire le Conseil fédéral, si l’on peut volontairement montrer notre soutien et notre confiance aux énergies renouvelables… car c’est possible : si le Canton de Genève l’a fait, pourquoi ne pourrions-nous pas ?

J’ai été agréablement surpris en bien par le résultat de la commission, en me rendant compte non seulement que la population lausannoise soutenait la sortie du nucléaire, mais aussi l’entier des partis représentés dans cette commission.

Les explications de notre Municipal sont aussi encourageantes, puisqu’il nous disait à l’époque, notamment que cette sortie définitive et totale du nucléaire serait possible, mais surtout qu’elle serait possible en 2019 déjà pour la ville de Lausanne. J’espère que le délai n’a pas augmenté aujourd’hui…

Dans un contexte où les soutiens aux énergies renouvelable sont parfois difficiles à obtenir de la part de la Confédérations ou des entreprises actives dans l’énergie, comme on le verra notamment lors du débat sur les interpellations des mes collègues Gaillard et Felli, le signal que lancerait ce Conseil en affirmant le soutient total aux énergies renouvelables, et uniquement aux énergies renouvelable, serait fort et surtout nécessaire. Nous ne pouvons plus faire l’autruche et devons montrer l’exemple, quand on le peut, comme nous, à Lausanne.

Je vous invite donc à suivre la commission et à renvoyer ce postulat à la Municipalité pour que Lausanne soit enfin libre d’énergie nucléaire, fossile et non vérifiée et pour soutenir les énergies renouvelables, et notamment l’hydro-électricité suisse, qui en a grandement besoin aujourd’hui, si on ne veut pas se retrouver, à terme, avec des barrages en faillite.

Xavier Company