Intervention communale, Véronique Beetschen

Déplacements des personnes à mobilité réduite lors des grandes manifestations

Intervention

A propos de la réponse de la Municipalité à mon interpellation
« Personnes âgées et/ou en situation de handicap: quel accès et quelle mobilité pendant les grandes manifestations ? » du 19 mai 2017

Je remercie la Municipalité pour sa réponse, qui nous montre qu’elle a le souci de faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite lors des grandes manifestations.

Deux volets de cette réponse m’ont toutefois laissée sur ma faim.

La Municipalité indique que le Service de l’économie sensibilise les organisateurs de manifestations aux questions d’accessibilité au travers de son site Internet. Or, la seule indication que j’ai trouvée sur le site est la suivante, je cite :

« A ce propos, nous vous rendons attentifs aux questions d’accessibilité. Vous êtes invités à favoriser l’accès des personnes âgées et des personnes en situation de handicap ».

Je ne pense pas que cette formulation peu explicite soit d’une grande aide pour les organisateurs de manifestations. On pourrait par exemple imaginer que le Service de l’économie fournisse des lignes directrices ou des conseils pratiques aux organisateurs pour les aider à mettre en place des mesures appropriées. J’espère donc que le Service ira plus loin sur cette question.

Par ailleurs, je trouve insatisfaisante la réponse de la Municipalité sur la question de l’accès des services d’aide et de soins à domicile à leurs clients les jours de grande manifestation.

Les horaires du personnel soignant se rendant à domicile sont chargés. Il serait donc souhaitable que la Ville facilite le travail des intervenants dans toute la mesure du possible. Pour ce faire, il conviendrait, à mon sens, que la Ville prenne langue avec ces services pour évaluer les difficultés que les grandes manifestations génèrent pour le personnel soignant et pour chercher avec eux la meilleure manière de minimiser ces difficultés.

C’est pourquoi je propose à ce Conseil la résolution suivante :
« Le Conseil communal de Lausanne souhaite que la Municipalité consulte les services d’aide et de soins à domicile afin d’évaluer l’éventuelle nécessité de mettre en place des mesures particulières pour faciliter l’accès du personnel soignant au domicile de la clientèle âgée et/ou en situation de handicap les jours de grande manifestation. »

 

Véronique Beetschen

Intervention communale, Sara Gnoni

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables

Interpellation

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables sur tous les plans

Les Jeux Olympiques de PyeongChang viennent de se terminer, et malgré les bons souvenirs des nombreuses médailles suisses, le bilan écologique de ces jeux ne peut pas être réjouissant: ces jeux qui étaient présentés sous un drapeau “durable” ont requis l’abattage de plus de 50’000 arbres dans une forêt ancienne et protégée. Dans le même esprit “durable”, les prochains jeux de Pékin en 2022 présentent déjà à ce jour des dépassements de budget faramineux.

Plus proche de chez nous, le compte à rebours pour le début des JOJ 2020 à Lausanne a été déposé il y peu de temps au Flon, nous rappelant que ce grand événement commencera dans moins de deux ans. Ces jeux ont également été présentés comme « responsables » et « à taille humaine » et qu’ils “s’inscrivent dans une vision durable, respectueuse de l’environnement (…) ». Un crédit de CHF 8 millions avec une garantie de déficit au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ) a été approuvé par le Conseil communal (Préavis N° 2016/21). En cas de dépassement de plus de CHF 100’000.- en faveur du COJOJ, un crédit complémentaire devra être sollicité par le biais d’un préavis.

Au vu des derniers développements concernant les infrastructures initialement prévues, et afin de mettre tout en œuvre pour éviter des jeux qui nous rappellent d’autres évènements internationaux (cités ci-dessus) ou plus locaux (« Champions »), nous vous posons les questions suivantes à la Municipalité:

Aspects financiers:

  • La municipalité est-elle impliquée dans le suivi régulier du budget des JOJ?
  • Comment s’assure-t-elle qu’il est et sera respecté?
  • La municipalité peut-elle informer ce conseil, à intervalles réguliers, de l’avancement des coûts engendrés par rapport au budget initial?
  • Quelles précautions la Municipalité a-t-elle prises pour que la garantie de déficit octroyée ne devienne pas un gouffre?

Aspects environnementaux:

Gouvernance:

  • A quels intervalles le COJOJ, dont font partie plusieurs membres de la municipalité, se réunit-il?
  • L’association COJOJ a-t-elle mis en place un système de contrôle interne, et si oui lequel?
  • Est-ce que les comptes de l’association sont audités régulièrement par un organisme indépendant?
  • Est-ce que la Municipalité peut nous fournir les résultats de ces audits?

Sara Gnoni

Daniel Dubas

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Valéry Beaud

Aménagement du secteur Riponne-Tunnel

R82 – Rapport-préavis 2017/48 – Aménag. du secteur Riponne-Tunnel

Intervention

Les Verts lausannois saluent ce rapport-préavis n° 2017/48, qui est d’une part très intéressant mais surtout très important pour l’avenir de la Ville de Lausanne, puisqu’il permettra à terme d’améliorer significativement l’attractivité et l’animation de tout le secteur Riponne-Tunnel, qui comprend plusieurs espaces publics majeurs possédant un fort potentiel de valorisation.

Ce rapport-préavis constitue des premiers éléments de réponse encourageant à mon postulat “Pour une véritable stratégie de requalification de l’espace public”, déposé en septembre 2016. Il témoigne d’un intérêt plus marqué de la nouvelle Municipalité pour l’espace public et la qualité de vie en ville que les précédentes, ce qui nous réjouit fortement.

Le présent rapport-préavis rappelle bien les enjeux urbanistiques d’une requalification importante du secteur Riponne-Tunnel, enjeux déjà présentés et discutés dans le cadre de la révision du Plan Directeur communal (PDCom), notamment:

– pour la Riponne, la redéfinition des circulations et des accès au parking souterrain, le besoin d’un cadre bâti et de rez-de-chaussée actifs, le maintien d’un vaste espace polyvalent, le besoin de végétation et d’eau, ainsi que la création d’une zone particulière sur la Rue du Tunnel ;

– pour le Tunnel, la redéfinition de l’emprise des voies de circulations et du stationnement, le prolongement des espaces extérieurs au droit des rez-de-chaussée, mais également la valorisation du patrimoine bâti et vert, cette place ayant un environnement remarquable.

Nous relevons également avec satisfaction que ce rapport-préavis prend en compte les notions de lutte contre l’effet d’”îlot de chaleur”, de confort thermique et d’adaptation aux changements climatiques, ce qui est indispensable au vu du contexte particulier de ces espaces publics majeurs.

Enfin, nous tenons encore à saluer la réflexion qui a été menée pour chercher le processus le plus approprié afin de définir une image directrice pour le développement de ces deux sites, et le fait de l’accompagner d’une large démarche participative. Au vu du calendrier, assurément réaliste mais néanmoins très étendu, nous relevons l’importance de réaliser les aménagements participatifs transitoires qui sont évoqués, qui permettront notamment de tester des vocations et des usages dans l’attente de la transformation du secteur.

Vous l’aurez compris, c’est avec enthousiasme que les Verts lausannois vous recommandent d’accepter les différentes conclusions de ce rapport-préavis, c’est une belle aventure qui commence !

Valéry Beaud

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Une stratégie et un plan d’action communal en matière de recherche de co-financement des infrastructures sportives

Postulat

Nos infrastructures sportives sont certes chères, mais elles sont surtout chères à la Ville et les Verts partagent cette volonté d’investissement. Tout en étant convaincus que des partenariats doivent être trouvés pour diminuer les coûts.

Lausanne, ville olympique, bénéficie économiquement de la présence du Comité International Olympique (CIO) et des fédérations sportives sur son territoire, nous rappelle la Municipalité, chiffres à l’appui comme le démontre le rapport-préavis 2016/67 « Lausanne, Capitale olympique, demande de crédit cadre ». Ce dernier avance le chiffre de 250 millions de retours sur investissement annuels pour Lausanne et sa région. C’est une grande chance, certes, et nous l’apprécions à sa juste valeur. Voilà des décennies que les autorités de la Ville soignent les contacts formels et informels à tous les niveaux avec ces partenaires sportifs ne ménageant pas leurs efforts. Le Conseil a aussi sans hésitation voté un DDP sans redevance pour permettre au CIO d’élargir son cadre de vie et de travail au bord du lac. De notoriété publique, le mouvement olympique possède énormément de moyens financiers. Or, il ne verse rien à sa ville hôte. La Ville aborde sans doute régulièrement ces questions financières avec le CIO et les fédérations et des discussions formelles aux différents niveaux hiérarchiques ont eu lieu dernièrement avec ces acteurs. Le Conseil communal pourra en être informé.

A titre d’exemple, l’Union Cycliste Internationale (UCI) avait financé une bonne partie du Vélodrome d’Aigle. Aujourd’hui, le futur complexe dépend de fonds publics pour 10,5 millions. La Confédération lui a donné le coup de pouce décisif (5 millions), Lausanne et son agglomération (500 000 francs). L’UCI elle-même a versé 4 millions, alors que l’Association olympique suisse et le Sport-Toto chacun 2 millions. A ce jour, le Centre mondial de tir à l’arc vient d’être construit sur le territoire lausannois par une fédération sportive.

Ou encore à l’instar de l’UEFA à Nyon qui finance l’exploitation du centre sportif de Colovray à Nyon, le CIO ou d’autres fédérations sportives ayant leur siège à Lausanne pourraient co-financer un nouveau stade ou un centre sportif à Lausanne, dont tous les sportifs d’ici et d’ailleurs ainsi que les clubs bénéficieraient.

À l’heure où les questions autour du naming d’infrastructures sportives prennent une direction hasardeuse à Lausanne, il est d’autant plus nécessaire d’explorer les autres pistes, qui font sans aucun doute l’objet de discussions et d’efforts depuis longtemps. Alors concrétisons-les.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de développer (ou d’indiquer au Conseil) sa stratégie de recherche de co-financement des infrastructures sportives lausannoises ainsi que le plan d’action pour mettre en place ladite stratégie.

Sophie Michaud Gigon

Xavier Company

Huy Ho Ngoc

Valéry Beaud

Alice Genoud

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

La maison de la Vallombreuse 8 est en vente, la Ville saisira-t-elle l’opportunité ?

Interpellation urgente

En 2016, la conseillère communale écologiste Séverine Evéquoz se penchait sur les opportunités de valoriser le site de la Vallombreuse. Ce vaste domaine est en quasi-totalité en main de la Ville, à l’exception d’une maison de maître et de son jardin qui sont encore en mains privées; le potentiel de valorisation du site est important pour des projets attractifs dans un quartier par ailleurs majoritairement résidentiel. Le postulat « Quel avenir pour le Pavillon Rousseau et l’herbier vivant de Rosalie de Constant au domaine de la Chablière ? » proposait donc à la Ville d’acheter ce bien dans le but de permettre une exploitation globale du site. En acquérant la maison de maître de la Vallombreuse 8, la Ville pourra ainsi réfléchir sur l’ensemble. Le délai de réponse au postulat a été prolongé au 31 mars 2018.

Depuis 3 semaines, la maison de la Vallombreuse est en vente publique pour un montant de 2’750’000.- CHF. C’est un montant de départ élevé mais l’objet est de belle valeur. Si nous attendons, la vente risque de se faire sans que Lausanne puisse y participer et nous perdrons l’opportunité d’avoir tout le site à disposition d’un beau projet.

Cette situation nous mène à poser les questions suivantes à la Municipalité:

  • La Municipalité a-t-elle mené une réflexion sur les opportunités de ce site, et si oui, qu’elles en sont les conclusions ?
  • A-t-elle effectué une estimation immobilière du bien ?
  • A-t-elle fait une offre pour l’achat de la maison de Maître actuellement en vente? Et si non, compte-t-elle le faire rapidement?

Nous remercions par avance la Municipalité de ses réponses.

Sophie Michaud Gigon

Anne Berguerand, Intervention communale

Campagne sur le respect

Intervention

Chaque campagne d’éducation a pour but de sensibiliser et de responsabiliser. Cette nouvelle campagne est dans la logique continuité de celles mises en place auparavant.

Nous saluons la démarche participative mise en place et que celle ci évolue en évaluation participative tout au long de la campagne avec les différents partenaires associés.

Nous avons quand même été étonnés que ce conseil soit un peu mis devant le fait accompli vu que presque tout est déjà élaboré et que les premiers visuels sont sensés être lancés à la mi-mars déjà.

Cependant c’est avec enthousiasme que le groupe des Verts acceptera ce préavis, parce que l’éducation, c’est la base !

Anne Berguerand

Alice Genoud, Intervention communale

Pour que les 20-30 ans puissent aussi monter dans le bus

Postulat

Le réseau des transports publics lausannois est aujourd’hui bien étendu et permet une bonne couverture de Lausanne et de ses environs, permettant en théorie à tout un chacun de développer la mobilité correspondant aux grandes phases de sa vie autour de la mobilité durable. La question des prix des transports publics revient néanmoins régulièrement sur le devant de la scène politique. Sans doute à raison, dans la mesure où le prix d’un abonnement reste un critère majeur quant au choix de son mode de transport, quel que soit le budget de l’utilisateur.

Pour palier ce problème et favoriser l’utilisation des transports publics, la Ville de Lausanne a déjà mis en place des systèmes de subventionnement, mais il comporte encore un vide important. En effet, s’il existe une panoplie de rabais pour les jeunes selon leur âge et la distance à leur lieu de formation , ceux-ci s’arrêtent net à l’âge de 20 ans, laissant de côté une partie importante de la population lausannoise, celle des 20-30 ans. Ils passent de même à côté de l’essentiel des offres des principales compagnies de transport, que ce soit les TL ou les CFF, qui limitent leurs prix réduits aux moins de 25 ans.

C’est une lacune majeure dans notre système, alors que cette classe d’âge constitue un élément crucial en termes de réflexions sur la mobilité : pendant cette courte décennie, la majorité des jeunes passe d’un statut dépendant (de ses parents) à indépendant financièrement et en même temps voit ses besoins en mobilité changer que ce soit dû aux études, à un travail ou au commencement d’une vie familiale. Pour cette tranche d’âge, aux moyens encore limités, le prix est un facteur éminemment important quant aux déplacements quotidiens. Or, c’est justement à ce moment que se forment des choix de mobilité qui évolueront ensuite peu durant leur vie active : un 20-30 ans qui a opté pour une mobilité individuelle motorisée est un usager en moins, et pour longtemps, de nos réseaux de transports publics.

Pour éviter que des générations entières de lausannois soient divisées en fonction de leurs moyens face à la mobilité de demain, il serait plus qu’important de mettre en place un pont de subventions ciblées –et non un système « arrosoir »- visant les catégories financièrement vulnérables d’usagers potentiels. Cette idée se veut cohérente avec une politique d’encouragement au transfert modal de la voiture à des modes durables et de lutte contre la pollution atmosphérique et sonore du trafic individuel motorisé qui reste un objectif à moyen terme essentiel pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens.

Ce postulat demande :
– que la Muncipalité étude la possibilité d’introduire un subventionnement ciblé des transports publics pour les jeunes, notamment sur des critères financiers.

Alice Genoud
Sara Soto
Anne Berguerand

Alice Genoud, Intervention communale

Hausse des tarifs mobilis

Intervention

Postulat Buclin “La Municipalité doit s’opposer aux hausses de tarif Mobilis et TL”

Chères et chers collègues,

La problématique de l’accès aux transports publics est bien sûr une préoccupation majeure et ce depuis de nombreuses années des verts. La proposition de la Gauche, si elle le mérite de mettre le doigt sur la question du prix, n’offre que peu de solutions au vu la situation actuelle. Comme relaté dans le rapport de commission, la Municipalité n’a que peu d’influence sur le prix des billets de transports publics. Chose que l’on peut regretter mais qui est aujourd’hui un fait. Les verts vont donc refuser majoritairement la prise en considération de ce postulat, selon sa forme et non pas sur le fond.

Les Verts préfèrent utiliser la marge de manœuvre qui est à notre disposition afin d’avoir une réflexion globale sur l’accès à une mobilité durable pour tous. L’expérience ainsi que de nombreuse études démontrent qu’une catégorie à cibler en termes de choix de mobilité sont les jeunes qui entrent dans la vie active. En effet, c’est un moment charnière en terme de déplacement (étude et travail loin du domicile, mobilité accrue lors des loisirs, etc) ainsi qu’une période qui peut être financièrement délicate (du fait étude, premier travail, augmentation du coût de la vie, etc). Aujourd’hui, des subventions sont accordés pour tous les jeunes lausannois jusqu’à 20 ans, il est nécessaire de réfléchir à la catégorie « post 20 ans », qui ont moins d’avantage (les tarifs jeunes de Mobilis et des CFF s’arrêtent à 25 ans) mais des moyens qui ne sont pas forcément extrêmement élevé. Pour toutes ces raisons, les Verts ont déposé aujourd’hui un postulat demandant de réfléchir à des subventionnement ciblé pour cette population, notamment selon leur moyens financiers, pour enlever tous les freins possibles à l’utilisation des transports publics.

Alice Genoud

Intervention communale, Valéry Beaud

Interpellation urgente sur le tram et résolution acceptée par le Conseil communal

Intervention

En préambule, il est utile de préciser que les Verts lausannois sont extrêmement satisfaits de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018, qui valide l’autorisation de construire du tram t1 Renens-Gare – Lausanne-Flon, du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT), et qui renvoie le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc.

Le tram t1, que nous avons toujours soutenu avec fermeté et que les populations lausannoises, de l’ouest lausannois et plus généralement de l’ensemble de l’agglomération attendent depuis de nombreuses années, peut donc aller de l’avant. Concernant le barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers de la forêt du Flon, que les Verts lausannois ont régulièrement critiqués, le TAF ne fait finalement que confirmer ce que nous avons dit à plusieurs reprises ici même, soit que cette liaison routière ne devait pas faire partie de la procédure d’approbation des plans ferroviaires, car elle ne présente pas un rapport nécessaire et étroit avec l’exploitation du tram.

Fort de ces décisions, nous souhaitons que les travaux du tram et du BHNS débutent sans attendre et que des alternatives soient rapidement étudiées pour le barreau Vigie-Gonin et pour la Maison du livre et du patrimoine qui devait prendre place sous celui-ci.

Aujourd’hui, nous regrettons donc fortement la décision des transports publics lausannois (tl) de faire recours au Tribunal fédéral (TF) contre la décision du TAF. Nous sommes également déçus de la réponse de la Municipalité à notre interpellation urgente ainsi qu’à celle de M. Dupuis, réponses qui illustrent un entêtement à vouloir réaliser à tout prix le barreau routier Vigie-Gonin.

Je sais que la situation des Municipaux en place aujourd’hui est difficile et j’en suis désolé pour eux, qui ont hérité d’un dossier bricolé par leurs prédécesseurs. Mais la décision du TAF est historique, elle permet au tram de se réaliser sans le barreau Vigie-Gonin. La Municipalité a donc aujourd’hui une magnifique opportunité de corriger les erreurs du passé.

En ce sens, le manque d’anticipation dont elle fait preuve est incompréhensible. A la réponse à la question 6, elle dit ne pas vouloir étudier la nouvelle procédure exigée par le TAF pour le barreau Vigie-Gonin avant l’issue du traitement du recours des tl au TF. Voilà une première année de perdue. On peut par ailleurs raisonnablement penser que la nouvelle procédure requise retarderait la mise en service du tram au minimum de 3 à 5 ans supplémentaires.

Je crois qu’on peut l’affirmer aujourd’hui, si le TF confirme la décision du TAF, le barreau Vigie-Gonin est à 99% mort. Seul dans une nouvelle procédure routière, il n’a en effet que peu de chance face à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts et encore moins de chance devant la population lausannoise, qui pourrait être amenée à voter lors d’un référendum, que cette liaison routière soit une route communale ou une route cantonale en traversée de localité́. Ce n’est donc pas d’une nouvelle procédure pour le barreau Vigie-Gonin que le tram à besoin, mais d’alternatives crédibles à celui-ci.

Aujourd’hui, comme leur autorise la décision du TAF, les autorités cantonales et communales doivent avoir le courage de débuter les travaux de ce tram tant attendu depuis de nombreuses années, sans réaliser le barreau Vigie-Gonin, mettant ainsi en œuvre la politique de mobilité durable qu’elles ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le Plan des mesures OPair de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Valéry Beaud

——–

Compléments

Comme les années passent et que tout le monde semble l’avoir oublié, il est peut-être utile de rappeler ce soir l’origine du barreau routier Vigie-Gonin. En effet, comme l’explique l’arrêt du TAF, lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, cette liaison routière ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté. Pourquoi ? C’est une secret de polichinelle, on peut le dire : parce qu’il constituait l’accès au tunnel routier sous Saint-François tant voulu par l’ancien Municipal des Travaux. Celui-ci réussit alors à imposer aux autorités et aux tl l’ajout de son barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram. De nouvelles études de trafic sont alors réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison. Comme vous le voyez, le barreau Vigie-Gonin est une pure invention de l’ancienne Municipalité de Lausanne, qui a par là-même pris en otage l’ensemble de l’agglomération. Aujourd’hui, c’est donc à la nouvelle Municipalité d’assumer ses responsabilités et de trouver des alternatives pour se passer de cette liaison routière qui ne fait aucun sens et n’est pas nécessaire, le tunnel sous Saint-François ayant par ailleurs été définitivement abandonné entre temps.

Par ailleurs, la Municipalité mentionne dans sa réponse à notre interpellation que le TAF ne remet pas en question le bien-fondé du barreau routier Vigie-Gonin. Il est toutefois utile de préciser que celui-ci n’a à ce jour pas jugé du fond mais uniquement de la forme. Or plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. De plus, les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela conduira naturellement à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin.

——–

Résolution

 

Le Conseil communal souhaite :
 
que la Municipalité intervienne auprès du Canton et des tl pour que débutent sans attendre les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT).