Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Campagne de Rovéréaz : faut-il tout saccager ?

Intervention

Mesdames, Messieurs,

Je remercie la Municipalité pour les réponses rendues à mon interpellation. Celles-ci me laissent toutefois perplexe par rapport à la position défendue en ce qui concerne l’avenir des parcelles du Château Fallot.

Le 3 mars 2013, les Lausannois et Lausannoises approuvaient à plus de 70 % la modification de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire. Ses objectifs étaient de préserver les terres agricoles, d’obliger à une densification vers l’intérieur, de préserver le paysage et de séparer plus clairement les territoires constructibles des territoires non constructibles.

La question de la préservation de la campagne de Rovéréaz représente un cas d’école quant à la mise en oeuvre de la LAT entrée en en vigueur le 1er mai 2014.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le site, voici deux photos du lieu. Il s’agit d’un vaste plateau agricole situé à la porte d’entrée Nord-Est de Lausanne juste avant d’arriver au quartier des Boveresses, puis à celui de la Sallaz en empruntant la route d’Oron. On retrouve au Nord de la zone agricole, la ferme de Rovéréaz qui a repris l’année passée l’exploitation du domaine tout en développant fortement la composante sociale et pédagogique.

La campagne de Rovéréaz est le dernier grand espace vert d’un seul tenant d’une trentaine d’hectares aux abords immédiats de la ville, facilement accessible par la population lausannoise. Le Palm la reconnaît comme parc d’agglomération de grande valeur doté d’un paysage remarquable. Il s’agit en effet du dernier poumon vert de grande taille sur le territoire lausannois. Toute la campagne de Rovéréaz est aujourd’hui propriété communale, affectée en zone agricole, à l’exception du Château Fallot et des terrains qui l’entourent restés en main privée où une surface de 6000 m2 est en zone à bâtir conformément au plan partiel d’affectation intitulé « Château Fallot ». Une demande de permis de construire a été déposé auprès de la commune en mai 2017. Celui-ci prévoit le développement d’un projet immobilier de 18 appartements de haut standing dans trois bâtiments, un parking souterrain de 42 places pour voitures, 6 places en surface et une place de jeux. Le périmètre constructible se situe au sud du domaine agricole, à côté du Château Fallot, manoir de style néogothique construit en 1899 et unique construction du site. Le périmètre constructible fait intégralement partie de la vaste zone agricole d’un seul tenant de la campagne de Rovéréaz. Comme l’écrit la Municipalité, il s’agit d’un « site exceptionnel, formé d’une large prairie entourée de frondaisons, jouissant d’un panorama impressionnant sur le Léman ».

Toute la campagne de Rovéréaz est très prisée par la population, en témoigne la très nombreuse présence de piétons, joggeurs et promeneurs de chiens à tout moment de l’année.

Pour les Verts, l’édification de constructions à cet endroit porterait gravement atteinte au site. L’harmonie et la beauté exceptionnelle des lieux reposent avant tout sur le caractère champêtre et naturel du site et sur l’absence de construction aujourd’hui. La vue panoramique et plongeante sur le lac n’aurait plus la même ampleur si un projet immobilier se réalisait perdu au milieu des champs. L’ambiance bucolique de ce paysage exceptionnel serait détruite par la construction de bâtiments au cœur de la prairie entourée de forêt. L’aménagement d’une route d’accès depuis le chemin de la Fauvette perturberait définitivement la tranquillité du site et le charme des lieux.

Le programme de législature de la Municipalité 2016-2021 annonce une densification respectueuse du patrimoine qui contribue à améliorer la qualité de vie des Lausannois et Lausannoises. Le renoncement à une opération immobilière sur une zone vierge et exceptionnelle en serait la mise en œuvre cohérente. Récemment M. le Syndic s’exprimait dans les pages de 24H au sujet de St-Paul en disant « Je suis convaincu que si nous voulons que les gens adhèrent au développement de la ville, il faut que nous soyons en même temps extrêmement attentifs au patrimoine. Ce sont les deux bras d’une même politique». Je partage ce point de vue.

Nous demandons à la Municipalité, suite au cas de la Gottéttaz, de prendre en compte l’Inventaire ISOS (entré en vigueur en 2015) qui a classé toute l’ensemble du site de Rovéréaz et les bâtiments avec un objectif de sauvegarde A et a, soit le degré de protection le plus élevé demandant la protection intégrale du site et la sauvegarde de l’état existant en tant qu’espace agricole. Même si les objectifs de protection de l’ISOS ne sont pas directement applicables au stade de l’octroi d’un permis de construire, ils doivent toutefois être pris en considération en vertu de l’article 5 de la LPN. Une non entrée en matière sur le permis de construire se justifie en raison d’un intérêt tant patrimonial que paysager ou encore de protection de la nature. Il s’agit là de motifs d’intérêt public prépondérant.

Nous nous étonnons que la Municipalité puisse considérer que les planifications à l’étude ou en vigueur et les développements en cours soient compatible avec la préservation des qualités paysagères du site. Nous contestons aussi l’appréciation que le périmètre du PPA Château Fallot se trouve dans un secteur déjà urbanisé. Bien au contraire, il s’agirait ici de la construction d’une micro- zone à bâtir, isolée et coupée du milieu bâti tout à fait contraire au droit fédéral. Quant à la desserte, elle est faible, les TP étant éloignés et peu fréquents.

Placer cette zone en zone réservée serait un geste fort de la Municipalité en faveur de la lutte contre le mitage du territoire et pour la qualité de vie des Lausannois. Pour un cas aussi délicat, il aurait été bien plus transparent d’établir un concept de construction sur ces parcelles avant son classement en zone à bâtir, la population aurait alors pu se prononcer en toute connaissance de cause.

Enfin le développement du projet de la ferme de Rovéréaz donne une nouvelle impulsion à tout le secteur autant sur le plan de l’équilibre écologique que l’offre en espace de délassement. La vocation sociale affirmée du projet de la ferme de Rovéréaz augmente la fréquentation des lieux par des personnes désireuses de se rapprocher du monde agricole et de la nature. Rappelons que la zone agricole selon la loi sur l’aménagement du territoire est multifonctionnelle et que ces enjeux sont à prendre en compte dans la pesée des intérêts, il est donc important de ne pas miter l’étendue des espaces encore disponibles.

Une procédure de modification de l’affectation du sol est certes coûteuse, mais les erreurs de planification sont difficiles à corriger, souvent irréversible et également très coûteuses. Pour le cas en question, le tir peut encore être corrigé.

Au vu des besoins accrus en sol et de la disparition des dernières zones de friches dans la Ville, un aménagement du territoire de qualité ne peut se permettre de sacrifier le dernier espace vert de la Ville de surcroit doté d’une valeur paysagère exceptionnelle. Rappelons pour finir que les paysages intacts influencent directement notre bien-être.

Marie-Thérèse Sangra

Intervention communale, Xavier Company

Préservons la campagne de Rovéréaz

Intervention

Je crois effectivement, comme l’a dit M. Gaillard, il s’agit de peser les intérêts en présence, entre la densification et la préservation du paysage. On n’est pas dans le cas concret, car on ne connaît pas précisément le projet, mais uniquement son emplacement.

Mais l’aspect juridique a son importance car il est vrai que le PPA « Château Fallot » est relativement récent, puisqu’il date de 2010. Il a son importance dans l’objectif politique que nous donnons.

Pourquoi alors revenir sur cette question maintenant ?

Parce qu’entre temps, la LAT est entrée en vigueur et force est de constater qu’au niveau lausannois cet espace est considérablement éloigné du centre, totalement arboré et naturelle.

Parce qu’aussi, ce secteur est classé en ISOS A (c’est à dire qui préconise la sauvegarde de l’état existant en tant qu’espace agricole ou libre. Conservation de la végétation et des constructions anciennes essentielles pour l’image du site ; suppression des altérations), et le Château Fallot en ISOS A, qui préconise la préservation de la substance et peut-être même que sa substance serait dénaturée.

Monsieur le syndic lui-même l’a dit, si la décision était prise aujourd’hui, certainement que ces parcelles ne seraient pas en zone constructible. Il est encore temps de réagir maintenant, il ne le sera plus une fois des bâtiments construits au milieu de cet espace vert qui est cher aux Lausannois. Le Groupe des Verts soutiendra donc cette résolution en espérant que la Municipalité y donnera une suite dans le sens de nos demandes.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Améliorer la gouvernance du Conseil communal

Intervention sur le projet de règlement de M. Fabrice Moscheni : « Améliorer la gouvernance du Conseil communal »

Les Verts regrettent tout d’abord que cet objet soit traité individuellement et non dans le cadre de la révision générale du Règlement du Conseil communal, compte tenu du manque d’urgence et par économie de force de ce Conseil.

Pour revenir sur le fond du projet de règlement, les Verts ont longuement débattu de ce projet de règlement.

En effet, ils sont non seulement attaché à la question de la transparence de la classe politique, raison pour laquelle, notamment, ils publient les comptes du parti chaque année, ou que nombre de Conseillers ont spontanément indiqués leurs employeurs dans le registre des intérêts.

Néanmoins, le projet de règlement proposé par M. Moscheni ne nous semble pas entièrement honnête et… transparent. Il crée des inégalités de traitement entre les conseillers qui ne semblent pas légitime à la plupart des membres du groupe des Verts.

Tout d’abord, il convient de rappeler les circonstances dans lesquelles a été déposé ce projet de règlement, soit pendant le débat sur equitas, où les déposants voulaient monter du doigt les employés de la ville de Lausanne, voire les empêcher de voter… demandant ainsi une inégalité de traitement insoutenable à notre sens, entre personnes élues de manière démocratique dans le même Conseil.

Ensuite, il y a une différence crasse entre les employés et les indépendants. Les premiers devraient annoncer leurs employeurs, ainsi se mettre à nu, même si cela peut leur porter préjudice professionnellement parlant, alors que les seconds, n’étant que des mandataires de leur client, seraient libre d’indiquer uniquement leur activité professionnelle, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.

De plus, il nous semble que cette obligation poserait des problèmes principalement à une certaine partie des conseillers, qui doivent parfois lutter avec leur employeur, qui ne voit pas forcément d’un bon œil leur participation à la vie politique et qui risquent ainsi de mettre en risque leur emploi. En contrepartie, les conseillers exerçant une activité de cadre ou hiérarchique élevée n’ont que rarement ce problème et peuvent le faire spontanément en toute liberté.

Finalement, il existe un risque d’attirer l’attention sur les Conseillers qui perdent leur emploi, puisque l’obligation d’indiquer ce changement les mettrait dans l’obligation de l’annoncer dans les 3 mois !

Les Verts vont donc majoritairement refuser la première partie de ce projet de règlement, qui ne vise pas juste et créerait un déséquilibre entre les Conseillers qui ne se légitime pas. L’indication de l’activité professionnelle nous semble suffisante, comme minimum, à la transparence nécessaire. Il ne nous semble en effet pas que l’employeur soit un élément central, déterminant pour le débat politique, et indispensable pour la confiance donnée dans les membres de ce Conseil.

Au surplus, c’est aux électeurs de se déterminer s’ils estiment que les candidats au Conseil communal de Lausanne ne sont pas suffisamment transparents.

Quant à la modification du délai d’annonce, les Verts y sont majoritairement favorables afin de permettre de maintenir à jour de manière plus automatique le registre des intérêts, et ainsi favoriser la transparence de notre Conseil. Nous avons certainement été nombreux à aller vérifier nos annonces d’intérêts après le mail reçu récemment par notre Secrétaire. Une annonce automatique lorsque la situation évolue favorise, à notre sens, cette mise à jour et l’actualité de ce Registre.

Xavier Company

Gaëlle Lapique, Intervention communale, Lausanne

Pérenniser les correspondants de nuit

Les Verts saluent ce rapport-préavis visant d’une part à pérenniser les correspondants de nuit (CN), et d’autre part à élargir leur mandat – tant au niveau de leur domaine d’intervention, que de leur zone d’action.

Les Verts saluent cet soutiendront largement ce rapport-préavis et ses conclusions amendées pour plusieurs raisons :

  • Les CN ont fait leur preuve – plusieurs évaluations externes le prouvent
  • Les CN ont su trouver leur place au Flon et gagné la confiance des multiples acteurs qui se côtoyaient déjà sur cet îlot de la vie nocturne
  • Les CN ont su convaincre du bien-fondé de leur travail, qui se situe entre la médiation, la réduction des risques et un rôle plus policier et régulateur
  • Les CN sont une équipe compétente, au bénéfice de parcours professionnels variés et complémentaires – sécurité, social, sanitaire – ce qui les rend d’autant plus pertinents

Pour finir ce concert de louanges, je souhaiterais poser 3 questions à la Municipalité – dans l’ordre d’importance => argent, politique des quartiers et des toilettes

Financement : qu’en-est-il d’une éventuelle participation du canton (notamment au vu du rôle des CN en termes de RR), des autres communes, de Mobimo – ces questions ont été soulevées en commission, sans que des réponses n’aient pu être apportées au moment de la commission.
2 constats factuels : Les CN seront amenés à travailler de plus en plus en périphérie + il y aura à l’avenir 10 CN et 4 TSHM.
Mes questions : comment compte-t-elle faire collaborer CN et les autres structures qui interviennent ds les Q et qui potentiellement travailleront avec les mêmes population– comme les TSHM, les centres de loisirs, la brigade de la jeunesse, etc.

Et entend-elle renforcer les équipes de TSHM dans les quartiers ou estime-t-elle que l’extension des mandats des CN suffira à combler la faible dotation en TSHM ? (pour info : Genève peut compter sur 13 TSHM, Yverdon 4) – en gros, des jeunes qui font du bruit au pied d’un immeuble – > il est juste et pertinent que les CN interviennent et fassent de la médiation. Mais ce bruit peut être avant-coureur d’autres problématiques plus profondes, qui ne peuvent être abordées dans l’ici et le maintenant

L’absence de WC publics au Flon est de plus en plus problématique pour les usagers. Des WC publics contribueraient à davantage de propreté de l’espace public, à allouer les ressources policières vers des problèmes plus pressants. La Municipalité a-t-elle relayé auprès de Mobimo cette demande et, si oui, où en est le dossier ?

Gaëlle Lapique

Intervention communale, Lausanne, Non classé, Xavier Company

Tridel : Où sont passées nos promesses ?

Interpellation

Mise en service en 2006, l’usine d’incinération des déchets Tridel appartient à la société anonyme reconnue d’utilité publique du même nom, qui en assure l’exploitation. Elle traite les déchets issus de quatre périmètres de gestion, parmi lesquels le périmètre de la société publique GEDREL, couvrant le territoire lausannois. Cette dernière détient 36.5% du capital de Tridel SA. La Ville de Lausanne détient, quant à elle, deux tiers du capital de GEDREL, est donc indirectement une actionnaire importante de Tridel SA.

Par ailleurs, dès le 1er janvier 2013, la Ville de Lausanne, comme la majorité des Communes suisses, a introduit la taxe au sac, afin d’appliquer de manière pragmatique le principe du « pollueur-payeur ». Cette taxe, qui se veut incitative pour amener à plus de recyclage et de valorisation des déchets, a fait ses preuves et permis à la Ville d’augmenter de manière importante la part des déchets recyclés ou revalorisé. D’un point de vue écologique, il s’agit donc d’un franc succès.

A la suite du rapport de gestion 2016 de Tridel SA, et d’importants retours dans la presse locale et nationale ¹, les interpellateurs soussignés ont déposé le 31 octobre 2017 une interpellation urgente sur les questions financières en lien avec ce rapport de gestion, et plus particulièrement sur la question des rémunérations extraordinaires de certains membre du conseil d’administration en 2016, intitulée « Tridel : du pollueur-payeur à l’incinérateur-encaisseur ? ». Les questions financières ne seront dès lors pas rediscutées dans la présente interpellation.

Néanmoins, à la lecture du rapport de gestion précité, d’autres questions toutes aussi importantes (mais qui ne demandaient pas l’urgence de notre Conseil) se posent. En effet, on lit notamment que Tridel SA a géré une prise en charge record de 183’312 tonnes en 2016, alors qu’elle était censé traiter 140’000 tonnes par an à sa construction, soit les déchets nécessaires venant des communes de la région. Cet excès n’a cependant même pas permis à Tridel de satisfaire les exigences minimales (80’000 tonnes/an) d’acheminement par le rail qui figurent dans le contrat qu’elle a conclu avec la société ACTS SA. Cela veut dire qu’en tournant à une capacité d’environ 130%, elle n’arrive pas à acheminer par le rail le tonnage prévu à sa construction. Seuls 39% des déchets sont acheminés par le rail et le reste l’est par camion, alors qu’à sa construction la proportion devait être inversée.

De plus, et alors qu’elle ne l’avait pas fait les années précédentes, la société a recommencé à importer des déchets étrangers (en provenance d’Italie du Nord, d’Allemagne et d’Autriche), à hauteur de 4’800 tonnes. Cette information est

surprenante quand on sait que Tridel a été construite (et financée !) pour traiter les déchets de notre région, estimés à 140’000 tonnes par an, et cela avant l’entrée en vigueur de la taxe au sac. Si en plus, ces déchets étrangers arrivent par camion, on frôle l’absurde. En effet, est-ce vraiment aux Lausannois ou aux Vaudois de financer l’incinération des déchets allemands, autrichiens ou italien, et d’en subir les conséquences négatives (pollution, circulation, bruit, etc.) ?

La gestion de Tridel amène dès lors les interpellateurs à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Pour quelles raisons le volume des déchets a-t-il augmenté de manière aussi conséquente et dépassé le tonnage annuel (140’000 tonnes) prévu à la construction de Tridel?
  2. Quel est l’impact en terme d’usure de l’infrastructure et d’émissions de cette augmentation ?
  3. Qui prend les décision relatives à l’acceptation ou non de déchets étrangers et pour quelles raisons ?
  4. Le prix payé pour le traitement de ces déchets étrangers tient-il compte de l’investissement qu’il a été nécessaire de faire à la construction de l’usine ?
  5. Qui prend les décisions relatives au mode d’acheminement des déchets?
  6. Pour quelles raisons le tunnel ferroviaire de Tridel est-il sous-utilisé?
  7. Est-il possible de contraindre les clients de Tridel (soit les entités publiques qui fournissent les déchets) à emprunter le rail plutôt que la route ? Quelles mesures faut-il prendre pour inverser la tendance actuelle ?

Xavier Company

1 notamment : 24 heures du 31.10.2017 https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/subite-generosite-tridel-intrigue/story/29607321, Tages Anzeiger du 1.11.2017 : https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/Bonus-bringt-Waadtlaender-FDPStaenderat-in-Erklaerungsnot/story/14998334 ; Le Temps du 1.11.2017 : https://www.letemps.ch/suisse/2017/10/31/tridel-nos-remunerations-justifiees

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Tridel : intervention et résolution

Intervention

Contrairement à ce qui a pu être dit par certains, il ne s’agit pas d’une affaire personnelle, mais d’une affaire politique certainement. En effet, comme l’a dit M. Christe, les citoyens ont le droit de savoir où passe leur argent, et l’argent de Tridel SA est de l’argent public. C’est bien pour cela que nous avons donné le nom de notre interpellation et posé la question n° 1, sans lien direct avec l’affaire en cause, mais qui démontre simplement comment est financé Tridel SA. La preuve que ce sujet est hautement politique réside également dans le fait que des représentants de tous les groupes de ce Conseil, en leur nom ou personnellement, à part un seul groupe, ont co-signé cette interpellation.

Le manque d’information et le flou qui entoure la situation augmente tous les jours. En effet, on peine à comprendre comment et pourquoi M. Français, membre de la Municipalité et représentant de la ville au sein du Conseil d’administration, et M. Nellen, représentant de Gedrel SA, dont l’actionnaire principal est la ville de Lausanne, comme l’a rappelé notre syndic n’ont pas averti les Villes de ces décisions. Pire encore, on apprend ce soir que Mme Germond, lorsqu’elle est entrée au conseil d’administration a requis une copie du PV de la séance du 25 mai 2017 et qu’on a refusé de le lui envoyé ! Où va-t-on si on refuse, dans des entreprises, d’informer les administrateurs entrants du passé d’un conseil d’administration ?

De plus, la Municipalité l’a rappelé ce soir, si elle avait appris cela tout de suite, elle aurait certainement demandé que ces montants soient versé à la caisse communale. Et, malgré plusieurs tentatives de se renseigner, la Municipalité ne semble pas avoir réussi, depuis août 2017, à avoir une vision claire de la situation.

Il convient que tout le monde puisse avoir accès aux informations de cette société, et à celle que M. Miauton nous a révélée ce soir, en les obtenant grâce à ses relations. M. Miauton nous demande ce que l’ont veut. Le plus important est avant tout d’en finir avec ce flou avant de pouvoir réellement définir la réaction qu’il convient d’avoir.

Et c’est là un point sur lequel il me semble que nous soyons tous d’accord, soit celui de réaliser un audit et de connaître le fin mot de l’histoire, et cela aussi pour préserver la présomption d’innocence à laquelle je tiens particulièrement.

Cet audit doit non seulement être réalisé, mais également rendu public, dans la mesure du possible, car les citoyens ont le droit de savoir.

Voilà pourquoi nous déposons la résolution suivante :

« Le Conseil communal souhaite que la Municipalité poursuive ses démarches auprès de Tridel SA pour qu’un audit soit réalisé afin de mettre en lumière les chaînes décisionnelles ayant conduit à des rémunérations exceptionnelles de membres du conseil d’administration, et souhaite qu’elle rende publics dans la mesure du possible les résultats de cet audit.»

(résolution acceptée à la quasi unanimité du Conseil communal).

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Tridel : éclaircir la situation

Intervention

Je souhaite en premier lieu remercier la Municipalité pour sa réponse franche et directe. Celle-ci m’interpelle cependant également, puisqu’on constate que la Municipalité elle-même se pose également des questions.

Au moment du dépôt de mon interpellation, certains membres de ce Conseil m’ont questionné sur la nécessité d’urgence de celle-ci. Je crois cependant que l’actualité démontre l’urgence d’éclaircir la situation.

En effet, les articles de presse se sont multipliés, en Suisse romande comme en Suisse alémanique, les versions expliquées à la presse ont passablement évolué au cours de ces articles:

  • tout d’abord, on nous a appris que « certains administrateurs avaient reçu des rémunérations extraordinaire et que M. Français les avait refusées »
  • ensuite, il s’est avéré que seuls deux administrateurs auraient reçu de telles rémunérations exceptionnelles, soit M. Nelle, président du Conseil d’administration et Directeur de Tridel SA, et M. Français qui les a refusée
  • On a finalement appris que M. Nelle en a accepté une partie et reversé une autre à une association culturelle et que la rémunération prévue pour M. Français a finalement été versée, par Tridel SA, à trois entités d’intérêt public : le Festival du film alpin, la Fondation de défense des intérêts d’Isenau : CHF 20’000.-, ainsi qu’une autre fondation vaudoise.

De plus, on apprend grâce à la réponse de la Municipalité, qu’elle a posé des questions à ce sujet au Conseil d’administration depuis le mois d’août, et qu’elle se pose toujours des questions. Les informations qu’elle a pu recevoir nous donnent déjà quelques pistes de réponse, soit notamment que les indemnités extraordinaires ont été octroyées sans que la Municipalité ne soit informée, que M. Français a siégé au Conseil d’administration jusqu’au mois de juin 2016 et que les décisions ont été prises lors de la séance du Conseil d’administration du 25 mai 2016, M. Français s’étant retiré au moment de la discussion sur ce point, ou que les trois entité d’utilité publique qui ont reçu la somme initialement offerte à M. Français l’ont reçu à sa demande, et sont soit une association dont il est président, soit des fondations dont il est membre fondateur ou représentant.

Il apparaît cependant que de nombreuses questions se posent encore et pour lesquelles, nous l’espérons, un audit sera requis pour y répondre.

En effet, il convient de garder à l’esprit qu’il s’agit de sociétés anonymes, certes, mais de sociétés anonyme en mains publiques, avec un but d’utilité public. Elles vivent grâce à des revenus publics, que paient tous les citoyens, via les impôts ou la taxe au sac, et les bénéfices doivent donc leur profiter également. Ceux-ci ne sauraient profiter à des associations ou des fondations sans aucun lien avec Lausanne.

C’est une question qui ne pas propre à Tridel SA, mais à toutes les sociétés anonymes de la Ville. Les Verts se sont déjà préoccupés de cette question en 2015, en déposant un postulat par le biais de M. Trezzini et consorts : « Quelle gouvernance pour les sociétés anonymes de la Ville » le 11 juin 2015. En effet, ces sociétés ne doivent pas être gérées comme toutes sociétés anonymes privées, mais doivent tenir compte des intérêts publics qui les dirigent et de biens qui y sont investis. Je me réjouis à ce sujet de lire la réponse de la Municipalité qui n’est toujours pas arrivée.

Finalement, on ne saurait traiter de cette question sans parler de l’article 32 du règlement de la Municipalité qui veut que les Municipaux reversent les jetons de présence qu’ils touchent à la Ville, obligatoirement. En effet, comment cela se passerait-il si, par exemple, M. le Municipal Jean-Yves Pidoux versait les jetons de présence qu’ils touchent des les divers conseils d’administration d’entreprise actives dans l’énergies à des associations d’utilité publique, comme Pro Natura ou le WWF ?

Pour répondre à toutes ces préoccupation, un audit nous semble donc nécessaire pour éclaircir la situation, pour la Municipalité, comme pour tous les citoyens.

Intervention communale, Lausanne, Véronique Beetschen

Une outilthèque pour les bricoleuses et bricoleurs

Postulat

Une outilthèque pour les bricoleuses et bricoleurs, jardinières et jardiniers lausannois

Une outilthèque est un service de prêt d’outils de bricolage ou de jardinage destiné aux personnes souhaitant confectionner ou réparer des objets ou des installations, rénover ou embellir leur intérieur, aménager ou entretenir leurs terrasse ou balcon, jardiner, etc., sans devoir acquérir par elles-mêmes tous les outils nécessaires.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes achètent, puis conservent dans leurs armoires, quantité d’outils qui ne leur serviront que rarement, voire une seule fois. Ce gaspillage est coûteux, aussi bien sur le plan écologique (matières premières nécessaires à la fabrication, transport, pollution, etc.) qu’économique pour le particulier, qui achète un outillage souvent onéreux dont il ne se servira pour ainsi dire jamais.

Les outilthèques prêtent tant du petit outillage (par exemple, tournevis, marteau, escabeau, pioche, cisaille, etc.) que des appareils plus sophistiqués (par exemple, scie sauteuse, ponceuse, shampooineuse à moquette, broyeur à végétaux, etc.). Elles fonctionnent sur le modèle des bibliothèques. Les personnes munies d’une carte d’adhérent peuvent emprunter pour quelques jours les outils dont elles ont besoin, en versant le plus souvent une caution proportionnelle à la valeur de l’outil emprunté. Les outils et appareils sont vérifiés avant et après l’emprunt. Une attestation d’assurance RC est généralement demandée.

La création d’une outilthèque à Lausanne donnerait aux Lausannoises et Lausannois la possibilité d’emprunter une gamme étendue d’outils parfois très spécialisés, leur permettant ainsi d’entreprendre à moindres frais des travaux dans leur maison, leur appartement ou leur jardin. Ce serait une alternative pratique, économique et écologique à l’achat d’outils et permettrait d’éviter un gaspillage de ressources naturelles.

L’outilthèque pourrait soit être localisée en un lieu unique, soit être décentralisée en plusieurs lieux, formant ainsi un réseau de proximité. Un appel aux dons d’outillage inutilisé pourrait peut-être être lancé auprès des particuliers pour aider à constituer le fonds des outils constituant l’outilthèque. Des collaborations avec des partenaires associatifs ou les maisons de quartiers pourraient éventuellement être envisagées.

L’objet de ce postulat est donc de demander à la Municipalité d’étudier la possibilité de créer, éventuellement en collaboration avec des partenaires associatifs ou les maisons de quartier, une outilthèque ou un réseau d’outilthèques à Lausanne, à l’usage des personnes domiciliées sur le territoire de la commune.

Véronique Beetschen

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

A propos des Correspondants de nuit lausannois

Intervention

Rapport-préavis N° 2017/23 – Contribution à la sécurité dans les espaces publics et extension du rôle des Correspondants de nuit lausannois.

Même si l’envie d’encenser le travail des correspondants de nuits me tente, je ne répéterai pas ce qu’on dit mes pré-opinants et ne reviendrai que sur l’amendement voté par la commission. Celui-ci nous semble en effet particulièrement important compte tenu de l’évolution du mandat donné au correspondants de nuits.

En effet, lors de leur mise en place, les correspondants de nuit avaient une mission avant tout sécuritaire, pour « pacifier les nuits lausannoise ». Leur mandat a été mis en place à un moment de crise, lors d’événements exceptionnels rares à Lausanne.

L’observation sur le terrain (pour laquelle je remercie particulièrement le Président de la commission, le Municipal et, surtout, les correspondants de nuit eux-mêmes qui nous ont accueillis une nuit durant) a permis d’observer que le travail des correspondants de nuit est tout autant, voire plus, social que sécuritaire. En tout cas dans la première partie de soirée, les correspondants de nuits participent à une meilleure cohabitation, co-utilisation du domaine public, et à créer un lien de confiance avec la jeunesse. Une phrase d’un des correspondants de nuit me revient : « A 21h, nous sommes parfois les premiers à demander à des jeunes s’ils ont passé une bonne journée. » Et cet aspect est effectivement fondamentale dans leur travail, et nécessaire.

Le nouveau préavis démontre la mise sur pied d’égalité entre l’aspect social et sécuritaire, toujours nécessaire, surtout en deuxième partie de nuit, des correspondants de nuit. C’est équilibre entre ces mandats est fondamental, car les correspondants de nuit ne sont pas d’autres securitas de Mobimo. Ils sont des employés communaux, aux profils variés et au mandat beaucoup plus vaste que cela.

Il est donc important que cet équilibre ressorte des conclusions du rapport-préavis, raison pour laquelle les Verts soutiendront cet amendement. Le paradigme a changé depuis la mise en place des correspondants de nuit et il n’y a pas, ou plus au moins, de « Nuits lausannoises à pacifier », mais bien une cohabitation et une co-utilisation de l’espace public à coordonner et des personnes à aider.

Xavier Company

Lausanne

L’OFSP fait obstruction à la recherche de solutions pragmatiques en matière de drogues

La logique des quatre piliers en matière de drogues est en vigueur en Suisse depuis les années 1990. Il est malheureux de constater qu’au-delà de ces grandes notions, la mise sur pied de solutions concrètes, réalistes, ou l’exploration par des études pilotes ou des projets de test, se heurtent encore à un certain dogmatisme de la part des offices fédéraux. La décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de refuser l’ouverture de phases tests de régularisation du marché du cannabis est en cela contre-productive, et les Verts lausannois la regrettent. Les Verts soutiennent les démarches de l’Université de Berne et des villes de Genève, Zurich, Bâle et Bienne qui étaient intéressées par ce projet, et invitent les autorités fédérales à faire preuve d’ouverture.

Les Verts soutiennent depuis longtemps une position pragmatique, cohérente et responsable sur la problématique des addictions et des marchés illégaux qui en profitent. Cela signifie:

  • que toutes les addictions doivent être traitées avec les mêmes outils de prévention, de reconnaissance et de lutte;
  • qu’il faut admettre qu’un monde sans drogue est utopique et il faut donc apprendre à la gérer plutôt que l’interdire;
  • qu’il s’agit de prendre des mesures fortes de contrôle du marché en le réglementant et en le taxant, et d’exercer une forte répression du marché illégal résiduel.

Le dispositif prévu par le projet pilote de l’Université de Berne et des villes associées va prudemment dans la même direction.

Les villes suisses sont au premier rang pour constater et agir sur les conséquences sociales, économiques et sanitaires des addictions. Si des solutions peuvent parfois être conçues et proposées par le haut, au niveau fédéral, force est de constater que leurs preuves doivent être faites sur le terrain, dans les villes et les cantons concernés. L’étude proposée par l’Université de Berne offre à la fois un cadre scientifique et une opportunité de mettre au banc d’essai des solutions concrètes de réduction des risques. La recherche de solutions passe forcément par une prise de risque, dans ce cas très mesurée et encadrée. Refuser la proposition de tester l’effet d’une levée de l’interdiction de vente du cannabis, sous prétexte que l’interdiction existe, dénote une prudence excessive et n’est pas digne d’une politique critique et proactive.

Les Verts lausannois soutiennent énergiquement la participation de Lausanne aux projets pilotes des villes citées plus haut et sont donc furieux que Lausanne se retrouve également bloquée dans ses démarches. Les Verts sont convaincus que l’ensemble des outils disponibles doivent être étudiés et déployés avec détermination et pragmatisme et continueront de s’engager dans ce sens.