Intervention communale, Lausanne

Pour une politique de soutien à l’allaitement urbain à Lausanne

Postulat

Pouvoir allaiter son enfant en milieu urbain et au XXIe siècle doit être considéré comme normal, facile, et non stigmatisant. Il s’agit pourtant parfois d’un véritable chemin de croix pour les mères lausannoises. En plus de la difficulté à trouver le temps et le calme nécessaire, s’y ajoute la très mince liste de lieux adaptés en ville. A ce jour, la seule initiative, privée, existante et permettant de localiser des endroits propices à l’allaitement maternel ne propose que des rares pharmacies ou magasins spécialisés1.

À cette initiative nationale s’ajoute la volonté de la ville d’encourager l’allaitement de ses employées. À ce jour, on en ignore toutefois les effets. On ne sait pas de même si ces mesures ont été jugées utiles par leurs bénéficiaires et si cette expérience pourrait servir d’exemple à d’autres communes et entreprises.

Pour ce qui est de l’extérieur de l’administration, Lausanne pourrait facilement remédier au malaise de nombre de ses citoyennes en s’inspirant d’exemples internationaux: par exemple Belfast a, comme plusieurs villes anglo-saxonnes, mis en place un réseau d’établissements volontaires – café, salles d’administrations, lieux publics, centres communautaires, magasins…- où les femmes ont la possibilité d’allaiter en toute sérénité. Souvent, aucun équipement supplémentaire n’est même nécessaire. Ces emplacements sont simplement répertoriés sur le site Internet de la ville et un autocollant sur la porte signale leur appartenance à ce programme.

Ce postulat demande que la ville de Lausanne.

  • Fasse le bilan des mesures déjà existantes au sein de l’administration lausannoise, en prenant en compte notamment l’avis des employées
  • Etudie les moyens et plusieurs options permettant de faciliter l’allaitement des jeunes enfants au sein du territoire communal

Alice Genoud

Sophie Michaud Gigon

Sara Gnoni

 

1 Il s’agit de la liste édité par le projet mamap, http://mamamap.ch/

Intervention communale, Lausanne

Quelle mobilité sur le pont Chauderon pendant les travaux ?

Interpellation urgente

Le pont Chauderon va connaître des travaux d’entretien dès le 13 février 2017 pour une dizaine de mois, soit jusque vers la fin novembre.

Les différentes phases des travaux auront les effets suivants :

  • Les voies de circulation, au nombre de quatre en temps normal, seront réduites à deux voies, une dans chaque sens et la largeur de chacune sera portée à 3.50 m, un peu plus que la largeur actuelle.
  • Un seul trottoir sera maintenu pour les piétons tout en préservant l’accès aux ascenseurs du M1. La bande cyclable sur le trottoir dans le sens montant (direction Beaulieu) sera supprimée.
  • Les deux tourner-à-gauche aux deux carrefours aux extrémités du pont seront supprimés.

La circulation sur l’ouvrage sera donc rendue difficile pendant de longs mois pour tous les modes de transports mais particulièrement pour les cyclistes1 qui ne disposeront plus de la bande cyclable en montée. Ils seront exposés à une forte pression de la part du trafic routier et à une fréquence élevée des dépassements. Le fait que les voies de circulations seront légèrement plus larges qu’actuellement n’améliore pas vraiment la situation. Au contraire, on peut supposer que les conducteurs des véhicules motorisés, voyant une voirie légèrement plus large, seront davantage enclins à dépasser les cyclistes et ceci à une vitesse plus élevée.

La vitesse autorisée sur le pont Chauderon est de 50 km/h. Bien qu’en régime de fort trafic les véhicules motorisés seront vraisemblablement ralentis par leur propre congestion, ce ne sera pas le cas aux heures de plus faible charge de trafic, où les véhicules motorisés dépasseront les cyclistes en cherchant à bénéficier de « l’onde verte » du feu sur la descente Beaulieu-Tivoli.

De plus, l’interdiction de tourner à gauche aux deux extrémités du pont pour tous les usagers, touchera fortement la mobilité cycliste, qui on le sait est soumise aux difficultés de la topographie. Cette mesure inconditionnelle pour tous les types d’usagers paraît peu logique lorsque l’on sait que le vélo est un élément déterminant pour alléger le recours aux modes de transports individuels gourmands en espace sur la chaussée.

Nous souhaitons poser les questions suivantes à la Municipalité:

  1. Quelles mesures d’information la Municipalité a-t-elle prévues pour sensibiliser les conducteurs de véhicules privés aux problèmes qu’ils vont rencontrer durant 10 mois et à la nécessité de la prudence envers les cyclistes, piétons, ouvriers de la voirie, soit les usagers les plus vulnérables?
  2. Est-il prévu d’indiquer de manière claire que le trottoir ne sera plus partagé entre piétons et cyclistes afin d’éviter les réactions parfois vives des automobilistes – ce qui est déjà le cas actuellement alors que des cyclistes empruntent la voirie, manœuvre pourtant parfaitement légale au vu du caractère non contraignant d’une bande cyclable ?
  3. La Municipalité a-t-elle envisagé des mesures pour sécuriser le passage des cyclistes sur ce tronçon, notamment de diminuer la vitesse maximale autorisée sur le pont Chauderon pendant la période des travaux ?

Nous ajoutons que nous avons bien pris connaissance du communiqué de presse émis ce 30 janvier à propos de l’entretien du pont par la Direction des finances et de la mobilité.

Le communiqué de presse parle de la mise en place « dans la mesure du possible » de pistes cyclables. Alors que dans la situation présente les largeurs des voies routières sont de 3.50 m, la Municipalité peut-elle nous donner plus de détails à ce sujet ?

D’avance, nous remercions la Municipalité de ses réponses.

Karine Roch
1 Le 26 février 2015 la Municipalité répondait à l’interpellation de M. Vincent Rossi « Quelle mobilité pour Lausanne durant les travaux ? (grands chantiers)». Toutefois les demandes de M. Rossi était centrées sur le contexte des travaux futurs du tram. De plus, nous souhaiterions avoir des réponses sur le cas précis de ce chantier.

 

Question orale

Des travaux d’entretien vont être menés sur le pont Chauderon dès le 13 février 2017 pour une durée d’une dizaine de mois, soit jusque vers la fin novembre. Sur les quatre voies routières actuelles, seules deux seront maintenues et un seul trottoir.  La circulation sur l’ouvrage sera donc rendue difficile pendant de longs mois pour tous les modes de transports. Pendant la durée du chantier, quels mécanismes d’information sont-ils prévus envers les personnes qui empruntent cet ouvrage ?

Intervention communale, Lausanne

Remonter la pente avec des vélos-cargo électriques à Lausanne

Postulat

Ce postulat demande à la municipalité de réfléchir à des mesures pour promouvoir l’utilisation des vélos-cargo électriques par les entreprises, les associations et les habitants lausannois.

Les vélos-cargo électriques, encore peu connus il y a quelques années, ont progressé de façon spectaculaire un peu partout, qu’il s’agisse du transport de marchandise ou par exemple d’enfants en bas âge. Pourtant, à Lausanne, ville en pente et donc particulièrement propice à ce moyen de transport assisté par un moteur électrique, il est encore assez rare d’en apercevoir.

Les villes de Bâle, Berne, St-Gall et Vevey participent déjà aujourd’hui au programme carvelo2go, qui a été lancé dans le cadre de l’initiative carvelo1. Celle-ci fait la promotion et facilite le partage des vélos-cargo électriques pour des entreprises, des associations et des particuliers, notamment par des outils de réservation simples. Il existe également des coursiers comme vélocité qui proposent leurs services avec ce genre de véhicules.

La ville de Berne a lancé en 2015 un projet-pilote intéressant intitulé « Mir sattlä um! » (« Changeons de selle »). Dans ce cadre, elle a mis à disposition de 9 PME des vélos-cargo électriques pour une durée de six mois, tout en leur fournissant des conseils au niveau technique et organisationnel, et en assurant une communication appropriée. Une évaluation récente du projet-pilote montre qu’un nombre substantiel de déplacements autrefois effectués par des camionnettes ont pu être substitués par des vélos-cargos électriques. Cela a permis d’éviter des émissions de particules fines dues à ces véhicules qui, pour la plupart, roulent au diesel en ville. Les résultats largement positifs de cette étude ont incité les autorités de la ville de Berne de renouveler l’expérience pour 2017, avec une nouvelle série de PME impliquées.

Je demande à la municipalité d’étudier différentes variantes possibles pour soutenir l’utilisation des vélos-cargo électriques à Lausanne, notamment en :

Mettant en place un réseau de partage du parc de vélos-cargo électriques pour les PME, les associations et les particuliers.

Encourageant l’utilisation de vélos-cargo électriques à travers un projet-pilote pour le tissu économique et associatif lausannois, à l’instar de l’expérience bernoise.
Daniel Dubas

Vincent Rossi

1 carvelo est une initiative conjointe du fonds de soutien « Engagement Migros » et de l’Académie de la mobilité, qui se définit comme une plate-forme interdisciplinaire pour les échanges sur la mobilité du futur.

Intervention communale, Lausanne

La Ville veut-elle faciliter l’accès aux cartes journalières CFF délivrées par la commune (Flexi-Card) ?

Interpellation

La Commune de Lausanne met chaque mois à la disposition de ses habitants un certain nombre de cartes journalières CFF à prix réduit, les « Flexi-Card», que les Lausannoises et Lausannois peuvent acquérir au prix de 49 francs après vérification de leur identité et de leur domicile sur la commune. Ces « cartes communes » sont très appréciées, et étant en nombre limité, elles sont rapidement épuisées.

Il est possible de connaître la disponibilité des cartes par téléphone et en consultant les sites de Lausanne Tourisme et celui de la Ville. En revanche, il n’est pas possible d’acheter ou de réserver ces cartes en ligne. Pour se les procurer, il faut se déplacer à la gare CFF et se présenter au guichet de Lausanne Tourisme, ouvert de 9h00 à 19h00.

Cette procédure est peu pratique et entraîne une inégalité d’accès à la prestation. En effet, certaines personnes n’ont pas la possibilité de se rendre facilement ou rapidement à la gare. D’autres personnes ont des horaires peu compatibles avec les heures d’ouverture de Lausanne Tourisme.

A titre d’exemple, la situation est différente à Yverdon-les-Bains, où les habitants ont deux possibilités : ils peuvent acheter leur carte en ligne jusqu’à 10 jours avant le départ, celle-ci leur étant envoyée par courrier postal après contrôle du domicile du demandeur ; il leur est également possible d’acquérir une carte au comptant à la réception de l’Hôtel de Ville, en tout temps. La solution mise en place par la Ville d’Yverdon-les-Bains se révèle à la fois pratique et souple pour les voyageurs.

Dès lors, nous posons à la Municipalité les questions suivantes :

  • la Municipalité envisage-t-elle de mettre en place une solution d’achat en ligne pour les cartes journalières CFF « Flexi-Card » afin d’en faciliter l’accès à l’ensemble de la population ?
  • la Municipalité verrait-elle cette mesure comme une étape allant dans le sens de la « Ville de Lausanne connectée » mise en avant dans son programme de législature ?
  • la Municipalité estime-t-elle que les cartes journalières mises à disposition de la population suffisent à répondre à la demande ? Sinon, a-t-elle l’intention d’en augmenter le nombre ?

Nous remercions par avance la Municipalité de ses réponses.

 

Véronique Beetschen

Sophie Michaud Gigon

 

Intervention communale, Lausanne

Des grainothèques pour favoriser l’échange et la diversité génétique des plantes cultivées

Postulat

Une grainothèque est un système d’échange de graines où chacun peut déposer, prendre ou échanger des graines, librement et gratuitement. Une grainothèque est un moyen de développer la biodiversité en milieu urbain et de transmettre les savoir-faire. Elle donne envie de remettre les mains dans la terre, montrant que cultiver fleurs et légumes est à la portée de tous. Elle contribue à préserver ou faire redécouvrir des variétés anciennes injustement méconnues.

Une grainothèque permet aussi aux jardiniers confirmés de découvrir et de faire goûter aux variétés non commercialisées et contribue à démontrer que tout jardinier peut s’affranchir des semences standardisées qui nécessitent dépenses, engrais et pesticides. Elle aide à faire circuler des graines issues de plantes locales et adaptées aux conditions urbaines, contribuant à d’autres initiatives de maintien de la biodiversité. La démarche doit toutefois être accompagnée par des spécialises pour s’assurer de la qualité des graines (bio, origine, plantes non envahissantes, etc.)

Une grainothèque est idéalement installée dans une bibliothèque, elle consiste à aménager une boîte désignée à recevoir les graines (taille environ 35 cm de large x 25 cm de profond x 5-25 cm de haut), elle contient des informations sur ses modalités d’utilisation, des conseils et des informations pratiques relatives à la culture de 
graines.

Des grainothèques sont déjà installées dans d’autres villes romandes, telles que Vevey ou Genève.

Le présent postulat a pour but de demander à la Municipalité d’étudier l’opportunité de mettre à disposition, dans le cadre de sa politique nature en ville, des grainothèques dans les bibliothèques lausannoises en partenariats avec le monde associatif du jardinage urbain, de l’agriculture urbaine et la production de semences locales.

 

Séverine Evéquoz

Delphine Brun

Véronique Beetschen

Alice Genoud

Intervention communale, Lausanne

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle et à la souffleuse

Interpellation

En automne, en particulier mais aussi lorsque le gazon est tondu, des engins vrombissent à travers la ville afin de souffler les déchets verts vers un tas commun. Sur terrain privé à Lausanne, nous avons pu observer l’utilisation de souffleuses à essence. La population réagit ironiquement et avec agacement face à cette technique, loin du temps où les feuilles se ramassaient au rateau et à la pelle. Dans le monde, des communes californiennes ont interdit ces souffleuses ainsi que, récemment, Graz, en Autriche. Paris a décrété un moratoire sur leur utilisation. Rien d’aussi absolu en Suisse. L’Office fédéral de l’environnement conseille de vérifier le niveau acoustique de l’engin à l’achat, de ne pas le faire tourner à plein régime, de ne pas l’utiliser durant les heures de repos et de, si possible, coordonner ces travaux avec les voisins. Il n’y a aucune limite en Suisse concernant les décibels produites par une souffleuse, cependant, la SUVA considère qu’aux environs de 100 décibels, le bruit est dangereux pour la santé. C’est justement le bruit que font les souffleuses à essence.

Lausanne a de son côté remplacé en septembre 2013 son parc de souffleuses par des modèles électriques, moins bruyants et moins polluants. C’est une bonne chose. Cependant, même électrique, la souffleuse envoie dans l’air une poussière qui peut y rester durant plusieurs journées. Elle soulève 10 fois plus de particules fines que le font des rateaux – y.c. des parasites et des virus provenant des crottes de chiens et de chats. Les particules fines sont dangereuses pour les allergiques mais aussi pour les personnes avec un système immunitaires fragiles. Quant aux souffleuses à essence, elles sont également dangereuses pour les voies respiratoires puisqu’elles produisent des polluants, comme le benzol qui est cancérigène. Les mesures prises par l’administration cantonale zürichoise révèlent que le taux des substances toxiques produites par une souffleuse pourvue d’un moteur à deux temps est 100 fois plus élevé que le taux de substances produites par une voiture avec catalysateur !

Sur la base de ces observations, nous avons l’avantage de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Quelles sont les raisons justifiant l’utilisation de souffleuses plutôt que de techniques mécaniques ?
  2. La Ville a-t-elle évalué/fait évaluer le changement de pratiques en terme d’efficience, donc finalement de rentabilité et d’économie ?
  3. La Municipalité est-elle consciente du danger que représentent les particules fines pour la santé de la population ?
  4. La Municipalité entrevoit-elle des mesures permettant de diminuer, voire de supprimer les souffleuses à essence sur les parcelles privées du territoire lausannois ?
  5. En 2015, une pétition des Verts zürichois relayée par le conseil communal devait demander à la Confédération d’interdire les souffleuses. La Municipalité a-t-elle été approchée pour se joindre à une telle démarche et est-elle au courant d’une décision politique allant dans ce sens ?
  6. Si la Ville souhaite continuer à utiliser des souffleuses électriques, envisage-t-elle de réduire leur utilisation aux heures d’ouverture des commerces ?

Lausanne, le 19 janvier 2017

Sophie Michaud Gigon
Xavier Company

Intervention communale, Lausanne

Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat

Le fléau du harcèlement de rue touche la majorité des Lausannoises et des personnes LGBT(I), qui se trouvent souvent démunies face à leurs harceleurs. Souvent, ces agressions ne sont même pas légalement répréhensibles, et par volonté d’éviter les ennuis, les victimes préfèrent marcher plus vite pour fuir les harceleurs plutôt que de chercher à les dénoncer ou à se défendre.

Dans ce cadre, il serait utile qu’un système de signalement des cas de harcèlement, voire de dénonciation des harceleurs dans les possibilités du cadre légal et d’appel à l’aide existe. Plusieurs applications mobiles ont été développées dans ce sens1. Elles semblent un outil intéressant dans les différentes mesures à mettre en place contre le harcèlement de rue.

Une application mobile lausannoise contre le harcèlement de rue permettrait par exemple d’en  signaler les cas2, afin de libérer la parole des victimes. Avec la géolocalisation, elle pourrait aussi permettre aux personnes confrontées, en tant que victime ou témoin, à une situation les mettant mal à l’aise ou en cas de sentiment de danger, de prévenir des personnes proches des lieux, d’un simple clic sur son smartphone. Elle pourrait même éventuellement permettre de déposer une plainte de manière facilitée en ligne, sur le modèle de la plateforme ePolice par exemple.

Tout en assurant le cadre légal et la présomption d’innocence (puisqu’il s’agit de signaler des cas et non des personnes et d’appeler à l’aide), une telle application permettrait de lutter contre le harcèlement de rue en faisant tomber le silence qui entoure le plus souvent ces actes. Cette application pourrait aussi être étendue à tous les types de violences verbales et physiques qui prennent place dans l’espace public, comme par exemple les actes de racisme.

La peur doit changer de camp et ce sont les harceleurs qui doivent redouter que leurs victimes aient les moyens de dénoncer les violences sexistes et d’agir contre elles. C’est pourquoi les Verts demandent à la Municipalité d’étudier l’opportunité de développer une application mobile participant à la lutte contre le harcèlement de rue.

Léonore Porchet

1 Voir par exemple : http://www.stopharcelementderue.org/?p=1201 et http://handsaway.fr .
2 Ce qui permettrait également à la Ville de Lausanne de disposer de données plus fiables concernant le harcèlement de rue.

Intervention communale, Lausanne

Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Postulat

Les résultats de l’étude sur la harcèlement de rue faisant suite à l’interpellation « Hey mad’moiselle… il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne » montrent des chiffres graves, mais pas très surprenants pour celles, et ceux, qui subissent régulièrement le phénomène. Rappelons les chiffres : 63% des femmes interrogées disent avoir été victime de harcèlement de rue (72% des 16 – 25 ans), dont la moitié une fois par mois, avec des actes allant jusqu’à l’insulte (42%) et l’agression sexuelle (32%).

La Municipalité a présenté ces chiffres en annonçant des mesures variées, mais principalement basées sur une sur-sécurisation de la rue, ce qui dénote d’abord d’une méconnaissance du phénomène, mais aussi d’importantes lacunes dans la volonté de lutter contre ce fléau en amont.

Tout d’abord, il n’y a aucun lien entre une plus grande présence policière et le harcèlement de rue. Les policiers ne peuvent légalement souvent rien faire face au harcèlement de rue, mais surtout il ne se passe jamais sous leur nez. Ils ne sont de plus bien souvent au bénéfice d’aucune formation spécifique concernant les violences sexistes. Ensuite, l’amélioration de l’éclairage public, qui est par ailleurs déjà réfléchie sous l’aspect sécuritaire à Lausanne, n’aura pas d’impact sur les actes, mais sur le seul sentiment de sécurité. Pour terminer, l’idée de trajets nocturnes sécurisés est particulièrement inquiétante, car elle risque de cantonner les femmes à des lieux spécifiques, tout en les excluant du reste de l’espace public et en justifiant en quelques sorte les actes qui se passeraient ailleurs.

Or le harcèlement de rue (comme de manière générale les violences sexistes) a des causes, le sexisme et le patriarcat, et c’est contre ces causes qu’il faut lutter d’abord, par l’éducation de toutes et tous au consentement et à l’égalité : ni la lumière, ni la présence policière ne sont efficaces contre un système ancré ainsi dans les mœurs.

Dans ce cadre, la Ville de Lausanne pourrait, notamment :

  • mettre en place rapidement une campagne de sensibilisation contre le harcèlement et mieux faire connaître les sanctions contre ses formes pénalement répréhensibles ;
  • proposer des cours pour aider les victimes de harcèlement à réagir et les témoins à intervenir ;
  • en collaboration avec le canton, améliorer et moderniser les cours d’éducation sexuelle dispensés dans ses classes pour en axer une partie du contenu sur le consentement et le harcèlement ;
  • former la police aux problématiques spécifiques des violences sexistes ;
  • donner aux femmes et aux personnes LGBT(I) les moyens de lutter elles-mêmes contre le harcèlement de rue notamment en facilitant le dépôt de plainte et l’identification des harceleurs dans la mesure du possible (par une application par exemple) ;
  • encourager la population à parler des cas de harcèlement pour dissiper le tabou qui existe autour de ses actes ;
  • participer à la semaine internationale contre le harcèlement de rue ;
  • etc.

La lutte contre le harcèlement de rue passe d’abord par un travail de changement des mentalités et de l’imaginaire collectif. Les Verts demandent donc que la Municipalité étudie les moyens pour mener la lutte contre le harcèlement de rue grâce à une éducation scolaire et populaire.
Léonore Porchet

Intervention communale, Lausanne, Vincent Rossi

Des pauses dans l’affichage publicitaire à Lausanne

Postulat

Le but de ce postulat est d’introduire des périodes régulières sans affichage publicitaire (« semaine blanche ») sur le domaine public à Lausanne.

Contexte

La publicité, cette forme de communication de masse est omniprésente dans le paysage urbain lausannois comme ailleurs en Suisse. Cette forme intensive de stimulation visuelle (voire auditive pour les plus modernes) poussant à la consommation a néanmoins été stoppé durant une semaine à Genève au début 2017.

Cette semaine involontaire d’affichage vierge résulte en vérité d’une transition entre régies publicitaires à Genève. Mais elle a suscité une extraordinaire explosion de créativité de la part population qui a accueilli avec plaisir ces nouveaux espaces. Cet événement illustre combien la libération de l’espace occupé par ces affiches peut apporter d’oxygène dans l’espace public actuellement saturé par ces publicités commerciales. Et au final surtout permettre aux citoyen-ne-s de se réapproprier leur ville !

Demande

Les Verts proposent que la Ville de Lausanne instaure une semaine sans affichage publicitaire, une ou deux fois par année. Durant ces périodes, les affiches sont blanches et les écrans publicitaires sont éteints. La population est autorisé à créer sur ces panneaux vierges d’affiches.

La Municipalité est invitée à faire appliquer cette mesure dès le renouvellement de la concession d’affichage, en 2020, ou avant si un accord peut être trouvé.

Vincent Rossi

Intervention communale, Lausanne

Pour favoriser une optimisation de l’utilisation des surfaces habitables

Postulat

L’offre en logements adaptés aux besoins ne passe pas que par la construction de nouveaux bâtiments mais aussi par une meilleure exploitation des surfaces habitables, en favorisant l’échange d’appartements.

Depuis les débats autour de la LAT (loi sur l’aménagement du territoire adoptée par le peuple en mars 2013), la question de l’utilisation du sol a encore gagné en actualité. L’utilisation de ce bien précieux est au centre de nombreuses préoccupations autant de la population que des collectivités publiques. Les intérêts sont multiples : offres en logements, en terrains verts et ouverts, en espace de détente, en surface pour des activités économiques et artisanales. Les contraintes également: raréfaction des surfaces agricoles, Dichtestress de la population (sentiment très fort d’être à l’étroit, en particulier sur l’arc lémanique) et opposition face à la densification vers l’intérieur, voulue par la LAT.

Lausanne a connu ces dernières années un taux de vacance extrêmement bas et a mené une politique du logement offensive en créant et faisant créer des milliers de nouveaux logements. Le plus important était de produire de nouvelles surfaces habitables. Les Verts proposent aussi de regarder la situation sous un autre angle, celui de l’utilisation optimale des ressources et aussi de la qualité d’un logement adapté aux besoins individuels (services, transports, ascenseurs, etc.). S’adapter à la demande en logement est passée uniquement par la création de nouveaux quartiers dans des friches, ou par la densification de certains secteurs. Dans plusieurs quartiers de l’agglomération lausannoise, la population a réagi fortement face au changement, face à la menace sur le patrimoine bâti et face à la crainte d’une perte de qualité de vie. Densifier de manière qualitative devrait certes continuer d’être un objectif même s’il n’est pas aisé à atteindre en terrain déjà construit. Mais une autre piste doit être davantage prise en compte par les collectivités.

Augmenter l’offre en surfaces habitables passe en effet aussi par une meilleure utilisation des logements existants. Meilleure, soit évitant le gaspillage et adaptée aux besoins. Dans une vie, les besoins en surface habitable changent. Lorsque un ménage de cinq personnes passe à deux ou à un, il faudrait pouvoir changer de logement. Les appartements inexploités représentent d’ailleurs aussi un gâchis. Le plus grand frein à un changement est la difficulté à trouver un appartement au même prix, certains appartements ayant des loyers extrêmement bas lorsque les locataires n’ont pas changé depuis 30 ans. La collectivité doit favoriser une utilisation optimale du sol construit. A Berne, des bourses d’échange se sont mises en place pour favoriser l’échange d’appartements adaptés aux besoins. Il existe également en Suisse alémanique des coopératives qui adaptent le prix du logement au nombre de personnes l’occupant (Belegungsvorschriften). Ces types de coopératives ou modèles s’y apparentant pourraient aussi être encouragés par les autorités.

Par le présent postulat, je souhaite demander à la Municipalité d’étudier – au niveau de l’agglomération – les possibilités de la commune de favoriser une utilisation optimale des surfaces habitables.

Sophie Michaud Gigon