Intervention communale, Lausanne

Les passerelles de mobilité douce

INT 4 – Interpellation V. Beaud et crts « Intégration paysagère et environnementale des passerelles de mobilité douce »

Je commencerais par remercier la Municipalité pour ses réponses complètes et précises aux différentes questions que nous lui avions posées dans notre interpellation, co-signée par Mmes Zürcher, Knecht et Müller.

Je rappelle en préambule que les Verts soutiennent les mesures prévues dans le projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) et le Plan directeur communal (PDCom) pour renforcer le réseau de mobilité douce, qui devraient inciter habitants et usagers à recourir à ces modes de déplacement les plus durables, à l’impact sur l’environnement réduit, favorables au bien-être des individus et bons pour la santé.

La récente réalisation de la passerelle de mobilité douce de Maillefer, au travers du Bois-Mermet, a toutefois suscité de vives réactions, car elle a été accompagnée d’un défrichement dont l’ampleur en a choqué plus d’un, de même que le dimensionnement et le choix des matériaux, qui se rapprochent plus d’un pont routier que d’une passerelle, d’ailleurs régulièrement fréquentée par des motos et scooters dès son ouverture.

Plusieurs autres projets de passerelle de mobilité douce en milieu forestier étant en cours de développement sur le territoire lausannois, nous avons souhaité relever la problématique et poser quelques questions à la Municipalité, dans le but d’améliorer l’intégration paysagère et environnementale des futurs ouvrages.

Si la Municipalité justifie le gabarit de passage de la passerelle et le revêtement du sol, elle reconnaît toutefois au fil de ses réponses la pertinence de la problématique soulevée et que des enseignements seront tirés de l’expérience de la passerelle de Maillefer. Ainsi, à notre satisfaction, concernant la passerelle Bois-Gentil – En Bugnon, qui constituera le prolongement de la passerelle de Maillefer, la Municipalité précise que « il est possible d’adapter la statique de l’ouvrage en vue de limiter la largeur globale de l’objet, et de revoir le concept architectural de façon à donner un visage plus naturel au futur projet ». Elle mentionne également qu’ « une communication spécifique au développement de la future passerelle sera mise en œuvre», ce que nous saluons.

Un point nous déçoit toutefois dans la réponse de la Municipalité, le manque de considération donné au défrichement temporaire, comme si replanter des essences de petite taille pouvait remplacer la valeur paysagère et écologique d’une forêt composée de très vieux arbres (voir photo). Nous suggérons qu’à l’avenir, la limitation de l’emprise du défrichement soit un des critères de choix du projet. Les techniques constructives et la gestion du chantier doivent également permettre de limiter l’emprise du défrichement tant définitif que temporaire.

Enfin, sous forme de boutade, je ne peux résister au plaisir de vous montrer la plaque métallique qui a été posée cet automne à l’extrémité lausannoise de la passerelle. Si cet objet est plutôt sympathique, son contenu illustre bien ce que je disais, nous avons plus affaire à un pont routier qu’à une passerelle. En effet, cet œuvre place en son centre une représentation stylisée de la passerelle de Maillefer, puis dans différentes directions divers ponts situés aux quatre coins de la planète avec les distances qui les séparent de la passerelle de Maillefer. Elle est ainsi mise sur un pieds d’égalité avec des ponts tels que le Pont Chauderon ou le Pont de la Poya pour les plus proches, mais aussi le Golden Gate de St-Francisco (6 voies de circulation) ou le Pont du Bosphore à Istambul (8 voies routières). On aurait préféré des références à des passerelles de mobilité douce !

Ces précisions ayant été apportées, je remercie encore la Municipalité pour ses réponses et n’ai donc pas de résolution.

Valéry Beaud, le 13 décembre 2016