Intervention communale, Lausanne

Nous vivons les uns avec les autres : la solidarité doit primer !

Position des Verts dans le cadre du débat lié à l’interpellation urgente du 4 octobre 2016 intitulée « La Municipalité parraine-t-elle un hors la loi ? »

Sur fond de ce malheureux débat juridique, et suite à diverses prises de positions dans ce conseil, je souhaite réaffirmer les valeurs humanitaires en rappelant certains éléments qui ont été débattus dans notre Conseil.

Mais avant, je m’offusque de constater que le groupe même qui dépose l’interpellation, prêt à couper la tête de Monsieur Payot, le rejoint finalement sur ses valeurs humaines !

Expliquez-moi, Mesdames, Messieurs, le sens de votre démarche ?

Je reviens sur les valeurs humanitaires et les devoirs que nous avons, à Lausanne aussi, d’agir avec notre sens moral et surtout d’agir concrètement !

Ce que les Verts ont démontré à plusieurs reprises, dans ce Conseil, c’est que la Ville peut et doit agir en faveur d’une politique d’asile humaine et solidaire à son échelle !

Dans sa réponse à l’interpellation déposée par les Verts, intitulée : « Réfugiés : comment Lausanne fait face ? », la Municipalité relève les insuffisances des réponses politiques actuelles et les limites des accords Dublin, dont la révision doit être une priorité.

Certes il est possible de renvoyer la responsabilité aux échelons supérieurs, mais cela ne règle actuellement pas les situations d’urgences vécues, ici même à Lausanne.

Que faire ?

Pour mémoire et comme l’ont rappelé mes préopinants : un large soutien a été apporté par notre Conseil à la prise en considération du postulat de Pierre-Yves Oppikofer  : « Lausanne Ville refuge ! », postulat qui est actuellement en main de la Municipalité. Nous mettons beaucoup d’attentes dans la réponse qu’elle y donnera.

Je me réjouis donc de sa réponse et je me réjouis d’entendre que les initiants de l’interpellation urgente de ce soir, ainsi que d’autres groupes, rejoignent certaines des valeurs de gauche ou simplement des valeurs humaines et espère alors que la réponse de la Municipalité sera soutenue !

Que faire donc ? Au-delà de l’enceinte de notre Conseil et des combats d’idées qui font rage et nous divisent, nous devons nous entendre pour coordonner les actions.

Selon nous la Ville doit mieux informer, doit guider les personnes qui souhaitent venir en aide aux personnes migrantes.

Cela fait partie d’une demande déjà revendiquée par notre Conseil qui a voté la résolution que je rappelle ici « La Ville de Lausanne informe les Lausannois sur les mesures concrètes qu’ils peuvent prendre aider, accueillir des personnes migrantes »

Il apparaît donc indispensable de réitérer ce que les Verts appellent eux aussi aussi de leurs vœux à tous les niveaux politiques, à savoir un appel à la solidarité :

A Lausanne, il peut se concrétiser comme suit :

– s’associer au réseau des villes refuges, refusant ainsi la politique de fermeture pratiquée par de nombreux pays et réclamées par les représentants des tendances xénophobes de Suisse ;

– développer rapidement les capacités d’accueil de Lausanne, d’une part en ouvrant de nouvelles places d’hébergement directement sous sa responsabilité, et, d’autre part, en organisant l’accueil de réfugié-e-s chez des habitantes et habitants qui se déclarent disposés à le faire ;

– prendre toutes les dispositions utiles pour mettre en place une prise en charge décente des réfugiés (par des hébergements de qualité, un accès et une prise en charge des soins et par l’octroi de cours de langues, notamment), en collaboration avec les associations et les personnes intéressées ;

– assurer un logement aux mineurs qui ont obtenu le statut de réfugiés, en collaboration avec les associations et les personnes intéressées, notamment dans le milieu estudiantin ;

– soutenir la pratique actuelle du Canton, compétent en la matière, de ne pas user des mesures de contrainte contre les demandeurs d’asile ;

– faire pression sur le Canton pour que celui-ci organise un accueil digne pour les étrangers demandant l’asile, dans toutes les communes du Canton.

– dégager des ressources financières extraordinaires pour l’accueil des demandeurs d’asile.

Nous le savons, la Ville fait déjà beaucoup ! Mais elle doit aller plus loin !

De terribles drames se produisent à nos portes et dans notre pays. Ici à Lausanne, à l’endroit où nous vivons, nous devons garder les yeux ouverts et agir, par tous les moyens, pour venir en aide aux personnes qui en ont besoin.

Au niveau local, au niveau où nous vivons les uns avec les autres, la solidarité doit primer !
Séverine Evéquoz, co-présidente du groupe Les Verts