Intervention communale

Couper l’herbe sous les pieds des dealers

Intervention Rapport-préavis No 2015/66
Réponse de la Municipalité au postulat Hadrien Buclin et consorts : « Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes Villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! ».

Les Verts sont très attentifs à la santé publique et demandent de la cohérence dans la gestion de la problématique des addictions.

Aujourd’hui en Suisse, une dizaine de villes étudient sérieusement les possibilités de distribuer le cannabis et ses dérivés de manière légale et contrôlée. Ceci afin de lutter plus efficacement contre un marché libre hors de contrôle qui présente plusieurs défauts, dont celui d’alimenter des organisations criminelles et celui d’atteindre n’importe qui, y compris les enfants, en dehors de toute prévention.

Il n’y a rien de surprenant à ce que ce soit des villes qui étudient la question, car historiquement en Suisse, la gestion des problématiques liées à la drogue a toujours été d’abord abordée par les villes, avant toute législation fédérale. Ce point est important : les villes sont systématiquement confrontées en premier lieu ces problèmes et c’est elles et leurs habitants qui ressentent en premier le besoin d’agir de manière pragmatique et responsable.

Parmi cette dizaine de ville, Lausanne brille encore par son absence. Le postulat de M. Buclin est venu avec grande prudence inciter notre Ville à se joindre au mouvement. Nous sommes très satisfaits du rapport-préavis, lui aussi fort prudent, qui nous est présenté.

Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions permettant de lutter contre les effets négatifs du commerce illicite de cannabis. Mes préopinants les ont mentionnés : activités criminelles, impossibilité de faire de la prévention sur les points de vente, substances toxiques et taux de THC hors de contrôle. Ces solutions devront forcément, d’une manière ou d’une autre, offrir une alternative au commerce illégal. Autrement dit, le meilleur moyen de lutter contre les dealers de rue est bien de leur couper l’herbe sous les pieds !

Nous notons la position des auteurs du rapport de minorité. Les arguments présentés méritent que je les évoque. Quel signal voulons-nous envoyer à la jeunesse et aux parents ? Contrairement aux opposants, les Verts veulent donner un signal de responsabilité et de prise en main. Nous voulons que la ville montre qu’elle comprend la situation et qu’elle peut proposer une alternative réglementée, améliorant la sécurité des usagers et diminuant les nuisances du deal de rue. Au contraire, nous considérons que le signal consistant à dire qu’il faut continuer avec une recette sans résultat et renoncer à étudier toute possibilité d’améliorer la situation est un signal de défaite indigne de notre société.

La démarche décrite par ce préavis n’est pas inutile, dans la mesure où elle donne justement le signal de responsabilité que nous souhaitons et dans la mesure où elle contribue à activer un processus de réflexion des villes vers la Confédération, tel qu’il a toujours existé dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, avec la conviction que nous empruntons un chemin nécessaire avec la prudence requise, voire plus, et en faisant face à nos responsabilité dans l’intérêt du bien public, les Verts vous recommandent d’accepter ce rapport-préavis.

Vincent Rossi

Lausanne, le 6 septembre 2016