Intervention communale

Le développement durable de Lausanne

Intervention Préavis 2015/43

Ce rapport-préavis est important. Pas seulement parce qu’il s’agit en quelque sorte du dernier étage d’une fusée allumée il y a des lustres par notre Syndic Daniel Brélaz et qui met en orbite la stratégie du développement durable de la Ville de Lausanne. Mais parce que cette stratégie illustre, plus que tout, une vision caractéristique des Verts : une vision qui englobe le long terme, qui prend en compte les influences à l’échelle mondiale et qui vise les équilibres systémiques.

Vous le savez, les Verts ne font pas de la politique de court terme, ils pensent sur le temps long. Que ce soit lié aux enjeux énergétiques, particulièrement mis en avant dans ce préavis, ou liés à la fertilité du sol ou la respirabilité de l’air, ou encore lié au vivre-ensemble et au renouvellement de pratiques culturelles, nous estimons qu’il y a des sacrifices à ne pas faire pour garantir la qualité de vie de nos descendants.

Ainsi, ce rapport-préavis vient compléter un précédent préavis sur ce thème, le numéro 2012/03, Politique communale en matière de développement durable. A l’époque, ce Conseil avait accepté ce préavis mais refusé la réponse partielle au postulat Perrin et les Verts avaient demandé que la Ville nous présente une véritable stratégie énonçant 1) les défis clés relatifs au développement durable identifiés pour notre Ville, 2) les objectifs généraux que notre Muni veut se donner, 3) les indicateurs et outils de monitoring nécessaires et enfin 4) le déploiement dans l’administration pour la mise en œuvre.

Nous avons la satisfaction de voir le rapport-préavis d’aujourd’hui accompagné de riches annexes qui remplissent les trois premiers points que nous avions demandés. Le quatrième, la mise en œuvre, reste un peu flou mais est déjà en cours, comme le décrit la nouvelle réponse au postulat Perrin.

Enfin, ce préavis aborde deux thèmes liés au développement durable : les réponses aux postulats Mayor sur l’alimentation et Felli sur l’adaptation aux changements climatiques. Le fait que ces réponses soient inclues dans ce rapport-préavis tient de l’opportunité davantage que d’une pratique généralisable, car à ce moment pourquoi ne pas y mettre le tram, les chauffage à distance et les éoliennes ? Ces sujets sont également liés au développement durable. Peu importe, au fond, nous nous intéresserons au contenu de ces réponses en temps utile lors de la discussion.

Pour l’heure, je peux annoncer que notre groupe approuvera ce rapport-préavis et accordera une importance particulière aux annexes, qui ne doivent pas être considérées comme un décor mais comme un véritable héritage qui devra être porté par la prochaine Municipalité. C’est l’héritage d’un homme et de toute une équipe dont les Verts saluent ce soir le travail accompli.

Discussion Mayor

Les Verts sont très attentifs à la qualité de l’alimentation. D’une part nous sommes ce que nous mangeons. D’autre part nous pouvons consommer le produit de notre planète, mais il ne faut pas consommer notre planète elle-même. Ces notions méritent réflexion dans notre société du fast-food, de la course aux prix les plus bas, d’obésité infantile, des suicides paysans, de Cassis de Dijon, de déforestation, de lasagnes au cheval et de torture animale dans les abattoirs.

Avec ce regard, comment voyons-nous la réponse de la Municipalité au postulat Mayor ? Plutôt bien ! Le plan stratégique de restauration collective durable qui nous est proposé nous satisfait en grande partie et nous donne l’occasion, une fois encore, de saluer le travail accompli sur cet aspect de la durabilité.

Nous constatons cependant que la réponse qui nous est donnée ne mentionne pas, ou alors de manière trop indirecte, quelques points précis relevés par Mme Mayor : il s’agit de 1) la prévention envers les boissons sucrées, 2) la lutte contre le gaspillage de nourriture, 3) la réduction de l’utilisation des huiles issues de la déforestation, au premier rang desquelles on trouve l’huile de palme, et enfin 4) les efforts de conscientisation citoyenne par rapport à l’alimentation.

Nous allons néanmoins accepter la réponse et nous viendrons avec des propositions plus ciblées, si nécessaires, lors de la prochaine législature.

Discussion Felli

Les Verts déplorent le réchauffement climatique et demandent que des mesures soient prises afin de limiter ses conséquences néfastes. Par ailleurs, la notion de participation de la population est chère aux Verts. Il n’est cependant pas facile de voir comment ces deux notions peuvent être accordées pour répondre de manière satisfaisante au postulat de M. Felli. En tout cas, la réponse qui nous est donnée ne semble pas y parvenir.

Pourtant, nous aurions aimé avoir quelque chose de plus concret. Nous voyons deux axes majeurs prioritaires pour lutter contre les effets du réchauffement à notre échelle :

  • L’organisation de l’aide en cas de canicule ou de tempête, en faisant intervenir des acteurs locaux, les associations, les maisons de quartier, et pourquoi pas d’autres volontaires.
  • La végétalisation massive et l’élimination progressive des fours urbains, c’est à dire des lieux où les matériaux au sol et sur les parois, l’absence de verdure et de courants d’air se conjuguent pour former des poches particulièrement chaudes.

La réponse ne traite pas du premier point et ne montre pas de grande ambition sur le second. Au contraire, la Municipalité prévoit de détruire le dernier poumon vert du Flon pour y mettre une route, le barreau Vigie-Gonin, que nous avons toujours combattu. Et le projet de nouvelle Place de la gare ne comprenait à l’origine qu’environ 8 arbres en tout. Certes, ce projet va être amélioré sur cet aspect, mais il a au moins démontré que la végétalisation n’était pas un critère clé !

Laissons cet exemple et venons-en au fond : cette réponse ne nous donne pas l’impression que la Municipalité accorde assez d’importance aux enjeux considérés ici. Les Verts souhaitent savoir plus clairement comment Lausanne va appliquer les objectifs et actions décrits par l’OFEV dans les publications citées par la réponse. Nous ne serons donc, a priori, qu’une maigre majorité à accepter cette réponse.

Vincent Rossi, le 26 avril 2016