Intervention communale, Lausanne

Un plan de mobilité douce pour Lausanne durant les travaux

Profiter des travaux des AFTPU et de la gare pour lancer une campagne en faveur des modes de mobilité douce

Contexte

De grands chantiers sont prévus ces prochaines années à Lausanne, principalement liés à l’arrivée du tram et des bus à haut niveau de service (BHNS), dans le cadre de la réalisation des Axes forts de transports publics urbains (AFTPU), et à l’agrandissement de la gare de Lausanne (projet Léman 2030). Pendant les travaux, la capacité de la voirie sera, par endroit, fortement réduite et engendrera une réorganisation substantielle du réseau routier. Ceci affectera autant les transports individuels motorisés (TIM) que les transports publics (TP) et même la mobilité douce, piétonne et cycliste.

Malgré les efforts qui seront déployés par la Ville et les tl pour minimiser les impacts des travaux, une période relativement difficile va s’ouvrir pour les Lausannoises et Lausannois, en attendant l’inauguration des nouveaux moyens de transports. Un autre constat qui mérite d’être mentionné ici malgré sa banalité est qu’une personne se déplaçant en TP ou en mobilité douce consomme beaucoup moins de place sur la chaussée qu’une personne se déplaçant en TIM. Cela est vrai pour le déplacement et a fortiori encore
plus pour le parcage.

Vision politique

Forts de ces constats, il nous semble indispensable de garantir à la population l’accès dans de bonnes conditions au centre-ville lausannois durant les travaux en donnant une priorité accrue aux moyens de transports qui consomment le moins de place sur la chaussée. Cette priorité est formalisée dans la politique municipale¹ mais doit être appliquée à la mesure des enjeux liés
aux travaux à venir. Il est donc nécessaire d’obtenir un report modal significatif vers les TP et la mobilité douce durant les travaux afin d’éviter un engorgement qui paralyserait notre ville². Il est à noter qu’à l’issue des travaux, ces nouvelles habitudes de mobilité faciliteront la réalisation des objectifs du PALM, par exemple « la recomposition globale et cohérente du réseau routier au profit des
piétons et des vélos »³.
Les travaux doivent donc être perçus comme une opportunité historique de faire évoluer positivement et durablement les TP et la mobilité douce à Lausanne.

Demande

Le présent postulat demande que la Municipalité soutienne les efforts des tl pour maintenir une offre en TP attractive et efficace pendant les grands chantiers à venir et prenne des mesures exceptionnelles pour encourager le report modal et garantir la meilleure offre possible en cheminement de mobilité douce. Pour cela, il est proposé que la Municipalité étudie l’opportunité de:

1. Mettre en oeuvre des moyens importants pour informer les automobilistes lausannois et non-lausannois et les encourager à abandonner, tant que faire se peut, leur voiture pour utiliser d’autres modes de déplacement pendant les grands chantiers4. Ces moyens peuvent être:
1.1. Utiliser la presse, les médias, la signalétique urbaine pour expliquer la situation et pour
présenter et promouvoir des solutions comme l’autopartage et le covoiturage.
1.2. Intervenir directement auprès des autres communes vaudoises et auprès du Canton
pour qu’ils prennent des mesures qui sont de leur compétence (ex: P+Rail dans les
communes, aide financière du Canton, places de parc pour le covoiturage près des
entrées d’autoroute).
1.3. Intervenir auprès des entreprises se trouvant sur son territoire pour qu’elles
encouragent leurs employés à ne pas venir en voiture au travail, par exemple à travers
des plans de mobilité d’entreprises5.
2. Utiliser des instruments incitatifs dans le sens du report modal vers les TP et la mobilité
douce. Ces instruments peuvent être:
2.1. Itinéraires spéciaux et sécurisés réalisés pour la mobilité piétonne et cycliste.
2.2. Itinéraires spéciaux réservés – du moins à certaines heures critiques – aux TP.
2.3. Offre à conditions favorables de prêts-tests de vélos et vélos à assistance électrique.
2.4. Offre à conditions favorables de cours de conduite urbaine à vélo.
2.5. Offre à conditions favorables d’abonnements aux vélos en libre-service.
2.6. Offre à conditions favorables d’abonnements Mobilis à l’essai.
2.7. Ouverture et équipement de nouvelles places de parc vélo.
2.8. Aide technique aux entreprises pour l’établissement de plans de mobilité.
3. Prendre des mesures dissuasives par rapport aux TIM. Ces mesures peuvent être:
3.1. Modération du trafic sur certains axes, en particulier les axes pénétrants et sur les axes
principaux du centre-ville (par exemple par la réduction de la vitesse légale).
3.2. Usage des feux comme modération / retenue du flux de véhicules entrant en ville.
Vincent Rossi, le 20 mai 2014
¹Le plan directeur communal, adopté le 24 janvier 1996, entérine la hiérarchisation des modes de déplacements
dans l’ordre prioritaire dégressif suivant: piétons, transports collectifs, deux-roues légers, deux-roues et autres
transports individuels motorisés.
²Notons que la tendance au report modal des TIM vers les TP et la mobilité douce est un thème récurrent défendu
largement par les spécialistes du domaine. Un exemple est donné par le Professeur ETH Ulrich Weidmann dans le
Tages Anzeiger du 14 mars 2014.
³Le projet d’agglomération Lausanne-Morges
4 Voir les mesures prises lors des travaux sur le tunnel de Glyon.
5 Cf. Postulat Müller « Pour des entreprises écomobiles », 15.2.2011.