Aigle

Aigle : Opposition à la décision urgente de la Municipalité du 21 octobre 2019

Aigle, le 29 novembre 2019

A la Municipalité d’Aigle

Monsieur le Syndic,

Mesdames et Messieurs les Municipaux,

Le beau parc arborisé de Mon-Séjour comprend une dizaine de grands arbres remarquables, ce qui en fait un poumon vert à la valeur patrimoniale certaine, surtout lorsqu’on considère la Place de la gare, distante d’une centaine de mètres, mais qui est presque totalement dépourvue d’arbres, contrairement à ce que certains citoyens avaient souhaité lors de la transformation de la place.

La question de l’ouverture au public du parc Mon-Séjour a fait l’objet d’une pétition de M. Louis Goy, qui, après déposition, a fait l’objet d’une commission formée en nov. 2003, et dont je faisais partie. Ladite commission tardant à se réunir et à élaborer ses conclusions, j’ai exprimé en 2005 par écrit ma position au sein d’icelle, qui se résume comme suit :

  • Oui à une zone réservée aux petits enfants de la garderie
  • Oui à une ouverture au public au moins pendant le jour, sur au moins la moitié de la surface du parc arborisé
  • Pourquoi ne pas réserver une zone tampon destinée aux athlètes de l’UCI, entre le public et les enfants de la garderie ?

Le rapport final rédigé par le rapporteur M. Y. Prêtre a été publié le 18 mai 2006. Il reprend en principe les trois souhaits précités et insiste sur la valeur patrimoniale du parc. Après votation au sein du CC, la Municipalité a inclus le parc dans une étude plus globale des parcs arborés aiglons, ce qui est une façon de « noyer le poisson », puisque rien n’a bougé à Mon-Séjour depuis lors.

Il est alors d’autant plus curieux que notre Municipalité tire soudainement le signal d’alarme et réclame l’abattage urgent de trois grands arbres sains. La présence des travaux voisins pour le futur giratoire a pu jouer comme déclic, mais n’est en aucune façon un justificatif.

Les trois arbres incriminés sont là depuis plus de 50 ans et n’ont causé aucune nuisance et aucun accident à ma connaissance. Si des branches sont jugées dangereuses, on peut les tailler sans qu’il soit nécessaire d’abattre l’arbre entier.

Un mot au sujet du mur bordant le parc, qui serait poussé par les racines desdits arbres. Plutôt que d’abattre un ou plusieurs arbres, il existe d’autres solutions : aménager une section de mur « flottante » qui ne soit pas menacée par les racines ; ou modifier le mur afin qu’il entoure par derrière ces arbres ; ou enfin abattre le mur dans la perspective d’ouvrir le parc au public, conformément aux dires même du syndic.

Cela fait donc aussi plus de 50 ans que les rails de l’AL ne sont pas menacés par les racines évoquées. Ceci est à mettre en perspective avec l’enlèvement de l’AL de la rue de la Gare, qui devrait intervenir d’ici une dizaine d’années – ou moins, selon l’urgence accordée à cette transformation urbanistique de notre bonne ville d’Aigle.

Mon opposition se fonde aussi sur un paradoxe : d’une part la hâte panique de cette menace d’abattage, et de l’autre, la lenteur de l’avance du dossier « enlèvement de l’AL de la rue de la Gare ». C’est une forme de double langage, ou de double rythme de planification qui sont choquants.

En résumé, mon opposition est soutenue par deux arguments :

  • La valeur patrimoniale incontestable du parc considéré dans son ensemble, et qui comme tel devrait dans les meilleurs délais profiter à toute la population aiglonne.
  • La possibilité de remplacer un abattage pur et simple par une taille là où c’est nécessaire, ainsi qu’une action sur le mur, selon les variantes évoquées plus haut.

Jean-Marc Aubert