Communiqué 2019

Pour que la langue des signes soit officiellement reconnue

Les Vert∙e∙s vaudois∙es déposent aujourd’hui au Parlement vaudois par la plume de Léonore Porchet une initiative parlementaire demandant la reconnaissance officielle de la langue des signes dans la Constitution de notre canton. Ce serait en effet un signe fort pour les sourd∙e∙s vaudois∙es en faveur de leur inclusion et de leur reconnaissance comme citoyennes et citoyens à part entière. Après Genève et Zurich, il est temps pour le Canton de Vaud de faire ce pas lui aussi.

La Langue des Signes Française (LSF) est la langue maternelle des personnes sourdes et malentendantes dans le canton de Vaud et en Suisse romande. Sa pratique et son soutien sont indispensables à l’inclusion professionnelle et sociale des personnes sourdes. Elle devrait ainsi davantage être promue et intégrée, en particulier dans le contexte de la formation scolaire et professionnelle et préscolaire.

Pourtant, le recours à des interprètes de la langue des signes est régulièrement menacé par diverses mesures d’économie, quand il est même proposé car, la plupart du temps, cette langue reste la grande absente de l’offre technique des formations et rencontres officielles. Cela a notamment pour conséquence une sous-représentation des personnes sourdes dans les gymnases et les universités.

Alors que la Confédération a été interpellée en 1994 déjà, le Conseil fédéral précisait que, bien que le droit à la langue des signes soit ancré dans la loi suisse sur l’élimination des inégalités, il revenait aux cantons d’agir en la matière et de décider des modes de promotion de cette langue et culture à part entière. Elle est ainsi officiellement reconnue depuis par le canton de Genève ainsi que celui de Zurich.

Les Vert∙e∙s vaudois∙es demandent donc aujourd’hui par voie d’initiative parlementaire que le canton de Vaud emboîte le pas des cantons reconnaissant déjà officiellement la langue des signes et ajoute un nouvel alinéa 3 à l’actuel article 61 de notre Constitution cantonale (Intégration des personnes handicapées), précisant que :

(1)         La langue des signes française est reconnue.

(2)        Les personnes malentendantes, sourdes ou privées de l’usage de la parole ont le droit de recourir à la langue des signes française dans leurs relations avec les administrations et services relevant de l’Etat.

Cette modification permettra de donner enfin une vraie place à la culture et à la langue des signes et d’offrir désormais une base légale qui permette de mettre en place une politique plus volontariste en faveur de l’inclusion des personnes sourdes.