Interventions parlementaires

Pour un plan d’action global, coordonné et pluridisciplinaire face au trafic de rue et à l’addiction aux stupéfiants

Motion

À lire les nombreuses prises de position de ces derniers jours, notamment de la part des deux plus grands partis de ce canton, en matière de trafic de rue et de renforcement cantonal de la politique des 4 piliers en matière de drogue (prévention, répression, thérapie et réduction des risques), il semble indispensable de s’assurer que soit mis en place une approche coordonnée et interdisciplinaire sur cette problématique.

En effet, cette dernière implique directement ou indirectement plusieurs départements (DIS, DFJC, DSAS et DEIS), l’ensemble de la chaîne pénale, les communes, les milieux de la santé, de la prévention et des addictions. Si l’on en croit le nouveau président de la Conférence des directeurs des départements de justice et police (CCDJP), ce sujet doit aussi être débattu sur la scène intercantonale afin d’aboutir à des solutions cohérentes et satisfaisante en la matière. Si la CCDJP pouvait s’en saisir, nous pourrions souhaiter qu’il en soit de même pour la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) et la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). Le cadre légal fédéral est aussi pointé du doigt, que ce soit pour la dureté des peines ou pour la réglementation du marché du cannabis.

Ainsi, pour éviter un risque réel d’éparpillement des forces et des approches, les signataires de cette motion appellent à la mise en place d’un plan d’action global et coordonné à l’échelle du canton, en partenariat avec les autres cantons. Car au-delà des mesures de renforcement de la répression par les forces de l’ordre de quartiers dans telle ou telle ville, et afin d’éviter un simple jeu du chat et de la souris entre les communes du canton, voire des cantons limitrophes, il faut prévoir des mesures sur le long terme qui touchent tant l’offre que la demande de stupéfiants.

Par le biais de cette motion, les signataires demandent au Conseil d’Etat la mise en place d’un plan d’action global, coordonné et pluridisciplinaire afin d’empoigner le phénomène du trafic de rue et la problématique de l’addiction aux stupéfiants sur le court, moyen et long terme.

Vassilis Venizelos

Interventions parlementaires

Doit-on se faire de la bile pour les médecines complémentaires au CHUV ?

Interpellation

En janvier 2018, suite au départ du Dr Pierre-Yves Rodondi, responsable du centre de médecine intégrative et complémentaires du CHUV (CEMIC), le Conseil d’Etat Pierre-Yves Maillard a répondu à deux questions orales, l’une concernant l’enseignement et l’autre le calendrier pour la suite de la gestion du CEMIC. Près de 7 mois après la communication de départ du docteur Rodondi, l’annonce pour le poste vient seulement d’être publiée. Or, elle soulève de nombreuses inquiétudes sur le profil de la personne recherchée.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, la direction du CEMIC n’est pas spécifiquement attribuée à un médecin chef. Or le statut de médecin chef est indispensable sur le plan décisionnel et pour attirer un candidat de haut rang (un médecin adjoint ne peut que seconder les décisions d’un médecin chef).

Le poste est ouvert aux médecins spécialistes en médecine interne ou en anesthésie. Or, on peut se demander pourquoi l’anesthésie, discipline tout de même très spécialisée et centrée sur la douleur a été choisie et pas d’autres spécialités.

Le poste est ouvert uniquement aux spécialistes en acupuncture ou en hypnose. De plus, le cahier des charges mentionne l’activité d’hypnose à de nombreuses reprises. Or, contrairement à d’autres spécialités non mentionnées, l’hypnose ne fait pas formellement partie des médecines complémentaires sur le plan fédéral et la formation d’un-e candidat-e potentiel-le dans d’autres spécialités de médecine complémentaire n’est pas possible selon le cahier des charges. Enfin, l’hypnose est déjà fortement développée au CHUV. En ouvrant le poste plus largement, on s’assurerait un plus grand nombre de postulations et certainement de pouvoir répondre aux développements futurs du CEMIC.

À nos yeux, la possibilité pour le CEMIC d’attirer une personnalité de haut vol sont affaiblies avec cette annonce. Par ailleurs, la médecine complémentaire ne se réduit pas à la prise en charge de la douleur, pour laquelle il existe déjà un centre spécialisé au CHUV. Ceci met à mal la qualité des soins en médecine complémentaire que pourra dispenser le CHUV, ainsi que les potentiels futurs développements.

Nous pensions également être rassurés par les réponses données au sujet de l’enseignement aux étudiants en médecine qui ne devait pas s’interrompre, mais il semblerait que 36 des 42 périodes annuelles de cours seront supprimées pendant la prochaine année académique 2018-2019. On peut dès lors s’inquiéter du décalage entre ce qui est transmis aux députés et ce qui se passe dans la réalité.

Il semblerait de plus que la Faculté de Biologie et Médecine n’a pas soumis le descriptif du poste concernant la future chaire de médecine complémentaire à la commission des médecines complémentaires, commission officielle du CHUV et de la FBM. Cette commission, composée notamment de plusieurs professeurs du CHUV et de représentants du domaine des médecines complémentaires est la seule instance qui suit le dossier des médecines complémentaires au CHUV depuis 2010. Elle n’aurait d’ailleurs pas non plus été sollicitée pour discuter de la diminution drastique du nombre d’heures d’enseignement. On peut se demander dès lors si le rôle de supervision du CEMIC par la commission des médecines complémentaires pendant cette période intérimaire, tel que cela a été annoncé aux députés le 16 janvier 2018, est bien réel ou s’il s’agit d’un alibi. Cette évolution du CEMIC donne plutôt le sentiment d’une rupture que de la continuité par rapport à ce qui a été mis en place depuis 2009 par la commission des médecines complémentaires.

  • Compte tenu de ces différents constats inquiétants, j’ai l’honneur de poser au Conseil d’Etat les questions suivantes :
  • Comment le descriptif du poste pour la future chaire de médecine complémentaire tient-il compte des recommandations de la commission des médecines complémentaires faites en janvier 2018 ? Quel regard la commission des médecines complémentaires a-t-elle ensuite eu sur le descriptif final ?
  • Comment le Conseil d’Etat répond-t-il aux inquiétudes soulevées par le contenu final de l’annonce, énumérées aux points a. b. et c. ?
  • Est-ce bien juste que le cours à option sur les médecines complémentaires a été supprimé pour la prochaine année académique ? Si c’est le cas, comment le Conseil d’Etat justifie-t-il cette décision ?
  • Y a-t-il eu d’autres changements en ce qui concerne les activités du CEMIC depuis le départ du Dr Rodondi ?
  • En particulier, des prestations auprès des patients ont-elles été modifiées, réduites, voire supprimées ?
  • De quelle manière la commission des médecines complémentaires a-t-elle été sollicitée pour donner son avis sur les décisions récentes concernant le CEMIC?
  • Comment le rôle de ladite commission peut-il être renforcé dans un rôle décisionnel, notamment dans cette période de transition, pour toute modification des activités du CEMIC, avec un suivi par le Conseil d’Etat ?
  • Quel est le calendrier, y compris sur le plan financier, du développement des médecines complémentaires au CHUV, conformément à l’annonce de son inclusion dans le plan stratégique du CHUV ?

Léonore Porchet

Actes Verts

Actes Verts n° 48 – Soins dentaires : le PLR et l’UDC plombent le débat

Les Vaudois voteront le 4 mars 2018 sur l’initiative pour le remboursement des soins dentaires. Déposée en 2014, l’initiative est soutenue par les Verts, le PS, Ensemble à Gauche, Vaud libre et le PDC. Le texte prévoit une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base pour tous les Vaudois, sans distinction. Le financement des mesures sera assuré par un prélèvement analogue à celui de l’AVS.

Au départ, il était prévu que les Vaudois se prononcent dans le même temps sur un contre-projet concocté par le Conseil d’Etat. Le texte du gouvernement prévoyait de financer 50% des soins dentaires des enfants, hors orthodontie, ainsi qu’une aide pour les adultes, lorsque la facture dépasse 3% du revenu net. Ces aides auraient été financées par un prélèvement sur les salaires (part employés uniquement) et par la création d’une taxe sur les boissons sucrées.

Durant dix séances de commission qui se sont déployées sur deux législatures, le contre-projet du Conseil d’Etat a été raboté. Au final, le texte, vidé de sa substance de façon particulièrement laborieuse et maladroite par le PLR et l’UDC, prévoyait un soutien uniquement pour les « jeunes » (exit les personnes âgées et en situation de handicap !). Le mode de financement n’a quant à lui jamais été précisé par les promoteurs du sabotage.

Après quelques tentatives de construction d’un compromis en plenum, et plusieurs heures d’un débat verrouillé par des postures dogmatiques teintées de mauvaise foi, le PLR et l’UDC ont finalement décidé de rejeter le contre-projet remanié qu’ils semblaient vouloir opposer à l’initiative !

En refusant leur propre texte, les groupes politiques majoritaires au Grand Conseil ont non seulement démontré qu’ils ne voulaient pas renforcer l’accès aux soins dentaires des Vaudois, ils ont aussi donné un signal inquiétant pour les travaux parlementaires à venir.

Le temps des débats riches et ouverts qui permettaient souvent de déboucher sur des solutions équilibrées semble révolu. Sans doute frustrée de ne pas avoir déboulonné la majorité gouvernementale en place, l’alliance «PLR-UDC» a décidé de plomber l’ambiance parlementaire en posant un verrou dogmatique sur tous les dossiers. Cette posture fermée n’augure rien de bon pour la suite. Le groupe des Verts continuera malgré tout à travailler avec l’ensemble des partenaires politiques pour construire des compromis lorsque cela est possible.

Sur ce dossier, nous nous battrons pour convaincre la population de la nécessité de mettre en place un système de remboursement des soins dentaires en expliquant, en écoutant et en échangeant sur les enjeux de l’initiative. Car comme disait Pierre Dac, «quand on a un mal de dents, il faut le mettre dehors» … dehors d’un parlement qui ne sait plus débattre.

Vassilis Venizelos

Interventions parlementaires

Comment se portent les jeunes LGBT vaudois-es ?

Interpellation

En novembre 2017, l’IUMSP (Institut universitaire de médecine sociale et préventive) publiait une enquête populationnelle sur la victimisation et la délinquance chez les jeunes des cantons de Vaud et Zurich. Sur financement de l’association VoGay, l’IUMSP a extrait des données de cette enquête permettant de répondre à cette question : les jeunes non exclusivement hétérosexuel-le-s sont-ils une population davantage exposée?

L’enquête, menée auprès de 2500 élèves vaudois 11ème HarmoS (env. 15 ans), intégre pour la première fois une seule et unique question concernant l’orientation sexuelle des élèves. À partir de cette information, l’IUMSP a découvert des chiffres très inquiétants sur l’exposition à la violence des jeunes LGBT. Par exemple, 8,7% d’entre eux ont été victimes de violences sexuelles contre 2,7% des élèves exclusivement hétérosexuel-le-s et 18,1% ont été victimes de harcèlement, contre 4,2%. Leur état de santé est tout autant préoccupant, avec des inquiétudes importantes concernant la dépression, les risques de suicide et la consommation de drogue.

Cette étude est la seule étude vaudoise menée en population générale s’intéressant à l’orientation sexuelle. Grâce à cette large « banque de donnée », elle a permis de mener des analyses approfondies sur les minorités sexuelles et leur qualité de vie.

Une enquête de victimisation et de délinquance a été menée auprès des jeunes de 17ans en 2017. Cette étude comprend plusieurs questions permettant de mesurer l’orientation sexuelle et ajoute une question sur l’identité de genre, permettant ainsi de prendre en compte les jeunes transexuel-le-s. Le rapport suivant cette étude est prévu pour mars 2018.

Considérant ces faits, la soussignée à l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  • Le Conseil d’Etat a-t-il connaissance du résultat de cette étude ?
  • Comment le Conseil d’Etat juge-t-il les résultats de cette étude ?
  • Considérant les inquiétudes que peuvent susciter les résultats de cette étude, le Conseil d’Etat a-t-il prévu de mettre en place des actions ?
  • Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
  • Le Conseil d’Etat envisage-t-il de soutenir l’association VoGay de manière plus importante afin qu’elle puisse intensifier son action de prévention et de médiation, mais aussi poursuivre ses efforts d’analyse ?

Léonore Porchet

Interventions parlementaires

Réseaux de santé: le Grand Conseil se doit de clarifier la situation

Postulat

Réseaux de santé, le Grand Conseil se doit de clarifier la situation pour l’avenir de tous nos concitoyens, clients potentiels aux soins à domicile !

Les réseaux de soins procèdent actuellement à la validation de leurs budgets 2018. Les assemblées intercommunales ont pris connaissance des différents points en attente de décision suite à la présentation de l’avant-projet sur les réseaux de soins à domicile.

Des instructions ont été données, pour que le 30 juin 2018, les directeurs d’offices régionaux puissent mettre en place des mesures allant dans nous semble-t-il, le sens de l’avant-projet mis en consultation en février 2017.

Sans reprendre le contenu complet de cet avant-projet, il nous semble important que le Grand Conseil puisse prendre ses responsabilités de législateur en temps voulu. Ce dernier se doit peut-être d’avoir une ligne cohérente. Le Conseil d’Etat attend, peut-être, un signal fort en dépassant les querelles des intervenants du système. Le but recherché par l’avant-projet n’est pas contesté. Personne n’ose déclarer que le maintien le plus tardif possible de la population à domicile et non dans les établissements hospitaliers, est une aberration crasse. Les réponses aux différentes motions Wyssa et autres, permettront de démontrer leurs avantages sur le plan psychologique et du point de vue financier sur la facture sociale.

L’uniformisation des prestations indépendamment du lieu de domicile est logique. Son effet contribue à la diminution de la facture sociale. Le problème de cette politique de soins à domicile réside par le fait que dans la pratique le canton pilote, impose et définit les standards. Il demande l’avis des communes mais celles – ci ne sont qu’un office de validation avec presque aucun pouvoir. Par contre, le mode de financement est totalement inadapté à la réalité de nos concitoyens. Les soins à domicile sont une anticipation aux soins hospitaliers et ils doivent être financés par les mêmes règles et méthodes de calculs.

Après les différentes réponses obtenues en période de consultation, il s’avère que c’est notamment le principe de financement qui fasse peur à tous.

Pour exemple, comment justifier que le contribuable vaudois, doit assurer sa prestation financière aux soins à domicile par une ponction de son impôt allant de 0.5 point d’impôt jusqu’à 6 points d’impôt en fonction de son lieu de domicile.

Nous estimons que le Grand Conseil devrait accompagner les acteurs locaux dans la définition d’un système de financement solidaire, qui pourrait être par exemple aligné sur le système CANTONAL des soins généraux hospitaliers à la population.

Pour atteindre les objectifs essentiels pour le financement de notre système de santé et respecter la volonté de maîtriser les coûts de la santé, nous avons l’honneur de demander au Conseil d’Etat d’étudier :

  • les effets d’une répartition des coûts des réseaux de santé en adéquation avec la LPIC,
  • les effets d’un report financier complet des charges des réseaux de santé au niveau cantonal.

Didier Lohri

Interventions parlementaires

Crop circles dans les champs électromagnétiques

Question

De plus en plus de personnes modifient leur mode de vie en expliquant qu’elles ne supportent plus les champs électromagnétiques.

Leur hypersensibilité les amène à changer de logement, d’emploi, de mode de transport, à s’équiper de vêtements constituant une cage de Faraday pour pouvoir sortir de chez eux. Aujourd’hui, il n’existe pas assez d’habitations ou de postes de travail adaptés à cette problématique. Ces gens se retrouvent dès lors rapidement au chômage, puis en fin de droit, et doivent chercher seuls des solutions pour un semblant de vie confortable et pour contrer leurs douleurs. De surcroît, ce problème n’étant pas reconnu par les assurances maladies, ces personnes sont de plus en plus démunies et isolées.

Pourtant ce phénomène reste peu connu et, lorsque la presse relate la croissance du développement des antennes relais et les problèmes de santé y relatifs, elle évoque le manque d’études et de données sur ce sujet.

Ainsi, j’ai l’honneur de poser la simple question suivante au Conseil d’État :

  • Quelles sont les études menées concernant la problématique du syndrome d’hypersensibilité aux champs électromagnétiques dans le canton de Vaud et leurs conclusions ?

Sabine Glauser

Interventions parlementaires

Les hommes, des pères à part entière

Résolution

Considérant que les questions liées à la procréation médicalement assistée, à la santé des nouveaux nés et des jeunes patients n’est pas du seul ressort des femmes, le Grand Conseil vaudois demande au Conseil d’Etat d’intervenir auprès de la direction du CHUV pour l’inviter à reconsidérer le nom du département consacré à la prise en charge médicale en gynécologie, obstétrique, néonatologie et pédiatrie afin que sa nomenclature intègre le fait que les hommes sont également impliqués dans les décisions qui concernent leur enfant ou futur enfant.

Céline Ehrwein

Interventions parlementaires

Mise à mal d’un système institutionnel, écartelé entre exigences et moyens

Interpellation

Dans les années quatre-vingt, la grande majorité des personnes ayant une déficience intellectuelle et/ou atteintes de troubles psychiques étaient prises en charge en établissements psychiatriques. Dans les établissement socio-éducatifs (ESE), et afin de gérer au mieux les cas les plus complexes, il était possible d’actionner des mesures de contrainte (p. ex. enfermement).

Au début des années 2000, la mise en avant de la dignité des personnes et du droit de chacun-e à l’autodétermination, une prise de conscience collective, l’application des Droits des personnes handicapées, de nouvelles recommandations et une nouvelle législation (LAIH 2003) ont abouti à l’abandon bienvenu des mesures de contraintes et des placements non désirés des personnes handicapées mentales vieillissantes eninstitution psycho-gériatrique.

10 ans plus tard, le Conseil d’Etat adoptait le plan stratégique handicap 2011. Celui-ci demandait la création d’alternatives à l’institutionnel. Le DCIS-H (Dispositif cantonal d’indication et de suivi pour les personnes en situation de handicap), a ainsi été créé dans le but d’améliorer l’information aux familles et l’aide à la recherche de solutions de placement que ce soit en institution ou en milieu alternatif. Parallèlement naissait également le projet RAHMO (Réseau d’accompagnement du handicap en milieu ordinaire) dont la visée était le maintien ou le retour en milieu ordinaire. Ces mesures ont eu pour effet de libérer un certain nombre de places en institutions.

Ces évolutions sont globalement positives. Elles s’accompagnent cependant également de nouveaux défis et ceux-ci n’ont peut-être pas été suffisamment anticipés.

Si de plus en plus de personnes avec autonomie sont sorties des milieux institutionnels, elles ont été remplacées par des personnes aux pathologies mentales et psychiatriques complexes. De plus, la population des ESE est aussi en moyenne devenue plus âgée et les situations à gérer sont devenues compliquées, demandant un accompagnement quasi continu. Le vieillissement implique aussi une augmentation des pathologies et des troubles liés à l’âge avancé.

Le renoncement au mesures de contraintes oblige à trouver d’autres moyens pour gérer l’agressivité, la violence etc. qui va nécessairement de pair avec ce type de handicap. Sans oublier que cette agitation et surtout l’agressivité peut se retourner non seulement envers les éducateur-trices, mais aussi envers les autres résidents qui deviennent des victimes de leurs colocataires.

En résumé, le niveau des demandes augmente de toute part, la mise en regard des problématiques et des exigences débouche sur le constat que les ESE ne disposent plus des moyens suffisants pour atteindre les objectifs fixés. S’il y a risque pour les résidents, ceci aggrave également le risque que les accompagnants abandonnent face à la pénibilité du travail. On constate un essoufflement général, une augmentation des burn out du personnel qui s’oriente souvent vers des postes moins astreignants.
A travers ces constats, je pose les questions suivantes au Conseil d’Etat et le remercie d’avance pour ses réponses :

  • Vu le nombre toujours plus important de cas complexes et de ce fait d’une demande importante d’éducateur-trices spécialisées pour l’accompagnement de ces personnes, le Conseil d’Etat compte-t-il mettre au point un instrument d’évaluation de l’intensité des prestations et de la dotation nécessaire à l’atteinte des objectifs fixés ?
  • Si le personnel accompagnant des ESE suit des formations continues en lien avec l’évolution des connaissances et pratiques dans l’accompagnement de personnes en situation complexe, le Conseil d’Etat compte-t-il demander aux écoles pour éducateur-trices, d’améliorer la formation de base en donnant davantage d’outils pour s’adapter à ces nouvelles donnes que sont l’accompagnement des cas avec problèmes psychiatriques, ainsi que les soins de base et les actes médicaux délégués.
  • Au vu de la montée des demandes en soins aussi bien somatiques que psychiatriques dans les ESE, le Conseil d’Etat ne pense-t-il pas qu’une réflexion devrait avoir lieu afin d’analyser si une transformation de certains lieux de vie en lieux thérapeutiques, ne permettrait pas d’améliorer la vie dans les ESE ?
  • Afin de reconnaître les exigences élevées et la pénibilité du travail du personnel accompagnant des ESE, il serait indispensable de mieux le valoriser. Le Conseil d’Etat pense-t-il revoir la grille salariale en adaptant les salaires au niveau de ceux des cantons du Valais, Fribourg ou Genève ?

Catherine Roulet

Interventions parlementaires

Truc et trucage, les voitures vaudoises volages?

Interpellation

Depuis « l’affaire Volkswagen » appelée aussi « dieselgate » aux Etats-Unis, rares sont les semaines durant lesquelles de nouvelles révélations au sujet de la fraude de constructeurs automobiles ne font pas la une des médias. Après Fiat-Chrysler, c’était au tour de Renault, puis de PSA (Citroën) et d’autres d’être soupçonnés, voire accusés, de tricher avec les règles permettant de mesurer les émissions d’oxyde d’azote (NO x ) ou encore de dioxyde de carbone (CO 2 ) qui s’avéraient être régulièrement sous-évaluées.

En ne pratiquant pas les tests en grandeur réelle, mais dans des conditions spéciales, les constructeurs sont arrivés à biaiser les résultats grâce à des logiciels placés dans les véhicules. Ces logiciels permettent de fausser les résultats lorsque les tests sont effectués hors des conditions de conduite normale, autrement dit sur des « bancs d’essai » ou en laboratoire en vue de l’homologation (technique dite du « préconditionnement »).

Cette façon de frauder les règles d’émissions de substances nuisibles ne pose pas seulement un problème légal, mais évidemment aussi un problème environnemental et de santé publique. Surtout que le parc suisse de véhicules à moteur ne cesse de croître (plus de 5,9 millions), en général, et que le nombre de voitures à moteur diesel ne cesse d’augmenter, en particulier (Suisse : 39.3% en 2016).

De ce fait, alors que dans sa communication du 17 mars dernier, le BIC annonce les effets en apparence bénéfique des mesures prônant l’utilisation des véhicules peu polluants (moins de 120g de CO 2 ), notamment sous forme de rabais sur la taxe annuelle, il est légitime de se demander dans quelle mesure cette tendance tient compte des émissions effectives des véhicules en circulation dans le canton de Vaud, plus spécifiquement des voitures à moteur diesel.

Au vu de ce qui précède, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  • Comment le canton a-t-il réagi aux possibles trucages des émissions d’oxyde d’azote (NOx) ou encore de dioxyde de carbone (CO2) par les constructeurs automobiles incriminés ou d’autres?
  • De quelle manière le canton s’est-il servi des études de l’International Council on Clean transportation (ICCT) étasunien ou du Joint Research Center (JRC) européen pour revoir ou adapter ses normes?
  • Quelles ont été les mesures concrètes prises par le service des automobiles et de la navigation (SAN) suite aux divers scandales révélés par les médias?
  • Quels moyens de contrôle conséquents et accrus des émissions des différents véhicules, notamment des véhicules à moteur diesel, ont été mis en place depuis septembre 2015?
  • Le SAN s’est-il donné les moyens de contrôler les taux d’émission des véhicules en situation réelle d’utilisation et non seulement sur un « banc d’essai »?
  • Dans le cas des véhicules à moteur diesel, a-t-il pris des mesures relatives aux rabais (75%) sur la taxe annuelle? Compte-t-il le faire en cas de problèmes?

Dans l’optique d’une clarification des différents points énumérés ci-dessus, je remercie par avance le Conseil d’Etat de l’attention qu’il portera à cet objet, ainsi que des suites rapides qu’il lui donnera.

Felix Stürner

Interventions parlementaires

Pour en finir avec les distributeurs de boissons sucrées dans les écoles

Interpellation

Pour en finir avec les distributeurs de boissons sucrée et encas sucrés et gras dans les écoles, ceci afin de préserver la santé des enfants et adolescents.

En 2011, par une motion transformée en postulat, je demandais la suppression des distributeurs de boissons sucrées et encas sucrés et gras dans les écoles vaudoises, afin de préserver la santé des enfants et des adolescent-e-s, tant du point de vue de l’augmentation de l’obésité que de la santé dentaire.

En réponse à cette demande, le Conseil d’Etat, avait privilégié l’établissement d’une directive visant à lutter contre la prolifération des distributeurs, plutôt que de les interdire ce qui aurait eu l’avantage d’envoyer un signe plus clair aux différents établissements scolaires.

Suite à cette directive, entre 2010 et 2015, le nombre total des distributeurs dans le canton, a pourtant augmenté en passant de 103 à 109. Mais l’analyse par secteur montre néanmoins une diminution dans l’enseignement obligatoire, de – 10 (sur 18) avec tout de même 3 nouveaux appareils, ce qui prouve bien que sans interdiction, la diminution ne sera que passagère. Si le contenu semble s’être amélioré pour quelques appareils, on trouve encore trop de produits gras et/ou sucrés.

(Inventaire fait par l’Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire)

A l’heure où l’impact des snacks et des boissons sucrées sur la santé des enfants n’est plus à prouver, et surtout au moment où le Conseil d’Etat va nous présenter un EMPL sur la prévention en matière de santé bucco-dentaire et sur la prise en charge des frais dentaires. Une phrase sortie de cet EMPL nous incite à penser que ces appareils n’ont vraiment rien à faire dans les écoles et qu’il serait cohérent de les supprimer définitivement : « Quant à la prévention pendant la scolarité obligatoire, celle-ci doit être maintenue dans la mesure où l’école reste naturellement le lieu le plus efficace pour véhiculer des messages de prévention auprès de l’ensemble des enfants ».

Ainsi, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  • Au vu de cet EMPL, contre-projet à l’initiative dentaire, et de ses positions sur la prévention pour éviter les problèmes dentaires, le Conseil d’Etat a-t-il l’intention d’exiger la suppression définitive des distributeurs de boissons sucrées dans les écoles vaudoises, obligatoires comme post obligatoires ?
  • Le Conseil d’Etat pourrait-il envisager de les faire remplacer par des appareils réfrigérés qui contiendraient des fruits et légumes frais, ainsi que des bouteilles d’eau ?
  • Quelles démarches le Conseil d’Etat envisage-t-il de mettre en œuvre pour sensibiliser les communes, propriétaires des bâtiments scolaires, à la problématique ?

Catherine Roulet