Interventions parlementaires

La mort c’est tabou, on en viendra tous à bout

Postulat

Parce qu’elle fait peur, la mort reste un tabou puissant : difficile de préparer ou même de parler de notre propre mort ou de celle de nos proches. Pourtant, elle reste une préoccupation importante, qui revient tout au long de nos vies et de plus en plus pressante alors que vient l’âge. En effet, la mort est la seule certitude que nous ayons dans la vie.

Au-delà des convictions, croyances et espérances personnelles, la fin de vie a des conséquences importantes sur la santé publique, notre système sanitaire et les finances publiques. Malheureusement, le tabou qui entoure la mort empêche encore aujourd’hui d’aborder frontalement et efficacement des problèmes publics véritablement existentiels.

À titre d’exemple, alors que 69% des Vaudois-es ont déjà réfléchi aux conditions de leur fin de vie, seuls 16% ont rédigé des directives anticipées (25% pour les 55 ans et plus)1. Ils laissent ainsi bien trop souvent, le moment venu, la lourde responsabilité aux soignants et à leurs proches de prendre des décisions médicales dans le flou ou l’émotion. Plus préoccupant encore, dans 1 cas sur 4, les décisions applicables à la fin de vie d’une personne capable de discernement n’ont jamais été discutées avec elle2. Le risque est alors grand d’ignorer la volonté de la personne en fin de vie ou de l’exposer à des souffrances inutiles ou même à un acharnement thérapeutique.

Par ailleurs, 72% des Vaudois-es souhaitent mourir chez eux, à la maison3. Pourtant, ils ne sont qu’une minorité à voir cette demande réalisée. On meurt la majeure partie du temps à l’hôpital ou en EMS, seul. Et même lorsque les proches aidants se mobilisent pour permettre le décès à la maison, le processus est très compliqué.

La question de la mort rencontre encore d’autres enjeux, parmi lesquels les soins palliatifs, le suicide, les placements à des fins d’assistance, la décision de fin de vie, le droit de représentation des proches, l’accompagnement des personnes en deuil, la surmédicalisation des personnes âgées, le soutien du personnel soignant face au décès de patients, etc. Autant de sujets fondamentaux que des Assises pourraient aborder afin d’améliorer de manière ouverte, progressiste et concertée la prise en charge de la fin de vie dans notre canton.

En réponse à ces préoccupations, les soussigné-e-s ont l’honneur de demander au Conseil d’Etat d’établir un rapport sur les différentes manières d’améliorer la prise en charge de la fin de vie dans le Canton. Ils proposent pour ce faire l’organisation d’Assises consacrées à la mort, ou tout autre événement offrant les mêmes conditions de rencontre, d’échange et de co-construction de solutions à trouver urgemment, parce que mourir dans la paix et la dignité fait partie de la qualité de vie.

Léonore Porchet

1 Étude BASS, 2017
2 Etudes PNR 67, 2017
3 Étude BASS, 2009

Communiqué 2018, Votation

Une regrettable brèche ouverte dans la protection de la sphère privée

Votation fédérale du 25 novembre 2018

Les Verts vaudois prennent acte de l’acceptation, par les Vaudoises et les Vaudois, de la nouvelle base légale pour la surveillance des assurés et du rejet de l’initiative« vaches à cornes ». Ils saluent, par contre, le rejet de l’énième provocation de l’UDC.

NON à l’initiative de l’UDC

Les Verts vaudois saluent le vote de la population vaudoise, et suisse, face à cette énième provocation de l’UDC. Elles ne se sont pas laissé tromper par le titre mensonger et les arguments fallacieux et ont fait confiance à notre système actuel, meilleur garant de nos droits et de nos libertés les plus fondamentales. Notre pays est déjà maître de sa destinée et l’a clairement réaffirmé en ce dimanche.

OUI à la surveillance des assurés

Les Verts vaudois regrettent la brèche ouverte ce jour vers une intrusion toujours croissante dans l’intimité et la vie privée des citoyennes et citoyens de notre pays. La latitude d’interprétation laissée dans la formulation de cette nouvelle basel égale fait craindre la multiplication des accusations infondées, qui engendreront de longs combats pour les personnes mises en cause injustement et ne disposant pas de moyens équivalents pour se défendre. Il faudra suivre cela de près et réfléchir à des appuis possibles pour garantir un traitement et une défense équitables aux personnes injustement soupçonnées.  Il est regrettable que les plus démunis soient ainsi encore plus stigmatisés alors que les exilés fiscaux continuent, eux, à bénéficier d’une quasi-impunité. Le curseur est de toute évidence déréglé et les Verts espèrent que les prochaines élections fédérales d’octobre 2019 permettront de rééquilibrer la composition du Parlement et, ainsi, de réorganiser les priorités en matière de poursuites et de récupération des fonds qui devraient revenir aux contribuables.

NON aux vaches à cornes

Les Verts regrettent le refus par les Vaudoises et les Vaudois de l’initiative « vaches à cornes » qui, sans contraindre toutes les éleveuses et tous les éleveurs à la même pratique, aurait toutefois permis à celles et ceux qui conservent un cheptel de chèvres et vaches à cornes de bénéficier d’aides ciblées supplémentaires pour couvrir les frais plus importants liés à cette pratique.En effet, dans ce cas une stabulation libre des bêtes et une attention supplémentaire accordée à leurs déplacements s’avèrent nécessaires. Les Verts aurait souhaité qu’un signal soit donné ce dimanche en faveur de modes d’élevage pratiqués dans le respect des animaux.

Interventions parlementaires

Le club des 5G à la conquête du canton de Vaud

Interpellation

Les rayonnements non ionisants (RNI) ont, selon toujours plus d’études, un impact négatif sur la santé. Bien qu’encore mal connus, ils doivent être soumis au principe de précaution, car ils constituent déjà aujourd’hui, un grand problème de santé publique. En septembre 2017, plus de 170 scientifiques issus de 37 pays ont ainsi demandé un moratoire sur la mise en route de la 5G, tant que les risques ne sont pas clairement établis par des études indépendantes. Ils estiment que, vu l’évolution actuelle des technologies, « L’inaction représente un coût pour la société », se basant notamment sur l’étude la plus importante, du National Toxicology Program (NTP), qui a coûté 25 millions de dollars américains, mais aussi sur un nombre important de rapports scientifiques.

Il se pourrait même que les douleurs présentes dans certaines maladies chroniques, comme la sclérose en plaques ou la fibromyalgie, empirent lors d’une exposition aux RNI intense.

Aujourd’hui, la législation fédérale prévoit, pour les antennes émettrices de téléphonie mobile des grands opérateurs, des valeurs limites à ne pas dépasser, calculées en fonction de l’intensité du champ électrique dans les lieux à utilisation sensible (LUS : écoles, hôpitaux, bureaux et places de jeux) les plus exposés par l’antenne (max. 4 à 6 V/m en fonction de la fréquence d’émission). Ces valeurs, calculées pour les émissions d’une antenne à la fois, ne tiennent pas compte de l’effet cumulatif de plusieurs antennes, ni des émissions générées par les WLAN (wifi et autres appareils « connectés »). Il est alors nécessaire de mesurer l’intensité totale, pour avoir une vision réelle de l’exposition et donc d’un danger pour la santé à long terme.

Des entreprises plus petites cherchent, elles aussi, à étendre la couverture de leur réseau mobile. Dans un premier temps, elle utilisaient le wifi des consommateurs pour couvrir les rues avoisinantes, le consommateur ayant l’interdiction d’éteindre son wifi, par exemple durant la nuit, comme il est conseillé pour pouvoir profiter d’un sommeil régénérateur. Aujourd’hui, les routeurs contiennent deux wifis distincts : un privé, que le consommateur peut éteindre, selon son souhait, mais aussi un autre servant d’antenne relai, sur lequel le consommateur n’a aucune d’emprise. Souvent, le consommateur se sent rassuré à tort, parce qu’il ignore la présence de ce deuxième émetteur.

Échapper aux RNI est un vrai casse-tête auquel sont particulièrement confrontées toutes les personnes souffrant du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM, aussi appelé électrohypersensibilité – EHS). Les transports publics, les hôpitaux, les (super)marchés sont des véritables lieux de torture, car ils provoquent de nombreux symptômes dont maux de tête, troubles de la vision, hypertension, dépression,… Ces personnes sont à la recherche de zones blanches, où elles pourraient échapper aux rayonnements artificiels sans se couper du champ électromagnétique terrestre. Le maintien et la création de telles zones sont indispensables maintenant. Les personnes atteintes du SICEM pourraient y trouver des conditions favorables à la reprise d’une activité professionnelle, d’une vie sociale, d’un cadre où accéder à des services comme des soins médicaux. En plus, comme le mentionne la Doctoresse Edith Steiner, gérante du service conseil des Médecins en faveur de l’environnement (MfE), soutenus par l’OFEV pour une étude de l’évolution du SICEM, pour que la recherche soit constructive dans ce domaine « il faudrait réaliser des études de cas avec des patients chez lesquels les champs électromagnétiques jouent manifestement un rôle : que se passe-t-il lorsque ces personnes ne sont plus exposées aux champs électromagnétiques durant un certain temps ou y sont au contraire exposées en permanence ? ». La recherche a besoin de zones blanches, parce qu’il ne s’agit vraisemblablement pas d’effets à court terme, et que les tests d’exposition de courte durée effectués à des fins statistiques ne sont pas appropriés. Ces lieux pourraient également contribuer à la recherche sur le SICEM, comme étant un potentiel symptôme de la sclérose en plaques ou de la fibromyalgie.

Ainsi, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

1. Quelle politique le Conseil d’État compte-t-il mettre en place afin de limiter la prolifération des antennes lors de la mise en place de la 5G ?

2. À quelle fréquence et dans quelles circonstances l’État effectue-t-il des mesures d’intensité de champs électromagnétiques totaux pour déterminer l’exposition réelle aux RNI ?

3. Comment l’État pourrait-il faire de la prévention active afin d’éviter une exposition excessive et prolongée aux RNI (utilisation appropriée d’outils connectés, mode avion durant la nuit, câblage des appareils chez soi,…) ?

4. Existe-t-il une réglementation concernant l’installation de wifis-relais chez des particuliers ? Si oui, que prévoit-t-elle pour assurer une information claire des consommateurs et leur protection ?

5. Dans quelles mesures l’État prévoit-il de maintenir ou de créer des zones blanches pour les personnes présentant un SICEM et pour répondre aux besoins de la recherche médicale ?

D’avance, je remercie le Conseil d’État pour ses réponses.

Sabine Glauser Krug

Quelques chiffres :

5 % de la population suisse déclarait souffrir de l’électrosmog, selon une enquête représentative menée par l’OFEV en 2004.

Selon l’OFEV, le volume des données transmises par le réseau de téléphonie mobile était, en 2015, 210 fois celui de 2008.

4’500’000 µW/m2 (41 V/m) est la densité de flux de puissance (intensité de champ électrique) pour le GSM 900 MHz soutenue par l’OMS, la valeur de référence en Europe, et en Suisse dans les lieux de séjour momentané (LSM).

42’000 µW/m² (4 V/m) est la valeur maximale de densité (intensité) dans les lieux à utilisation sensible (LUV) tenant compte des émissions d’une seule station de base.

1’000 µW/m² (0,6 V/m) étaient les valeurs recommandées par le Land de Salzbourg, en 1998.

1 µW/m² (0,02 V/m) pour l’intérieur des bâtiments, 10 µW/m² (0,06 V/m) pour l’extérieur, sont les valeurs recommandées par Salzbourg, en 2002, suite à une nouvelle évaluation.

0,1 µW/m² (0,006 V/m) est la valeur à partir de laquelle apparaissent les symptômes chez une personne souffrant du SICEM

0,000’005 µW/m² correspond au rayonnement naturel total (terrestre et cosmique)

(les chiffres qui ne proviennent pas de l’OFEV sont tirés d’une publication de l’association ARA – www.alerte.ch)

Interventions parlementaires

Quel statut pour les médecines complémentaires dans le Canton de Vaud ?

Question orale

Cet été, le sujet des médecines complémentaires a fait la une de l’actualité, malheureusement pour de mauvaises raisons. En effet, un praticien prétendait, sur son site internet, pouvoir soigner l’homosexualité. Si ce cas est surtout un exemple, il a mis au jour un problème plus systémique en Suisse et particulièrement dans le canton de Vaud. Dans notre canton, il n’y a pas de cadre légal clair au sujet des médecines complémentaires. Un rapport de 2016 déjà de Institut universitaire de médecine sociale et préventive – IUMSP, du Centre d’évaluation et d’expertise en santé publique – CEESAN et du Centre de médecine intégrative et complémentaire – CEMIC a fait un état de la situation des médecines complémentaires dans le canton et a proposé des pistes de réflexions pour une meilleure réglementation de l’exercice de ces médecines. En effet, selon le rapport, le recours à ces modes thérapeutiques par les vaudoises et les vaudois est important, et une certaine intervention de l’État, notamment quant à la transparence sur les formations dont disposent les praticiens ou pour la prévention de certains abus, serait pertinente.

Ma question est simple : quelles suites ont été données à ce rapport de 2016 et quelles pistes de réflexions ont été lancées ?

Rebecca Joly

Interventions parlementaires

Statut pour les proches aidants

Question orale

Côtoyant depuis plusieurs années des personnes exerçant la fonction de proche aidant, ce sujet devient un thème porteur pour les élections fédérales 2019. Chacun y va de sa petite proposition. La dernière en date concerne évidemment la possibilité de réduction fiscale pour le proche aidant.

Cette proposition fait fi de la réelle problématique des proches aidants. L’aspect pécuniaire n’est pas déterminant. Devenir proche aidant s’inscrit dans une démarche humaniste. Il est fortement lié aux sentiments et à l’empathie envers autrui.

Ce dont le proche aidant a réellement besoin c’est une reconnaissance lorsqu’une hospitalisation d’un membre de sa famille s’effectue.

Avant d’être défiscalisé, il faudrait donner un droit au proche aidant d’accompagner le patient dans un hôpital et de l’intégrer à l’équipe soignante car il est bien placé pour connaître les besoins spécifiques du malade. Un gain de temps est réalisé et diminue le nombre d’examens préalables à l’hôpital.

Je vous rappelle qu’il y a dans notre canton 80000 proches aidants, et que leur engagement
économise 30000 places en EMS.

Permettez-moi de questionner le Conseil d’Etat sur la possibilité qu’il lui est ou serait offert de légaliser ou d’instaurer un statut du proche aidant permettant d’être reconnu comme faisant partie de l’équipe de soins du patient dans tous les hôpitaux ou lieux de soins vaudois et non uniquement à certains endroits ?

En remerciant le Conseil d’Etat de son écoute et de sa réponse.

Didier Lohri

Interventions parlementaires

Signalement d’urgence d’un proche aidant

Question orale

Plusieurs proches aidants reconnaissent le travail important qui a été fait par le Canton pour faire admettre leurs tâches essentielles auprès de leur épouse, conjoint ou parents dans les hôpitaux,
homes ou autres lieux de résidence.

Le fascicule, remis à vos places ce matin, vous sensibilise encore plus aux différentes péripéties narrées par un proche aidant ; Monsieur Kislig. Je ne peux pas m’empêcher de signaler l’impact
financier colossal pour les citoyens vaudois que représente cette dévotion à son parent. La fondation de la Côte a institué une carte d’urgence pour le proche aidant. Une étape supplémentaire, pour la reconnaissance des proches aidants, serait d’étendre cette carte d’urgence qui signale qu’une personne est à domicile et requiert du secours, en cas d’accident à l’extérieur du proche aidant, tel quel fonctionne dans le district.

Permettez-moi de demander si le Conseil d’Etat peut légaliser, officialiser, instaurer ou déléguer aux CMS la distribution la carte d’urgence pour tous les proches aidants du canton, signalant qu’une personne est à son domicile et nécessite de l’aide ?

En remerciant le Conseil d’Etat de sa réponse.

Didier Lohri

Interventions parlementaires

Pour un plan d’action global, coordonné et pluridisciplinaire face au trafic de rue et à l’addiction aux stupéfiants

Motion

À lire les nombreuses prises de position de ces derniers jours, notamment de la part des deux plus grands partis de ce canton, en matière de trafic de rue et de renforcement cantonal de la politique des 4 piliers en matière de drogue (prévention, répression, thérapie et réduction des risques), il semble indispensable de s’assurer que soit mis en place une approche coordonnée et interdisciplinaire sur cette problématique.

En effet, cette dernière implique directement ou indirectement plusieurs départements (DIS, DFJC, DSAS et DEIS), l’ensemble de la chaîne pénale, les communes, les milieux de la santé, de la prévention et des addictions. Si l’on en croit le nouveau président de la Conférence des directeurs des départements de justice et police (CCDJP), ce sujet doit aussi être débattu sur la scène intercantonale afin d’aboutir à des solutions cohérentes et satisfaisante en la matière. Si la CCDJP pouvait s’en saisir, nous pourrions souhaiter qu’il en soit de même pour la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) et la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). Le cadre légal fédéral est aussi pointé du doigt, que ce soit pour la dureté des peines ou pour la réglementation du marché du cannabis.

Ainsi, pour éviter un risque réel d’éparpillement des forces et des approches, les signataires de cette motion appellent à la mise en place d’un plan d’action global et coordonné à l’échelle du canton, en partenariat avec les autres cantons. Car au-delà des mesures de renforcement de la répression par les forces de l’ordre de quartiers dans telle ou telle ville, et afin d’éviter un simple jeu du chat et de la souris entre les communes du canton, voire des cantons limitrophes, il faut prévoir des mesures sur le long terme qui touchent tant l’offre que la demande de stupéfiants.

Par le biais de cette motion, les signataires demandent au Conseil d’Etat la mise en place d’un plan d’action global, coordonné et pluridisciplinaire afin d’empoigner le phénomène du trafic de rue et la problématique de l’addiction aux stupéfiants sur le court, moyen et long terme.

Vassilis Venizelos

Interventions parlementaires

Doit-on se faire de la bile pour les médecines complémentaires au CHUV ?

Interpellation

En janvier 2018, suite au départ du Dr Pierre-Yves Rodondi, responsable du centre de médecine intégrative et complémentaires du CHUV (CEMIC), le Conseil d’Etat Pierre-Yves Maillard a répondu à deux questions orales, l’une concernant l’enseignement et l’autre le calendrier pour la suite de la gestion du CEMIC. Près de 7 mois après la communication de départ du docteur Rodondi, l’annonce pour le poste vient seulement d’être publiée. Or, elle soulève de nombreuses inquiétudes sur le profil de la personne recherchée.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, la direction du CEMIC n’est pas spécifiquement attribuée à un médecin chef. Or le statut de médecin chef est indispensable sur le plan décisionnel et pour attirer un candidat de haut rang (un médecin adjoint ne peut que seconder les décisions d’un médecin chef).

Le poste est ouvert aux médecins spécialistes en médecine interne ou en anesthésie. Or, on peut se demander pourquoi l’anesthésie, discipline tout de même très spécialisée et centrée sur la douleur a été choisie et pas d’autres spécialités.

Le poste est ouvert uniquement aux spécialistes en acupuncture ou en hypnose. De plus, le cahier des charges mentionne l’activité d’hypnose à de nombreuses reprises. Or, contrairement à d’autres spécialités non mentionnées, l’hypnose ne fait pas formellement partie des médecines complémentaires sur le plan fédéral et la formation d’un-e candidat-e potentiel-le dans d’autres spécialités de médecine complémentaire n’est pas possible selon le cahier des charges. Enfin, l’hypnose est déjà fortement développée au CHUV. En ouvrant le poste plus largement, on s’assurerait un plus grand nombre de postulations et certainement de pouvoir répondre aux développements futurs du CEMIC.

À nos yeux, la possibilité pour le CEMIC d’attirer une personnalité de haut vol sont affaiblies avec cette annonce. Par ailleurs, la médecine complémentaire ne se réduit pas à la prise en charge de la douleur, pour laquelle il existe déjà un centre spécialisé au CHUV. Ceci met à mal la qualité des soins en médecine complémentaire que pourra dispenser le CHUV, ainsi que les potentiels futurs développements.

Nous pensions également être rassurés par les réponses données au sujet de l’enseignement aux étudiants en médecine qui ne devait pas s’interrompre, mais il semblerait que 36 des 42 périodes annuelles de cours seront supprimées pendant la prochaine année académique 2018-2019. On peut dès lors s’inquiéter du décalage entre ce qui est transmis aux députés et ce qui se passe dans la réalité.

Il semblerait de plus que la Faculté de Biologie et Médecine n’a pas soumis le descriptif du poste concernant la future chaire de médecine complémentaire à la commission des médecines complémentaires, commission officielle du CHUV et de la FBM. Cette commission, composée notamment de plusieurs professeurs du CHUV et de représentants du domaine des médecines complémentaires est la seule instance qui suit le dossier des médecines complémentaires au CHUV depuis 2010. Elle n’aurait d’ailleurs pas non plus été sollicitée pour discuter de la diminution drastique du nombre d’heures d’enseignement. On peut se demander dès lors si le rôle de supervision du CEMIC par la commission des médecines complémentaires pendant cette période intérimaire, tel que cela a été annoncé aux députés le 16 janvier 2018, est bien réel ou s’il s’agit d’un alibi. Cette évolution du CEMIC donne plutôt le sentiment d’une rupture que de la continuité par rapport à ce qui a été mis en place depuis 2009 par la commission des médecines complémentaires.

  • Compte tenu de ces différents constats inquiétants, j’ai l’honneur de poser au Conseil d’Etat les questions suivantes :
  • Comment le descriptif du poste pour la future chaire de médecine complémentaire tient-il compte des recommandations de la commission des médecines complémentaires faites en janvier 2018 ? Quel regard la commission des médecines complémentaires a-t-elle ensuite eu sur le descriptif final ?
  • Comment le Conseil d’Etat répond-t-il aux inquiétudes soulevées par le contenu final de l’annonce, énumérées aux points a. b. et c. ?
  • Est-ce bien juste que le cours à option sur les médecines complémentaires a été supprimé pour la prochaine année académique ? Si c’est le cas, comment le Conseil d’Etat justifie-t-il cette décision ?
  • Y a-t-il eu d’autres changements en ce qui concerne les activités du CEMIC depuis le départ du Dr Rodondi ?
  • En particulier, des prestations auprès des patients ont-elles été modifiées, réduites, voire supprimées ?
  • De quelle manière la commission des médecines complémentaires a-t-elle été sollicitée pour donner son avis sur les décisions récentes concernant le CEMIC?
  • Comment le rôle de ladite commission peut-il être renforcé dans un rôle décisionnel, notamment dans cette période de transition, pour toute modification des activités du CEMIC, avec un suivi par le Conseil d’Etat ?
  • Quel est le calendrier, y compris sur le plan financier, du développement des médecines complémentaires au CHUV, conformément à l’annonce de son inclusion dans le plan stratégique du CHUV ?

Léonore Porchet

Actes Verts

Actes Verts n° 48 – Soins dentaires : le PLR et l’UDC plombent le débat

Les Vaudois voteront le 4 mars 2018 sur l’initiative pour le remboursement des soins dentaires. Déposée en 2014, l’initiative est soutenue par les Verts, le PS, Ensemble à Gauche, Vaud libre et le PDC. Le texte prévoit une assurance obligatoire pour les soins dentaires de base pour tous les Vaudois, sans distinction. Le financement des mesures sera assuré par un prélèvement analogue à celui de l’AVS.

Au départ, il était prévu que les Vaudois se prononcent dans le même temps sur un contre-projet concocté par le Conseil d’Etat. Le texte du gouvernement prévoyait de financer 50% des soins dentaires des enfants, hors orthodontie, ainsi qu’une aide pour les adultes, lorsque la facture dépasse 3% du revenu net. Ces aides auraient été financées par un prélèvement sur les salaires (part employés uniquement) et par la création d’une taxe sur les boissons sucrées.

Durant dix séances de commission qui se sont déployées sur deux législatures, le contre-projet du Conseil d’Etat a été raboté. Au final, le texte, vidé de sa substance de façon particulièrement laborieuse et maladroite par le PLR et l’UDC, prévoyait un soutien uniquement pour les « jeunes » (exit les personnes âgées et en situation de handicap !). Le mode de financement n’a quant à lui jamais été précisé par les promoteurs du sabotage.

Après quelques tentatives de construction d’un compromis en plenum, et plusieurs heures d’un débat verrouillé par des postures dogmatiques teintées de mauvaise foi, le PLR et l’UDC ont finalement décidé de rejeter le contre-projet remanié qu’ils semblaient vouloir opposer à l’initiative !

En refusant leur propre texte, les groupes politiques majoritaires au Grand Conseil ont non seulement démontré qu’ils ne voulaient pas renforcer l’accès aux soins dentaires des Vaudois, ils ont aussi donné un signal inquiétant pour les travaux parlementaires à venir.

Le temps des débats riches et ouverts qui permettaient souvent de déboucher sur des solutions équilibrées semble révolu. Sans doute frustrée de ne pas avoir déboulonné la majorité gouvernementale en place, l’alliance «PLR-UDC» a décidé de plomber l’ambiance parlementaire en posant un verrou dogmatique sur tous les dossiers. Cette posture fermée n’augure rien de bon pour la suite. Le groupe des Verts continuera malgré tout à travailler avec l’ensemble des partenaires politiques pour construire des compromis lorsque cela est possible.

Sur ce dossier, nous nous battrons pour convaincre la population de la nécessité de mettre en place un système de remboursement des soins dentaires en expliquant, en écoutant et en échangeant sur les enjeux de l’initiative. Car comme disait Pierre Dac, «quand on a un mal de dents, il faut le mettre dehors» … dehors d’un parlement qui ne sait plus débattre.

Vassilis Venizelos

Interventions parlementaires

Comment se portent les jeunes LGBT vaudois-es ?

Interpellation

En novembre 2017, l’IUMSP (Institut universitaire de médecine sociale et préventive) publiait une enquête populationnelle sur la victimisation et la délinquance chez les jeunes des cantons de Vaud et Zurich. Sur financement de l’association VoGay, l’IUMSP a extrait des données de cette enquête permettant de répondre à cette question : les jeunes non exclusivement hétérosexuel-le-s sont-ils une population davantage exposée?

L’enquête, menée auprès de 2500 élèves vaudois 11ème HarmoS (env. 15 ans), intégre pour la première fois une seule et unique question concernant l’orientation sexuelle des élèves. À partir de cette information, l’IUMSP a découvert des chiffres très inquiétants sur l’exposition à la violence des jeunes LGBT. Par exemple, 8,7% d’entre eux ont été victimes de violences sexuelles contre 2,7% des élèves exclusivement hétérosexuel-le-s et 18,1% ont été victimes de harcèlement, contre 4,2%. Leur état de santé est tout autant préoccupant, avec des inquiétudes importantes concernant la dépression, les risques de suicide et la consommation de drogue.

Cette étude est la seule étude vaudoise menée en population générale s’intéressant à l’orientation sexuelle. Grâce à cette large « banque de donnée », elle a permis de mener des analyses approfondies sur les minorités sexuelles et leur qualité de vie.

Une enquête de victimisation et de délinquance a été menée auprès des jeunes de 17ans en 2017. Cette étude comprend plusieurs questions permettant de mesurer l’orientation sexuelle et ajoute une question sur l’identité de genre, permettant ainsi de prendre en compte les jeunes transexuel-le-s. Le rapport suivant cette étude est prévu pour mars 2018.

Considérant ces faits, la soussignée à l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  • Le Conseil d’Etat a-t-il connaissance du résultat de cette étude ?
  • Comment le Conseil d’Etat juge-t-il les résultats de cette étude ?
  • Considérant les inquiétudes que peuvent susciter les résultats de cette étude, le Conseil d’Etat a-t-il prévu de mettre en place des actions ?
  • Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
  • Le Conseil d’Etat envisage-t-il de soutenir l’association VoGay de manière plus importante afin qu’elle puisse intensifier son action de prévention et de médiation, mais aussi poursuivre ses efforts d’analyse ?

Léonore Porchet