Communiqué 2020, Votation

Des positionnements clairs en faveur de l’environnement

L’assemblée générale des Vert∙e∙s vaudois∙es réunie ce soir a validé un papier de position sur la gratuité des transports en commun. La gratuité totale partout et pout toutes et tous est une fausse bonne idée tant elle engendre plus d’inconvénients qu’elle ne règle de problèmes. C’est par d’autres mesures et politiques publiques que l’on construit une mobilité respectueuse de l’environnement et des personnes.

La manière dont nous nous déplaçons est depuis toujours au cœur de la réflexion et de l’engagement des Vert∙e∙s. Qualité de l’air, émissions de CO₂ ou encore aménagement du territoire et urbanisme, les secteurs et domaines impactés par les transports et la mobilité sont nombreux et directement liés à notre qualité de vie. Il s’agit également d’un secteur clé de la lutte contre la crise climatique. Cette crise étant de plus en plus marquée, il devenait urgent pour les Vert∙e∙s de se positionner sur un thème de plus en plus à la mode alors que la mobilité automobile ne cesse de s’accroître : la gratuité des transports publics.

Si une action résolue pour réduire l’impact des transports en particuliers individuels, sur l’environnement et l’utilisation du sol est impérative, la gratuité totale pour toutes et tous et partout des transports en commun s’avère une fausse bonne idée pour les Vert∙e∙s.

En effet,
– les transports ont un coût. Celui des transports en commun est en Suisse de 13 milliards de francs par année (assumée à 40% par les usagères et usagers). Il faudrait donc dégager plusieurs milliards supplémentaires par année en introduisant la gratuité totale.
– Le coût n’est que l’une des variables de choix du moyen de transport. La rapidité, le confort et la fréquence de desserte priment lors de ce choix. La gratuité totale ne garantit donc pas un report modal important vers ce mode de déplacement.
– Enfin, la gratuité totale peut donner l’illusion d’une mobilité illimitée et élude les nombreux problèmes liés à nos déplacements (pollution, aménagement du territoire). Une vraie politique verte vise à réduire les besoins en transports, et non à inciter aux déplacements.

Plutôt qu’une gratuité générale et totale, les Vert∙e∙s s’engagent plutôt pour :
– Une réduction des coûts des transports en commun, via par exemple le développement de billets « dégriffés », un moratoire sur les augmentations de tarifs ou encore des tarifs avantageux et incitatifs (voir gratuits) pour certaines catégories de la population (personnes âgées, jeunes etc.)
– Une politique fiscale qui ne pénalise pas celles et ceux qui décident de se passer de leur voiture pour les trajets pendulaires, avec un plafonnement des sommes déductibles fiscalement pour les trajets à hauteur du prix d’un abonnement général CFF.
– Un développement ambitieux des transports en commun via des investissements dans le réseau et une augmentation de l’offre dans les régions urbaines comme dans celles plus périphériques.
–  Une bonne connectivité entre les modes de mobilité douce (pistes cyclables, supports vélos, trottoirs et passages), le car sharing et les transports publics.
–  Un développement des aménagements et des services pour les personnes à mobilité réduite (bancs aux arrêts, limitation des seuils, cours spécifiques, espaces réservés).
– Un aménagement du territoire et un urbanisme qui réduisent la place dévolue aux TIMS, par exemple en supprimant progressivement les places de parc au profit d’espaces verts et d’aménagements profitant à l’ensemble de la population.
– Des mesures visant à réduire les besoins accrus en mobilité, par exemple en favorisant, sous certaines conditions, le télétravail et via un aménagement du territoire qui rapproche les individus de leurs lieux de travail, d’achats ou de loisirs, ou également par la prise en compte réfléchie des avantages pouvant découler d’une tarification intelligente de la mobilité en faveur des transports publics. »

Election complémentaire au Conseil d’Etat vaudois

En outre, après auditions de Toto Morand, Jean-Marc Vandel du Parti Pirate et une représentante de la grève du climat, l’assemblée a décidé de soutenir la candidature à l’élection complémentaire au Conseil d’Etat vaudois de la Grève du climat, représentée par Juliette Vernier.

Ce soutien idéel repose sur ce que cette candidature défend une société plus respectueuse de l’environnement et de l’humain et qu’elle participe à mettre sur le devant de la scène politique la question climatique. Tant que le mouvement de la grève du climat restera non-violent et qu’il continuera à se mobiliser pacifiquement pour faire entendre la voix de ces milliers de jeunes hommes et femmes qui veulent vivre dans une Planète à l’environnement préservé, il pourra compter sur le soutien des Vert·e·s !

Communiqué 2019

Biodiversité : il y a urgence à agir

Les Verts vaudois, réunis ce soir en assemblée générale extraordinaire, ont adopté un papier de position sur l’urgence d’agir en faveur de la biodiversité. Ce texte rappelle les valeurs vertes en la matière mais précise surtout les objectifs et les actions qu’il s’agit désormais urgemment de mettre en œuvre pour tenter d’enrayer les pertes en biodiversité croissantes. Ce document servira désormais de base aux futures actions entreprises, par les Verts, dans les conseils communaux, au Grand conseil et au Parlement fédéral.

Lorsqu’il est question de protéger la planète, c’est avant tout notre existence-même qu’il s’agit de sauvegarder. Les êtres humains dépendent en effet de la nature, et des espèces qui y vivent, pour leur survie. Pourtant, nous leur portons rarement l’attention qu’elles méritent. Ainsi, aujourd’hui, la moitié des habitats et un tiers des espèces sont menacés. Les populations animales et végétales indigènes ont drastiquement chuté en 20 ans à peine. Les insectes, et avec eux les oiseaux, disparaissent. Si la biodiversité est le fruit d’une évolution de millions d’années et constitue le patrimoine naturel dont nous sommes responsables sur un plan éthique et moral, sa dégradation s’est accélérée au cours des dernières années. Et le dérèglement climatique augmente encore la pression sur les populations déjà fragilisées.

Il y a donc urgence à agir pour empêcher un effondrement des écosystèmes, et de notre société qui en dépend. Pourtant, la conservation de la biodiversité ne représente encore aucune priorité dans les agendas politiques. Les bases légales existent, mais rien ne se fait. En témoigne l’initiative « Sauvez la Venoge ! » qui, bien qu’acceptée par le peuple en 1990, commence à peine à être mise en œuvre.

Il faut que cela change ! Si la préservation de la biodiversité a toujours été importante pour les Verts, elle constitue aujourd’hui une priorité absolue. Nous ne pouvons plus vivre aux dépens de la nature, mais devons passer à des politiques actives en sa faveur. Ainsi, les Verts demandent que chaque programme, plan ou projet à tous les niveaux et dans tous les secteurs comprenne désormais une évaluation de son impact sur la biodiversité et lui consacre un certain pourcentage du budget et de l’espace, en vue de la renforcer.

Dans le papier de position adopté ce soir en assemblée générale, les Verts vaudois définissent six axes d’action (Plan d’action biodiversité cantonal ; aménagement du territoire ; agriculture, viticulture et sylviculture ; lutte contre le réchauffement climatique ; loisirs et tourisme, formation) qui leur serviront, désormais, à orienter leur politique et de passer à des actions concrètes à tous les niveaux, pour empêcher l’effondrement de la biodiversité et ainsi conserver une nature diversifiée et généreuse pour nos enfants. Une des priorités sera d’obtenir dans cette législature encore un plan d’action biodiversité vaudois ambitieux et efficient, pour protéger, revitaliser et connecter les milieux naturels du canton. Nous demandons aussi de rendre fonctionnels les corridors écologiques d’ici 5 ans, de revitaliser au moins 5 km linéaires de cours d’eau par année et de doubler la surface des aires protégées dans le canton. D’autres actions fortes concerneront la nature dans les espaces bâtis et leur adaptation aux changements climatiques, notamment par la plantation d’arbres et le dé-bétonnage.

Le temps n’est plus aux belles paroles, il s’agit de passer à l’action !