Votation

Cycle atomique : Demi-vie à Fukushima

Cinéma Oblò, 18 novembre, 20h

Inspiré par la votation sur la sortie du nucléaire, Cinéma Oblò présente le film documentaire Demi-vie à Fukushima dans le cadre du Cycle Atomique (Mark Olexa & Francesca Scalisi, 2016)  En présence d’un des deux réalisateurs du film, Mark Olexa.

En 2011, un tsunami dévaste la région de Fukushima et endommage la centrale nucléaire provoquant l’évacuation massive de la population. Mais un homme va rester, malgré les radiations, afin de lutter contre l’industrie nucléaire et reconstruire la terre de ses ancêtres. L’accident de 2011 ne coûte pas seulement des milliards par année, mais il a créé une zone interdite pour des centaines d’années. Cette zone comporte des villes et des habitants qui, cinq ans après, vivent toujours dans des habitations provisoires, comme des réfugiés. Ce film montre un paysage fantomatique, mais celui-ci ne ressemble pas aux films de catastrophes typiques avec leur fumée et cendres. Les rues sont certes désertées et silencieuses, mais elles sont reprises par des plantes qui commencent à tout couvrir. C’est comme si pour la nature il y avait un après-nucléaire; il n’y en a juste pas pour des organismes aussi complexes comme nous les humains. Cela nous rappelle qu’en détruisant la nature, nous nous privons avant tout de notre propre existence.

Votation

Cycle atomique : Into Eternity

Cinema Oblò – 16 novembre – 20h

Inspiré par la votation sur la sortie du nucléaire, Cinéma Oblò présente le film documentaire Into Eternity (Michael Madsen, 2010) dans le cadre du Cycle Atomique. En présence de Matthias Bürcher.

La gestion des déchets nucléaires met l’humanité face à des défis sans précédent: deux générations profitent de l’électricité produite, mais des milliers doivent assurer la sécurité car la radioactivité va être nocive pendant 100’000 ans environ. Ce film finlandais, tourné avant Fukushima, était optimiste quant à l’endroit pour stocker les déchets pour une durée si longue: une cave de 5km de profondeur, comme une immense pyramide inversée. Mais même si on trouve un lieu géologiquement sûr, des questions persistent sur le risque humain: comment faire comprendre aux générations après nous, qui ne parlent plus notre langue, que cette cave est un lieu où ne pas y aller? Ce film qui montre avec des images impressionnantes l’énormité du défi a gagné en 2010 le Grand Prix du Festival Visions du Réel à Nyon.

Actes Verts

Actes Verts n°44 : La Stratégie énergétique 2050 est enfin sous toit !

La session de septembre a vu l’aboutissement de la Stratégie énergétique 2050, qui a été largement acceptée par les chambres. Le Conseil fédéral avait lancé cette stratégie peu après Fukushima, en guise de contre-projet à notre initiative pour une sortie programmée du nucléaire.
La Stratégie énergétique ancre tout d’abord dans la loi la décision du Conseil fédéral de ne plus accorder d’autorisation pour de nouvelles centrales nucléaires. Pour rappel, les exploitants envisageaient à l’époque de construire deux nouvelles centrales afin de remplacer nos plus vieux réacteurs. Elle comporte par ailleurs plusieurs mesures permettant d’encourager notre émancipation du nucléaire et des énergies fossiles :

  • Le prélèvement permettant d’alimenter le fond de la RPC (rétribution à prix coûtant des installations d’énergies renouvelables) a été augmenté de 1,5 ct./kWh à 2,3 ct./kWh. Des soutiens directs à l’investissement pourront en outre être octroyés pour les petites installations. Ceci permettra de réduire progressivement la liste des près de 40’000 projets en attente de soutien. La production qu’ils pourront offrir équivaut à celle des deux réacteurs de Beznau.
  • Un compromis a été trouvé pour favoriser la construction de grandes installations d’énergies renouvelables : elles obtiennent désormais le même degré d’importance que la protection du paysage lors de pesées des intérêts.
  • Les moyens issus de la taxe CO2 sur le mazout pouvant être investis dans des soutiens à l’assainissement énergétique des bâtiments passent de 300 millions à 450 millions de francs par année. Des objectifs ont en outre été fixés pour réduire notre consommation d’énergie et d’électricité.
  • Les moyennes d’émissions de CO2 tolérées pour les véhicules ont été réduites afin de les adapter à la réglementation européenne et passeront à 95g de CO2/km dans les cinq ans.

Ces mesures constituent un progrès indéniable et devront être défendues avec fermeté contre le référendum lancé par l’UDC. Cependant, les Verts ont décidé de maintenir leur initiative et la défendront devant le peuple le 27 novembre prochain. En effet, la Stratégie énergétique néglige un volet central de la transition énergétique : la fermeture progressive de notre vieux parc nucléaire. En termes sécuritaires, notre situation est finalement – c’est un paradoxe – plus incertaine aujourd’hui qu’avant Fukushima. Les exploitants envisageaient alors de fermer leurs vieilles centrales, pour des raisons économiques et de sécurité, après 45 à 50 ans d’exploitation, au profit de nouvelles installations nucléaires. La Stratégie énergétique exclut certes la construction de nouvelles centrales, mais elle ne dit pas quand les anciennes doivent être arrêtées. Pire, elle permet leur prolongation indéterminée : nos vielles centrales pourraient fonctionner jusqu’à 60 ans ou plus, une durée de vie qui n’avait jamais été envisagée jusqu’ici. Les centrales nucléaires ont été conçues à l’origine pour durer environ 30 ans. Et la durée de vie moyenne des centrales nucléaires dans le monde est de 25 ans.
C’est pourquoi nous devons tous nous battre, dans les semaines qui viennent, pour que le peuple soutienne notre initiative et comble ainsi la principale lacune de la Stratégie énergétique. Car pour un tournant énergétique crédible, il faut évidemment développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, comme le prévoit la Stratégie énergétique. Mais il faut aussi fermer à temps les vieilles centrales nucléaires, pour des raisons de sécurité et pour des raisons économiques. Nous voulons investir notre argent dans les énergies propres de demain et non dans la prolongation indéfinie d’installations dangereuses et obsolètes.

Adèle Thorens, conseillère nationale

Actes Verts

Actes Verts n°42 – L’initiative pour la sortie du nucléaire sera soumise au peuple

L’initiative pour la sortie du nucléaire sera soumise au peuple

par Adèle Thorens, conseillère nationale

 

La session de printemps a été marquée par le traitement de la Stratégie énergétique, qui nous est revenue après son passage au Conseil des Etats. Toutes les divergences n’ont pu être résolues, mais l’on peut d’ores et déjà en tirer un bilan.

La Stratégie énergétique a été clairement affaiblie par rapport à la première version issue de nos travaux, puisque le Conseil national a validé dans les grandes lignes les reculs décidés par le Conseil des Etats, revenant sur des améliorations qu’il avait pourtant lui-même apportées au projet. Le concept d’exploitation à long terme des centrales nucléaires, qui permettait de renforcer la surveillance des centrales après 40 ans d’exploitation sur demande de l’IFSN elle-même, a en particulier été biffé définitivement. Il en est de même pour le système de bonus-malus, qui aurait permis d’associer les gestionnaires de réseau aux efforts d’économies d’énergie. Malgré ces affaiblissements, la Stratégie énergétique représente encore et toujours un progrès réel par rapport à la situation actuelle dans les domaines des énergies renouvelables, de la préservation du climat et de l’efficacité énergétique. Les moyens dévolus à l’assainissement énergétique des bâtiments seront augmentés et les normes d’émissions de CO2 des véhicules renforcées sur le modèle européen. Même si le système de rétribution à prix coûtant (RPC) a été limité dans le temps et que les valeurs indicatives de développement des énergies renouvelables restent modestes, les moyens alloués à la RPC seront augmentés et il sera désormais possible d’obtenir une aide directe lors de l’investissement. Un compromis a en outre été trouvé pour donner plus d’importance aux grandes installations d’énergies renouvelables lors des conflits avec le paysage et nous avons pu éviter les soutiens aux petites centrales hydroélectriques peu productives mais très dommageables pour l’environnement. Ces progrès doivent être salués et la Stratégie énergétique fermement défendue au cas où la droite l’attaquait en référendum.

Cependant, le projet reste dramatiquement insuffisant en ce qui concerne la sortie du nucléaire. Non seulement le parlement a refusé toute limitation de la durée de vie de nos vieilles centrales, mais il a même renoncé à renforcer le rôle de surveillance de l’IFSN lors d’une exploitation prolongée. Ceci rend paradoxalement notre situation, en termes de sécurité nucléaire, plus précaire aujourd’hui qu’avant Fukushima. Les exploitants envisageaient alors de fermer leurs centrales après 40 à 50 ans, ce qui était déjà aventureux pour des installations conçues pour 30 à 40 ans. Aujourd’hui, la loi permet une exploitation illimitée des centrales, sans renforcement de la surveillance !

Face à cette dérive irresponsable, les Verts maintiennent leur initiative pour la sortie du nucléaire. Le peuple aura ainsi l’opportunité de décider lui-même, vraisemblablement encore cette année, s’il veut être l’objet d’une expérience nucléaire sans précédent. Nous nous engagerons dès lors toutes et tous, sur le terrain et à la rencontre des citoyens, pour que le tournant énergétique ne soit pas reporté à la prochaine génération et que la fermeture programmée des centrales nucléaire vienne compléter les acquis de la Stratégie énergétique.