Communiqué 2019

Pour que la langue des signes soit officiellement reconnue

Les Vert∙e∙s vaudois∙es déposent aujourd’hui au Parlement vaudois par la plume de Léonore Porchet une initiative parlementaire demandant la reconnaissance officielle de la langue des signes dans la Constitution de notre canton. Ce serait en effet un signe fort pour les sourd∙e∙s vaudois∙es en faveur de leur inclusion et de leur reconnaissance comme citoyennes et citoyens à part entière. Après Genève et Zurich, il est temps pour le Canton de Vaud de faire ce pas lui aussi.

La Langue des Signes Française (LSF) est la langue maternelle des personnes sourdes et malentendantes dans le canton de Vaud et en Suisse romande. Sa pratique et son soutien sont indispensables à l’inclusion professionnelle et sociale des personnes sourdes. Elle devrait ainsi davantage être promue et intégrée, en particulier dans le contexte de la formation scolaire et professionnelle et préscolaire.

Pourtant, le recours à des interprètes de la langue des signes est régulièrement menacé par diverses mesures d’économie, quand il est même proposé car, la plupart du temps, cette langue reste la grande absente de l’offre technique des formations et rencontres officielles. Cela a notamment pour conséquence une sous-représentation des personnes sourdes dans les gymnases et les universités.

Alors que la Confédération a été interpellée en 1994 déjà, le Conseil fédéral précisait que, bien que le droit à la langue des signes soit ancré dans la loi suisse sur l’élimination des inégalités, il revenait aux cantons d’agir en la matière et de décider des modes de promotion de cette langue et culture à part entière. Elle est ainsi officiellement reconnue depuis par le canton de Genève ainsi que celui de Zurich.

Les Vert∙e∙s vaudois∙es demandent donc aujourd’hui par voie d’initiative parlementaire que le canton de Vaud emboîte le pas des cantons reconnaissant déjà officiellement la langue des signes et ajoute un nouvel alinéa 3 à l’actuel article 61 de notre Constitution cantonale (Intégration des personnes handicapées), précisant que :

(1)         La langue des signes française est reconnue.

(2)        Les personnes malentendantes, sourdes ou privées de l’usage de la parole ont le droit de recourir à la langue des signes française dans leurs relations avec les administrations et services relevant de l’Etat.

Cette modification permettra de donner enfin une vraie place à la culture et à la langue des signes et d’offrir désormais une base légale qui permette de mettre en place une politique plus volontariste en faveur de l’inclusion des personnes sourdes.

Communiqué 2019

5G: Les Verts publient un guide pour aider communes et particuliers à faire opposition aux antennes

Contrairement à ce qu’on entend souvent, les oppositions aux antennes ne sont pas vaines. Pour aider les communes et les particuliers à agir et à s’opposer aux projets actuellement en voie de développement, leur permettre d’identifier leur marge de manœuvre respective et les aider à l’exploiter le plus efficacement possible, les Verts vaudois publient aujourd’hui un petit guide à leur intention.

Alors que les opérateurs téléphoniques annonçaient déjà l’arrivée de la 5G partout dans notre pays, de plus en plus de voix se sont fait entendre pour appeler a davantage de prudence et à une évaluation scientifique et documentée des risques avant toute pose d’antenne. Mais alors que les résultats de l’étude lancée par l’Office fédéral de l’environnement sont attendus pour cet été, les concessionnaires des télécommunications vont déjà de l’avant et pressent les communes d’accepter des antennes sur leur territoire. Les Verts vaudois se sont alors fortement engagés pour permettre aux Vaudoises, aux Vaudois et aux autorités communales de s’opposer à la pose de toute antenne sur le territoire de notre canton. Par la demande d’un moratoire (accepté ce matin au Parlement vaudois), le dépôt de deux interventions au Grand conseil, la mise en ligne d’un projet d’opposition type à disposition de la population, et, aujourd’hui, par la réalisation d’un petit guide pratique pour guider communes et particuliers dans les démarches à entreprendre. Car, oui, communes et particuliers peuvent agir et les oppositions ne sont pas vaines. « Le Petit Guide Vert de l’opposition aux antennes de téléphonie mobile (notamment antennes 5G) » les accompagne donc dans les démarches possibles.

En ce qui concerne les communes :  contrairement à ce que l’on entend parfois, elles disposent d’une certaine marge de manœuvre pour refuser de délivrer un permis pour une antenne de téléphonie mobile. Il leur est donc conseillé d’adopter, dans leurs règlements, des dispositions spécifiques concernant les antennes de téléphonie mobile. De même, les communes peuvent adopter des mesures de planification qui permettent ensuite d’éviter la prolifération anarchique d’antennes sur leur territoire. D’autres motifs peuvent être invoqués pour refuser un permis de construire une antenne, mais il faut présenter alors une argumentation bien étayée (esthétique des bâtiments, protection du patrimoine bâti, rayonnement non-ionisant et principe de précaution, etc.).

En ce qui concerne les particuliers : n’importe qui peut former une opposition à une antenne de téléphonie mobile, par écrit et dans le délai de mise à l’enquête publique. Le courrier d’opposition doit être motivé et adressé à la Municipalité concernée. Pour un éventuel recours, il faut avoir formé opposition dans le délai d’enquête publique, si bien qu’il est conseillé de vérifier que parmi les opposants figure au moins une personne habitant à proximité immédiate du projet litigieux.

Petit guide pour les communes et les particuliers

Communiqué 2019

5G : il est urgent d’attendre et d’informer

Suite au courrier envoyé aux municipalités vaudoises la semaine dernière pour leur demander de s’opposer à toute nouvelle installation d’antenne sur leur territoire, les Verts vaudois interviennent aujourd’hui au Parlement vaudois pour demander un moratoire et pour que le Conseil d’Etat remplisse sa mission d’information en la matière, en vertu du principe de précaution. La demande de moratoire ayant obtenu des signatures de tous les partis représentés au Parlement vaudois, elle a de bonnes chances d’aboutir mardi prochain.

Dans notre pays en particulier, les citoyen-ne-s ont l’habitude de se prononcer en pleine connaissance de cause sur les sujets de société qui provoquent inquiétudes et résistances. C’est en particulier le cas des nouvelles technologies accompagnées d’effets encore méconnus sur la santé et l’environnement. C’est ainsi que la Suisse connaît par exemple un moratoire sur la production d’organismes génétiquement modifiés. La population suisse s’est aussi prononcée au sujet de l’énergie nucléaire à de nombreuses reprises. Dans ce contexte, l’installation sur tout le territoire de la technologie 5G (antennes de téléphonie mobile) ne manque pas de surprendre. Alors que cette technologie fait l’objet d’avertissements de scientifiques de renom et de la Fédération des médecins suisses (FMH), l’installation d’antennes par les concessionnaires de télécommunication n’a fait l’objet d’aucun débat citoyen ni politique. Les concessionnaires se contentent de relever que les normes fédérales sur le rayonnement non-ionisant seraient respectées. Pourtant, l’Office fédéral de l’environnement lui-même a diligenté une étude complète sur le phénomène, étude dont les résultats ne sont pas encore connus. Il n’est par ailleurs pas établi que les normes actuelles soient suffisantes pour appréhender les risques provoqués par cette nouvelle technologie. Cette manière de procéder n’est ni conforme aux traditions suisses ni respectueuse du principe de précaution pourtant ancré dans notre législation fédérale. Les Verts demandent donc aujourd’hui par voie de résolution au Grand conseil vaudois d’instaurer un moratoire sur l’installation d’antennes 5G. Le texte ayant recueilli des signatures de représentant-e-s de tous les partis représentés au Parlement, il a de bonnes chances d’aboutir lors du débat la semaine prochaine.

En outre, si la marge de manœuvre semble majoritairement communale et fédérale sur cette question, le Conseil d’Etat a lui aussi un rôle à jouer pour renseigner les citoyen-ne-s et les communes sur leurs droits, sur cette technologie et les risques potentiels associés et sur les procédures d’autorisation des antennes. En outre, il est pour le moins étonnant, dans un canton qui accorde une grande importance à la coordination, à la pesée des intérêts et à la planification des infrastructures, qu’aucune planification n’ait été effectuée pour l’implantation de ces antennes, ni au plan cantonal ni au plan communal. Le Canton doit ainsi aussi examiner l’opportunité de procéder à une planification du développement des antennes de téléphonie mobile, en coordination avec la Confédération, pour éviter un développement anarchique et une multiplication des sources de rayonnement non-ionisants.

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Plan OPAir 2018 : un plan qui manque de souffle !

Pour les Verts vaudois, le plan OPAir 2018 présenté ce jour par le Conseil d’Etat est très largement insuffisant. Ce plan ne se montre pas ambitieux, que cela soit en matière de périmètre, d’objectifs réels et contrôlables d’assainissement, de mesures en faveur de la mobilité douce ou de plans de mobilité.

Le Conseil d’Etat a présenté aujourd’hui son Plan OPAir 2018 pour l’agglomération Lausanne-Morges. Contrairement à tous les cantons limitrophes disposant d’un plan OPAir (Genève, Valais, Berne et Fribourg), le canton de Vaud sera le seul à ne pas avoir de plan de protection de l’air pour l’ensemble de son territoire. Malgré sa modeste extension à des pôles de développement proche de l’agglomération, pour les Verts vaudois, il s’agit d’une occasion ratée de protéger l’ensemble de la population vaudoise de la pollution de l’air qui provoque en Suisse quelque 4’000 décès prématurés (6 % du total des décès) chaque année et coûte près de 5.1 milliards de francs. Pourtant, en 2011, le Grand Conseil avait pourtant accepté, à l’unanimité, un postulat qui demandait d’étudier une extension d’un tel plan de mesure.

En plus de son périmètre insuffisant, ce plan OPAir 2018 ne contient aucune date limite d’assainissement, tout au plus, se borne-t-il à prévoir une évaluation en 2023 de l’impact des mesures proposées.

Sur l’ensemble des mesures en lien avec la mobilité (6), il n’y en a malheureusement qu’une seule qui s’attarde sur la mobilité douce, sans autres distinctions. Il aurait été plus judicieux de proposer des mesures plus contraignantes en matière de d’infrastructures pour les cyclistes et pour les cheminements piétons sécurisés. Il ne suffit pas de prévoir des contraintes pour le trafic motorisé individuel, il faut également s’assurer que des alternatives crédibles et sécurisées soient mises à disposition. Il est en outre assez sidérant que la première mesure de mobilité contenue dans ce plan prétend que les nouvelles jonctions autoroutières prévues dans l’Ouest lausannois sont des mesures d’amélioration de la qualité de l’air !

Par ailleurs, le seuil en matière de taille d’entreprise justifiant un « plan de mobilité » a été fixé à 50 par le Conseil d’Etat ce qui est insatisfaisant pour les Verts vaudois. En effet, selon Statistique Vaud[1], en 2016 seules 772 entreprises dépassaient ce seuil sur l’ensemble du canton, alors qu’elles seraient plus de 4’147 entre 10 et 49 employés.  

Enfin, le réchauffement climatique devrait provoquer une augmentation des épisodes caniculaires durant les étés à venir. Ces épisodes génèreront une augmentation des pics d’ozone et des particules fines, en particulier les PM10 et ceci sur l’ensemble du territoire cantonal. Cette évolution est insuffisamment prise en compte dans le plan OPAir 2018.

Les Verts interviendront au Grand Conseil pour demander la mise en place d’une véritable stratégie cantonale pour la protection de l’air sur l’ensemble du territoire cantonal.


[1] http://www.scris.vd.ch/Default.aspx?DocID=4017&DomId=3003

Interventions parlementaires

Salle d’allaitement et place des femmes en politique

Intervention personnelle

Je voudrais, par la présente intervention, remercier le Bureau du Grand Conseil de la mesure prise il y a dix jours d’ouvrir une salle d’allaitement au sein de notre Parlement. En effet, de telles mesures favorisant la conciliation des fonctions de mère et de parlementaire sont essentielles aujourd’hui à une plus grande place des femmes en politique, mais manquent encore cruellement.

Aujourd’hui encore, devenir mère est un handicap dans le milieu du travail. De récentes statistiques montrent qu’une femme sur dix est licenciée au retour de son congé maternité. Même si elle peut conserver son emploi, encore trop peu d’entreprises permettent aux mères qui le désirent d’allaiter leur enfant, soit en ne leur donnant pas leur pause d’allaitement pourtant garantie par la loi, soit en ne leur laissant pas d’espace adéquat à cet effet. Un postulat, déposé par notre collègue Carine Carvalho, qui demande simplement une meilleure information des employeurs, est d’ailleurs en cours de traitement.

En cette année de grève des femmes, un geste tel que celui du Bureau est le bienvenu. La place des femmes dans la sphère politique et dans celle du travail fait encore l’objet de résistances, d’autant plus lorsqu’elles deviennent mères. Il n’est pas évident, encore moins facile, pour une femme de mener de front une carrière professionnelle ou politique et la création d’une vie de famille. Lors de la dernière campagne électorale dans le canton, nous avons pu encore remarquer, malheureusement, que les remarques et autres questions des journalistes qui portaient sur la conciliation de la vie privée et familiale ne concernaient que les candidates féminines. Au plan fédéral, nous avons déjà eu droit, dans la presse, à des articles sensationnalistes sur des candidates enceintes, alors qu’il n’y a aucun mot sur la vie de famille des candidats masculins.

Il nous faut encore lutter pour que ces barrières d’accès tombent. Et dans ce cadre, tant notre parlement que notre administration doivent être exemplaires. Créer une salle d’allaitement est un bon début, le prochain allongement du congé paternité au sein de l’administration cantonale aussi (on pourrait d’ailleurs réfléchir à l’introduction de ce congé pour nos collègues parlementaires masculins). Il y a encore du chemin, mais je suis persuadée qu’il faut saluer tous les petits pas qui vont dans la bonne direction. C’est pourquoi, au nom du groupe des Verts, je remercie et félicite le Bureau du Grand Conseil pour cette solution pragmatique, qui montre qu’il est possible de tendre vers plus d’égalité entre nous tous et toutes.

Rebecca Joly

Interventions parlementaires

Pour un retrait conditionnel des initiatives populaires en présence d’un contre-projet

Motion

A l’occasion des débats sur l’initiative des Verts «Stop aux hydrocarbures», le Grand Conseil s’est trouvé confronté à une situation délicate, situation qui s’est d’ailleurs déjà produite par la passé. A l’heure d’adopter un contre-projet direct à l’initiative, il a voulu obtenir une garantie de la part du comité d’initiative que celle-ci serait bien retirée une fois le contre-projet entré en force ; de son côté, le comité d’initiative voulait avoir l’assurance que le contre-projet entrerait bien en force avant de retirer son initiative.

Une telle situation n’est pas judicieuse du point de vue institutionnel et peut même fragiliser le Grand Conseil lorsqu’il tente de trouver un consensus permettant le retrait d’une initiative populaire. Lorsque le Grand Conseil et le comité d’initiative tombent d’accord sur un contre-projet permettant de satisfaire les initiants, il faut un moyen permettant de sceller cet accord et d’éviter toute mauvaise surprise.

Le droit fédéral prévoit un mécanisme de retrait conditionnel des initiatives populaires lorsqu’un contre-projet a été adopté par le Parlement (art. 73a al. 2 et 3 de la loi fédérale sur les droits politiques). L’initiative est alors retirée, mais uniquement à la condition que le contre-projet entre bel et bien en force (pas de référendum, référendum n’ayant pas abouti ou alors référendum rejeté). Divers cantons connaissent également un tel mécanisme.

Au vu de ce qui précède, les députés soussignés demandent au Conseil d’Etat de soumettre au Grand Conseil une modification de la législation cantonale permettant d’introduire le retrait conditionnel des initiatives populaires en présence d’un contre-projet accepté par le Parlement.

Raphaël Mahaim

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Médecines complémentaire : pour un véritable service au sein du CHUV et mieux lutter contre les charlatans

Les Verts déposeront demain deux interventions au Parlement pour pallier les manques actuels de réponse adéquate au besoin exprimé par patient-e-s et soignant-e-s d’un développement accru des médecines complémentaires. Un service ad hoc autonome au CHUV et des mesures, notamment règlementaires devraient garantir l’égalité d’accès au soin et prémunir les patient-e-s contre les risques de charlatanisme, tout en protégeant les professionnels des amalgames et de la concurrence déloyale.

Pour un service de médecines complémentaires au CHUV

Les Vaudoises et les Vaudois sont de fervent-e-s adeptes des médecines complémentaires. En 2009 déjà, ils plébiscitaient l’article fédéral soumis au vote plus que tout autre canton suisse, avec plus de 78% de OUI. Pourtant, la pratique des médecines complémentaires reste, au CHUV, hétéroclite et déstructurée. Chaque service décide, ou non, d’offrir des thérapies complémentaires, ce qui engendre la confusion et une importante disparité d’accès aux soins pour les patient-e-s. Le Centre de médecine intégrative et complémentaire (CEMIC) ne peut actuellement pas répondre au besoin de transversalité. Son développement tel qu’annoncé est trop cantonné au seul traitement de la douleur, alors qu’il ne bénéficiera toujours pas de l’autonomie nécessaire à une prise en charge coordonnée et efficace des soins nécessaires et demandés dans les services de l’hôpital. Par ailleurs, la formation des médecins dans ce domaine a été fortement péjorée depuis la dernière rentrée universitaire. Face à ce constat alarmant, les Verts proposent, sur le modèle de ce qui avait été fait en 2002 pour les soins palliatifs, la création d’un service de médecine complémentaire et intégrative qui permette de répondre à la forte demande de la population vaudoise et de rétablir l’équité d’accès au soin.

Pour un règlement anti-charlatans

Alors que les dérives d’un praticien prétendant pouvoir « soigner l’homosexualité » ont récemment fait la Une des journaux vaudois, l’événement met en lumière la carence actuelle du système vaudois en matière de régulation des médecines complémentaires. Ce n’est aujourd’hui plus acceptable : les Vaudoises et les Vaudois recourent toujours plus à ces thérapies et doivent être protégé-e-s. Par ailleurs, les médecines complémentaires n’ont plus à faire la preuve de leur efficacité et nombre de praticiens correctement formés devraient pouvoir voir leur travail reconnu et validé. Du point de vue de l’Etat intervenir afin d’éviter les abus, notamment pour les thérapies remboursées par une assurance complémentaire, a un intérêt évident. Les Verts demandent donc qu’à l’exemple d’autres cantons déjà, le Canton de Vaud se dote d’outils lui permettant de mieux réguler l’offre de médecine complémentaire.

Par ces dépôts, les Verts souhaitent contribuer à adapter le système de santé au 21ème siècle. Il est temps d’entendre les besoins des soignant-e-s et des patient-e-s d’accompagner la médecine allopathique par des thérapies complémentaires efficaces qui renforcent la rémission et la prévention, et donc, au final, contribuent à une meilleure qualité de vie.

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Vaud-Brésil : 3 ans après, catastrophe écologique ne doit pas toujours pas rimer avec optimisation fiscale de Vale

3 ans après la première catastrophe, le Brésil connait à nouveau aujourd’hui une catastrophe écologique, et humaine, sans précédent, due à la rupture d’un nouveau barrage du géant minier Vale. Pollution, décès et disparitions en sont les résultats. Encore une fois, Vale, dont le siège international est à Saint-Prex dans le canton de Vaud, est responsable. Les Verts interviennent ce jour au Grand Conseil pour s’assurer que Vale ne puisse pas profiter fiscalement de cet événement et que le Conseil d’Etat entende adapter sa pratique aux évolutions fédérales positives en cours en matière de traitement fiscal des sanctions financières.

Le Brésil revit malheureusement ces jours une tragédie similaire à celle qui le frappait voilà 3 ans : Près de 13 millions de mètres cubes de résidus miniers se sont déversés dans le fleuve Paraopeba, provoquant la mort d’au moins 58 personnes, et la disparition de plus de 300 personnes. Dimanche matin, Vale alertait les habitants de la région du risque imminent de rupture d’un second barrage.

La justice brésilienne a d’ores et déjà retenu plus de 200 millions d’euros sur les comptes de l’entreprise de façon préventive, et le procureur général de sa région a demandé la retenue d’1 milliard d’euros supplémentaires. Vale ayant son siège international à Saint-Prex, le député des Verts £Raphaël Mahaim était déjà intervenu au Grand conseil vaudois il y a trois ans lors de la première tragédie pour demander qu’aucun montage financier ne puisse permettre au géant minier de soustraire les amendes et dédommagements du fisc. Le Parlement l’avait suivi mais, le Conseil d’Etat avait alors rappelé que « Vale International n’était pas concernée par cette problématique puisque le dommage s’est produit au Brésil et que la société concernée n’est pas détenue par la société vaudoise … » (16 décembre 2015). Le modèle d’affaire de la société permettrait donc une dilution des responsabilités qui empêcherait d’appliquer une telle mesure sur territoire vaudois.

Cette question de la déductibilité des sanctions financières prononcées à l’étranger fait pourtant débat. Alors que nous voterons bientôt au niveau fédéral sur l’initiative « Pour des multinationales responsables » (ou un contre-projet à celle-ci) qui vise, notamment, à ce que les sociétés domiciliées en Suisse assument leurs responsabilités en matière de droits humains et de protection de l’environnement également dans leurs activités à l’étranger, le Parlement fédéral pourrait prochainement adopter une loi qui permettrait d’empêcher les entreprises de déduire les sanctions financières à caractère pénal.

Malgré la marge de manœuvre cantonal étroite en la matière, il est important de réagir.

Vale a bénéficié, pendant de nombreuses années, d’exonérations fiscales dans le canton de Vaud. Les Verts estiment donc que le Canton a un devoir moral et un devoir de transparence vis-à-vis des populations brésiliennes et suisses mais aussi vis-à-vis des autres entreprises vaudoises et tout montage financier opéré par Vale pour alléger ses responsabilités fiscales serait inadmissible.

C’est pourquoi les Verts demandent aujourd’hui au Conseil d’Etat qu’il leur confirme que Vale ne bénéficie plus d’exonération fiscale depuis fin 2015 et qu’au-delà des barrières juridiques développées dans le cadre des réponses apportées à l’interpellation et à la résolution Mahaim en 2015, l’entreprise Vale s’est engagée, d’une manière ou d’une autre, auprès du Conseil d’Etat à ne pas déduire les sanctions financières dont elle pourrait faire l’objet. En outre, le Conseil d’Etat tient-il désormais compte des agissements passés d’une entreprise en matière de responsabilité sociale et environnementale dans les critères d’attribution ? Enfin, les Verts aimeraient savoir si les évolutions du droit fédéral actuellement en discussion au parlement fédéral doteraient désormais le Conseil d’Etat de compétences supplémentaires en matière fiscale, et s’il soutient les avancées fédérales en matière de traitement fiscal des sanctions financières.

Communiqué 2019

Biodiversité : il y a urgence à agir

Les Verts vaudois, réunis ce soir en assemblée générale extraordinaire, ont adopté un papier de position sur l’urgence d’agir en faveur de la biodiversité. Ce texte rappelle les valeurs vertes en la matière mais précise surtout les objectifs et les actions qu’il s’agit désormais urgemment de mettre en œuvre pour tenter d’enrayer les pertes en biodiversité croissantes. Ce document servira désormais de base aux futures actions entreprises, par les Verts, dans les conseils communaux, au Grand conseil et au Parlement fédéral.

Lorsqu’il est question de protéger la planète, c’est avant tout notre existence-même qu’il s’agit de sauvegarder. Les êtres humains dépendent en effet de la nature, et des espèces qui y vivent, pour leur survie. Pourtant, nous leur portons rarement l’attention qu’elles méritent. Ainsi, aujourd’hui, la moitié des habitats et un tiers des espèces sont menacés. Les populations animales et végétales indigènes ont drastiquement chuté en 20 ans à peine. Les insectes, et avec eux les oiseaux, disparaissent. Si la biodiversité est le fruit d’une évolution de millions d’années et constitue le patrimoine naturel dont nous sommes responsables sur un plan éthique et moral, sa dégradation s’est accélérée au cours des dernières années. Et le dérèglement climatique augmente encore la pression sur les populations déjà fragilisées.

Il y a donc urgence à agir pour empêcher un effondrement des écosystèmes, et de notre société qui en dépend. Pourtant, la conservation de la biodiversité ne représente encore aucune priorité dans les agendas politiques. Les bases légales existent, mais rien ne se fait. En témoigne l’initiative « Sauvez la Venoge ! » qui, bien qu’acceptée par le peuple en 1990, commence à peine à être mise en œuvre.

Il faut que cela change ! Si la préservation de la biodiversité a toujours été importante pour les Verts, elle constitue aujourd’hui une priorité absolue. Nous ne pouvons plus vivre aux dépens de la nature, mais devons passer à des politiques actives en sa faveur. Ainsi, les Verts demandent que chaque programme, plan ou projet à tous les niveaux et dans tous les secteurs comprenne désormais une évaluation de son impact sur la biodiversité et lui consacre un certain pourcentage du budget et de l’espace, en vue de la renforcer.

Dans le papier de position adopté ce soir en assemblée générale, les Verts vaudois définissent six axes d’action (Plan d’action biodiversité cantonal ; aménagement du territoire ; agriculture, viticulture et sylviculture ; lutte contre le réchauffement climatique ; loisirs et tourisme, formation) qui leur serviront, désormais, à orienter leur politique et de passer à des actions concrètes à tous les niveaux, pour empêcher l’effondrement de la biodiversité et ainsi conserver une nature diversifiée et généreuse pour nos enfants. Une des priorités sera d’obtenir dans cette législature encore un plan d’action biodiversité vaudois ambitieux et efficient, pour protéger, revitaliser et connecter les milieux naturels du canton. Nous demandons aussi de rendre fonctionnels les corridors écologiques d’ici 5 ans, de revitaliser au moins 5 km linéaires de cours d’eau par année et de doubler la surface des aires protégées dans le canton. D’autres actions fortes concerneront la nature dans les espaces bâtis et leur adaptation aux changements climatiques, notamment par la plantation d’arbres et le dé-bétonnage.

Le temps n’est plus aux belles paroles, il s’agit de passer à l’action !

Communiqué 2019

Le climat a besoin d’actes forts

Les Verts déposent aujourd’hui trois textes visant à faire concrètement avancer la politique climatique. Tout d’abord une résolution pour soutenir les étudiant-e-s et les écolières et écoliers qui feront grève ce vendredi pour défendre le climat, et intégrer leurs demandes au plan climat actuellement est en voie d’élaboration. Une initiative parlementaire pour taxer les billets d’avion et ainsi engager le canton de Vaud à faire pression sur l’Assemblée nationale pour qu’elle finisse enfin par adopter des mesures contraignantes en la matière. Et finalement une motion demandant que la BCV renonce aux investissements dans les énergies fossiles et que le Conseil d’Etat précise la mission de la banque dans le domaine de l’investissement responsable. Les Verts espèrent que ces textes obtiendront une majorité parlementaire qui permette enfin de passer de la parole aux actes et d’avancer, concrètement, vers la politique climatique conséquente nécessaire à notre canton et à notre pays.

Alors qu’écolières, écoliers et étudiant-e-s s’apprêtent à faire grève ce vendredi pour défendre une protection digne de ce nom du climat, les Verts soumettent aujourd’hui au Parlement vaudois une résolution pour les soutenir dans leurs efforts. C’est cette nouvelle génération qui devra faire les frais de l’inaction de leurs aîné-e-s, il est donc essentiel de soutenir sa volonté d’action immédiate et conséquente, qui rejoint la volonté et les actions des Verts depuis leur création. La résolution précise que le Grand Conseil vaudois soutient non seulement ces jeunes qui se mobilisent pour le climat et qui réclament un changement profond dans les politiques climatiques, pour l’avenir de notre planète et des générations futures mais qu’il invite également le Conseil d’Etat à auditionner une délégation de ces jeunes à brève échéance pour ensuite prendre en compte leurs revendications dans le plan climat cantonal en cours d’élaboration.

D’autre part, suite à l’échec de justesse au Conseil national, de l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion lors des débats sur la nouvelle mouture de loi sur le CO₂, et sachant que, bien que l’avion reste l’un des modes de déplacements les plus polluants mais que le kérosène n’est pourtant pas taxé depuis 1944, les Verts souhaitent que le canton de Vaud demande à l’Assemblée fédérale d’enfin adopter une telle taxe. Une telle taxe est d’autant plus pertinente que, selon un sondage récent, la population suisse la soutient et que le secteur aérien reste, à ce jour, le seul à être exempt de toute mesure climatique. Ne serait-ce que par simple souci de cohérence et d’équité, il s’agit donc d’équilibrer les mesures dans tous les secteurs émettant des gaz à effet de serre en priorisant les plus polluants.

Enfin, les Verts demandent au Conseil d’Etat d’utiliser l’un des principaux leviers à sa disposition pour avancer rapidement et concrètement pour arrêter d’alimenter la filière des émissions polluantes, soit proscrire tout investissement « carbonisé » et réorienter la politique financière vers des investissements durables, ce que le Conseil d’Etat peut faire à travers la BCV. C’est un moyen concret et puissant de favoriser les investissements vers des modes de production plus durables et une façon de mettre en cohérence les flux financiers avec l’objectif de contenir le réchauffement climatique. A noter qu’un avis de droit récent vient appuyer cette idée et contrer les arguments fallacieux des opposants selon lesquels les compétences d’investissement des établissements publics relèveraient des conseils d’administration. Il s’avère que le désinvestissement des énergies fossiles constitue une décision d’ordre éthique et moral et non une simple question technique de placement qui relèverait uniquement des compétences du Conseil d’administration. Des orientations de ce type pourraient, dès lors, parfaitement être définies dans un acte constitutif ou dans la loi.