Interventions parlementaires

Pour que la prospective soit plus qu’un prospectus du Conseil d’Etat

Motion

Notre Grand Conseil a ratifié la composition de la Commission de prospective pour la période 2019 – 2022 en troisième débat le 4 février 2020. Ce n’est pourtant pas avec un grand enthousiasme que notre Parlement a donné suite à la liste de noms proposés par le Conseil d’Etat. Ce n’est pas la qualité et les compétences des personnes proposées qui faisait débat, mais le fait que celle-ci ne soit composée que de personnes provenant soit du Conseil d’Etat ou dépendantes directement de celui-ci, soit des Hautes Ecoles sises sur le territoire du Canton.

Ce cercle très restreint de profils fait sérieusement douter de la capacité de cet organe à remplir la mission qui lui est confiée, selon l’art. 3 du règlement sur la Commission de prospective (RCPro) : « La Commission de prospective a pour mission d’identifier les évolutions sociales, techniques, scientifiques, économiques, politiques, environnementales, culturelles et philosophiques, et d’en rendre compte aux autorités politiques par l’intermédiaire du Conseil d’Etat. Ses réflexions contribuent à l’élaboration du programme de législature. ».

Il est en effet difficilement envisageable que ce soit les personnes qui sont aux postes de décisionnels et de gouvernance qui soient les mieux placées pour identifier les évolutions à moyen termes de notre société. Les agendas de ministre de ces personnes – au sens littéral du terme pour certaines d’entre eux – ne permettent pas non plus de rassurer les motionnaires quant au temps effectivement pris pour remplir de manière satisfaisante la mission attribuée à la Commission de prospective.

Basé sur ces constats et en tenant compte des avis exprimés lors des trois débats ayant eu lieu en ce début d’année 2020, les motionnaires demandent respectueusement au Conseil d’Etat de proposer au Grand Conseil la modification de Loi sur l’organisation du Conseil d’Etat (LOCE) et particulièrement les teneurs de l’art. 24b, al. 3, ainsi que la modification du RCPro. Ces modifications devront viser les éléments suivants :

Composition :

  • Maximum deux membres du Conseil d’Etat,
  • Trois membres, scientifiques (sciences de l’environnement, sciences sociales et humaines, sciences de base, recherche/innovation ou ingénierie, etc.), provenant de l’Université de Lausanne, de l’EPFL et de l’une des écoles de la HES-SO sises dans le Canton de Vaud,
  • Cinq membres des milieux artistiques, culturels, associatifs (apolitiques et laïcs), économiques et sportifs,
  • Deux membres issus de la société civile, au sens large, dont la désignation pourrait être effectuée par un procédé de tirage au sort à partir d’une liste de personnes déclarées intéressées.

Dans la proposition des futures listes des membres de la Commission de prospective au Grand Conseil, le Conseil d’Etat veillera :

  • à un juste équilibre entre les genres,
  • à couvrir au maximum les champs de la mission de la Commission,
  • à viser, dans la mesure du possible, l’indépendance des membres de la Commission par rapport à l’Etat et à son administration,

Les signataires remercient par avance le Conseil d’Etat de la bonne réception de cette motion en vue d’une mise en œuvre pour la prochaine législature 2022-2027.

Etienne Räss

Communiqué 2020

Halte aux récoltes de signatures payées. La démocratie ne s’achète pas.

Les Vert∙e∙s vaudois∙es dénoncent les récoltes de signatures rémunérées qui défraient actuellement la chronique. Lors de leurs propres initiatives cantonales, ils n’y ont jamais eu recours. L’exercice des droits politiques ne peut être monnayé et doit être exercé avec conviction et engagement. La députée Rébecca Joly interviendra donc demain au Parlement vaudois par voie de motion pour interdire, comme c’est déjà le cas dans le canton de Genève, toute récolte de signature rémunérée.

Alors que l’association Incop défraie la chronique suite à ses récoltes de signatures menées de manière mensongère contre le congé paternité par de parfaits étrangers à la cause défendue, la pratique de la récolte de signature rémunérée est mise en lumière. Au-delà de la manière peu éthique dont elle a été, en l’occurrence, menée, le fait même de rémunérer la récolte de signatures, pour une initiative ou un référendum, devrait, selon les Vert∙e∙s vaudois∙es, être proscrite. C’est d’ailleurs déjà le cas dans le canton de Genève.

L’exercice des droits politique doit en effet se dérouler en toute liberté, indépendance, avec conviction et engagement. Les personnes chargées de récolter les paraphes doivent pouvoir expliquer, avec justesse et précision, l’objet pour lequel elles battent le pavé et le nombre total de signatures récoltées au final doit refléter l’intérêt, par la population, manifeste pour le sujet en question. Il n’est, en outre, pas normal que de plus gros moyens financiers puisse, à lui seul, influer, sur l’issue d’une récolte.

Ainsi, dans le but de faire interdire toute récolte rémunérée dans notre canton, quelle qu’elle soit, la députée Rebecca Joly déposera, demain matin, au Grand conseil vaudois une motion. Les Vert∙e∙s vaudois∙es espèrent ainsi ouvrir le débat sur ces pratiques et revenir à des règles plus transparentes, éthiques et équitables dans l’exercice des droits politiques.

Communiqué 2020

La violence domestique restera toujours intolérable

Le groupe des Vert∙e∙s est choqué d’apprendre la condamnation du Président du Grand conseil pour des faits de violence conjugale. Au-delà du fait que le premier citoyen du canton se doit d’être irréprochable et exemplaire, les faits condamnés ne peuvent être minimisés, quel qu’en soit l’auteur. Après avoir lutté avec force dans le cadre des débats sur la nouvelle loi contre la violence conjugale dans les débats parlementaires, les Vert∙e∙s appellent aujourd’hui Yves Ravenel à tirer les conclusions qui s’imposent quant à son poste et à faire preuve de responsabilité, le Parlement vaudois ne connaissant aucune procédure de destitution pour un tel poste.

Alors que la nouvelle est maintenant publique de la condamnation de l’actuel président du Grand conseil Yves Ravenel, les Vert∙e∙s la regrettent, ce d’autant plus au vu des motifs de la condamnation. En effet, quelle que soit la personne concernée, tout fait de violence domestique est choquant et répréhensible, ce d’autant plus lorsqu’il a justement fait l’objet d’une condamnation pénale. La violence faite aux femmes, comme à tout autre membre de notre société de fait, est intolérable et représente un fléau. Aucune situation ne peut justifier d’y recourir.

Néanmoins, le Grand conseil vaudois ne connaissant pas de procédure de destitution, il revient à la personne elle-même de tirer les conclusions qui s’imposent suite à ses actes. Être premier citoyen du canton impose un devoir d’exemplarité particulier et l’affaire actuelle jette, en outre, un discrédit sur toute la fonction et ne fait qu’ajouter de l’eau au moulin du dégât d’image qui affecte de nos jours les politicien-ne-s.

Le groupe des Vert∙e∙s appelle donc le président du Grand conseil vaudois à prendre ses responsabilités face à l’institution qu’il représente.

Communiqué 2019

5G: Vaud prend ses responsabilités et maintient le moratoire!

Le Conseil d’Etat a annoncé ce jour maintenir le gel des autorisations cantonales pour les nouvelles antennes 5G. C’est une excellente nouvelle. Cette décision fait suite au “moratoire” sur le déploiement de la 5G demandé par le Grand Conseil vaudois qui avait adopté la résolution du député des Vert∙e∙s Raphaël Mahaim. En outre, et pour que la population puisse se prononcer sur chaque modification d’antenne déjà existante, les Vert∙e∙s interviendront dans les conseils communaux et généraux pour s’assurer que des mises à l’enquête soient systématiquement effectuées.

La Confédération a publié, il y a quelques jours, un rapport très attendu sur le déploiement de la 5G dans le pays. Ce rapport, intéressant sous l’angle des informations qu’il contient, se distingue toutefois par une absence de vision claire quant aux décisions politiques à prendre en lien avec le déploiement de cette technologie.

Dans ce contexte de grande incertitude, le canton de Vaud prend ses responsabilités en maintenant le gel des autorisations cantonales spéciales nécessaires à la construction de nouvelles antennes de téléphonie mobile. Ce moratoire avait été provoqué par le Grand Conseil vaudois lors d’un vote favorable à la résolution du député des Vert∙e∙s Raphaël Mahaim. Le Conseil d’Etat le justifie notamment par le fait que le Canton ne dispose pas des protocoles de mesure nécessaires à l’analyse de la conformité des nouvelles antennes 5G.

Le déploiement de la technologie 5G ne saurait se faire contre la volonté populaire. Les risques pour la santé et l’environnement sont encore mal connus et l’arrivée de nouvelles fréquences nécessaires à la 5G, comme les fameuses ondes millimétriques, demandent une modification des valeurs-limites de protection contre le rayonnements. Alors que la Suisse jouit d’une longue tradition de consultation de la population pour de nouveaux projets, les opérateurs de téléphonie mobile ont voulu passer en force. La Confédération a ainsi octroyé les concessions pour la 5G sans même que le débat sur les risques et les opportunités de cette technologie pour la population n’ait pu avoir lieu. Les Vert∙e∙s le regrettent.

Pour tenter de pallier cet écueil, les Vert∙e∙s encouragent les communes à mettre à l’enquête publique toute demande d’opérateurs qui viserait à modifier leurs antennes de téléphonie existantes afin d’y intégrer la technologie 5G tout en respectant les normes légales en vigueur. La population doit en effet pouvoir être consultée sur ces demandes. C’est pourquoi les Vert∙e∙s interviendront d’ailleurs systématiquement dans les Conseils communaux et généraux des communes vaudoises pour que ces mises à l’enquête soient effectuées

Enfin, les Vert∙e∙s relèvent que les “promesses” de la technologie 5G (ultra-haut débit, internet des objets, etc.) soulèvent des questions fondamentales en termes de consommation d’énergie et d’obsolescence programmée. Indépendamment de la question du rayonnement non-ionisant, les Vert∙e∙s considèrent que cette course effrénée doit être remise en question: le technologie peut certes être un atout et un outil dans la lutte contre le gaspillage, mais elle peut aussi se transformer en accélérateur de ce gaspillage. Grâce au lancement d’initiatives populaires en préparation, le débat pourra enfin avoir lieu sur la place de cette technologie en Suisse.

Communiqué 2019

Biodiversité : Un plan d’action cantonal positif qu’il faudra financer

Les Vert∙e∙s vaudois∙es saluent le Plan d’action vaudois pour promouvoir la biodiversité présenté ce matin par le Conseil d’Etat. Une action urgente est en effet nécessaire pour préserver ce qui peut encore l’être. L’ambition manifestée par ce plan est donc bienvenue, mais des moyens financiers importants seront nécessaires pour la traduire en actes. Les Vert∙e∙s vaudois∙es suivront donc de près la mise en œuvre des mesures prévues pour s’assurer de leur réalisation effective, le plus rapidement possible.

Les Vert∙e∙s se réjouissent que le Canton reconnaisse la gravité de la situation et l’urgence d’agir en matière de biodiversité. La Suisse a pris un grand retard en la matière[1]. C’est malheureusement aussi le cas du Canton de Vaud qui, 10 à 20 ans après l’échéance des délais fixés dans les ordonnances fédérales, n’a toujours pas affecté nombre de biotopes d’importance nationale en zone protégée. Ils saluent donc les mesures et projets pilotes annoncés, notamment le but d’affecter 17% du territoire en zone protégée par des mesures contraignantes d’ici 2025-2030.

Toutefois, le plan d’action s’adresse en premier lieu aux services de l’administration cantonale. Comme le reconnaît lui-même le Conseil d’Etat, l’action du Canton ne suffit pas pour arrêter l’effondrement de la biodiversité. Or, le plan ne contient pratiquement aucune mesure contraignante à l’égard des communes et des privés. Le Plan directeur cantonal contient pourtant des objectifs intéressants en matière de biodiversité (liaisons biologiques; territoires d’intérêt biologique prépondérant. Ceux-ci mériteraient d’être relayés dans la législation cantonale

.

Les Vert∙e∙s demandent donc que la révision annoncée de la LPNMS remédie à ces carences et prévoie une protection efficace des biotopes (d’importance nationale, régionale et communale). L’aménagement du territoire doit aussi être mis au service de la biodiversité, notamment pour assurer une vraie politique de compensation écologique. Il appartient au Canton de veiller à la mise en œuvre des objectifs de biodiversité du PDCn ainsi que de la législation fédérale (LPN, LEaux, LAT) lors de la révision des PGA des communes en cours , en déclassant les territoires nécessaire pour la réalisation de l’infrastructure écologique et en renforçant la biodiversité, notamment dans les espaces bâtis. Il s’agit également d’adapter les règlements communaux afin d’impliquer les propriétaires privés, habitants et locataires dans la promotion de la biodiversité.

Il est en outre nécessaire de systématiquement prendre en compte la biodiversité dans toutes les politiques et actions, dans tous les secteurs et à chaque niveau, comme le demandent d’ailleurs les Vert∙e∙s dans leur papier de position[2].

Les Vert∙e∙s saluent, en outre, l’effort annoncé pour la réalisation de l’infrastructure écologique, y compris la revitalisation des cours d’eau. Il faudra toutefois accélérer la cadence, car la biodiversité s’effondre et le temps presse. Ils demandent donc :

•    de rendre entièrement fonctionnel tout le réseau écologique cantonal d’ici 5 ans ;
•    d’améliorer rapidement le réseau cantonal des cours d’eau et des lacs, avec au moins 5 km linéaires de revitalisations chaque année ;
•    de doubler la surface des aires protégées dans le canton.

En moyenne 2 km de cours d’eau sont renaturés chaque année; ceci est absolument insuffisant au vue de la situation catastrophique des milieux d’eau douce et humide. Étant donné l’urgence, il ne suffit plus de miser sur l’incitation et des projets pilotes, mais, au besoin, le Canton doit pouvoir se substituer aux communes qui n’agiraient pas.

En outre, les plus belles idées doivent être financées et les Vert∙e∙s intervenaient encore tout récemment par la voix de Séverine Evéquoz et d’Olivier Epars pour demander davantage de moyens financiers pour réaliser effectivement les mesures nécessaires à la préservation de l’environnement et à l’enraiement de la perte en biodiversité.

Finalement, il est également nécessaire de renforcer les ressources humaines des services spécialisés, notamment la DGE Biodiv, financièrement et en ETP, pour pouvoir remplir efficacement toutes les tâches que le plan d’action lui attribue. Les moyens prévus en page 49 semblent très insuffisants.


[1] La Convention mondiale sur la biodiversité de Nagoya définit 20 objectifs de biodiversité qui auraient déjà dus être atteints en 2020

[2] http://www.verts-vd.ch/wp-content/uploads/2019/01/Papier_position_biodiversite_190119_DEF_AG.pdf

Communiqué 2019

DANGER : TRANSPORT DE CHLORE ! LES VERT∙E∙S EXIGENT UNE PRODUCTION SUR SITE

Dans plusieurs gares dans les cantons de Genève, Valais et Vaud, les Vert∙e∙s ont mené une action coordonnée pour sensibiliser la population et alerter les autorités quant aux risques liés au transport de chlore. Elles et ils se sont pris en photo avec un panneau indiquant le nombre de vies menacées autour de ces gares par le passage de convois de chlore.

Chaque semaine, de nuit, un train spécial en provenance de France traverse la métropole lémanique pour acheminer du chlore en Valais, pour servir les besoins de l’industrie. En 2018, c’est ainsi environ 20’000 tonnes de chlore qui ont transité par la Suisse romande. Or, il s’agit d’une substance extrêmement dangereuse. Si un wagon libérait accidentellement son contenu, jusqu’à 30% des personnes à l’air libre décèderaient dans un rayon de 2,5 km, sans compter les dégâts inestimables sur l’environnement. On estime que plus de 800’000 personnes sont menacées par le transport de chlore dans les seuls cantons vaudois et genevois.

Depuis 2015 et la mobilisation importante, principalement des Vert∙e∙s, pour dénoncer cette prise de risque insensée, trop peu a été fait. La Confédération semble résignée à ne plus exiger la production du chlore sur place, pourtant la solution la plus adéquate. Pire : le gouvernement a renoncé en juin à la suppression systématique des 432 obstacles identifiés sur le réseau ferroviaire pouvant endommager le réservoir d’un wagon-citerne en cas de déraillement et provoquer une fuite !

Scandalisé∙e∙s par le laxisme dont font preuve les autorités, les Vert∙e∙s remontent au front. Outre les actions dans les gares, elles et ils ont déposé des interventions parlementaires dans les cantons et au Conseil national. Dans le canton de Genève, la députée Verte Isabelle Pasquier a déposé une motion pour que le Conseil d’Etat procède à une évaluation chiffrée des coûts humains et financiers en cas d’accident. Ces données aideront les autorités cantonales à mieux défendre l’intérêt pour la société et l’économie à produire le chlore localement. Dans le canton de Vaud, la députée Verte Léonore Porchet a déposé une interpellation pour connaître la position actuelle du Conseil d’Etat vaudois dans ce dossier. Comment compte-t-il s’engager pour atteindre une réduction des risques à la source et une nette diminution des quantités de chlore transportées ? Est-il prêt à s’engager activement pour favoriser une production de chlore proche des usines ? Enfin, la Conseillère nationale Lisa Mazzone questionne le Conseil fédéral, par voie d’interpellation, sur sa décision de renoncer à la suppression des 432 obstacles ferroviaires, sur les délais en vue d’utiliser des wagons mieux sécurisés et sur le refus de produire le chlore sur place.

N’attendons pas qu’un accident ait lieu pour prendre les mesures qui s’imposent. L’accident majeur survenu à Daillens en 2015, provoquant une forte pollution, aurait dû largement suffire. Il faut que le chlore soit directement produit sur place, quoiqu’en dise l’industrie chimique concernée. Il faut par ailleurs réduire sa consommation, considérant que le chlore est notamment utilisé dans des produits phytosanitaires dont certains sont interdits d’utilisation en Suisse. La protection de la population et de l’environnement prime sur les intérêts de l’industrie. Le principe de précaution doit être appliqué !

Communiqué 2019

Pour une interdiction du plastique à usage unique dans le canton

La production de plastique mondiale a atteint presque 400 millions de tonnes,  dont les déchets finissent en grande partie dans les océans. Mais aussi dans le Léman. Cela met en danger non seulement les écosystèmes aquatiques, mais aussi la santé humaine puisque ces déchets se décomposent en infimes particules de micro plastiques qui finissent par se retrouver dans la chaîne alimentaire.  Alors que de nombreux pays ont interdit, ces dernières années, le plastique à usage unique, et que la vielle de Genève a fait il y a deux mois, il est temps que notre canton le fasse également. C’est pourquoi la députée verte Nathalie Jaccard interviendra demain au Grand conseil.

Le recours au plastique s’est développé de manière démesurée. A tel point que des millions de tonnes de déchets plastiques sont annuellement déversées dans les océans, ce qui met non seulement en péril la faune et la flore marines, mais porte également une atteinte indirecte à notre santé. En effet, ces déchets se décomposent en infimes particules de micro plastiques qui se retrouvent au final dans la chaîne alimentaire. Des scientifiques ont trouvé des fibres de plastique, des fragments et des microbilles dans les poissons de mer et d’eau douce, capturés dans la nature et dans les élevages. Plus d’une centaine d’espèces de poissons ont été retrouvés avec du plastique dans leur estomac, dont la moitié que nous consommons. Ces microplastiques se transforment en nano plastiques qui pénètrent les tissus et organes humains.

Le Parlement européen a récemment largement voté l’interdiction d’une dizaine de produits représentant 70% des déchets retrouvés dans les océans et cours d’eau dès le 1er janvier 2021. Sont touchés les bâtonnets de ballons gonflables, bâtonnets de coton-tige, couverts jetables, pailles, touillettes en plastique, etc.

Plus près de nous, l’Association pour la sauvegarde du Léman a récemment révélé qu’environ 50 tonnes de plastiques sont rejetées chaque année dans le lac Léman, ce qui a notamment poussé la ville de Genève a interdire le plastique à usage unique dès 2020. D’autres communes genevoises ont également mis en place des initiatives visant à réduire ou interdire l’utilisation du plastique, voire à abandonner les objets à usage unique.

Il s’agit maintenant pour notre canton d’emboîter le pas de nos voisins en prenant, à son tour, un ensemble de mesures visant à bannir l’usage du plastique à usage unique dans l’administration cantonale, au sein des organismes subventionnés par l’État, ainsi que toutes les manifestations qu’il organise, subventionne ou autorise. Et d’étudier les possibilité de l’interdire, à terme, dans l’ensemble du canton. C’est ce que demandera demain la députée verte Nathalie Jaccard au Conseil d’Etat.

Communiqué 2019

MONSANTO: la manne fiscale inattendue doit profiter à la biodiversité et à l’agriculture de proximité

Le Conseil d’Etat vaudois confirme ce jour, dans sa réponse à l’interpellation du député vert Raphaël Mahaim, que Monsanto devra bel et bien rembourser les impôts exonérés. Les Vert∙e∙s demandent donc au Conseil d’Etat de ne pas se satisfaire d’une simple amélioration du résultat comptable de l’exercice concerné mais de prévoir des investissements ciblés, d’un montant correspondant, en faveur de la biodiversité et de l’agriculture de proximité. Ils interpellent également le Conseil d’Etat sur les conséquences de cette rentrée fiscale sur le système péréquatif intercommunal.

Dans sa réponse à l’interpellation du député des Vert∙e∙s Raphaël Mahaim publiée ce jour, le Conseil d’Etat vaudois confirme que Monsanto/Bayer devra rembourser les impôts exonérés pendant les 10 ans d’exonération fiscale en terre vaudoise (application de la cause de claw back en cas de déménagement de la société dans les 10 ans suivant la fin de l’exonération).

En l’absence de mesures particulières, la manne fiscale inattendue viendrait «simplement» améliorer le résultat comptable de l’exercice concerné, soit peut-être 2019, plus vraisemblablement 2020 ou 2021. Vu la dette de l’Etat de Vaud, désormais contenue à un niveau acceptable, et l’ampleur des recettes prévisibles, une telle manière de faire n’est pas acceptable. Les Vert∙e∙s demandent, par la voie d’une motion parlementaire, que le Conseil d’Etat présente au Grand Conseil, par le biais d’un projet de base légale, d’un projet de décret ou de toute autre voie jugée utile, des dépenses ciblées en faveur de la biodiversité et de la protection du climat, en faveur de l’agriculture de proximité ou encore en faveur de la recherche agronomique consacrée aux alternatives aux pesticides de synthèse. Le Conseil d’Etat est également prié d’examiner les possibilités d’atténuer les conséquences de la nouvelle fiscalité agricole pour les exploitations agricoles du canton.

Pour connaître l’ampleur des recettes fiscales en jeu, les Vert∙e∙s demanderont également, par courrier à l’administration cantonale des impôts, comme l’autorise la loi cantonale, à obtenir le bénéfice imposable de Monsanto.

Enfin, cette manne fiscale inattendue pourrait avoir des effets sur le système péréquatif intercommunal. D’apparence technique, cette question pourrait avoir d’importantes conséquences pour les finances communales, en particulier pour la commune concernée (Morges). Les Vert∙e∙s interpellent le Conseil d’Etat pour en savoir davantage à ce sujet.

De façon générale, les Vert∙e∙s examinent également l’opportunité de demander, par voie de motion, que les critères pour les exonérations fiscales soient modifiés dans la loi, afin que de telles entreprises ne puissent plus bénéficier d’exonérations fiscales à l’avenir. Alors que les débats fédéraux sur l’initiative pour des multinationales responsables battent leur plein, une telle réforme cantonale semble être le minimum que l’on puisse attendre de la part de l’Etat de Vaud.

Communiqué 2019

Le Grand Conseil vaudois accepte de renoncer au glyphosate

Le Grand Conseil a accepté hier soir le décret du Conseil d’Etat répondant à la motion verte Glyphosate, le nom scientifique d’un pesticide cancérogène plus couramment appelé Roundup! déposée en mai 2015. Les Vert∙e∙s se réjouissent de ce vote qui permet de faire un pas en direction d’une meilleure protection de la nature, de la biodiversité et de la santé humaine.

Après la décision du Conseil national de soutenir le postulat des Verts suisses demandant d’étudier l’opportunité et les modalités d’une sortie du glyphosate, et celle du Grand Conseil genevois de soutenir la résolution pour la sortie du glyphosate, le canton de Vaud a voté hier soir le décret permettant de faire un premier pas vers l’interdiction du glyphosate.

Le 20 mars 2015, l’OMS, via le Centre international de recherche sur le cancer, a classé cinq pesticides, dont le glyphosate, « cancérogènes probables pour l’Homme ». Il s’agit de l’échelon le plus élevé avant « cancérogène certain ». Le glyphosate est le principe actif du désherbant le plus répandu dans le monde, le Roundup, de Monsanto racheté par Bayer. Le glyphosate est utilisé dans de nombreux produits dans l’agriculture ainsi que pour certains usages domestiques (désherbage chimique dans les jardins privés). En 2013, 300 tonnes de cette substance ont été vendues en Suisse. Une centaine de produits en contiennent. Cet herbicide peut affecter toutes les cellules vivantes, notamment humaines. Cette décision de l’OMS doit nous amener à reconsidérer l’utilisation sur le marché de ce produit toxique pour les êtres humains et pour les écosystèmes. Une étude menée à l’échelle européenne, en été 2013, a permis de détecter la présence dans l’urine humaine de résidus de glyphosate, dans des proportions variables selon les pays. De plus récentes études indiquent le risque de « toxicité générationnelle ».

Malgré les récents procès ayant plusieurs fois condamné Bayer/Monsanto a indemniser des victimes de son produit phare, les moyens financiers pour continuer à défendre ce produit sont considérables (comme cela avait été le cas pour les cigarettes) et, début mai, la presse indiquait que Bayer, via Monsanto, fichait les personnalités quant à leur position sur le glyphosate.

La possible interdiction du glyphosate par l’Union européenne en 2022 doit conduire l’Etat de Vaud à trouver des solutions moins invasives et plus environnementalement plus propre qui pourront être reprises par les particuliers, les communes et les agricultrices et agriculteurs. En ce sens l’établissement d’un état des lieux de l’utilisation du glyphosate par les services cantonaux, les communes, les entités paraétatiques et les particuliers ; la renonciation de l’utilisation du glyphosate par les services étatiques et paraétatiques pour toute application sortant du cadre agricole ; la mise en œuvre d’un plan de sortie du glyphosate pour les domaines de l’Etat exploités pour l’agriculture, la viticulture et l’arboriculture ; le renforcement du contrôle de l’application des dispositions fédérales ; la campagne d’information auprès des communes, des professionnels, des associations faîtières et de la population ; la sensibilisation des remettants, la surveillance du marché et le soutien à la formation ne sont que des premiers pas permettant à terme de se passer totalement du glyphosate.

Communiqué 2019

Des fonds pour passer des intentions aux actes en faveur de la biodiversité

Les études se suivent et se ressemblent, avec toujours le même constat alarmant :  la moitié des habitats et un tiers des espèces sont menacés ; les populations animales et végétales indigènes ont drastiquement chuté en 20 ans à peine ; et les insectes, et avec eux les oiseaux, disparaissent. Il est donc plus que temps d’agir pour préserver ce qui peut encore l’être de biodiversité. C’est pourquoi les Vert∙e∙s demandent aujourd’hui au Conseil d’Etat davantage de moyens pour le Fonds cantonal pour la protection de la nature et d’édicter un règlement d’utilisation du fonds adapté aux nouveaux objectifs fixés. Car les plus belles intentions ont besoin de moyens pour pouvoir être réalisées.

En avril 2019, un organisme intergouvernemental indépendant comprenant plus de 130 Etats (IPBES) a publié un rapport qui dresse un bilan alarmiste sur l’état de la biodiversité dans le monde. Les 355 experts ayant contribué à la rédaction dudit rapport indiquent que « la nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier ».

Si le Conseil d’Etat s’est déjà engagé, dans son programme de législature, à « Établir et mettre en œuvre un plan d’action en faveur de la biodiversité avec le soutien de la Confédération », encore faut-il qu’il s’en donne les moyens. Car si le canton dispose d’un Fonds pour la protection de la nature (article 37 LPMNS), ce dernier est actuellement insuffisamment doté pour soutenir une politique en faveur de la biodiversité qui soit à la hauteur des défis auxquels nous sommes aujourd’hui confronté∙e∙s.

En outre, la Confédération prévoit des financements pour la mise en œuvre des conventions-programmes conclues avec les cantons. Pour 1CHF investi par le canton, la Confédération en injecte 2. Pourtant, là aussi, le manque de moyens financiers cantonaux empêche aujourd’hui le canton de toucher l’entier de la manne financière de la Confédération. Le Conseil d’Etat l’avouait lui-même dans sa réponse à l’interpellation Evequoz (17_INT_46), en 2018, écrivant n’avoir pas pu « obtenir l’ensemble des subventions fédérales disponibles faute de ressources cantonales suffisantes ». 

Au niveau local troisièmement, peu de moyens ont été affectés pour soutenir les démarches entreprises, or les enjeux en matière de biodiversité sont centraux à cette échelle car les biotopes qui structurent le tissu territorial permettent de connecter les biotopes d’intérêt national. Des actions fortes doivent donc être envisagées pour préserver ce patrimoine naturel, sans quoi de nombreuses espèces disparaîtront. 

Enfin, faute de moyens financiers suffisants, le Canton doit aussi renoncer à soutenir certaines actions menées par les communes, les associations ou les privés en faveur de la biodiversité. Il conviendrait ainsi d’envisager un système de financement analogue à celui de la Confédération, qui permettrait de faire percoler les moyens financiers du Canton à travers les communes aux citoyens, pour soutenir des actions privées en faveur de la biodiversité par exemple en milieu bâti.

Les député∙e∙s Vert∙e∙s Séverine Evéquoz et Olivier Epars demandent donc que le Fonds soit urgemment doté de moyens supplémentaires pour pouvoir mettre en œuvre une politique de protection de la biodiversité ambitieuse, plus que jamais nécessaire.