Communiqué 2019

Le Grand Conseil vaudois accepte de renoncer au glyphosate

Le Grand Conseil a accepté hier soir le décret du Conseil d’Etat répondant à la motion verte Glyphosate, le nom scientifique d’un pesticide cancérogène plus couramment appelé Roundup! déposée en mai 2015. Les Vert∙e∙s se réjouissent de ce vote qui permet de faire un pas en direction d’une meilleure protection de la nature, de la biodiversité et de la santé humaine.

Après la décision du Conseil national de soutenir le postulat des Verts suisses demandant d’étudier l’opportunité et les modalités d’une sortie du glyphosate, et celle du Grand Conseil genevois de soutenir la résolution pour la sortie du glyphosate, le canton de Vaud a voté hier soir le décret permettant de faire un premier pas vers l’interdiction du glyphosate.

Le 20 mars 2015, l’OMS, via le Centre international de recherche sur le cancer, a classé cinq pesticides, dont le glyphosate, « cancérogènes probables pour l’Homme ». Il s’agit de l’échelon le plus élevé avant « cancérogène certain ». Le glyphosate est le principe actif du désherbant le plus répandu dans le monde, le Roundup, de Monsanto racheté par Bayer. Le glyphosate est utilisé dans de nombreux produits dans l’agriculture ainsi que pour certains usages domestiques (désherbage chimique dans les jardins privés). En 2013, 300 tonnes de cette substance ont été vendues en Suisse. Une centaine de produits en contiennent. Cet herbicide peut affecter toutes les cellules vivantes, notamment humaines. Cette décision de l’OMS doit nous amener à reconsidérer l’utilisation sur le marché de ce produit toxique pour les êtres humains et pour les écosystèmes. Une étude menée à l’échelle européenne, en été 2013, a permis de détecter la présence dans l’urine humaine de résidus de glyphosate, dans des proportions variables selon les pays. De plus récentes études indiquent le risque de « toxicité générationnelle ».

Malgré les récents procès ayant plusieurs fois condamné Bayer/Monsanto a indemniser des victimes de son produit phare, les moyens financiers pour continuer à défendre ce produit sont considérables (comme cela avait été le cas pour les cigarettes) et, début mai, la presse indiquait que Bayer, via Monsanto, fichait les personnalités quant à leur position sur le glyphosate.

La possible interdiction du glyphosate par l’Union européenne en 2022 doit conduire l’Etat de Vaud à trouver des solutions moins invasives et plus environnementalement plus propre qui pourront être reprises par les particuliers, les communes et les agricultrices et agriculteurs. En ce sens l’établissement d’un état des lieux de l’utilisation du glyphosate par les services cantonaux, les communes, les entités paraétatiques et les particuliers ; la renonciation de l’utilisation du glyphosate par les services étatiques et paraétatiques pour toute application sortant du cadre agricole ; la mise en œuvre d’un plan de sortie du glyphosate pour les domaines de l’Etat exploités pour l’agriculture, la viticulture et l’arboriculture ; le renforcement du contrôle de l’application des dispositions fédérales ; la campagne d’information auprès des communes, des professionnels, des associations faîtières et de la population ; la sensibilisation des remettants, la surveillance du marché et le soutien à la formation ne sont que des premiers pas permettant à terme de se passer totalement du glyphosate.

Communiqué 2018

Un 2ème pas important vers l’abandon du glyphosate

Après le rapport du Conseil d’Etat vaudois, en juillet dernier, suite à la motion du député des Verts Yves Ferrari, demandant que soient prises toutes les mesures possibles pour stopper la vente et l’utilisation de produits à base de glyphosate, le Conseil national accepte aujourd’hui le postulat d’Adèle Thorens Goumaz pour étudier l’opportunité et les modalités d’une sortie progressive du glyphosate. Une tendance qui va dans la bonne direction pour sortir définitivement de ce pesticide dangereux !

Alors que le 20 mars 2015, l’OMS, par le biais du Centre international de recherche sur le cancer, reconnaissait le caractère de « cancérogène probable pour l’Homme » de cette substance, le Conseil national reconnait aujourd’hui, lui aussi, l’importance de chercher des alternatives à ce dangereux pesticide, dont une étude américaine vient en outre de montrer l’impact négatif sur la santé des abeilles.

Les Verts saluent l’acceptation en session du postulat d’Adèle Thorens Goumaz demandant au Conseil fédéral d’étudier l’opportunité et les modalités d’un plan de sortie progressif du glyphosate, en dialogue avec les milieux concernés, en particulier les milieux agricoles.

Il s’agit là d’une décision importante étant donné qu’il est reconnu que cet herbicide peut affecter toutes les cellules vivantes, y compris humaines, et que des résidus ont d’ailleurs été trouvés dans les urines de 37,5% des Suisse récemment par l’émission ABE de la RTS. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) en a d’ailleurs également trouvé des traces dans à peu près toutes les catégories de denrées alimentaires testées, dont du miel ou des vins suisses. Cela montre que si l’utilisation du glyphosate est certes mieux cadrée par la politique agricole de notre pays qu’à l’étranger, elle n’empêche pas les problèmes posés par ce produit (à l’embouchure du Boiron le taux de glyphosate était 60 fois supérieur à la norme en 2016). Il devrait donc être remplacé, à chaque fois que c’est possible et, à terme, complètement, par des alternatives plus respectueuses de l’homme et de la nature. La France a annoncé qu’elle comptait s’émanciper du glyphosate dans les années qui viennent. En Suisse, plusieurs cantons et de nombreuses communes sont sur la même voie.

Après cette victoire d’étape, fruit du travail remarquable de leur conseillère nationale, les Verts vaudois vont continuer à s’engager pour une sortie définitive du glyphosate de notre agriculture et de nos assiette.

Interventions parlementaires

Agriculture durable: le canton doit donner l’exemple

Interpellation

L’agriculture suisse est très malmenée ces temps-ci. Ses produits sont confrontés à une concurrence impitoyable de produits à bas prix venant de l’étranger. De plus en plus de critiques surgissent à propos de l’emploi de substances de synthèse pour la production traditionnelle agricole.

L’industrialisation de l’agriculture à l’instar de celle p.ex. en Amérique du Nord ne correspond plus à l’image que se font nos concitoyens et consommateurs. Les grands transformateurs et les grands distributeurs semblent décidés à faire pression sur l’agriculture afin d’optimiser encore leurs profits. Plus de 1 ‘000 domaines agricoles ferment chaque année en Suisse et ce depuis plusieurs décennies. Il est temps de mettre un frein à cette hémorragie.

Malgré ce tableau sombre, il se trouve encore de nombreux jeunes qui suivent la formation agricole et qui sont motivés à relever le défi. La continuité de l’ intérêt des jeunes pour la formation agricole dépend de la perspective concernant la durabilité et de la viabilité que peut leur offrir l’école. Est-ce vraiment l’optimisation des paiements directs qu’il faut leur enseigner en premier ? Non, il faut leur montrer par l’exemple pratique l’avantage du travail bien fait, de pouvoir offrir aux consommateurs attentifs le produit qu’ils espèrent obtenir et qu’ils veulent bien payer à son juste prix. La part de ces consommateurs conscients de la situation précaire de l’agriculture, soucieux d’avoir une alimentation saine et de soutenir une agriculture en accord avec la nature, est en constante augmentation.

Seulement 5 à 8% des élèves des écoles d’agriculture choisissent actuellement le cursus de culture biologique. Ce faible pourcentage est probablement proportionnel au manque d’engagement pratique du Canton dans le domaine de l’agriculture biologique. Ils sont probablement souvent démotivés par leurs aînés qui ont été formés selon les principes valables à leur époque, et ils n’ont que trop peu d’exemples pratiques leur permettant d’adopter de modes plus durables de gestion d’une ferme.

Actuellement, l’agriculture bio est appliquée à Grange Verney sur une petite partie de la surface du domaine agricole. Or, en Suisse, l’agriculture bio, depuis ses débuts, a été fondée sur la soumission totale d’un domaine à ses règles propres. Le bio parcellaire n’est donc pas autorisé chez nous, ce qui renforce considérablement sa crédibilité.

Après l’énumération des faits ci-dessus, je me permets d’adresser les questions suivantes au Conseil d’Etat :
1. Quelles sont les mesures mise en œuvre par le Conseil d”Etat pour affranchir l’agriculture vaudoise des pesticides et des engrais de synthèse?
2. Quels sont les soutiens envisagés par le Conseil d’Etat au développement de domaines entièrement dédiés à la formation dans I”agriculture biologique ?
3. Quels sont les soutiens envisagés par le Conseil d”Etat en vue de favoriser la proximité et la diversité dans la production agricole, la transformation artisanale et la vente locale ?
4. Quelles sont les moyens financiers que le Conseil d”Etat entend mettre à disposition pour soutenir les mesures proposées ci-dessus ?

Andreas Wüthrich

Interventions communales

La commune de Savigny utilise-t-elle du glyphosate?

Question à la municipalité

Madame la Syndique, Messieurs les Municipaux,

Comme vous le savez peut-être, le glyphosate, molécule herbicide développée par Monsanto, est classé depuis le 20 mars 2015 comme cancérigène probable par le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS. De plus, un article, publié dans International Journal of Environmental Research and Public Health, démontre que les co-formulants entrant dans la composition des herbicides à base de glyphosate sont des perturbateurs endocriniens. Des résidus de glyphosate ont d’ores et déjà été retrouvés dans plusieurs rivières du canton dont la Venoge.

Récemment, une carte de recensement de l’utilisation de pesticides dans les communes vaudoises et genevoises a été mise à jour et est disponible sur le site : ma-commune-zero-pesticide.ch.

Je constate qu’à ce jour la commune de Savigny n’a pas répondu à cette enquête. Je serais donc reconnaissante à la municipalité de répondre aux questions suivantes :

1- Utilisons-nous du glyphosate dans la commune?

Par exemple pour l’entretien des espaces verts ou des bords de route. Le glyphosate est vendu sous plusieurs noms commerciaux dont les principaux sont Roundup, Resolva ou Capito.

2- Dans le cas où la commune utilise encore du glyphosate, existe-t-il un plan pour l’arrêt de son utilisation à court terme? Merci dans ce cas de donner des informations concernant ce plan d’arrêt.

3- Utilisons-nous d’autres pesticides ou insecticides? Et si oui, existe-t-il un plan pour l’arrêt de leur utilisation à court terme?

Des alternatives existent et sont déjà utilisées dans plusieurs communes du canton :

http://www.gestiondifferenciee.be/files/outils_de_comm/livret-Jardinez_sans_pesticides.pdf

Dans l’attente de votre réponse, et en vous remerciant vivement de l’attention que vous porterez à cette requête, je vous prie d’agréer, Madame la Syndique, Messieurs les Municipaux, mes sincères salutations.

Lara Graz

Groupe Les Verts de Savigny

Interventions communales

Utilisation des pesticides à Ecublens

Question à la municipalité

Récemment, une carte de recensement de l’utilisation de pesticides dans les communes vaudoises et genevoises a été mise à jour et est disponible sur le site ma-commune-zero-pesticide.ch.

Je constate que la commune d’Écublens est au niveau « orange » c’est-à-dire qu’elle est sur le point d’arrêter l’utilisation de glyphosate (produit par Monsanto), pour entretenir le cimetière.

Par contre, d’autres pesticides sont utilisés et aucun plan de limitation voire d’interdiction n’est prévu.

J’adresse donc trois questions à la municipalité :

Les informations données sur le site sont-elles correctes ?

Quels sont les pesticides utilisés pour l’entretient des terrains communaux comme les vignes, les parcs publics, et les espaces verts divers ?

Quel point de vue adoptez-vous pour l’avenir sur cette question des pesticides ?

Merci de votre attention.

 

Guillaume Leuba, le 19 mai 2016