Interventions parlementaires

Qui a peur des Epreuves cantonales de référence (ECR) ?

Interpellation

Initialement, les épreuves cantonales de références (ECR) servaient à piloter et harmoniser l’école vaudoise. Avec la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO), elles comptent désormais pour 30%
dans la moyenne de ces trois branches pour les élèves de 8ème année, dans le cadre de leur orientation pour le cycle secondaire.

Si, pour certains, l’obstacle sera franchi sans gros dégâts, les ECR peuvent représenter une source de stress envahissante non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents. Certains
acteurs privés en font d’ailleurs un véritable business en proposant des cours d’appui voire des «camps de préparation» aux ECR. Ce phénomène vient alimenter une sorte de «course à la performance » qui n’est pas de nature à assurer un climat serein dans l’institution scolaire.

Les résultats de ces épreuves semblent d’ailleurs démontrer que les élèves doués s’en sortent et ceux qui ont des difficultés échouent… On observe que les notes sont sensiblement identiques entre les épreuves de référence et les résultats semestriels ou annuels. Les ECR ne semblent donc pas constituer des épreuves décisives dans le parcours scolaire des élèves.

Un des objectifs affichés des ECR est de « situer les résultats obtenus par les élèves ou les établissements scolaires par rapport à là moyenne du canton » (site web du DFJC). Or, il
semblerait que les élèves qui bénéficient de programmes personnalisés ou de mesures particulières ne passent pas systématiquement ces épreuves, ou alors sous certaines conditions. Les élèves en difficulté ne font donc pas partie des comparaisons statistiques.

Enfin, il convient de s’interroger sur la charge de travail que constituent la préparation et la correction de ces épreuves pour les enseignants. Les enjeux liés à la l’enseignement sont en effet
nombreux et complexes. Les ressources à disposition de l’école sont quant à elles limitées. Il nous parait donc important que les efforts déployés pour organiser les ECR permettent effectivement de renforcer la qualité du système scolaire.Ainsi, nous avons l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

1 . Le Conseil d’Etat est-il en mesure de dresser un bilan des épreuves cantonales de référence au regard des objectifs affichés par le DFJC sur son site web¹ ?
2. Si oui quelle est l’efficacité et l’efficience de l’outil ECR ?
3. En quoi ces épreuves permettent-elles de vérifier la qualité du système d’étude vaudois en regard du plan d’études romand (PER) ?
4. Quelles sont les ressources nécessaires pour organiser les ECR (nombre de postes, heures supplémentaires,…) ?
5. Selon le rapport de la COGES de juin 2017, « les Epreuves cantonales de référence (ECR) se passent sans difficulté, tendent à tirer les établissements vers le haut et limitent les
redoublements ». Le Conseil d’Etat peut-il confirmer cette appréciation ?
6. Si oui, sur la base de quel(le) constat/analyse ?
7. Comment le Conseil d’Etat se positionne-t-il vis-à-vis des cours d’appui voire des « camps de préparation » aux ECR proposés par certains acteurs privés ?
8. L’égalité des chances est-elle garantie entre les élèves si certains bénéficient d’une préparation spécifique, à la charge dës parents, et d’autres pas ?

Vassilis Venizelos

¹Selon le site web du DFJC, «« les épreuves cantonales de reférence (ECR) ont pour but de :
– contribuer à la qualité du système scolaire ;
– d’harmoniser les exigences de l’enseignement dans le canton en vue d’assurer une éqalité de traitement entre les élèves ;
– mettre à la disposition des enseignants des repères extérieurs à la classe permettant de situer la progression des élèves ;
– situer les résultats obtenus par les élèves ou les établissements scolaires par rapport à la moyenne du canton ;
– vérifier le degré d’atteinte d’objectifs tirés du plan d’études romand (PER) .

Interventions parlementaires

Qui défend l’Agroscope de Changins?

Interpellation

Qui défend l’Agroscope de Changins, fleuron de l’innovation agricole suisse et vaudoise !

Changins est un site de formation unique en Suisse qui constitue le centre de compétences national pour la formation des métiers de la vigne, du yin et de l’arboriculture. Depuis sa création en
1948, Changins a toujours mis l’accent sur l’absolue nécessité d’offrir un pôle de recherche et un enseignement d’excellence, intégrant aussi bien les aspects théoriques que pratiques. Changins
compte 132 employés, plus de 100 hectares de cultures expérimentales et plusieurs corps de bâtiments. Changins, c’est aussi le nom de la Haute École de viticulture et œnologie. Elle se
trouve sur le mème site mais ne déperid pas de l’OFAG et intègre aussi l’école supérieure de technicien viticole et l’école du vin pour tous.

Parmi les nombreuses réorganisations d’Agroscope depuis un vingtaine d’années, celle de 2014 restructurait fondamentalement les stations fédérales de recherches agronomiques. Pourtant dans
son rapport intermédiaire sur la nouvelle organisation d’Agroscope daté du 15 juillet 2016, le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, DEFR évaluait cette
réorganisation menée en 2014 et prévoyait plutôt des perspectives de développement des infrastructures du site de Changins à moyen terme (5 ans).

Or c’est désormais de la fermeture définitive du site de Changins, pour des raisons économiques, dont il est question. L’agriculture suisse et vaudoise perdrait le fleuron de son innovation agricole, en particuliers en matière de production végétale, de protection des végétaux, de production animale, de systèmes culturaux, de protection des ressources naturelles et d’alimentation et même de l’économie et de la technologie agricole.

Les regroupements prévus à Posieux (FR) et plus généralement la stratégie de restructuration globale d’Agroscope met en péril la maîtrise étatique de la recherche en matière d’agriculture et cela n’est pas admissible au vu des intérêts économiques de l’industrie agro-alimentaire, de l’agro-chimie et des semenciers multinationaux et leurs conséquences.

La soussignée interpelle le Conseil d’Etat par les questions suivantes :

  1. Quelles sont les démarches entreprises par le Conseil d’Etat à l’annonce de la fermeture du site de CHANGINS et a-t-il bon espoir qu’elles aboutissent?
  2. En cas de fermeture, comment envisagerait-il l’après CHANGINS en matière de prestations délivrées auprès des agriculteurs et viticulteurs de l’arc lémanique (recherche et formation)?
  3. Comment se positionnerait notre canton en matière de recherche et d’innovation agricole?
  4. Que deviendraient les locaux et les terrains de l’actuel Agroscope Changins?

Séverine Evéquoz

 

Interventions parlementaires

Balance ton infirmière cochonne !

Au mois de mars dernier, plusieurs professionnel-le-s de la santé ont été alerté-e-s par un journaliste du Régional à propos d’illustrations pour le moins problématiques dans le Manuel pratique d’anesthésie, ouvrage de référence en anesthésiologie du Dr Eric Albrecht. Cet ouvrage, à disposition à la bibliothèque du CHUV et mis en référence pour de nombreux examens, contient au moins deux illustrations présentant les patientes et les infirmières comme des objets sexuels.

À juste titre, les médecins interrogé-e-s à ce sujet sont affligé-e-s et découragé-e-s. La section vaudoise de l’association suisse des infirmières et infirmiers déplore également ces images et en demandent le retrait, ce que va faire l’auteur.

Néanmoins, le Dr Albrecht ne semble pas avoir pris conscience de la portée sexiste (et pas seulement « pouvant heurter certaines sensibilités ») de ces images, pas plus que des difficultés particulières que rencontrent les femmes dans le milieu médical.

Ainsi, un tel cas démontre le sexisme structurel qui sévit et perdure dans le milieu médical : harcèlement sexuel, blagues et remarques sexistes, violences gynécologiques et obstétricales, plafond de verre, etc. Cet état de fait touche tant les praticiennes que les patientes, une majorité aux expériences de discrimination encore trop peu entendues dans un milieu où s’opposer à la culture sexiste dominante peut coûter une carrière.

J’ai donc l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat:

  1. Comme le Conseil d’Etat se positionne-t-il face à cet ouvrage et à ses illustrations?
  2. Le Conseil d’Etat a-t-il connaissance d’autres ouvrages contenant ce type de représentations dégradantes pour les femmes ou d’autres minorités? Si oui, que compte faire le Conseil d’Etat?
  3. Ce type d’illustrations créant un climat hostile pour les patientes, les étudiantes et les collaboratrices des hôpitaux, comment le Conseil d’Etat compte les protéger de ces attaques sexistes?
  4. Le Conseil d’Etat peut-il détailler les mesures déjà prises contre ce sexisme structurel ?
  5. Comment le Conseil d’Etat compte-t-il intensifier son action contre les discriminations sexistes existant au sein de la chaîne médicale (dans les hôpitaux publics comme à l’Université) ?

 

Léonore Porchet

Interventions parlementaires

Quelle stratégie 2018 d’encadrement des réfugiés mineurs non accompagnés (RMNA) dans le canton de Vaud ?

Interpellation

Mi-mars 2018, le 24heures informe que les conditions d’encadrement des réfugiés mineurs non accompagnés (RMNA) ainsi que les conditions de travail de leurs éducateurs-trices sont encore et toujours critiques dans les centres vaudois de l’EVAM. Cela malgré les efforts consentis en 2016 par le Conseil d’Etat. La fermeture annoncée du centre de Chasseron à Lausanne semble être la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les collaborateurs-trices qui s’impliquent dans leur travail, en vain. En encart, à côté de l’article du 14 mars, figure une affirmation du SPJ : « Sur le papier les ressources données sont suffisantes ». Cette déclaration, bien que s’intégrant à une rhétorique juridique, semble vouloir avouer une distance certaine entre théorie et pratique. En effet, l’article dénonce des problèmes structurels importants quant à l’encadrement des RMNA mais aussi de conditions de travail difficiles pour leurs éducateurs-trices, et par ailleurs inégales en regard des conditions de leurs confrères affectés à des structures destinées aux enfants non-migrants. L’argument du SPJ insinuant que les besoins d’encadrement des MNA sont inférieurs à ceux des enfants non-migrants n’est pas démontré et relève d’une réflexion peu vraisemblable.

Il y a peu, en 2016, suite à une vague de huit tentatives de suicides concernant les RMNA dans des centres vaudois, le Grand Conseil réaffirmait le droit inaliénable de tous les enfants à bénéficier d’une protection et d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité tel que défini dans la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Il saluait par voie de résolution largement soutenue, les efforts, alors consentis par le Conseil d’Etat (manne financière dotant l’EVAM de 6.6 mios supplémentaires par an pour les RMNA), et encourageait celui-ci à poursuivre l’adaptation de la prise en charge des mineurs en regard notamment de la croissance du nombre de RMNA attribué au canton de Vaud par la Confédération.

Aujourd’hui, bien que le nombre de RMNA ait diminué dans le canton, la situation semble toujours être très difficile. La mobilisation des éducateurs-trices et leur intention de faire grève en cas de fermeture du centre du Chasseron amènent les soussignés à interpeller le Conseil d’Etat afin qu’il rende compte de la situation :

Concernant les moyens alloués en 2016 :

Puisque les enfants migrants ne semblent pas bénéficier des mêmes conditions d’encadrement que les enfants non-migrants :

  • N’y a-t-il pas lieu de redéfinir l’organisation des moyens permettant d’assurer une prise en charge adéquate et équivalente de ces jeunes et de sauvegarder la santé des éducateurs-trices actifs auprès d’eux ?

Concernant la fermeture du centre de Chasseron à Lausanne :

  • Le Conseil d’Etat tient-il compte des conséquences dommageables pour les jeunes actuellement résidents de ce centre et pour l’ensemble des bénévoles, familles et professeurs actifs auprès d’eux ?
  • Estime-t-il raisonnable de condamner ce centre au vu des revendications des professionnel-le-s, de la difficulté à engager du personnel spécialisé dans ce domaine, et d’une situation géopolitique toujours instable rendant possible de nouveaux flux de RMNA à l’avenir ?

Concernant les employé-e-s de l’EVAM :

  • Le Conseil d’Etat peut-il infirmer que les éducateurs-trices encadrant les RMNA ne bénéficient pas de même conditions d’engagement que leurs confères/consœurs encadrant des enfants non-migrants et si oui, et peut-il expliquer pourquoi ?
  • Le Conseil d’Etat peut-il préciser combien de postes seraient supprimés en cas de fermeture du centre Chasseron, et s’il s’agit des postes des éducateurs-trices, sous contrat à durée déterminée (CDD) ou d’autres postes « fusibles » ne bénéficiant pas d’engagement à long terme (CDI) ?

Les soussignés remercient le Conseil d’Etat pour ses réponses.

Séverine Evéquoz

Actes Verts

Actes verts n°49 : Quelle stratégie 2018 pour les réfugiés mineurs non accompagnés?

Les enfants et les jeunes mineurs non accompagnés relevant du domaine de l’asile – dits aussi « mineurs non accompagnés » abrégés « MNA » – ont un besoin de protection particulier, du fait de leur âge et parce qu’ils se trouvent en Suisse, sans être accompagnés d’une personne investie de l’autorité parentale et, pour une partie d’entre eux, engagés dans une procédure d’asile. Pour ces mêmes raisons, ils sont aussi particulièrement exposés à la traite d’êtres humains et à d’autres formes d’exploitation (notamment sexuelle), à la criminalité organisée, ainsi qu’à d’autres activités illégales. Sans compter que les MNA sont souvent traumatisés par leur expérience de la fuite¹.

Depuis plusieurs années déjà, la prise en charge de ces jeunes est une préoccupation pour les Verts au vu des alertes lancées, pour la plupart par les médias, mais aussi par les syndicats, quant aux conditions de prise en charge défaillantes et critiquées dans les centres de l’EVAM.

Mi-mars 2018, 24heures informait que les conditions d’encadrement des réfugiés mineurs non accompagnés (MNA) ainsi que les conditions de travail de leurs éducateurs-trices sont encore et toujours critiques dans les centres vaudois de l’EVAM. Cela malgré les efforts financiers consentis en 2016 par le Conseil d’Etat. La fermeture annoncée du centre de Chasseron à Lausanne semble être la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les collaborateurs-trices qui s’impliquent dans leur travail, en vain. En encart, à côté de l’article du 14 mars, figure une affirmation du SPJ : « Sur le papier les ressources données sont suffisantes ». Cette déclaration, bien que s’intégrant à une rhétorique juridique, semble vouloir avouer une distance certaine entre théorie et pratique. En effet, l’article dénonce des problèmes structurels importants quant à l’encadrement des MNA mais aussi de conditions de travail difficiles pour leurs éducateurs-trices, et par ailleurs inégales en regard des conditions de leurs confrères affectés à des structures destinées aux enfants non-migrants. L’argument du SPJ insinuant que les besoins d’encadrement des MNA sont inférieurs à ceux des enfants non-migrants n’est pas démontré et relève d’une réflexion peu vraisemblable.

Il y a peu, en 2016, suite à une vague de huit tentatives de suicides concernant les MNA dans des centres d’accueil vaudois, le Grand Conseil réaffirmait le droit inaliénable de tous les enfants à bénéficier d’une protection et d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité tel que défini dans la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Il saluait par voie de résolution largement soutenue, les efforts, alors consentis par le Conseil d’Etat (manne financière dotant l’EVAM de 6.6 mios supplémentaires par an pour les MNA), et encourageait celui-ci à poursuivre l’adaptation de la prise en charge des mineurs en regard notamment de la croissance du nombre de MNA attribué au canton de Vaud par la Confédération.

Aujourd’hui, bien que le nombre de MNA ait diminué dans le canton, la situation semble toujours être très difficile. La mobilisation des éducateurs-trices et leur intention de faire grève en cas de fermeture du centre du Chasseron ont amené le groupe des Verts du Grand Conseil à interpeller le Conseil d’Etat et à le questionner sur les effets de sa politique actuelle, sur l’opportunité de la réorganiser, et sur les conséquences qu’aurait la fermeture du centre du Chasseron pour le jeunes et leurs encadrants.

Séverine Evéquoz

Pour aller plus loin :

Interpellation du 20 mars 2018

www.enfants-migrants.ch

Réponse du Conseil d’Etat à l’interpellation Céline Ehrwein Nihan – Le dispositif d’accueil des jeunes migrants non accompagnés est-il suffisant et adéquat?

Réponse à l’interpellation de Mmes Evéquoz et Lapique «Asile: quel accompagnement pour les mineurs non accompagnés?»

¹ Recommandations de la CDAS relatives aux enfants et aux jeunes mineurs 6 non accompagnés dans le domaine de l’asile 20 mai 2016

Interventions parlementaires

Comment mieux ancrer l’enseignement de l’allemand au secondaire I ?

Interpellation

La commission chargée de traiter du postulat Julien Eggenberger (17 POS 25al), concernant l’enseignement de l’allemand au degré secondaire 1, ayant refusé d’entrer en matière sur l’acceptation dudit postulat, il lui est cependant apparu indispensable de clarifier un certain nombre de points relatifs à la problématique soulevée par le postulant.

Forte de ce constat, elle a, à l’unanimité de ses membres, décidé de déposer une interpellation reprenant les points principaux qui lui semblait importants d’être clarifiés.

Au vu de ce qui précède, le président, au nom de la commission, demande des explications et précisions au Conseil d’Etat au sujet des points suivants:
– fournir des éléments statistiques détaillés sur le nombre d’enseignant-e-s d’allemand exerçant au degré secondaire I, ainsi que sur leur(s) titre(s) ;
– indiquer en particulier le nombre d’enseignant-e-s d’allemand engagés en CDD, sans le(s) titre(s) requis ;
– décrire la stratégie du Conseil d’Etat pour disposer de suffisamment d’enseignant-e-s titularisé-e-s en CDI dans les meilleurs délais;
– énumérer les mesures pour faciliter l’accès de germanophones aux études pédagogiques, en envisageant par exemple la création d’un Master conjoint UNIL-HEP en langue 2, sur le modèle de ce qui existe déjà entre l’EPFL et la HEP;
– informer sur les méthodes d’allemand utilisées au primaire et au secondaire, en évaluer l’adéquation;
– envisager des mesures à même d’améliorer la transition entre les différents niveaux, principalement entre la sixième (6P) et la septième année (7P) du primaire.

Au nom de la commission, le président remercie par avance le Conseil d’Etat des réponses qu’il fournira aux points évoqués ci-dessus.

Felix Stürner

Interventions parlementaires

Obsolescence non programmée de la Loi sur la profession d’architecte

Motion

La Loi sur la profession d’architecte (LPrA) date de 1966. Depuis son entrée en vigueur, elle a été révisée plusieurs fois et un nombre important de ses articles ont été abrogés. Son contenu ne semble plus être en mesure de répondre aux problématiques actuelles, alors que les professions de la construction doivent s’adapter à de nouvelles pratiques et un marché dynamique et en mutation.

Un récent arrêt de la cour de droit administratif et public du tribunal cantonal confirme cette observation. Cet arrêt conclut que cette loi n’est pas une base légale suffisante pour interdire à un architecte d’exercer sa profession, alors que de graves manquements à ses devoirs professionnels ont été reconnus.

En effet, dans le cas mentionné, la personne en question a été exclue de la liste des membres de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) pour infraction grave aux devoirs de la profession prévus par le Code d’honneur de la SIA. Elle a cependant continué à accepter des mandats, constituant par là un risque grave pour la réputation de la profession, ainsi qu’occasionnant des dégâts matériels et pertes financières pour les personnes lui ayant fait confiance. Il est important que la LPrA puisse prévenir de nouveaux cas, avant qu’un bâtiment mal conçu et/ou mal réalisé vienne à mettre en danger la sécurité publique et entacher la crédibilité de l’entier de la branche.

Sans lien avec cette affaire, il est constaté que l’évolution des outils de travail (passage des plans dessinés à la main, comme à l’époque de la conception de la loi, aux plans numériques puis aux maquettes 3D) vient modifier le travail des architectes et de l’ensemble des professions impliquées dans le domaine de la construction.

Dans cette «révolution numérique », citons notamment le Building Information Modelling² (BIM) qui vise à une transformation fondamentale des méthodes de travail dans le domaine. Le BIM permet notamment d’intégrer l’ensemble des corps de métier (par exemple le génie civil, les techniques du bâtiment, le second-œuvre, etc.) dans une «maquette» ou modèle 3D. Il serait par exemple envisageable de manière technique, dans un avenir extrêmement proche, de pouvoir considérer une maquette numérique valable pour une mise à l’enquête publique en lieu et place des plans papiers, signé par un architecte habilité à le faire.

Ces transformations du métier des architectes et des ingénieurs en lien avec la révolution numérique pourraient également poser d’autres questions législatives, telles que la propriété intellectuelle du modèle BIM, les responsabilités en cas de défauts d’un bâtiment réalisé avec un modèle BIM, etc. La révision de LPrA pourrait ainsi être également utilisée de manière opportune pour poser les bases législatives des métiers d’architectes et d’ingénieurs d’aujourd’hui (le BIM étant déjà une exigence pour certains Maître d’ouvrage) et de demain (la révolution numérique ne faisant que commencer).

Etendre la portée de la LPrA à l’exercice de la profession d’architecte ou d’ingénieur civil et des professions apparentées (notamment, ingénieur en environnement et architecte-paysagiste) pourrait d’ailleurs s’avérer nécessaire³ , vu l’imbrication de plus en plus forte des prestations délivrées par ces professions pour assurer la bonne réalisation des ouvrages qui leur sont confiés.

La présente motion vise donc à une révision complète de la Loi sur la profession d’architecte (LPrA) en regard de sa vétusté et de son manque de portée législative pour cadrer correctement la pratique de la profession. Cette révision pourrait également permettre d’étendre la portée de la loi à l’exercice de la profession d’ingénieur civil et des professions apparentées et permettre de cadrer les défis que les nouveaux outils numériques posent à l’ensemble de la branche.

Etienne Räss

¹No affaire: GE.2016.0155, CDAP, 07.12.2016, Arrêté joint en annexe.
² A ce propos voir www. sia. ch
³ C’est d’ailleurs déjà le cas dans la République et Canton de Genève

Interventions parlementaires

Réveillons et… recyclons la Belle au bois dormant!

Postulat

Dans notre quotidien, les termes de « transition numérique », « digitalisation » ou autre « numérisation » occupent une place prépondérante, voire omniprésente. Le programme de législature 2017-22 du Conseil d’Etat ne fait pas exception à la règle, lui qui consacre, dès son introduction, une place prépondérante à la « transition numérique »¹ qu’elle concerne la compétitivité économique, la formation, l’innovation, l’agriculture, la culture ou encore l’administration. Que cet état de faits soit, en soi, à déplorer ou à saluer n’est pas le sujet du présent postulat.

En effet, le propos est ici plutôt de prendre acte de cette tendance apparemment inéluctable des sociétés contemporaines à transférer de plus en plus d’informations vers des supports « immatériels » pour se préoccuper justement des résidus très matériels de ces transferts, en d’autres termes du recyclage et de la revalorisation du matériel informatique une fois qu’il a passé à l’état d’obsolescence.

A ce titre, il est révélateur par exemple que dans le Plan directeur cantonal des systèmes d’information 2013-18² les termes de « recyclage » ou de « revalorisation » du matériel informatique n’apparaissent pas une seule fois. Il n’en va de même dans les Orientations stratégiques du CE en matière de SI³ et de ses cinq axes principaux dont aucun ne fait mention de la problématique concernant les appareils arrivés en fin de vie. Dans la documentation plus récente, il est bien question de « sécurité » ou de « protection »4, mais encore une fois aucune mention de recyclage ou de revalorisation des déchets résultant de l’usage accru de matériel informatique. Quant aux services de l’Etat chargés de veiller à la durabilité de sa politique, comme l’Unité de développement durable (UDD), ils n’intègrent visiblement pas non plus des éléments spécifiques liés au recyclage5.

Or, en dépit de toute la virtualité attribuée et réelle des outils informatiques, force est de constater que leur matérialité demeure et qu’elle ne disparaît pas par la seule volonté des acteurs au service de l’Etat (voir images). Selon nos chiffres, l’administration cantonale vaudoise (ACV) dispose actuellement d’un peu plus de 13’000 postes de travail informatiques. A ce premier chiffre s’ajoute plus de 16’000 postes à usage pédagogique de la DGEO, dans les différentes écoles du canton, auxquels viennent se joindre les appareils de l’enseignement post-obligatoire, des Hautes écoles spécialisées et de l’université. Ce nombre de plus de 30’000 machines donne une bonne mesure de l’ampleur des dimensions dans lesquelles s’inscrit la responsabilité environnementale du canton en matière de recyclage ou de revalorisation.

De surcroît, à l’heure où la rentrée politique et scolaire ont, à différents titres, été placées sous le signe de la « transition numérique » que par conséquent les outils informatiques ne cesseront de gagner en importance dans l’ensemble de l’ACV et du cursus de formations des jeunes et moins jeunes Vaudois-es, le problème lié au recyclage du matériel informatique va prendre au cours des années à venir de plus en plus d’importance.

En effet, le renforcement de l’utilisation d’outils informatiques va immanquablement entraîner un accroissement du parc des machines susceptibles de finir leur cycle de fonctionnement. Qu’adviendra-t-il des appareils en bout de course ? Seront-ils simplement stockés dans les différents abris de PC non-prévus à cet effet ? Finiront-ils dans les déchetteries communales non équipées ? S’en débarrassera-t-on en les fourguant à quelque ONG en contact avec des pays dits en « voie de développement » ? Etc. Toutes ces questions et les réponses qui leur seront données nécessitent une attention particulière si l’informatisation de la société vaudoise doit non seulement être abordée en amont du processus de la digitalisation, mais également en aval au moment où les supports très matériels de tant d’immatérialité arrivent en bout de course.

Au vu de ce qui précède, le postulat souhaite voir le Conseil d’Etat entrer en matière sur les points suivants :

– établir un bilan des mesures de recyclage/revalorisation entreprises jusqu’à aujourd’hui dans l’ACV, en général, les écoles, en particulier,

– tirer les conclusions utiles au sujet des réussites et/ou des échecs de ces mesures et envisager des adaptations desdites mesures,

– sensibiliser les employé-e-s de l’ACV, les enseignant-e-s et les élèves aux problèmes du recyclage des outils informatiques en prenant, par exemple, soin de démonter les anciennes machines pour y récupérer des composantes réutilisables,

– valoriser les composantes de ce matériel en vue de réduire des approvisionnements qui posent souvent des problèmes éthiques et sociaux,

– prévoir au sein des différents services de l’ACV et des écoles, des activités sur le modèle des « Ateliers » de l’Unité de réhabilitation du CHUV6,

– définir le suivi des filières de recyclage, afin d’éviter le simple débarras de matériel dont certaines composantes peuvent entraîner des risques, notamment pour la santé ou l’environnement,

– s’adjoindre les compétences d’organisations ou de sociétés (associations à but non-lucratif, ONG, UNIL, EPFL, HEIG-VD, etc.) à même de pouvoir garantir un recyclage respectant les normes sociales et environnementales.

Par avance, nous remercions le Conseil d’Etat des réponses qu’il donnera aux différents points mis en avant par le présent postulat.

Felix Stürner

1 Conseil d’Etat vaudois, Programme de législature du Conseil d’Etat 2017-2022, Lausanne, BIC, 2017. Introduction, p. 9, puis chapitres 1.2, p. 13, 1.3, p. 17, 2.3, p. 29, 2.7, p. 32, 2.9, p. 34 et 3.4, p. 40.
2 DIRH, Plan directeur cantonal des systèmes d’information 2013-2018, DSI, Renens, 2013.
3 https://www.vd.ch/autorites/departements/dirh/systemes-dinformation/orientations-strategiques-du-ce-en-matiere-de-si/, dernière consultation le 12.11.17.
4 Conseil d’Etat, op. cit., chapitre 3.4, p. 40.
5 https://www.vd.ch/themes/environnement/developpement-durable/prestations-de-ludd-en-direction-des-services-de-lacv/, dernière consultation le 12.11.17.
6 http://ateliers-rehab.ch/ateliers/atelier-maintenance-informatique/, dernière consultation le 12.11.17.

Interventions parlementaires

L’illettrisme, un fléau : comment y remédier dans l’école obligatoire ?

Postulat

En Suisse, une personne sur 6 maîtrise mat les compétences de base en écriture et en lecture, près de la moitié a suivi sa scolarité en terre helvétique. Aujourd’hui encore plus qu’hier avec l’avènement de la culture numérique, la complexité de la diffusion de l’information et de la communication, être en situation d’illettrisme est un véritable facteur d’exclusion sociale, culturelle et économique.

Selon l’OFS, les coûts annuels en Suisse de l’illettrisme sont estimés à près de 1,3 milliard. La difficulté d’insertion de ces personnes reporte des charges sur l’assurance chômage ou sur les prestations sociales.

Nous avons la chance de pouvoir compter sur diverses associations et organisations qui aident les personnes dans cette situation à rattraper les retards. Toutefois, il semble qu’il n’y ait pas de mesures concrètes et généralisées qui intervienrient dès le début de la scolarité. Certains pays frontaliers, mais également la Turquie, des pays scandinaves et le Québec ont pris des mesures dans le cadre de l’école afin de favoriser l’apprentissage et le plaisir de la lecture, comme par exemple celles préconisées et pratiquées dans le cadre de l’Association «Silence on lit!»

«Silence on lit !» est une association qui depuis plus de 15 ans, a pour but, la promotion du plaisir de lire et de ses bienfaits en mettant en place des initiatives de lecture quotidienne de 10 à 15 minutes. Il ne s’agit pas de commander à un enfant un temps de lecture mais de s’arrêter collectivement et de lire en silence.

Le concept est : dans les établissements qui ont fait le choix de cette activité, de choisir un moment fixe dans la journée pour que tout le monde participe à cette pratique tant les élèves, que les professeurs, le personnel administratif, logistiques et autres. Ainsi, les adultes ne sont pas seulement des « donneurs de leçons »> ou des prescripteurs mais donnent aussi l’exemple. Ces quelques minutes prises quotidiennement à la même heure sur le temps scolaire offrent non seulement une gymnastique mentale mais également un temps de ressourcement.

La durée idéale est, selon diverses études et bilans réalisés depuis 15 ans, de % d’heure permettant ainsi au lecteur de se concentrer sur son histoire, de s’évader sans pour autant casser le rythme de travail.

Chacun et chacune est libre de lire le livre qui lui plaît, que ce soit de la bande dessinée, de la science fiction, un roman policier, historique, ou autre. La seule contrainte est que cela ne soient pas des manuels scolaires, de la propagande, que cela ne soient pas non plus des journaux, des magazines, des mails, des sms et autres lectures furtives.
Les bienfaits de ces actions sont multiples et dans les établissements qui ont fait le choix de mettre en place une telle méthode il a été constaté que les élèves :

  • sont plus calmes et moins stressés,
  • font de nets progrès en grammaire, orthographe et rédaction,
  • ont une meilleure concentration et faculté de mémorisation,
  • ont développé une meilleure capacité d’analyse et également une ouverture sur le monde qui les entourent.

Pour toutes ces raisons, le présent postulat demande au Conseil d’Etat :

  • de définir les coûts de l’illettrisme dans le Canton
  • une statistique du nombre de personnes entre 15 et 30 ans en situation d’illettrisme
  • de renforcer les mesures dans le cadre scolaire afin de prévenir et lutter contre l’illettrisme
  • d’étudier les possibilités de mettre en plaçe un concept quotidien de lecture dans le cadre scolaire à l’image de ce qui se pratique dans le cadre de !’Association : « Silence on lit !»

Nathalie Jaccard

Interventions communales

Renens – Quand les ruches et les élèves ne font plus qu’un

Postulat

Quand les ruches et les élèves ne font plus qu’un.

Abeilles et nature en ville font bon ménage. Lausanne en fait l’expérience depuis de nombreuses années et avec l’aide de l’association d’apiculture de Lausanne, la ville a aujourd’hui 12 ruches qui permettent de produire près de 400 kg de miel par an. Une étude mandatée par la ville de Lausanne a démontré récemment que le milieu urbain est particulièrement favorable pour les abeilles domestiques et sauvages qui contribuent à la biodiversité et au retour de la nature en ville.

En 2012, la ville de Renens s’était également dotée de deux ruches. Ces ruches ont connu des aléas. De plus, nous constatons que certaines personnes les voient encore comme une menace.

C’est pourquoi, par soucis de les voir dépérir je demande à la municipalité d’étudier l’opportunité de pouvoir élargir le cercle des personnes concernées. La proposition est de mettre en place un programme pédagogique autour de ces ruches avec les élèves de Renens. Par exemple, en invitant les écoles à créer une association à but non lucratif composée d’un comité regroupant des élèves, des professeurs et des professionnels. L’association peut mettre en place des partenariats avec des fondations et/ou la société romande d’apiculture et ensemble élaborer un programme ayant comme valeurs :

S’occuper des ruches

Expliquer et démontrer aux différents acteurs de l’Ecole, à leur famille ainsi qu’aux personnes du voisinage l’importance des abeilles sur notre environnement.

Développer la collaboration entre les différents acteurs de l’Ecole, leur famille et les personnes dans le but de promouvoir une activité commerciale prenant en compte les objectifs du développement durable.

Sensibiliser l’existence aux dangers et aux conséquences de l’utilisation abusive de substances chimiques sur notre environnement

Amener chacun à se questionner sur ses valeurs face à l’environnement.

L’idée derrière ce programme est de permettre aux jeunes, avec l’aide de professionnels, de produire leur propre miel et par exemple de le vendre pour financer une partie d’un voyage d’étude, une sortie de classe ou d’autres projets. Les élèves pourront ainsi voir et participer à toutes les étapes que demande la mise en place et l’entretien de ruches.

Ce programme permettra de sensibiliser les gens à l’importance des abeilles et d’encourager les jeunes ainsi que leur entourage face à l’environnement. Mais il y a aussi un aspect pédagogique et éducatif civique, cet enseignement permettra également de montrer aux jeunes comment se forme une association (statut ; AG etc.), de les initier encore plus à des sujets tels que la comptabilité, le droit ou un suivi de dossier.

Ce genre de programme a déjà été mis en place dans des écoles sur le canton de Genève. Sur l’impulsion des élèves et professeurs, cet enseignement pédagogique fonctionne depuis 4 ans sans aucune plainte et incident et renouvelle chaque année un nouveau comité, constitué de nouveaux élèves. J’ai pu avoir un retour de l’un des premiers membres du comité, il en garde de très bons souvenirs, il a appris énormément et est reconnaissant de toutes les expériences parallèles que cette association lui a enseignées, comme par exemple, avoir pu participer et gagner le concours de la fondation éthique et valeur. Ayant fait toute ma scolarité obligatoire à Renens, j’aurais été ravis en tant qu’élève de pouvoir participer à un tel projet. Il est donc tout à fait possible et je pense qu’il serait très intéressant de le faire à Renens et à moindre coûts étant donné que nous possédons déjà les ruches.

Il pourrait être envisageable de voir plus large que juste les écoles.

Jonas Kocher
Les Verts