Interventions parlementaires

Réveillons et… recyclons la Belle au bois dormant!

Postulat

Dans notre quotidien, les termes de « transition numérique », « digitalisation » ou autre « numérisation » occupent une place prépondérante, voire omniprésente. Le programme de législature 2017-22 du Conseil d’Etat ne fait pas exception à la règle, lui qui consacre, dès son introduction, une place prépondérante à la « transition numérique »¹ qu’elle concerne la compétitivité économique, la formation, l’innovation, l’agriculture, la culture ou encore l’administration. Que cet état de faits soit, en soi, à déplorer ou à saluer n’est pas le sujet du présent postulat.

En effet, le propos est ici plutôt de prendre acte de cette tendance apparemment inéluctable des sociétés contemporaines à transférer de plus en plus d’informations vers des supports « immatériels » pour se préoccuper justement des résidus très matériels de ces transferts, en d’autres termes du recyclage et de la revalorisation du matériel informatique une fois qu’il a passé à l’état d’obsolescence.

A ce titre, il est révélateur par exemple que dans le Plan directeur cantonal des systèmes d’information 2013-18² les termes de « recyclage » ou de « revalorisation » du matériel informatique n’apparaissent pas une seule fois. Il n’en va de même dans les Orientations stratégiques du CE en matière de SI³ et de ses cinq axes principaux dont aucun ne fait mention de la problématique concernant les appareils arrivés en fin de vie. Dans la documentation plus récente, il est bien question de « sécurité » ou de « protection »4, mais encore une fois aucune mention de recyclage ou de revalorisation des déchets résultant de l’usage accru de matériel informatique. Quant aux services de l’Etat chargés de veiller à la durabilité de sa politique, comme l’Unité de développement durable (UDD), ils n’intègrent visiblement pas non plus des éléments spécifiques liés au recyclage5.

Or, en dépit de toute la virtualité attribuée et réelle des outils informatiques, force est de constater que leur matérialité demeure et qu’elle ne disparaît pas par la seule volonté des acteurs au service de l’Etat (voir images). Selon nos chiffres, l’administration cantonale vaudoise (ACV) dispose actuellement d’un peu plus de 13’000 postes de travail informatiques. A ce premier chiffre s’ajoute plus de 16’000 postes à usage pédagogique de la DGEO, dans les différentes écoles du canton, auxquels viennent se joindre les appareils de l’enseignement post-obligatoire, des Hautes écoles spécialisées et de l’université. Ce nombre de plus de 30’000 machines donne une bonne mesure de l’ampleur des dimensions dans lesquelles s’inscrit la responsabilité environnementale du canton en matière de recyclage ou de revalorisation.

De surcroît, à l’heure où la rentrée politique et scolaire ont, à différents titres, été placées sous le signe de la « transition numérique » que par conséquent les outils informatiques ne cesseront de gagner en importance dans l’ensemble de l’ACV et du cursus de formations des jeunes et moins jeunes Vaudois-es, le problème lié au recyclage du matériel informatique va prendre au cours des années à venir de plus en plus d’importance.

En effet, le renforcement de l’utilisation d’outils informatiques va immanquablement entraîner un accroissement du parc des machines susceptibles de finir leur cycle de fonctionnement. Qu’adviendra-t-il des appareils en bout de course ? Seront-ils simplement stockés dans les différents abris de PC non-prévus à cet effet ? Finiront-ils dans les déchetteries communales non équipées ? S’en débarrassera-t-on en les fourguant à quelque ONG en contact avec des pays dits en « voie de développement » ? Etc. Toutes ces questions et les réponses qui leur seront données nécessitent une attention particulière si l’informatisation de la société vaudoise doit non seulement être abordée en amont du processus de la digitalisation, mais également en aval au moment où les supports très matériels de tant d’immatérialité arrivent en bout de course.

Au vu de ce qui précède, le postulat souhaite voir le Conseil d’Etat entrer en matière sur les points suivants :

– établir un bilan des mesures de recyclage/revalorisation entreprises jusqu’à aujourd’hui dans l’ACV, en général, les écoles, en particulier,

– tirer les conclusions utiles au sujet des réussites et/ou des échecs de ces mesures et envisager des adaptations desdites mesures,

– sensibiliser les employé-e-s de l’ACV, les enseignant-e-s et les élèves aux problèmes du recyclage des outils informatiques en prenant, par exemple, soin de démonter les anciennes machines pour y récupérer des composantes réutilisables,

– valoriser les composantes de ce matériel en vue de réduire des approvisionnements qui posent souvent des problèmes éthiques et sociaux,

– prévoir au sein des différents services de l’ACV et des écoles, des activités sur le modèle des « Ateliers » de l’Unité de réhabilitation du CHUV6,

– définir le suivi des filières de recyclage, afin d’éviter le simple débarras de matériel dont certaines composantes peuvent entraîner des risques, notamment pour la santé ou l’environnement,

– s’adjoindre les compétences d’organisations ou de sociétés (associations à but non-lucratif, ONG, UNIL, EPFL, HEIG-VD, etc.) à même de pouvoir garantir un recyclage respectant les normes sociales et environnementales.

Par avance, nous remercions le Conseil d’Etat des réponses qu’il donnera aux différents points mis en avant par le présent postulat.

Felix Stürner

1 Conseil d’Etat vaudois, Programme de législature du Conseil d’Etat 2017-2022, Lausanne, BIC, 2017. Introduction, p. 9, puis chapitres 1.2, p. 13, 1.3, p. 17, 2.3, p. 29, 2.7, p. 32, 2.9, p. 34 et 3.4, p. 40.
2 DIRH, Plan directeur cantonal des systèmes d’information 2013-2018, DSI, Renens, 2013.
3 https://www.vd.ch/autorites/departements/dirh/systemes-dinformation/orientations-strategiques-du-ce-en-matiere-de-si/, dernière consultation le 12.11.17.
4 Conseil d’Etat, op. cit., chapitre 3.4, p. 40.
5 https://www.vd.ch/themes/environnement/developpement-durable/prestations-de-ludd-en-direction-des-services-de-lacv/, dernière consultation le 12.11.17.
6 http://ateliers-rehab.ch/ateliers/atelier-maintenance-informatique/, dernière consultation le 12.11.17.

Interventions parlementaires

L’illettrisme, un fléau : comment y remédier dans l’école obligatoire ?

Postulat

En Suisse, une personne sur 6 maîtrise mat les compétences de base en écriture et en lecture, près de la moitié a suivi sa scolarité en terre helvétique. Aujourd’hui encore plus qu’hier avec l’avènement de la culture numérique, la complexité de la diffusion de l’information et de la communication, être en situation d’illettrisme est un véritable facteur d’exclusion sociale, culturelle et économique.

Selon l’OFS, les coûts annuels en Suisse de l’illettrisme sont estimés à près de 1,3 milliard. La difficulté d’insertion de ces personnes reporte des charges sur l’assurance chômage ou sur les prestations sociales.

Nous avons la chance de pouvoir compter sur diverses associations et organisations qui aident les personnes dans cette situation à rattraper les retards. Toutefois, il semble qu’il n’y ait pas de mesures concrètes et généralisées qui intervienrient dès le début de la scolarité. Certains pays frontaliers, mais également la Turquie, des pays scandinaves et le Québec ont pris des mesures dans le cadre de l’école afin de favoriser l’apprentissage et le plaisir de la lecture, comme par exemple celles préconisées et pratiquées dans le cadre de l’Association «Silence on lit!»

«Silence on lit !» est une association qui depuis plus de 15 ans, a pour but, la promotion du plaisir de lire et de ses bienfaits en mettant en place des initiatives de lecture quotidienne de 10 à 15 minutes. Il ne s’agit pas de commander à un enfant un temps de lecture mais de s’arrêter collectivement et de lire en silence.

Le concept est : dans les établissements qui ont fait le choix de cette activité, de choisir un moment fixe dans la journée pour que tout le monde participe à cette pratique tant les élèves, que les professeurs, le personnel administratif, logistiques et autres. Ainsi, les adultes ne sont pas seulement des « donneurs de leçons »> ou des prescripteurs mais donnent aussi l’exemple. Ces quelques minutes prises quotidiennement à la même heure sur le temps scolaire offrent non seulement une gymnastique mentale mais également un temps de ressourcement.

La durée idéale est, selon diverses études et bilans réalisés depuis 15 ans, de % d’heure permettant ainsi au lecteur de se concentrer sur son histoire, de s’évader sans pour autant casser le rythme de travail.

Chacun et chacune est libre de lire le livre qui lui plaît, que ce soit de la bande dessinée, de la science fiction, un roman policier, historique, ou autre. La seule contrainte est que cela ne soient pas des manuels scolaires, de la propagande, que cela ne soient pas non plus des journaux, des magazines, des mails, des sms et autres lectures furtives.
Les bienfaits de ces actions sont multiples et dans les établissements qui ont fait le choix de mettre en place une telle méthode il a été constaté que les élèves :

  • sont plus calmes et moins stressés,
  • font de nets progrès en grammaire, orthographe et rédaction,
  • ont une meilleure concentration et faculté de mémorisation,
  • ont développé une meilleure capacité d’analyse et également une ouverture sur le monde qui les entourent.

Pour toutes ces raisons, le présent postulat demande au Conseil d’Etat :

  • de définir les coûts de l’illettrisme dans le Canton
  • une statistique du nombre de personnes entre 15 et 30 ans en situation d’illettrisme
  • de renforcer les mesures dans le cadre scolaire afin de prévenir et lutter contre l’illettrisme
  • d’étudier les possibilités de mettre en plaçe un concept quotidien de lecture dans le cadre scolaire à l’image de ce qui se pratique dans le cadre de !’Association : « Silence on lit !»

Nathalie Jaccard

Interventions communales

Renens – Quand les ruches et les élèves ne font plus qu’un

Postulat

Quand les ruches et les élèves ne font plus qu’un.

Abeilles et nature en ville font bon ménage. Lausanne en fait l’expérience depuis de nombreuses années et avec l’aide de l’association d’apiculture de Lausanne, la ville a aujourd’hui 12 ruches qui permettent de produire près de 400 kg de miel par an. Une étude mandatée par la ville de Lausanne a démontré récemment que le milieu urbain est particulièrement favorable pour les abeilles domestiques et sauvages qui contribuent à la biodiversité et au retour de la nature en ville.

En 2012, la ville de Renens s’était également dotée de deux ruches. Ces ruches ont connu des aléas. De plus, nous constatons que certaines personnes les voient encore comme une menace.

C’est pourquoi, par soucis de les voir dépérir je demande à la municipalité d’étudier l’opportunité de pouvoir élargir le cercle des personnes concernées. La proposition est de mettre en place un programme pédagogique autour de ces ruches avec les élèves de Renens. Par exemple, en invitant les écoles à créer une association à but non lucratif composée d’un comité regroupant des élèves, des professeurs et des professionnels. L’association peut mettre en place des partenariats avec des fondations et/ou la société romande d’apiculture et ensemble élaborer un programme ayant comme valeurs :

S’occuper des ruches

Expliquer et démontrer aux différents acteurs de l’Ecole, à leur famille ainsi qu’aux personnes du voisinage l’importance des abeilles sur notre environnement.

Développer la collaboration entre les différents acteurs de l’Ecole, leur famille et les personnes dans le but de promouvoir une activité commerciale prenant en compte les objectifs du développement durable.

Sensibiliser l’existence aux dangers et aux conséquences de l’utilisation abusive de substances chimiques sur notre environnement

Amener chacun à se questionner sur ses valeurs face à l’environnement.

L’idée derrière ce programme est de permettre aux jeunes, avec l’aide de professionnels, de produire leur propre miel et par exemple de le vendre pour financer une partie d’un voyage d’étude, une sortie de classe ou d’autres projets. Les élèves pourront ainsi voir et participer à toutes les étapes que demande la mise en place et l’entretien de ruches.

Ce programme permettra de sensibiliser les gens à l’importance des abeilles et d’encourager les jeunes ainsi que leur entourage face à l’environnement. Mais il y a aussi un aspect pédagogique et éducatif civique, cet enseignement permettra également de montrer aux jeunes comment se forme une association (statut ; AG etc.), de les initier encore plus à des sujets tels que la comptabilité, le droit ou un suivi de dossier.

Ce genre de programme a déjà été mis en place dans des écoles sur le canton de Genève. Sur l’impulsion des élèves et professeurs, cet enseignement pédagogique fonctionne depuis 4 ans sans aucune plainte et incident et renouvelle chaque année un nouveau comité, constitué de nouveaux élèves. J’ai pu avoir un retour de l’un des premiers membres du comité, il en garde de très bons souvenirs, il a appris énormément et est reconnaissant de toutes les expériences parallèles que cette association lui a enseignées, comme par exemple, avoir pu participer et gagner le concours de la fondation éthique et valeur. Ayant fait toute ma scolarité obligatoire à Renens, j’aurais été ravis en tant qu’élève de pouvoir participer à un tel projet. Il est donc tout à fait possible et je pense qu’il serait très intéressant de le faire à Renens et à moindre coûts étant donné que nous possédons déjà les ruches.

Il pourrait être envisageable de voir plus large que juste les écoles.

Jonas Kocher
Les Verts

Interventions parlementaires

Tout n’est pas bon dans le porc !

Postulat

La marée de témoignages de cas de harcèlement sexuel » qui occupent réseaux sociaux et discussions a surpris même les observatrices et observateurs les plus habitués et intéressés au phénomène. Leur nombre et la lourdeur des histoires rapportées montrent que le harcèlement sexuel est partout alors qu’il est intolérable. Le Canton de Vaud n’y fait pas exception, mais il peut agir !

Les témoignages montrent que les femmes sont victimes de harcèlement sexuels dès leur plus jeune âge, dans l’espace public mais aussi à la maison par les blagues d’un oncle ou même à l’école par un enseignant ou un médecin scolaire. lls rapportent aussi de grandes insuffisances dans la prise en charge des victimes par la police et la justice. Les histoires se répètent et se suivent dès l’adolescence et font de la vie quotidienne des femmes un champ miné. Cette situation est injuste et pénalise tant les femmes que les hommes, tous assimilés à des harceleurs potentiels.

Ce postulat demande que le Conseil d’Etat étudie et propose un plan d’action contre le harcèlement sexuel (ciblé ou « d’ambiance »), fondé sur l’éducation et pensé pour prévenir ces cas auprès des auteurs plutôt que pour culpabiliser les victimes. 11 suggère notamment au Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité de :

  • mettre en place une campagne de sensibilisation contre le harcèlement sexuel au sein de ses services, mais aussi largement à destination du grand public (auprès des employeurs et maîtres d’apprentissage particulièrement) ;
  • introduire l’éducation au consentement dans le programme scolaire, par exemple via l’éducation sexuelle ;
  • mettre en place et imposer à toute la chaîne judiciaire vaudoise une formation pour la prise en charge des victimes de violences sexistes ;
  • entreprendre des démarches auprès de la Confédération pour demander de moderniser et renforcer la législation contre les violences sexistes.

Ce postulat permettra également au Conseil d’Etat de faire l’état et le bilan de son action dans la lutte contre le harcèlement et le harcèlement sexuel en particulier au sein de l’administration cantonale (comme l’art. 5 de la loi sur le personnel le demande), ainsi que de celle du groupe Impact, de la marge de manoeuvre et de l’impact – justement – de celui-ci. Ce postulat demande de plus au Conseil d’Etat d’établir et de faire connaître une politique de tolérance zéro face au harcèlement sexuel au sein de son administration et de toutes les entités aux financement desquels il participe directement ou indirectement (sur le modèle « qui harcèle, pars !»), au-delà des jeux de rôle et des exercices de mise en situation actuellement proposés.

Je remercie le Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité de mettre en place un tel plan d’action contre le harcèlement sexuel, auquel il pourrait ajouter tout autre mesure qu’il jugera utile.

Léonore Porchet

« Le harcèlement sexuel se définit par tout comportement importun de caractère sexuel ou tout autre comportement fondé sur l’appartenance sexuelle, qui porte atteinte à la dignité de la personne sur son lieu de travail constitue un harcèlement sexuel. En particulier, le fait de proférer des menaces, de promettre des avantages, d’imposer des contraintes ou d’exercer des pressions de toute nature sur une personne en vue d’obtenir d’elle des faveurs de nature sexuelle. On distingue deux types de harcèlement : le chantage et le climat de travail hostile. » (Site de l’Etat de Vaud)

Interventions parlementaires

Bienveillance en milieu scolaire

Interpellation

« Burn out » de l’élève, dépression, moqueries et autres conflits, élèves perturbateurs, manque de concentration… Autant de difficultés auxquelles les classes vaudoises sont confrontées régulièrement et qui créent un climat défavorable à l’apprentissage.

L’empathie est la capacité de s’identifier à autrui à travers les notions de besoins et d’émotions. Dans une société très axée sur le savoir-faire, cette qualité associée à la bienveillance permet d’être à l’écoute des autres, sans jugement de valeur, afin d’exprimer les malaises et permettant souvent de trouver des solutions aux problèmes. La « Communication Non Violente » peut être un des outils.

Les recherches récentes sur le développement du cerveau, en particulier dans le cadre de l’apprentissage, ont mis en évidence l’importance d’un climat d’empathie et de bienveillance dans le cadre familial, mais également dans l’environnement scolaire, permettant potentiellement de trouver des solutions aux constats pré-cités.*

La grande majorité des enfants en âge de scolarité consacrent une grande partie de leur journée à l’école, entre la présence en classe, les transports et les devoirs à domicile. Or, durant tout ce temps, ils sont aussi susceptibles d’avoir besoin d’une oreille bienveillante.

Aussi, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

  • Dans quelle mesure les formations de base et formations continues d’enseignant/e/s de l’école obligatoire tiennent-elles compte des résultats des recherches récentes sur le fonctionnement du cerveau concernant l’apprentissage ?
  • L’État a-t-il déjà pris des mesures pour favoriser un climat de bienveillance dans les classes, en particulier à l’école obligatoire, pour transmettre la capacité d’empathie aux élèves ? Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
  • A-t-il entrepris une étude des différentes solutions que des enseignant/e/s de l’école obligatoire dans le canton ont déjà mises en place par eux-mêmes dans ce même sens ? Quels moyens a-t-il identifiés pour atteindre ce but (à l’image de la Communication Non Violente) ?

Sabine Glauser

* Dans son ouvrage « Pour une enfance heureuse », paru en 2014, le Dr Catherine Gueguen, a rassemblé une belle documentation scientifique datant d’entre 1985 et 2013, pour montrer l’effet du stress sur le cerveau de l’enfant, en illustrant le tout de son expérience en tant que pédiatre. Elle évoque les problèmes d’agressivité, de dévalorisation, de manque de concentration, allant jusqu’à des maladies du système nerveux ou d’ordre psychiatrique.

Dans un autre ouvrage, paru en 2016, « Les lois naturelles de l’enfant », par Céline Alvarez, l’auteure expose sa méthodologie et raconte une expérience menée sur trois ans dans une classe de maternelle française en milieu défavorisé. Elle-même inspirée par le livre pré-cité et de la communication non violente parmi d’autres témoigne de l’étonnante efficacité d’un comportement empathique exemplaire, sur les enfants qui l’ont ensuite reproduit spontanément durant des moments de crises, notamment lors des récréations. Par la suite, les enseignants des degrés supérieurs ont constaté que ces élèves disposaient d’un bagage pour la gestion du stress et des conflits très efficace, favorisant par ailleurs un climat de classe optimal pour l’apprentissage.

De telles expériences ont été reproduites depuis avec des résultats rapportés similaires pour l’instant.

 

Interventions parlementaires

Qu’en est-il du sponsoring éducatif dans l’école publique vaudoise ?

Interpellation

Une récente enquête de la rts révèle que le syndicat des enseignants zurichois s’inquiète de la part croissante de projets scolaires ou de supports pédagogiques financés totalement ou partiellement par des sociétés privées. La même enquête nous apprend que, dans le canton de Neuchâtel, il est possible d’utiliser un jeu éducatif sur les compétences financières, financé par les banques cantonales. De telles pratiques interpellent et posent la question de l’indépendance de l’école ainsi que celle de l’indépendance de l’enseignement vis-à-vis des entreprises privées. Plus globalement, cette enquête nous incite à nous interroger sur la question du sponsoring à l’école et de la politique suivie par le Conseil d’Etat à cet égard.

Je me permets ainsi de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  • Des supports ou outils pédagogiques, financés par des sociétés privées, sont-ils utilisés dans l’école vaudoise, que ce soit au niveau primaire, secondaire I ou secondaire II ? Si oui lesquels ?
  • Le sponsoring éducatif à l’école est-il autorisé ?
  • Si oui, une directive en fixe-t-elle les contours et les conditions ?
  • Quelle est la marge de manoeuvre des établissements scolaires en la matière ?
  • Les enseignants sont-ils sensibilisés à cette problématique ?

Je remercie par avance le Conseil d’Etat pour les réponses apportées à ces questions.

Anne Baehler Bech

Interventions parlementaires

Quelles sont les règles en matière d’indépendance de la recherche ?

Interpellation

En avril de cette année, la télévision alémanique a révélé qu’un étrange accord avait été passé entre I’EPFL et la société Merck Serono. En substance, Merck Serono finançait trois chaires mais avait un droit de « modifications acceptables » des publications des ditet chaires. Cette affaire rappelle également le cas de Ragnar Rylander, chercheur à l’université de Genève qui publiait des résultats minimisant les effets nocifs du tabac alors qu’il était payé par une entreprise productrice de cigarettes.
Ces affaires, non seulement portent un coup à l’image de nos institutions académiques mais surtout sapent la confiance du public envers la recherche scientifique. Il est donc du devoir de la recherche scientifique publique de prévenir de tels cas. C’est pourquoi, je prie le Conseil d’État de bien vouloir répondre aux questions suivantes :
1 ) Quelles sont les règles déontologiques édictées par les institutions cantonales pratiquant la recherche scientifique (p.e. Université d.e Lausanne, HEIG, CHUV) en matière d’indépendance de la recherche ?
2) Quelles sont les règles lors de financements de chaires ou de recherches par des entreprises privées ?
3) Le détail du financement de la recherche par des entreprises privées est-il publié et accessible au public ?
4) Que mettent en œuvre les institutions cantonales pratiquant la recherche scientifique pour prévenir les cas évoqués ci-dessus ?
5) Quels sont les moyens de contrôle et de sanctions en cas de non-respect des règles d’intégrité scientifique ?
Interventions parlementaires

Hébergement des jeunes migrants

Céline Ehrwein demande au Conseil d’Etat de bien vouloir  de proposer des pistes pour répondre aux besoins croissants de places d’hébergement adaptées aux RMNA et d’établir un rapport sur les besoins en matière d’hébergement des jeunes migrants et étudier la possibilité de développer des structures d’hébergement adaptées aux jeunes requérants adultes.

Lire le postulat du 15 décembre 2015