Interventions parlementaires

Pour des toilettes unisexes

Motion

Le plus souvent, les établissements publics proposent des toilettes pour femmes et des toilettes pour hommes. À titre d’exemple, le règlement d’exécution de la loi vaudoise sur les auberges et les débits de boissons dispose que « (…) Tout nouvel établissement ou faisant l’objet d’importantes transformations, (…) accueillant plus de 20 personnes, doit être pourvu de deux sanitaires séparés au moins, l’un pour les femmes et l’autre pour les hommes, l’un des deux devant être accessible aux personnes handicapées. La municipalité́ peut prévoir des normes plus strictes » (article 38, alinéa 1bis RLADB).

Aujourd’hui, les établissements sont donc tenus de prévoir des locaux distincts, de les gérer séparément et de s’assurer qu’ils soient bien utilisés par les personnes du sexe concerné.

Les toilettes non genrées sont pourtant une réalité vécue dans plusieurs lieux connus, comme les trains, les avions ou les établissements publics de certains cantons (Lucerne). Ce modèle présente d’ailleurs plusieurs avantages :

–       Les mêmes toilettes pour toutes et tous réduisent les files d’attente interminables devant les toilettes pour femmes. Ce modèle permet de prendre en compte les différences physiques et de rétablir l’égalité en multipliant les possibilités de se soulager pour les personnes qui ne peuvent pas le faire debout.

–       Les toilettes non genrées sont plus inclusives. Un tel modèle permet de faciliter la vie des personnes intersexes et transgenres et de leur éviter des situations gênantes ou dangereuses. Les toilettes genrées peuvent en effet être le théâtre de violences verbales ou physiques transphobes, renvoyant les personnes trans à leur sexe assigné à leur naissance.

–       Elles évitent aux parents qui accompagnent un enfant du sexe opposé d’avoir à se demander quels W.C. choisir.

–       Elles permettent de mettre fin à certains stéréotypes de genre. Par exemple, les tables à langer se trouvent généralement dans les toilettes pour femmes. Les établissements qui le souhaitent pourraient ainsi proposer indistinctement préservatifs (généralement fournies dans les toilettes pour hommes) et produits menstruels à disposition de toutes et tous.

–       Contrairement à une idée reçue, par leur conception et leur accessibilité, les toilettes non genrées n’entraînent pas un risque plus marqué de harcèlement sexuel que les toilettes séparées. Les violences sexistes et sexuelles ne sauraient être – et ne sont pas – endiguées par la séparation des hommes et des femmes.

–       Les mêmes toilettes offrent une marge de manœuvre aux responsables d’établissement en termes d’occupation de l’espace. On pourrait imaginer que la seule contrainte soit de mettre à disposition des sanitaires aménagés de façon à garantir le respect de la sphère privée. De simples cabinets d’aisance munis d’une porte fermant à clé suffiraient ainsi à garantir l’intimité des utilisateurs. L’obligation, pour tout nouvel établissement, de disposer de deux toilettes séparées paraît excessive et inutilement contraignante. Un assouplissement de la réglementation en vigueur serait sans doute un geste bienvenu pour les cafetiers restaurateurs et les autres établissements potentiellement concernés.

Ainsi, par cette motion, nous demandons au Conseil d’État de modifier les dispositions légales et réglementaires existantes, de façon à ce qu’il ne soit plus obligatoire d’aménager des toilettes séparées pour les hommes et les femmes dans les établissements du canton.

Vassilis Venizelos

Communiqué 2020

Pour des toilettes non-genrées dans les établissements vaudois

Engagé-e-s depuis toujours en faveur de l’égalité au sens large, les Vert∙e∙s vaudois∙es, par la voix de leur chef de groupe Vassilis Venizelos, déposent aujourd’hui une motion au Parlement vaudois pour des toilettes non-genrées. Libérant les restaurateurs et restauratrices de l’obligation qui leur est actuellement faite de prévoir au minimum des toilettes pour femmes et des toilettes pour  hommes distinctes, cette motion entend leur offrir davantage de marge de manœuvre et, en même temps, promouvoir davantage d’inclusivité et abolir certains stéréotypes de genre encore trop largement ancrés.

Le plus souvent, les établissements publics proposent des toilettes pour femmes et des toilettes pour hommes, ce que leur imposent les dispositions réglementaires vaudoises actuelles. Il existe pourtant une autre option et les toilettes unisexes sont déjà une réalité vécue dans plusieurs lieux connus, comme les trains, les avions ou les établissements publics de certains cantons (comme à Lucerne). Afin que le canton de Vaud leur emboîte le pas, le président de groupe des Vert∙e∙s dépose, cet après-midi, au Parlement vaudois une motion pour offrir la possibilité aux restaurateurs et restauratrices de prévoir des toilettes non-genrées.

Ces toilettes ont beaucoup d’avantages :
-elles réduisent les files d’attente interminables devant les toilettes pour femmes en augmentant les possibilités de se soulager pour les personnes qui ne peuvent pas le faire debout.

-elles sont plus inclusives et facilitent la vie des personnes intersexes et transgenres en leur évitant des situations gênantes ou dangereuses. Les toilettes genrées peuvent en effet être le théâtre de violences verbales ou physiques transphobes, renvoyant les personnes trans à leur sexe assigné à leur naissance.

-elles facilitent la vie des parents qui accompagnent un-e enfant du sexe opposé.

-elles permettent de mettre fin à certains stéréotypes de genre. Par exemple, les tables à langer se trouvent généralement dans les toilettes pour femmes. Les établissements qui le souhaitent pourraient ainsi proposer indistinctement préservatifs (généralement fournis dans les toilettes pour hommes) et produits menstruels à disposition de toutes et tous.

-elles offrent une marge de manœuvre aux responsables d’établissement en termes d’occupation de l’espace. On pourrait imaginer que la seule contrainte soit de mettre à disposition des sanitaires aménagés de façon à garantir le respect de la sphère privée. Un tel assouplissement de la réglementation en vigueur serait sans doute un geste bienvenu pour les cafetiers restaurateurs et cafetières restauratrices en cette période plus difficile.

Interventions parlementaires

Inégalité salariale rattrapée… Reste l’inégalité fiscale

Interpellation

Depuis l’adoption de la loi fédérale sur l’égalité entre les hommes et les femmes, les femmes disposent d’un outil afin de réclamer en justice leur dû : soit la différence de salaire entre elles et leurs collègues masculins injustement mieux payés. Cette façon de lutter contre les inégalités salariales au plan personnel n’est pas beaucoup utilisée pour plusieurs raisons tenant notamment à la difficulté de la preuve ainsi que la longueur de la procédure sans parler de la peur du licenciement.

Lorsque ces procès ont lieu, ils sont souvent compliqués et longs, ce qui peut être très frustrant pour les femmes qui ne demandent qu’une chose normale, soit l’égalité. Et la frustration peut aller encore plus loin. En effet, lorsque des indemnités sont versées, notamment suite à des transactions mettant fin au procès, les femmes concernées subissent ensuite un traitement fiscal particulièrement injuste puisque leurs indemnités sont considérées comme des revenus. Puisque ce revenu est versé en une fois, il modifie considérablement le taux d’imposition, alors même que ces revenus ne sont que le rattrapage de plusieurs années qui n’ont pas été rémunérées correctement.

Dans une affaire récente, deux femmes ont obtenu, par voie transactionnelle, une indemnité de leur ancien employeur couvrant la perte de revenu par rapport à leurs collègues masculins pendant des années. Cela représente une grosse somme. Or, cette somme modifie considérablement leur taux de taxation, alors même que cela n’aurait pas été le cas si elles avaient été correctement payées durant toute la période couverte par l’indemnité. En somme, elles paient le traitement inégalitaire de leur ancien employeur. Une de ces femmes habitant le canton de Fribourg, il est apparu que la pratique fribourgeoise était plus douce, ne considérant que la partie de l’indemnité de l’année en cours pour déterminer le taux (l’ensemble du revenu étant taxé, dans tous les cas). Il semblerait que ce ne soit pas le cas pour la contribuable vaudoise.

De manière générale, ce cas pose la question de la fiscalisation des arriérés de salaires ou, plus généralement, des indemnités judiciaires. Car si celles-ci sont destinées à indemniser une partie qui a été lésée, cette indemnité ne devrait pas voir la situation financière de celui ou celle qui la touche péjorée pour des raisons de fiscalisation. Cela choque d’autant plus en cas de rattrapage salarial.

Nous avons ainsi l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’Etat :

1.     Quel est le traitement fiscal appliqué aux indemnités obtenues en vertu d’une violation de la LEg, notamment quant à la définition du taux appliqué ? Et comment ce traitement est justifié ?

2.     Quelle est la marge de manœuvre cantonale en la matière par rapport au droit fédéral ?

3.     De manière plus générale, quel est le traitement fiscal qui est réservé aux transactions visant à mettre fin à un litige, surtout quant à l’effet sur le taux d’imposition de l’ensemble des revenus annuels ?

Rebecca Joly

Communiqué 2020

Mobilisé∙e∙s pour ne pas revenir à la norme mâle

Dimanche 14 juin, c’est la grève des femmes*. Les Vert∙e∙s se mobilisent car, si le canton de Vaud pourrait sembler pionnier avec 5 femmes à sa tête, il reste pourtant encore beaucoup à faire à tous les niveaux. Alors que la crise sanitaire actuelle a, en particulier, mis en évidence le rôle crucial joué par les femmes pour nous en sortir, il est plus urgent que jamais de reconnaître leur apport à l’économie et de revaloriser leurs salaires, leurs retraites et de briser les plafonds de verre qui les empêchent encore, trop souvent, d’accéder aux postes à responsabilités. Pas de retour à la norme mâle !

L’an dernier, le 14 juin, 500’000 personnes de tous horizons étaient dans la rue pour dénoncer l’inégalité qui frappe les femmes* depuis bien trop longtemps. Les Vert∙e∙s faisaient partie des cortèges car, sur le plan politique aussi, l’inégalité liée au sexe reste une réalité.

Bien que l’égalité ait toujours fait partie de l’ADN des Vert∙e∙s et qu’elle n’en soit pas restée aux paroles puisqu’aujourd’hui, par exemple, 75% de leurs élu∙e∙s vert∙e∙s au Conseil national sont des femmes, 100% au Conseil des Etats et 100% au Conseil d’Etat, il n’en reste pas moins que persistent de larges écarts entre les listes majoritairement féminines présentées et le nombre d’élues à la sortie des urnes, a fortiori au plan communal.

Ainsi, en Suisse, que ce soit au niveau communal, cantonal ou fédéral, les femmes* restent sous-représentées. Elles ne sont par exemple que 26,1% au Conseil des Etats, 42% au Conseil National, 29.9% au sein des exécutifs cantonaux (au 1er août 2019) et 32% dans les conseils communaux. Ainsi, à tous les niveaux du pouvoir politique, le nombre de femmes* reste inférieur à celui des hommes.

Quant aux domaines professionnels, familiaux et associatifs, le travail des femmes* contribue largement à faire fonctionner notre société. Or il est trop souvent non ou sous rémunéré. D’un point de vue patrimonial, la situation est encore plus inégale puisque les hommes détiennent la majorité de la fortune mondiale. Cette discrimination financière a des conséquences une fois l’âge de la retraite atteint.

D’autres discriminations touchent le quotidien des femmes*. Dans leur liberté de choix, leur intégrité corporelle, leur accès à la santé ou encore dans le partage des tâches domestiques, les femmes* sont là aussi défavorisées.

Face à ce constat, les Vert·e·s défendent un autre monde : égalitaire, durable et solidaire. C’est pourquoi ils et elles soutiennent les revendications du Collectif de la grève des femmes*, parmi lesquelles :

•           Le refus de l’augmentation de l’âge de la retraite :

Les Vert·e·s s’engagent pour des salaires égaux et une retraite juste pour les femmes*.

•           La lutte contre la violence sexiste, homophobe et transphobe :

Les Vert·e·s demandent, notamment, la réalisation d’une campagne fédérale de lutte contre les violences domestiques.

•           L’équilibre travail-famille :

Les Vert·e·s défendent activement un véritable congé maternité, paternité et parental, ainsi que le financement systématique d’infrastructures d’accueil en suffisance des enfants à tous les âges ;

•           Le partage paritaire du pouvoir :

Les Vert·e·s soutiennent et appuient les femmes* dans leur volonté de se porter candidates à tous les postes électifs ;

•           La garantie des droits sexuels et reproductifs :

Les Vert·e·s vaudois·es ont déposé une initiative parlementaire qui demande au Canton de Vaud d’exercer son droit d’initiative fédérale pour que les fausses couches, les grossesses non évolutives et les grossesses extra-utérines soient remboursées par l’assurance de base.

Interventions parlementaires

Agressions homo/bi/trans-phobes : des chiffres indispensables !

Motion

La Déclaration universelle des droits humains affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. La réalité est cependant bien différente : les personnes LGBTl+ subissent, aujourd’hui encore dans le canton Vaud, des violences symboliques et physiques. Trop fréquemment encore, elles souffrent d’inégalités et de discriminations. Cette situation est préjudiciable pour l’ensemble de notre société, car l’égalité, pourtant garantie par notre constitution fédérale du 18 avril 1999 (article 8, alinéa 2), n’est pas assurée pour les personnes LGBTl+.

Aujourd’hui encore en Suisse, .il est possible d’agresser et d’inciter à la haine contre les personnes LGBTl+, et pourtant s’en sortir sans condamnation, signal terrifiant envoyé aux cibles de ces attaques. Ces agressions ont lieu régulièrement dans le Canton de Vaud, comme le cambriolage homophobe dans la région de Morges au mois de mars 2019 ou encore le déchaînement de commentaires injurieux et d’appels à la haine sur les réseaux sociaux suite à la marche pour la visibilité lesbienne en avril 2019 à Lausanne.

La fréquente impunité d’une grande part des agressions basées sur l’orientation sexuelle et l’identité et/ou l’expression de genre pousse les victimes au silence, à l’angoisse, à l’isolement et parfois au suicide (notamment chez les jeunes). On estime que seules 10 à 20% des agressions font l’objet d’une dénonciation.

Selon les chiffres clés en Suisse, les jeunes LGB ont 2 à 5 fois plus de risque de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuel-le-s (dont 50% avant l’âge de 20 ans). De leur côté, les personnes transgenres ont 10 fois plus de risque de faire une tentative de suicide que les personnes cisgenres.

De nombreuses recommandations, accords et traités européens, nationaux et cantonaux non contraignants ont été ratifiés par la Suisse, mais malheureusement jamais mis en œuvre. Ainsi le système judiciaire et la police cantonale n’ont pas de réglementation leur demandant de prendre en compte le caractère spécifiquement homo, bi et/ou transphobe d’une agression. Dès lors, il n’existe toujours aucune statistique de ce type d’agressions.

Les statistiques fourniraient pourtant une image claire de la situation sécuritaire du canton. Elles permettraient de mieux appréhender les enjeux sécuritaires et l’activité des corps de police, quant aux agressions sur des personnes LGBTl+. 11 est nécessaire que l’État connaisse l’ampleur de ces agressions afin-de lutter de manière efficace contre ces phénomènes.

Dans un contexte de recrudescence des agressions physiques et verbales envers les personnes LGBTI+ rapportées auprès des associations, il est plus que jamais nécessaire de modifier la pratique actuelle afin que les agressions à caractère homo, bi ou transphobes soient répertoriées dans le canton. Pour ce faire, il est également indispensable de donner des formations de base aux polices municipales et cantonales, ainsi que d’instaurer, auprès des deux polices et du pouvoir judiciaire, des formations continues, etc.

Au vu des éléments exposés ci-dessus, les député.e.s soussigné.e.s demandent au Conseil d’État de créer une base légale afin que les agressions basées sur l’orientation sexuelle et l’identité et/ou l’expression de genre soient répertoriées dans le canton. Les données des polices devront être analysées dans un rapport. Une formation de base tout comme des formations continues sur la gestion des agressions à caractère homo, bi ou transphobes doivent être proposées à toute la hiérarchie de la police cantonale, communale et du pouvoir judiciaire.

Léonore Porchet

Interventions parlementaires

Y a-t-il un «plafond de verre» pour les étudiantes boursières?

Interpellation

La loi sur les bourses d’études empêche-t-elle des jeunes de finir leur formation ? Y a-t-il un «plafond de verre» pour les étudiantes boursières?

«Apprends électronicienne, deviens Ingénieure en génie électrique», «Apprends coiffeur, deviens biologiste» : depuis 2015 fleurissent des affiches qui «mettent en avant la perméabilité du système éducatif suisse». Véritable mantra, le consensus politique qui entoure le système de formation suisse vendu au monde entier ne cache-t-il pas une réalité moins glorieuse ? N’y a-t-il pas un peu d’hypocrisie dans ces affiches et qu’en est-il vraiment de cette possibilité de construire des parcours de formation ouverts, de se rattraper, d’accéder à des qualifications supérieures ?

En cette période qui précède la grève des femmes du 14 juin 2018, il est nécessaire de s’interroger sur tous les freins qui empêchent les femmes, en situation précaire en particulier, de pouvoir accéder à des qualifications meilleures, à des statuts plus stables et reconnus, à briser le fameux « plafond de verre ».

Il y en est un qui continue de frapper les étudiantes boursières : il s’agit de la limitation de la durée maximale d’octroi d’une bourse d’études. Aujourd’hui, la Loi sur l’aide aux études et à la formation professionnelle (LAEF), dans son article 18, détermine une limite de 10 ans de formation post-obligatoire au-delà de laquelle il n’est plus possible de se voir octroyer une bourse d’études. Selon l’art 17 du règlement d’application (RLAEF), cette durée de 10 n’est pas la durée pendant laquelle on a touché une aide de l’État, mais « sont prises en compte dans la durée absolue de dix ans toutes les années de formation, qu’elles aient donné droit ou non à l’octroi d’une allocation […] ».

Selon les données fournies par Statistique Vaud et par l’Office fédéral de la statistique la durée moyenne d’une formation professionnelle initiale est de 3,4 ans, d’un Bachelor HEU de 3,9 ans, d’un master HEU de 2,2 ans (respectivement 3,5 et 2,4 ans en HES). Par conséquent une apprentie précaires qui entend atteindre l’université avec un parcours « classique » soit CFC + Maturité fédérale + Passerelle + Bachelor + Master, n’est pas en mesure de le faire si elle est boursière puisqu’en moyenne cela lui prendra presque 12 ans si elle fait sa maturité en 1 an et la passerelle en 1 an également. J’ajoute que selon les mêmes statistiques la durée moyenne des études augmente et cela est dû — c’est le serpent qui se mord la queue — notamment par le manque d’aides et la contrainte pour 80 % des étudiants de travailler à côté de leurs études.

La vie n’est pas un chemin linéaire. Nous savons toute et tous comment les parcours de formation ne correspondent que très rarement au schéma théorique. Vie personnelle, vie familiale, difficultés économiques, problèmes de santé, reconversion ou changement d’orientation, échecs, etc.: l’aide que nous octroyons aux jeunes en formation doit prendre en compte le caractère souvent sinueux d’un projet de formation et la difficulté de le mener à bien comme elles ou ils l’aurait voulu. Il faut également donner la chance à tout le monde de pouvoir se remettre d’un échec.

Le Conseil d’État a beaucoup mis en avant la nécessité de faire sortir les jeunes de l’aide sociale pour qu’ils puissent accéder à des formations et leur permettre de mieux s’insérer dans le marché du travail. Empêcher une personne, des jeunes femmes en situation précaire en l’occurrence, de mener à bien un projet de formation c’est fragiliser leur position dans le marché du travail et renforcer leur risque de tomber dans la pauvreté.

C’est pourquoi j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

  • Dans combien de situations est-ce que les allocations fournies par l’Office des bourses ont dû être interrompues au cours de la formation d’une ou un jeune en formation ?
  • Le Grand conseil a prévu expressément des marges de manœuvre pour les situations exceptionnelles (art. 18 al. 2 LAEF). Est-ce que l’Office les utilise pleinement et dans quelle mesure les projets de formation malgré des parcours sinueux sont-ils soutenus ? Est-ce que toutes les passerelles, y compris le gymnase du soir, sont-ils intégrés dans les dispositions d’exception ?
  • Qu’est-ce que le gouvernement, dans sa politique de promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, a prévu pour empêcher l’existence d’un « plafond de verre » dans l’accès aux métiers à haute qualification pour les femmes en situation précaire ?
  • La limitation relative de la durée pendant laquelle il est possible de percevoir une bourse durant une formation (art. 17 LAEF) et le fait que l’Office n’entre en matière que pour des formations donnant accès à un titre supérieur (art. 15 al. 2) ne sont-ils pas des mesures suffisantes pour s’assurer de la diligence d’une boursière et de l’utilité de son projet de formation? Cela ne rend-il pas caduque l’utilité d’une durée maximale ?

Je remercie d’avance le Conseil d’État pour ses réponses.

Séverine Evéquoz

Interventions parlementaires

Salle d’allaitement et place des femmes en politique

Intervention personnelle

Je voudrais, par la présente intervention, remercier le Bureau du Grand Conseil de la mesure prise il y a dix jours d’ouvrir une salle d’allaitement au sein de notre Parlement. En effet, de telles mesures favorisant la conciliation des fonctions de mère et de parlementaire sont essentielles aujourd’hui à une plus grande place des femmes en politique, mais manquent encore cruellement.

Aujourd’hui encore, devenir mère est un handicap dans le milieu du travail. De récentes statistiques montrent qu’une femme sur dix est licenciée au retour de son congé maternité. Même si elle peut conserver son emploi, encore trop peu d’entreprises permettent aux mères qui le désirent d’allaiter leur enfant, soit en ne leur donnant pas leur pause d’allaitement pourtant garantie par la loi, soit en ne leur laissant pas d’espace adéquat à cet effet. Un postulat, déposé par notre collègue Carine Carvalho, qui demande simplement une meilleure information des employeurs, est d’ailleurs en cours de traitement.

En cette année de grève des femmes, un geste tel que celui du Bureau est le bienvenu. La place des femmes dans la sphère politique et dans celle du travail fait encore l’objet de résistances, d’autant plus lorsqu’elles deviennent mères. Il n’est pas évident, encore moins facile, pour une femme de mener de front une carrière professionnelle ou politique et la création d’une vie de famille. Lors de la dernière campagne électorale dans le canton, nous avons pu encore remarquer, malheureusement, que les remarques et autres questions des journalistes qui portaient sur la conciliation de la vie privée et familiale ne concernaient que les candidates féminines. Au plan fédéral, nous avons déjà eu droit, dans la presse, à des articles sensationnalistes sur des candidates enceintes, alors qu’il n’y a aucun mot sur la vie de famille des candidats masculins.

Il nous faut encore lutter pour que ces barrières d’accès tombent. Et dans ce cadre, tant notre parlement que notre administration doivent être exemplaires. Créer une salle d’allaitement est un bon début, le prochain allongement du congé paternité au sein de l’administration cantonale aussi (on pourrait d’ailleurs réfléchir à l’introduction de ce congé pour nos collègues parlementaires masculins). Il y a encore du chemin, mais je suis persuadée qu’il faut saluer tous les petits pas qui vont dans la bonne direction. C’est pourquoi, au nom du groupe des Verts, je remercie et félicite le Bureau du Grand Conseil pour cette solution pragmatique, qui montre qu’il est possible de tendre vers plus d’égalité entre nous tous et toutes.

Rebecca Joly

Non classé

22.2.19: 10 ans de l’Equal Pay Day mais toujours pas d’égalité salariale

Demain, vendredi 22 février, tout juste 3 semaines après avoir fêté les 60 ans du droit de vote des Vaudoises, nous fêterons les 10 ans de l’Equal Pay Day, journée d’action nationale pour l’égalité salariale. Cette revendication, qui semble aller de soi mais reste malheureusement pourtant toujours lettre morte, sera au centre de la grève des femmes du 14 juin prochain. À cette occasion, les Verts vaudois produisent un flyer rappelant tout le chemin qu’il reste à parcourir pour que femmes et hommes soient payés équitablement.

Février est vraiment le mois de l’égalité dans notre canton. De l’égalité revendiquée du moins, car si le droit de vote obtenu il y a maintenant 60 ans est resté un acquis, l’égalité salariale n’a elle encore jamais été réalisée. En effet, nous « fêtons » demain le 10e Equal Pay Day, qui marque le jour où les femmes atteignent le salaire gagné par les hommes l’année précédente. Alors que les femmes étaient en moyenne payées 1455 francs de moins par mois qu’un homme en 2016 pour le même travail et que 44% de l’écart salarial restent inexpliqués[1], aucune loi contraignante n’existe encore pour réparer cette injustice. La Loi sur l’égalité de 1991 obtenu par la grève des femmes n’a jamais été appliquée !

Le Canton de Vaud fait certes de réels efforts : la différence salariale entre femmes et hommes dans l’administration ne s’élève « plus qu’à » 3,5% et de nouvelles mesures ont été annoncées en septembre dernier pour tenter de combler cet écart. Pourtant, la grande majorité des femmes travaillant dans le secteur privé ne bénéficient pas de ces améliorations. Il est grand temps de prévoir des mécanismes de contrôle et de sanction des entreprises ne respectant pas l’adage : « à travail égal, salaire égal ».

Les Verts continueront donc de lutter, à tous les niveaux, pour qu’un jour, prochain espérons-le, payer également femmes et hommes aille de soi. En outre, étant donné qu’à la racine de cette inégalité persistante se trouvent des stéréotypes de genre qu’il est nécessaire de contrer, et ceci dès le plus jeune âge, les Verts continueront également à s’engager pour une sensibilisation dès l’école. Pour que ces représentations encore trop souvent véhiculées de manière insidieuse par l’éducation et la culture soient identifiées et combattues, pour une égalité dans les faits !


[1] Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes

Interventions parlementaires

Grève des femmes*, grève féministe : quels droits pour les collaboratrices de l’État de Vaud ?

Interpellation

Le 14 juin 2019, la grève des femmes* aura lieu dans toute la Suisse, et donc aussi dans le Canton de Vaud.

Les futurs grévistes revendiquent une application effective de la loi sur l’égalité, obtenue de haute lutte… lors de la précédente grève des femmes en 1991 . L’égalité pour les femmes est en effet toujours loin d’être atteinte. Parce que les salaires des femmes pour un même travail sont encore inférieurs à ceux des hommes et que, même après la révision de la loi
sur l’égalité des chances, aucune sanction sévère n’est imposée. Parce que les femmes sont encore exposées à la violence masculine et au harcèlement sexuel. Parce que les femmes sont encore responsables de la conciliation de la vie professionnelle et familiale. Parce que les femmes sont encore largement en charge des tâches ménagères et du travail de soin des proches. Parce que les femmes sont encore sous-représentées dans les
cadres (supérieurs) et en politique et sont beaucoup plus touchées par la pauvreté. La grève des femmes est donc juste et importante et il est à prévoir qu’elle sera largement suivie.

Dans cette perspective, le Canton de Vaud a un rôle à jouer auprès de ses collaboratrices. De plus, le service public compte encore de nombreux secteurs, principalement dans le domaine de l’accueil des enfants ou des soins à la personne, majoritairement assurés par des femmes. Là aussi, comme dans l’ensemble de l’administration cantonale, toutes les
revendications de la grève doivent être portées et enterndues.

Dans ce contexte, nous posons au Conseil d’Etat les questions suivantes :

1 . Quelles mesures le Conseil d’Etat compte-t-il prendre pour que le plus grand nombre possible d’employées du Canton de Vaud puissent participer à la journée de grève ?
2. Y aura-t-il des instructions aux services pour encourager les directions à permettre aux femmes” de participer à cette journée de grève ?
3. Quelle est la position du Conseil d’État quant au fait que l’absence des femmes qui participeront à la journée de grève devrait être comptée comme du temps de travail ?
4. Quelles mesures le Conseil d’État a-t-il prévu pour assurer le service public dans les secteurs à majorité féminine dont l’activité ne peut pas être ralentie (les services de soins, l’école, la garderie, etc.) ?

Léonore Porchet

Communiqué 2019

1er février 1959-2019: Les Vaudoises étaient pionnières, mais les femmes sont toujours derrière

Demain, en ce vendredi 1er février 2019, nous fêtons les 60 ans du droit de vote des femmes dans le canton de Vaud. Les Vaudoises étaient alors les premières à l’obtenir, de haute lutte. Elles doivent aujourd’hui continuer à se battre pour leurs droits. La grève se prépare ainsi partout en Suisse, pour que la loi sur l’égalité ne reste pas lettre morte. Les Verts vaudois seront présent-e-s demain partout dans le canton pour rappeler l’importance de l’acquis obtenu en 1959 et les combats qu’il reste à mener.

Il y a 60 ans jour pour jour, la Suisse prenait enfin le chemin d’une démocratie complète. Le 1er février 1959, les Vaudoises sont devenues les premières Suissesses à obtenir le droit de vote. Mais si cette avancée fût alors pionnière, aucune réelle percée n’est advenue depuis en faveur des droits des femmes et, si elles ont pu obtenir une Loi sur l’égalité en 1991, cette dernière n’est encore que très peu appliquée. Il faut que cela change ! C’est pourquoi les Verts vaudois seront présent-e-s partout dans le canton pour rappeler aux Vaudoises et aux Vaudois cet important acquis, mais aussi les nombreux combats qu’il reste encore à mener pour que les Vaudoises soient enfin réellement les égales des Vaudois, dans le monde professionnel et privé.

Ainsi, les Verts revendiquent aujourd’hui encore :
– l’égalité salariale enfin concrétisée, avec des sanctions pour les entreprises hors la loi ;
– la fin des violences sexistes, grâce à une éducation et des lois à la hauteur de l’enjeu ;
– des parents à égalité, avec un congé parental et le partage des tâches ménagères ;
– des élues plus nombreuses, pour que tous les partis prennent également leurs responsabilités. En effet, si les Verts appliquent, de fait, depuis leur fondation déjà, le principe de parité et comptent, parmi leurs rangs, le plus fort taux d’élues de toutes les formations politiques, il n’en est de loin pas de même partout, en particulier sur la droite de l’hémicycle où les plus grands progrès restent à faire ;
– le pouvoir partagé, avec des quotas dans les entreprises et le soutien à la formation.

Avec le flyer en annexe, les Verts vaudois communiqueront ces revendications et appellent à la grève des femmes le 14 juin, pour que, 60 ans après, le Canton de Vaud se montrer à nouveau pionnier dans la lutte pour l’égalité.

 

SAVE THE DATE : le 6 mars, une table ronde est organisée à 17h30 à la salle des Vignerons du Buffet de la gare avec des représentantes écologistes, indépendantes et syndicales, pour préparer ensemble cette journée de mobilisation.