Communiqué 2020

Pour une loi sur la taxe automobile ayant de réels effets pour le climat et la population !

Les Vert∙e∙s vaudois∙es ont pris position ce jour sur l’Avant-projet de Loi sur la taxe automobile (« apLTVB »), ainsi que son règlement d’application (« apRTVB »), mis en consultation par le Conseil d’Etat. Dans l’ensemble, ils relèvent la nécessité de cette révision, tout en demandant que des mesures plus fortes soient prises dans l’intérêt du climat et de la population en général.

Les Vert∙e∙s vaudois∙es relèvent que la taxation des véhicules constitue un levier central dans le développement de la mobilité, ceci à trois égards principaux : sur le choix du véhicule, par le report modal qui peut être développé en faveur de catégories de véhicules ou d’une mobilité plus respectueux de l’environnement, et par la possibilité d’agir sur la mobilité dans son ensemble.

Pour ces motifs, les Vert∙e∙s vaudois∙es demandent d’abord que le montant des taxes prévu (par les barèmes) soit relevé pour être réellement dissuasif par rapport à des véhicules trop gros ou polluants. En outre, le régime appliqué ne devrait pas être basé sur un barème et des montants linéaires, mais exponentiels. Ainsi, avoir un véhicule très lourd et/ou puissant reviendra beaucoup plus cher que de privilégier un véhicule plus « raisonnable ».

Les Vert∙e∙s vaudois∙es demandent aussi que d’autres critères que la puissance et le poids du véhicule – déjà essentiels – soient utilisés pour calculer la taxe. En font partie la hauteur d’essieu, la largeur du véhicule ainsi que le bruit émis à l’accélération. Sur ce dernier point, la santé de toutes et tous impose de prendre des mesures dissuasives fortes à l’encontre de véhicules trop bruyants.

Enfin, les Vert∙e∙s vaudois∙es relèvent que, à choix égal, il est nécessaire de privilégier des véhicules à motorisation électrique plutôt que thermique. Cela étant, il convient d’éviter que le système appliqué n’entraîne des effets contreproductifs, notamment par (i) une augmentation totale du nombre de véhicules ou (ii) des bénéfices offerts à des véhicules électriques lourds et d’un gabarit trop important, de type SUV. Pour ces motifs, les Vert∙e∙s vaudois∙es demandent que l’exonération qui est prévue dans l’apLTVB pour les véhicules électriques durant les deux premières années soit supprimée (art. 4 al. 3), mais que leurs avantages soient considérés par les rabais appliqués (art. 7) en termes d’émission de CO2, de bruit et de taille. Ainsi, un petit véhicule électrique pourra être grandement favorisé par rapport à un véhicule thermique ou un lourd véhicule électrique.

Dans un contexte où l’espace est de plus en plus rare et précieux, et le changement climatique une réalité, il est central de s’assurer que cette loi permette réellement d’agir sur la mobilité.

Réponse à la consultation (pdf)

Communiqué 2020

Revoir une jonction autoroutière d’un autre temps

Alors que la question de la requalification de la jonction autoroutière de l’A1 revient dans le débat, la députée des Vert∙e∙s vaudois∙es Rebecca Joly dépose aujourd’hui au Parlement une interpellation pour que le gouvernement avance dans sa transformation en boulevard urbain. Il est temps d’abandonner cette jonction d’un autre temps et de répondre aux souhaits croissants de la population de bénéficier d’infrastructures à taille humaine, plus vertes, avec une meilleure accessibilité aux transports publics et à la mobilité douce et une réunion du bâti urbain.

L’autoroute A1 entre Genève et Lausanne fut la première mise en service en Suisse, afin d’acheminer les visiteurs vers l’exposition nationale de 1964 aux bords du Léman. Le tronçon A1a qui relie Crissier à la Maladière est aujourd’hui un des seuls cas d’autoroute en cul-de-sac dans notre pays, soit d’entrée royale au cœur d’une ville importante avec le lot de nuisance que cela implique .

Il pose plusieurs problèmes, étant de plus en plus en décalage avec les préoccupations modernes des Vaudoises et des Vaudois et avec l’impératif d’agir et de se montrer à la hauteur de l’urgence climatique :
-En termes de circulation tout d’abord, un grand nombre de véhicules se déverse dans une zone densément peuplée, avec des conséquences négatives directes sur la santé des habitant-es par la pollution et le bruit engendrés.
-Sous l’angle des infrastructures concernées ensuite, la qualification autoroutière du tronçon A1a impose des constructions de grande envergure et empêche une utilisation multimodale impliquant également les transports publics, les cyclistes et les piéton-ne-s.
-Enfin, en termes d’urbanisme de la région, l’autoroute représente un véritable obstacle à franchir lorsqu’il s’agit de se déplacer dans l’Ouest lausannois.

Il devient maintenant urgent de faire avancer l’option de requalification de ce tronçon, souvent discutée mais sans aucun résultat à ce jour. Le fait que l’OFROU ait mis à l’enquête en novembre 2018 la construction de nouvelles jonctions autoroutières, touchant notamment le tronçon A1a, il offre là une opportunité à saisir très rapidement de remettre sur la table la possibilité du développement d’un « boulevard urbain », dont les avantages emporteraient sans nul doute une large adhésion (meilleure accessibilité aux transports publics et à la mobilité douce, réunion du bâti urbain, possibilités de connexions accrues avec les routes alentours limitant les coupures au sein des communes directement touchées).

C’est dans ce but que la députée des Vert∙e∙s vaudois∙es Rebecca Joly dépose aujourd’hui au Parlement une interpellation pour que le gouvernement se saisisse de cette réflexion. Cette interpellation se fonde sur un texte déjà déposé dans plusieurs conseils communaux des communes concernées, dont Lausanne par David Raedler. Elle fait également suite à la conférence organisée par l’Association Transport et Environnement (ATE Vaud) sur le sujet de l’A1a le 25 février 2020 à l’Unil, lors de laquelle la possibilité de revoir l’opportunité du projet de l’OFROU a été évoquée par Nuria Gorrite.