Communiqué 2020

Plutôt que les propos dépassés du Centre Patronal, avançons vers un changement sociétal

Les Vert.e.s vaudois.es sont consterné-e-s par les propos du Centre Patronal qui, dans son bulletin hebdomadaire, dit s’inquiéter de la prise de conscience par certain-e-s quant aux alternatives au modèle consumériste qui a prévalu dans notre société ces dernières décennies. L’un des grands enseignements de cette crise est justement qu’une autre manière de consommer, de produire et d’interagir économiquement est possible, et les Vert.e.s comptent bien tout mettre en œuvre pour tirer les leçons qui s’imposent une fois l’urgence sanitaire levée.

« Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses: beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation… ». Ces propos semblant tout droit sortis d’une parodie ou d’un article d’un site satirique sont pourtant ceux, bien réels, publiés dans le dernier bulletin hebdomadaire du Centre Patronal, sorti ce mercredi 15 avril.

Ces propos sont inconscients et tout bonnement consternants. Alors que tous les voyants environnementaux sont au rouge, et que la communauté scientifique est unanime quant à la nécessité de réduire notre empreinte sur le climat et la biodiversité si nous voulons éviter une crise bien plus grave que celle que nous traversons actuellement, il faudrait, selon le Centre Patronal, recommencer « comme en quarante », reprendre les choses où on les a laissées, sans la moindre remise en cause.

L’un des enseignements de cette crise est justement celui qu’un autre modèle économique est possible et nécessaire, moins dépendant d’une course effrénée au toujours plus, rapprochant productrices et producteurs et consommatrices et consommateurs et valorisant la qualité et le local plutôt que le bon marché et le jetable. Il s’agit aussi de créer une économie plus résiliente face aux chocs.

Les Vert.e.s souhaitent que l’indispensable redémarrage économique soit l’occasion de se détacher d’un système qui a désormais clairement montré ses limites et n’est plus viable à long terme, et de mettre en place une manière de produire et consommer durable et respectueuse des humains et de l’environnement. Bien plus qu’une crise, c’est une catastrophe, et celle-ci doit ébranler nos certitudes et nos fonctionnements pour les remettre en question. Une rupture avec le monde d’antan est plus que jamais nécessaire.

Ils formuleront à cet effet des propositions une fois la crise sanitaire passée et que les institutions auront repris leur fonctionnement normal.

Une chose est certaine, les Vert.e.s s’opposeront au Centre Patronal tant que celui-ci continuera à militer pour une économie aux recettes d’avant-hier, qui nous font foncer droit vers un désastre écologique et humain. 

Communiqué 2020

PADE: Pour une promotion économique plus durable

La présentation hier de la nouvelle politique d’appui au développement économique du canton (PADE) marque un premier pas dans la bonne direction pour les Vert∙e∙s vaudois∙es. Ils seront particulièrement attentifs aux critères prévus pour l’attribution des soutiens financiers dans le cadre des fonds créés. La responsabilité environnementale des entreprises devrait y avoir une place prépondérante. Et s’appliquer aux 3 domaines d’action et non seulement à l’économie durable. Les Vert∙e∙s interviendront en outre au Grand Conseil pour demander des critères clairs en matière de promotion économique exogène. Pour que l’appui au développement économique soit vraiment au service du développement durable.

Les Vert∙e∙s accueillent positivement la présentation de nouvelle politique d’appui au développement économique du canton (PADE). C’est un premier pas dans la bonne direction pour tirer enseignement des erreurs du passé et aller vers plus de durabilité. Ils nourrissent, en particulier, de grandes attentes à l’égard des critères annoncés pour l’attribution des aides mais regrettent que ces aides ne soient passées au crible de l’Unité du Développement Durable (UDD) que pour l’un des trois volets, à savoir l’économie durable. Le filtre de la durabilité devrait être appliqué à toutes les politiques économiques et à toutes les aides accordées. Il s’agira aussi de préciser les critères envisagés, et surtout d’en prévoir pour la promotion économique exogène qui est là où le bât blesse le plus clairement.

Dans ce sens, les Vert∙e∙s interviendront par voie de motion au Grand Conseil pour que des critères clairs soient fixés en matière de promotion économique exogène.  Le débat actuel sur l’initiative sur des multinationales responsables révèle l’importance de s’assurer que les entreprises suisses ou étrangères qui bénéficient de soutiens directs ou indirects de l’Etat soient irréprochables, tant dans leurs activités suisses que leurs activités à l’étranger.

Les Vert∙e∙s souhaiteraient également que le Grand conseil puisse bénéficier d’un monitoring des projets en étant régulièrement informé des projets identifiés, des aides attribuées et du suivi de ceux-ci, dans un souci de transparence.

Les Vert∙e∙s regrettent, en outre, que le Conseiller d’Etat Leuba n’ait pas saisi l’occasion de la rédaction de cette PADE pour répondre à la motion « Opération Vivaldi » déposée par leur président de groupe, Vassilis Venizelos, et adoptée par une large majorité du parlement il y a plusieurs mois sur la promotion et le développement du tourisme 4 saisons, les mesures prévues restant timides.

Enfin, plus fondamentalement, il est clair pour les Vert∙e∙s que la stratégie de promotion économique du Canton ne pourra pas, à terme, faire l’économie d’une réelle réflexion quant aux limites d’un modèle construit sur de seules exigences de croissance quantitative.