Communiqué 2020

Personnel de la santé : Passer des applaudissements à une revalorisation

Alors que la deuxième vague de la COVID-19 fait sentir ses effets dans toute l’Europe, et que le personnel de la santé est à nouveau au front pour garantir la sécurité et le bien-être de la population,  une semaine de mobilisation est organisée dans toute la Suisse par ce personnel, afin de réclamer de meilleures conditions de travail. Les Vert∙e∙s vaudois∙es et le Parti Socialiste vaudois (PSV) soutiennent ce mouvement et souhaitent voir ces professions reconnues à leur juste valeur. Leurs élu-e-s se sont déjà, à ce titre, mobilisé-e-s à Berne pour défendre l’initiative « Pour des soins infirmiers forts » et un contre-projet ambitieux à ce texte. Au niveau cantonal, les deux formations politiques demandent aux employeurs du parapublic de prendre leurs responsabilités, et de procéder aux indispensables augmentations salariales.

Le personnel de la santé a fourni des efforts impressionnants ces derniers mois pour faire face à la pandémie qui a touché nos sociétés. Aujourd’hui, alors que ce personnel fatigué se prépare à affronter une nouvelle vague de COVID-19, il est plus que jamais essentiel d’entendre ses revendications légitimes, et de revaloriser ces professions, en améliorant notamment les conditions de travail dans les soins.

Le PSV et les Vert∙e∙s vaudois∙es s’engagent depuis toujours en ce sens, et leurs élu-e-s aux Chambres fédérales ont œuvré pour un contre-projet ambitieux à l’initiative « Pour des soins infirmiers forts » qui demande, notamment, de meilleures conditions salariales et de travail dans les soins. La majorité bourgeoise semblant malheureusement vouloir garder un statuquo nuisible pour tout le monde, ces deux formations politiques défendront avec conviction l’initiative dans les urnes le jour où elle sera soumise au vote populaire.

Les Vert∙e∙s vaudois∙es et le PSV souhaitent, par ailleurs, voir les négociations salariales actuellement en cours dans le domaine de la santé parapublique aboutir rapidement, et demandent aux employeurs de ce secteur de prendre leurs responsabilités.

Enfin, alors que le nombre d’hospitalisations liées aux cas de COVID-19 ne cesse d’augmenter, tout doit être entrepris pour que les professionnel-le-s de la santé puissent travailler dans des conditions garantissant leur sécurité et dans le respect des règles fixées par le droit et les conventions collectives.

Il est grand temps de montrer au personnel de la santé qu’au-delà des applaudissements, la population et la classe politique vaudoise sont conscientes de leurs efforts et du besoin d’une revalorisation de leurs professions !

Ce communiqué est envoyé de manière conjointe par Les Vert.e.s vaudois.es et le Parti socialiste vaudois

Communiqué 2020

Aide aux médias: il devient urgent de voter la motion verte pour un soutien d’urgence à la presse locale

Les médias sont l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise du COVID-19. Ils sont pourtant un élément crucial du bon fonctionnement de notre démocratie. Après le dépôt de bilan du Régional et de Micro, c’est au tour du journal La Côte d’être menacé. Dans ces conditions, les Vert∙e∙s demandent le traitement le plus rapide possible au Grand conseil vaudois de la motion Mahaim en faveur d’une aide urgente à la presse calibrée sur les besoins spécifiques de ce secteur. Les Vert∙e∙s exhortent, en outre, les éditeurs et groupes de presse à cesser tout licenciement et à se renseigner sur les mesures de soutien d’urgence (bientôt) disponibles.

Les mauvaises nouvelles se suivent et se ressemblent. Après Le Régional et Micro qui ont dû cesser leurs activités ce printemps, c’est maintenant au tour du Journal La Côte d’être sous la menace de licenciements. Le groupe ESHmédias a en effet annoncé vouloir procéder à des restructurations et des licenciements sont imminents. Dans le cadre des discussions avec la direction du groupe, les journalistes de La Côte ont proposé de renoncer à leur treizième salaire par solidarité, ce qui aurait permis d’obtenir les économies escomptées.

Par le député Raphaël Mahaim, le groupe des Vert∙e∙s au Grand Conseil vaudois était intervenu au printemps 2020 par une motion demandant des mécanismes d’aide d’urgence à la presse, en complément aux aides fédérales, dans la situation particulière de la pandémie de covid-19. La survie du tissu médiatique local est en jeu.

La commission parlementaire en charge de l’aide aux médias (paquet cantonal d’aides aux médias présenté avant l’apparition du covid-19) a tout récemment terminé ses travaux. Elle soutient majoritairement le paquet d’aides. Elle a en outre concrétisé la motion verte Mahaim et consorts sous la forme d’une base légale (disposition transitoire) permettant au Conseil d’Etat de prendre des mesures urgentes de soutien à la presse locale, à l’image de ce que le Conseil d’Etat fait avec les annonces publicitaires. Cet ajout dans le projet a fait l’objet d’un vote serré en commission. Le rapport de commission est désormais disponible en ligne : https://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/gc/fichiers_pdf/2017-2022/190_RC.pdf

Les Vert∙e∙s appellent donc de leurs vœux l’accélération du débat parlementaire sur le paquet d’aide aux médias et la motion Mahaim. Le vote doit avoir lieu le plus rapidement possible. En outre, ils exhortent les éditeurs et groupes de presse à renoncer aux mesures de licenciement prévues et à s’enquérir des mesures de soutien d’urgence disponibles ou en passe de l’être.

Communiqué 2020

Une nouvelle victoire pour l’économie verte

Un nouveau succès aujourd’hui pour l’économie verte, en commission de l’environnement du Conseil des Etats: une large majorité de la commission a accepté une motion d’Adèle Thorens Goumaz visant à favoriser des partenariats publics-privés (« Green Innovation Deals ») pour promouvoir l’économie circulaire. Ce succès intervient après la reprise de plusieurs points du contre-projet à l’initiative « Pour une économie verte » sous forme d’initiative parlementaire. Alors que l’Union européenne a récemment annoncé son propre plan de relance verte et qu’une étude montre quelle chance l’économie circulaire représente pour la relance post-COVID, la vague verte permet enfin de donner les impulsions nécessaires à la transformation de notre économie vers plus de durabilité et de résilience.

Les Vert.e.s vaudois.es se réjouissent que la commission de l’environnement du Conseil des Etats (CEATE-E) ait aujourd’hui accepté, contre l’avis du Conseil fédéral, la motion de leur conseillère aux Etats Adèle Thorens Goumaz pour des « Innovation Green Deals »[1]. Elle vise à encourager des projets d’économie circulaire via des accords conclus entre la Confédération et des entreprises, acteurs publics, associations ou hautes écoles. Ces accords peuvent impliquer des facilitations réglementaires, une simplification des démarches administratives, des aides au développement de nouveaux marchés, des engagements à des achats circulaires, une assistance à l’innovation ou la mise en réseau. Cet instrument est déjà utilisé aux Pays-Bas, en France, en Belgique, en Finlande et au Royaume-Uni.

Ce succès suit celui de l’initiative parlementaire « Développer l’économie circulaire en Suisse », portée par une coalition d’élus des Vert.e.s, des vert’ libéraux, du PS, du PBD et du PDC, qui reprend les principaux points du contre-projet à l’initiative populaire des Vert.e.s « Pour une économie verte ». Elle est actuellement débattue dans une sous-commission de la CEATE-N[2]. Il s’agit notamment de favoriser la revalorisation des matériaux et de réduire le gaspillage des ressources, par exemple dans le domaine des emballages.

Le nouveau pas fait aujourd’hui à la commission de l’environnement des Etats va dans le même sens que le  Pacte vert pour l’Europe et son plan d’action pour l’économie circulaire, qui visent à relancer notre économie sur des bases durables. Alors qu’une récente étude menée par Material economics vient de faire la Une des médias[3] car elle montre combien l’économie circulaire représente une chance pour la relance post-COVID[4], les Vert.e.s sont satisfait-e-s de voir enfin avancer, chez nous aussi, les principes d’une économie ménageant les ressources et plus résiliente, 10 ans après le lancement de leur initiative populaire fédérale « Pour une économie verte ». La vague verte, ainsi que le travail de vulgarisation et de diffusion réalisé par des mouvements comme Circular Economy Switzerland au sein du monde économique, permettent enfin de faire avancer une autre vision de l’économie, qui respecte davantage l’environnement et offre des opportunités d’emplois et de plus-value localement ancrés.

Les Vert.e.s espèrent que ce succès d’étape sera confirmé en plénum à la session de décembre.


[1] https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20203667
[2] https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20200433
[3] https://www.rts.ch/play/radio/redirect/detail/11677533
[4] https://materialeconomics.com/publications/publication/circular-recov

Actes Verts

Des parlementaires aux RHT?

Actes verts n°58 – juin 2020

Pensez-vous que les parlementaires ont chômé durant le semi-confinement dû au COVID-19 ? Il semble que non, à en croire le dépôt de 100 objets parlementaires au Grand Conseil vaudois depuis la reprise des sessions, le 12 mai, à la Marive d’Yverdon. Malgré l’annulation de six séances plénières, le travail s’est poursuivi tout du long, en arrière-fond, dans la discrétion, à l’abri des feux médiatiques. Il a été bien plus large que la mise sur papier des problématiques rencontrées, et ce, dans un contexte de quasi non droit, et sans reconnaissance financière du travail effectué.

Pas d’indemnités durant le semi-confinement

Faut-il le préciser, les député·e·s vaudois·es n’ont pas droit aux RHT. L’indemnité qu’ils et elles perçoivent (pour les séances plénières mais qui couvrent aussi leur préparation) n’est pas considérée comme un salaire. Aussi, aucune base légale, pas même le décret fixant le «montant des indemnités des membres du Grand Conseil pour la législature 2017-2022», n’a pu solutionner «le manque à gagner» des six sessions journalières annulées.

Or, certain·e·s député·e·s se sont retrouvé·e·s dans des situations financières délicates.

Soucieux de cette situation, le bureau du Grand Conseil a proposé un projet de décret pour indemniser les séances annulées en raison de la pandémie. Cependant, ce projet a été refusé par la commission des finances, par 7 voix contre 6. La raison? Solidarité avec les branches professionnelles en difficulté. Dès lors, le bureau a préféré retirer sa proposition, plutôt que de lancer un débat bien délicat au Grand Conseil, sans réelle perspective de succès.

Des parlementaires engagé·e·s

«La meilleure façon d’aider, c’est de se mettre en retrait», telle a été la recommandation du Conseil d’Etat vaudois en début de crise. Pour organiser les flux de questions et de recommandations des parlementaires resté·e·s actifs et actives malgré cette devise, une chaîne de transmission d’information a pu être organisée. Toute information utile, toute question importante ont pu être communiquées aux chef·fe·s de groupe, puis à la 1ère vice-présidente du Grand Conseil et enfin au Conseil d’Etat. Cela a permis de faire remonter les problématiques rencontrées sur le terrain, dans certaines régions, dans certaines branches professionnelles. Le Conseil d’Etat s’est prêté au jeu, en répondant parfois même dans l’immédiat, en se mettant à disposition du bureau élargi (bureau + chef·fe·s de groupes) lors de visio-conférences, en prenant des mesures concrètes.

Les commissions de surveillance (gestion et finances) ainsi que la commission thématique de santé publique ont été mandatées pour établir un rapport commun et suivre, surveiller, voire critiquer, les décisions du Conseil d’Etat, durant cette période extraordinaire.

Le bureau du Grand Conseil a, quant à lui, réorganisé le travail parlementaire à l’aune des nouvelles normes sanitaires, pour que celui-ci puisse reprendre son cours le plus rapidement possible. Il a, en particulier, défini les outils adéquats pour les visio-conférences, en y transférant les commissions parlementaires, trouvé une salle à Yverdon, organisé le fonctionnement technique de celle-ci. Le bureau s’est réuni en visio-conférence chaque semaine, a reçu des expert·e·s pour prendre les meilleures décisions, a demandé des avis de droit pour interpréter un cadre légal mouvant, a diffusé de l’information auprès des chef·fe·s de groupes. Il a permis de faire le lien entre l’exécutif et le législatif.

Les député·e·s n’ont pas réellement eu de répit durant cette crise. Ils et elles ont dû rester en tout temps informé·e·s, ont dû vulgariser autour d’eux/elles les décisions parfois contradictoires prises sur la durée de l’état de nécessité, ont dû s’adapter comme tout un chacun·e à de nouvelles habitudes et de nouveaux outils de travail. En reprenant les séances à la Marive, les député·e·s ont eu à avaliser a posteriori les nombreux décrets du Conseil d’Etat, tout en y apportant un regard critique.

Quid des droits politiques?

L’image des député·e·s vous paraît bien docile ? Vous êtes peut-être de l’avis du journaliste de Bon pour la tête, Jacques Pilet, qui dépeignait dans un article du 20 mai, une situation totalitariste, durant laquelle le gouvernement fédéral avait pris le pouvoir de façon absolue sur le pays, défiant les principes les plus raisonnables de la démocratie – dont les pouvoirs doivent se répartir entre le gouvernement, le Parlement et l’ordre judiciaire.

Il n’avait certes pas tout tort. Toutefois, le contexte de confiance dans lequel ce pouvoir a été transféré, la nature des décisions allant dans l’intérêt général, il semble que l’on puisse raisonnablement nuancer son analyse. Au niveau cantonal, bien que les droits des parlementaires aient été durement limités durant cette période et qu’ils et elles n’aient pas souhaité reconnaître leur propre travail d’un point de vue financier, tant les député·e·s que les groupes d’intérêts ont trouvé une oreille attentive auprès du gouvernement et ont malgré tout pu faire pression pour apporter les appuis là où il y en avait besoin.

Et si ce n’est pas totalement le cas, les parlementaires peuvent désormais à nouveau siéger! Osons espérer qu’ils et elles le pourront aussi à la rentrée d’août 2020. Et c’est dans cette continuité bien différente que d’habitude qu’ils et elles pourront toutefois orienter les actions politiques et défendre ce qui nous tient à cœur dans ce monde d’après, concernant les aspects écologiques, sociaux et d’économique locale.

Séverine Evéquoz

Communiqué 2020

Vaud a besoin d’une stratégie de lutte contre la pauvreté

La crise du COVID-19 pose de nombreux défis, parmi lesquels la lutte contre la pauvreté. Alors que de plus en plus de personnes, pourtant salariées, doivent recourir à l’aide alimentaire, il devient urgent de mettre en place une stratégie cantonale coordonnée de lutte et de prévention contre la pauvreté pour mieux cerner et répondre aux besoins de la population concernée. Les chiffres actuels présentent un large angle mort qu’il s’agit de combler pour pouvoir déployer une action efficace. Afin d’obtenir cette stratégie et ce monitoring cantonaux, la députée verte Nathalie Jaccard intervient aujourd’hui au Grand conseil par voie de motion.

Le crise du COVID-19 aura permis de tirer de nombreux enseignements. En matière de pauvreté et de précarité aussi. En effet, si avant le mois de mars, près de 10% de la population vaudoise était considérée comme étant pauvre, la situation devrait désormais s’aggraver tant les conséquences économiques qui se profilent vont fatalement faire gonfler les statistiques.

Si depuis plusieurs années le Conseil Fédéral avait mis en place une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, il renvoie aujourd’hui la balle aux cantons en diminuant drastiquement les fonds jusqu’alors alloués à cet effet. Si le canton de Vaud s’est engagé pour cette cause, en mettant notamment en place un programme de prévention du surendettement, des prestations complémentaires pour les familles ou encore un revenu déterminant unifié (RDU), il faudrait plus.

C’est un fait connu : près de 30% de la population éligible ne demande pas les prestations sociales auxquelles elle a pourtant droit. Que ce soit par méconnaissance de ses droits, honte, des démarches administratives trop compliquées, ou autres. Et 70% des personnes qui s’adressent au CSP ont pourtant un emploi. Post-COVID, les personnes qui font désormais appel à l’aide alimentaire auprès de Caritas sont également des personnes qui avaient jusqu’à peu une situation professionnelle, des indépendant-e-s, ou des personnes qui ont quelques biens et qui par conséquent n’ont pas droit aux aides sociales étatiques. Sans compter les travailleuses et travailleurs précaires qui se débrouillaient jusque-là mais qui ont désormais perdu leurs emplois.

Une stratégie cantonale de prévention et de lutte contre la pauvreté s’avère donc urgente pour améliorer et renforcer les mesures existantes, accroître les échanges et l’innovation entre actrices et acteurs politiques, professionnels et associatifs  et recenser, observer et développer les bonnes pratiques dans notre canton, mais aussi ailleurs en Suisse.

Il devient également urgent de se doter d’un outil qui mesurerait systématiquement l’ampleur et l’évolution de la pauvreté pour pouvoir en tirer les enseignements qui s’imposent. Les chiffres actuellement utilisés sont basés sur l’octroi de prestations sociales et laissent donc dans l’ombre quantité de citoyen-ne-s dans le besoin.

C’est pourquoi les Vert∙e∙s interviennent aujourd’hui au Grand conseil par la voix de la députée Nathalie Jaccard.

Communiqué 2020

Nos médias doivent survivre à la crise du COVID-19

Les médias sont l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise du COVID-19. Ils sont pourtant un élément crucial du bon fonctionnement de notre démocratie. Après le dépôt de bilan du Régional, et pour éviter que d’autres médias ne disparaissent également bientôt en raison de la chute des revenus publicitaires et la difficile passe qui s’annonce avec l’été, le député Raphaël Mahaim a déposé une motion, signée par des représentants de plusieurs groupes politiques, demandant une aide urgente à la presse, calibrée sur les besoins spécifiques de ce secteur. Une information diversifiée et indépendante n’a jamais été autant nécessaire : elle doit survivre à la crise !

La crise du covid-19 a durement frappé le secteur des médias. Certains ont perdu plus de 50% de leurs revenus publicitaires. Cela semble d’autant plus paradoxal que les médias ont joué durant la crise un rôle d’information absolument central. Alors que nous n’avons jamais autant eu besoin d’une presse forte et diversifiée, elle se meurt.

Certes, divers projets d’aide à la presse sont en discussion au niveau fédéral ou cantonal. Mais il ne s’agit que d’aides indirectes et ils ne sont pas suffisants dans le contexte très difficile, n’étant pas destinés à régler les problèmes de trésorerie des médias heurtés de plein fouet par la crise. Ainsi, s’il existe un bon projet vaudois d’exposé des motifs et projet de décret instituant des mesures en faveur de la diversité des médias datant de décembre 2019, les mesures prévues à l’art. 3 doivent se déployer sur 5 ans, ce qui est bien trop lent. Entre-temps, la crise a frappé et demande donc une réponse adaptée. Les mécanismes de la RHT et du chômage partiel sont, quant à eux, inadaptés ou insuffisants car il était bien souvent impossible de se passer de la force de travail des employé-e-s en cette période de forte production médiatique et les soutiens obtenus par le RHT ne comblent que de façon incomplète les baisses des revenus publicitaires. Enfin, l’aide de transition fédérale mettra bien trop de temps à déployer ses effets. Et il sera trop tard pour de nombreux médias locaux et régionaux qui s’attendent, notamment, à une chute massive des rentrées publicitaires cet été, en raison de tous les évènements culturels, associatifs, musicaux, etc., annulés.

Pour préserver la diversité de la presse, fondement de la démocratie, une aide financière cantonale directe, à fonds perdus, s’avère indispensable. Cette aide devrait servir à combler de façon transitoire les pertes de revenus publicitaires qui ne sont pas absorbées par les autres dispositifs d’aides (baisse des frais postaux de distribution, RHT, etc.). Le canton de Fribourg est d’ores et déjà allé dans ce sens avec une aide de 5.4 millions en faveur des médias fribourgeois. Les médias vaudois doivent aussi être aidés.

La motion déposée a été renvoyée à une commission parlementaire ce jour, très certainement à la commission qui traite déjà actuellement le projet vaudois d’aide indirecte à la presse. Le financement de ce crédit pourrait être assuré par les montants alloués par le Conseil d’État pour financer les mesures adoptées dans le cadre de la lutte contre la pandémie du COVID-19.

Nathalie Jaccard
Interventions parlementaires

Lutter contre la pauvreté : une bataille avec une stratégie, s’il vous plaît

Motion

En matière de pauvreté et de précarité, là aussi, il y aura un « Avant et un après » la crise du coronavirus.

Avant, les chiffres (Caritas) faisaient état d’environ 10% de la population vaudoise qui était considérée comme pauvre. Les besoins étaient déjà là. Mais, à l’avenir, ils seront probablement plus importants tant les conséquences économiques qui se profilent vont provoquer de gros dégâts et feront tristement gonfler les statistiques.

Depuis plusieurs années le Conseil Fédéral a mis en place une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui, il renvoie les cantons à leurs responsabilités en diminuant drastiquement les fonds qui étaient alloués à cet effet. Notre Canton s’est également engagé pour cette cause, en mettant notamment en place un programme de prévention du surendettement, des prestations complémentaires pour les familles ou encore un revenu déterminant unifié (RDU). Ces mesures sont sans nulle doute une avancée mais ne suffisent pas, elles ne suffisent plus… Il faut relever qu’environ 30% de la population éligible ne demande pas les prestations sociales auxquelles elle a pourtant droit. En cause : la méconnaissance de leurs droits, la honte, des démarches administratives trop compliquées, et bien d’autres raisons.

Les masques de la pauvreté ont différentes formes et ont des provenances diverses. Ainsi, par exemple, le 70% des personnes qui s’adressent au CSP travaillent. Chez Caritas, les personnes qui font appel à l’aide alimentaires sont, maintenant, également des personnes qui avaient jusqu’à peu une situation professionnelle, des indépendants, ou des personnes qui ont quelques biens et qui par conséquent n’ont pas droit aux aides sociales étatiques. Sans compter les travailleurs précaires qui pouvaient cumuler plusieurs emplois qui se débrouillaient jusqu’à maintenant mais qui désormais ont perdu leur(s) emploi(s).

Il devient donc urgent de se doter d’une politique cantonale plus coordonnée en mettant en place une stratégie cantonale de prévention et de lutte contre la pauvreté pour :

  • Améliorer et renforcer les mesures existantes.
  • Permettre les échanges et l’union entre politiques, professionnels, associations et divers acteurs pour développer et tester des approches innovantes.
  • Fournir des outils pratiques et mieux comprendre les mécanismes de reproductions de la pauvreté et permettre ainsi une meilleure réponse aux conséquences directes sur les individus, notamment les enfants.
  • Recenser, observer et développer les bonnes pratiques dans notre canton, mais également ailleurs en Suisse.

Il est également impératif de se doter d’un outil qui mesurerait systématiquement et périodiquement l’ampleur et l’évolution de ce fléau dans notre Canton permettant ainsi de tirer les enseignements qui en découlent. Ce monitoring cantonal tiendrait compte de l’ensemble des personnes en situation de précarité. Actuellement, les chiffres du rapport social sont basés sur l’octroi des divers types de prestations sociales et par conséquent les personnes qui ne demandent pas d’aides et les citoyens et citoyennes qui n’ont pas droit à ces aides (notamment tous les effets de seuil) échappent à ces statistiques, faussant ainsi notre perception de la réalité.

Le programme de cette stratégie devrait permettre de développer et d’affiner notamment :

  • La garantie des besoins vitaux.
  • Des programmes de formation de rattrapage ou le libre accès à des formations continues qui permettrait de mieux tenir compte de l’égalité des chances.
  • Des programmes d’encouragement précoce pour les enfants.
  • Permettre une meilleure conciliation de la vie familiale et professionnelle.
  • Développer des actions pour aider les ménages à retrouver leur autonomie.
  • Faciliter l’accès aux aides.
  • Permettre des campagnes de sensibilisation plus ciblée.
  • Etc.

Ainsi, la présente motion demande au Conseil d’Etat d’élaborer et de mettre en œuvre une telle stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté ainsi que la mise en place d’un monitoring cantonal.  

Nathalie Jaccard

Nathalie Jaccard
Interventions parlementaires

Le virus du plastique à usage unique survivra-t-il au déconfinement ?

Question

Les méfaits du plastique sur l’environnement ne sont plus à prouver. Les efforts pour trouver des alternatives et/ou limiter l’usage des plastiques à usage unique ont été stoppé net avec la crise sanitaire que nous venons de vivre et les prescriptions d’hygiène et de protection qui ont été édictées à juste titre.

Depuis le début du déconfinement, on assiste à une recrudescence de déchets plastiques à usage unique et autres détritus polluants.

Dès lors, le Conseil d’État a-t-il prévu une campagne de communication et de prévention afin d’aider à la reprise des bonnes habitudes en matière de déchets plastiques et de jetés sauvages ?

D’avance, je remercie le Conseil d’État pour sa réponse.

Nathalie Jaccard

Interventions parlementaires

Mieux prévenir les épidémies en EMS

Interpellation

Si l’action des hôpitaux contre la pandémie s’est révélée exemplaire, des failles sont apparues dans les établissements médico-sociaux ainsi qu’en psychogériatrie. Selon une enquête de Tamedia parue le 18 mai 2020, Vaud a connu 60% des décès dus au nouveau coronavirus dans ce type d’établissements (état au 12.5.20). Les cantons de Zurich, Neuchâtel et surtout Glaris et Nidwald ont des proportions plus fortes encore. En Suisse, près de 28% des personnes de 80 ans et plus, sont mortes, testées positives à Covid-19. La Suède et d’autres pays ont également éprouvé une grande majorité de décès dans les homes pour personnes âgées.

Dans le canton, des EMS semblent avoir été frappés davantage que d’autres. Le dispositif cantonal s’est resserré dès la fin mars, et la Direction générale de la cohésion sociale a procédé à des contrôles sur place dès le 1er avril.

En vue des vagues suivantes et d’autres épidémies, il importe de clarifier les difficultés qu’ont connues plusieurs établissements au début du printemps. Nous posons dès lors les questions suivantes au Conseil d’Etat :

  1. En raison du matériel de protection encore insuffisant en mars, des EMS ont-ils manqué de masques, de surblouses et d’autres éléments protecteurs davantage que les hôpitaux ?
  2. Le personnel a-t-il disposé à temps du perfectionnement nécessaire quant aux comportements et pratiques à même de protéger les résidentes et résidents ?
  3. Avant leur interdiction, les visites des proches ont-elles propagé le virus dans une certaine mesure ?
  4. A l’inverse, l’absence de visites et l’isolement de personnes en grand âge ont-ils entraîné des détresses psychologiques nécessitant des accompagnements particuliers ? Devant d’autres vagues ou épidémies, ne faudra-t-il pas réguler plus finement les visites des conjoints et des plus proches, les physiothérapies voire les animations musicales ou thérapeutiques ?
  5. La pression sur les coûts des EMS a-t-elle freiné l’acquisition du matériel, la formation du personnel ou d’autres dispositions protectrices ?
  6. Comment améliorer le dispositif de prévention des épidémies dans les EMS et établissements apparentés, à partir des leçons apprises ce printemps ?

Pierre Zwahlen

Interventions parlementaires

Plus indispensable que jamais, la diversité de la presse doit survivre à la crise

Motion

Parmi les secteurs les plus violemment touchés par la crise du covid-19, il y a le secteur des médias. Déjà très affaiblis dans un contexte général difficile, en particulier en raison de la concurrence avec l’information « gratuite » en ligne, les médias ont été touchés de plein fouet par la perte de revenus publicitaires, qui représentent une partie importante de leur chiffre d’affaires. Pour certains médias, les revenus publicitaires ont chuté de 50%, même parfois bien davantage encore. Ce phénomène est d’autant plus paradoxal que les médias ont joué durant la crise un rôle d’information absolument central. Pour le dire crûment : on n’a jamais autant eu besoin d’une presse forte et diversifiée, et pourtant elle se meurt.

Le dépôt de bilan de l’hebdomadaire « Le Régional » annoncé au début du mois de mai a retenti comme un premier coup de tonnerre dans un ciel déjà très sombre. Cette perte n’est pas la première – que l’on pense à la disparition de l’Hebdo et du Matin (version papier) – mais elle n’est pas non plus la dernière. Il s’agit bien plutôt du début d’une série noire en cette période de crise.

Les différentes projets d’aide (indirecte) à la presse, en discussion au niveau fédéral ou cantonal, sont évidemment bienvenus et nécessaires. Mais ils ne sont pas destinés à régler les problèmes de trésorerie des médias heurtés de plein fouet par la crise. En témoigne le très bon projet vaudois d’exposé des motifs et projet de décret instituant des mesures en faveur de la diversité des médias de décembre 2019 et qui sera bientôt soumis au Grand Conseil. Les mesure prévues à l’art. 3 de ce projet de décret doivent se déployer sur 5 ans et ont été conçues avant la crise, dans la perspective d’un soutien pérenne au paysage médiatique.

Les médias ont recouru, dans des proportions et selon des modalités variables, au dispositif de réduction de l’horaire de travail (RHT ou chômage partiel). Dans la plupart des cas,ce mécanisme est toutefois impropre à régler les problèmes spécifiques du secteur des médias, cela pour une double raison : d’une part, il était bien souvent impossible de se passer de la force de travail des employés, en cette période de forte production médiatique ; d’autre part, les soutiens obtenus par le RHT ne comblent que de façon incomplète les baisses des revenus publicitaires.

C’est la raison pour laquelle, contre l’avis du Conseil fédéral, les deux Chambres fédérales ont voté le principe d’une aide de transition au secteur des médias, lors de la session spéciale dédiée au coronavirus, pour un montant total de 65 millions de francs. Cette aide de transition comprend les mesures suivantes : des moyens financiers supplémentaires pour l’agence Keystone-SDA-ATS afin de pouvoir proposer gratuitement son service de base à ses abonnés ; distribution gratuite ou à un tarif avantageux des journaux ; aide de 30 millions de francs supplémentaires pour les radios et televisions locales.

L’aide de transition fédérale, même si le Conseil fédéral prend les dispositions correspondantes rapidement, pourrait mettre un certain temps à déployer ses effets. A l’instar du Régional, il sera trop tard pour certains médias. En outre, uniquement indirecte, cette aide ne permettra pas de compenser intégralement les pertes de revenus publicitaires. A ce propos, le soutien de 1.2 million annoncé par le Conseil d’Etat vaudois, par le biais d’une campagne d’annonces exceptionnelle, est une excellente mesure, mais qui ne va certainement. Les médis régionaux et locaux, en particulier, s’attendent à une chute massive des rentrées publicitaires cet été, en raison de tous les événements culturels, associatifs, musicaux, etc., annulés. On peut donc prédire que dans de nombreux cas leur situation financière sera particulièrement critique à l’automne.

Il faut ainsi s’attendre à des nouvelles faillites, restructurations ou concentrations de médias, particulièrement dommageables pour la diversité de la presse, fondement de la démocratie. Dans un tel contexte, une aide financière cantonale directe, à fonds perdus, est indispensable. Cette aide devrait servir à combler de façon transitoire les pertes de revenus publicitaires qui ne sont pas absorbées par les autres dispositifs d’aides (baisse des frais postaux de distribution, RHT, etc.). L’octroi d’une aide financière pourrait évidemment être sujette à certaines conditions, ne devrait pas excéder les pertes de rentrées publicitaire, etc.

Dans le canton de Fribourg, dix députés, issus de toutes les formations politiques, ont demandé en avril un fonds d’aide aux médias de 10 millions pour les médias ayant leur sigèe dans le canton. Le Conseil d’Etat vient d’annoncer, en date du 8 mai 2020, la mise à disposition d’un montant de 5.4 millions en faveur des médias fribourgeois.

Les députés soussignés demandent ainsi au Conseil d’Etat de lui soumettre de toute urgence un décret prévoyant un soutien financier au secteur des médias vaudois. Le financement de ce crédit sera assuré par les montants alloués par le Conseil d’État pour financer les mesures adoptées dans le cadre de la lutte contre la pandémie du COVID-19. Selon le cadre juridique applicable, le Conseil d’Etat posera les conditions et modalités d’octroi de cette aide dans un arrêté ou soumettra la base légale nécessaire au Grand Conseil, simultanément au décret.

Raphaël Mahaim