Communiqué 2020

Plan climat vaudois : des objectifs nécessaires et ambitieux qu’il faudra financer

Les Vert∙e∙s vaudois∙es saluent le « Plan climat » présenté aujourd’hui par le Conseil d’Etat. Ils soutiennent ses objectifs ambitieux et la volonté d’agir pour réduire nos émissions de CO₂ tout comme pour adapter notre société aux inévitables changements qu’engendrera le réchauffement climatique. Notre canton dispose désormais d’une stratégie claire, que les Vert∙e∙s appelaient de leurs vœux depuis de nombreuses années pour prendre l’indispensable tournant écologique. Les mesures détaillées dans le plan, bénéfiques pour le climat, la biodiversité mais aussi pour l’économie vaudoise, auront toutefois un coût, et les Vert∙e∙s veilleront à ce que l’on passe au plus vite de la parole aux actes en débloquant les moyens financiers pérennes nécessaires.

Les Vert∙e∙s ont pris connaissance avec grande satisfaction du « Plan climat vaudois » présenté ce jour par le Conseil d’Etat. Ce Plan trace les grandes lignes de la stratégie du gouvernement cantonal pour réduire les émissions de CO₂ et nous préparer aux risques que le réchauffement climatique nous fait et fera courir.

Ce document, que les Vert∙e∙s demandaient depuis de nombreuses années, est à la hauteur des défis à venir. Il propose en effet des mesures claires et ambitieuses de réduction des émissions de CO₂, notamment dans les domaines de la mobilité, de l’énergie ou encore de l’agriculture, afin d’atteindre l’objectif que notre pays s’est fixé en signant l’Accord de Paris sur le climat : la neutralité carbone en 2050. Pour les Vert∙e∙s, cet objectif doit être un minimum, et tous les efforts doivent être entrepris pour y arriver le plus rapidement possible. Les Vert∙e∙s souhaitent de plus que les émissions de CO2 produites à l’étranger par les modes de consommation et de production de notre canton soient également prises en compte dans les objectifs de réduction.

Les Vert∙e∙s saluent, en outre, l’intégration dans ce Plan climat des questions liées à la biodiversité, tout aussi importantes que celles climatiques et intimement liées, ainsi que la mise en exergue des avantages pour notre économie d’une politique climatique ambitieuse. Protéger le climat n’est pas une corvée, mais bien une source de nombreux bénéfices, que cela soit en termes d’emplois, de diversification du tissu économique, de santé publique, de préservation du patrimoine naturel ou de qualité de vie. Envisager les choses de cette manière, en termes d’opportunités plutôt que d’obstacles, est un changement de paradigme important.

Le Plan climat du Conseil d’Etat s’articule en parfaite complémentarité avec l’initiative cantonale « Pour la protection du climat » que les Vert∙e∙s ont déposée en décembre 2019, et qui entend graver dans notre Constitution cantonale la lutte contre le réchauffement climatique de la part des communes et du Canton, ainsi que le désinvestissement des énergies fossiles de la part des sociétés détenues entièrement ou partiellement par ces institutions. Ces exigences n’étant pas formellement posées dans le Plan climat, l’initiative des Vert∙e∙s en est le complément parfait !

Si les Vert∙e∙s saluent cette « boussole climatique » dont dispose désormais le Conseil d’Etat, ils et elles sont toutefois conscient∙e∙s que la route est encore longue, et que le passage de la parole aux actes ne se fera pas tout seul. Ce Plan climat ne doit pas être une énième stratégie, mais un catalyseur de l’action gouvernementale. Pour les Vert∙e∙s, il est ainsi fondamental que les mesures prévues soient financées sur le long terme, au-delà de la fin de cette législature. Il en va de notre avenir et de celui des générations futures.

Les Vert∙e∙s seront ainsi particulièrement attentives et attentifs à ce que l’ensemble des mesures proposées soient mises en place rapidement et enjoindront notamment le Grand Conseil à ne pas détricoter la cohérence globale et indispensable de l’action en faveur du climat.

Interventions communales

Réduire les émissions de CO2 de la Tour-de-Peilz

Intervention de Christian Anglada au conseil communal de la Tour-de-Peilz

 

Il y quelques séances de conseil de cela, notre collègue Frédéric Glauser vous a invité à découvrir le film Demain. Lors de la séance précédente, notre collègue Christine Haussherr s’en est inspirée dans un postulat.

Ce film, après avoir rappelé l’urgence des crises environnementales, ne s’éternise pas sur ces constats bien connus. Il fait par contre un état des lieux des actions possibles, en encourageant chacun et chacune à faire sa part, en fonction d’où il est. A notre niveau, c’est sur le plan communal qu’il importe de nous mobiliser  articulant toutes les forces possibles maintenant, pour que demain nous ayons encore une planète sur laquelle nous et nos enfants puissions vivre.

On a fêté cette année les 5 ans de Fukushima et les 30 ans de Tchernobil : ce sont deux catastrophes dont le danger est invisible et inodore, comme la teneur de CO2 dans l’atmosphère. Et pourtant ces pollutions sont létales, comme le dérèglement climatique.

Il y a urgence : par rapport à l’accord de Paris lors de la COP21, il reste 5 ans maximum de consommation de CO2 au rythme actuel pour arriver à respecter l’objectif de rester en dessous de 1,5°C. Et la réduction des émission doit être massive, à savoir au moins d’un facteur 4.

Le rythme de la Municipalité – et encore ce soir d’une partie du Conseil communal –  pour prendre en considération cet enjeu  n’a jusqu’à aujourd’hui pas pris du tout la vitesse nécessaire.

Je fais notamment référence à l’absence de réponses concrètes et sérieuses à la motion sur le renforcement de la durabilité. Il ne s’agit pas de traiter cette motion comme n’importe quelle autre, vu l’urgence vitale dont elle relève. J’espère que la prochaine Municipalité traitera enfin cet objet avec le sérieux et la célérité qu’il exige.

Mes questions sont donc les suivantes :
=> quelles actions concrètes en 2016 vers la réduction par 4 de nos émissions de CO2 à la Tour d’ici la fin de cette législature en 2020?
=> quelles sont les alternatives plus ambitieuses, que le label Cité de l’énergie, proposées par la Municipalité, vu qu’elle a écarté cet objectif dans son catalogue des mesures?

Christian Anglada, le 22 juin 2016