Communiqué 2019

Climat : un engagement local pour pallier l’immobilisme global

Le climat se dérègle toujours plus ; les évènements météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et intenses ; les canicules et les sécheresses se généralisent tout comme les épisodes pluvieux et neigeux hors norme. Même les orages deviennent de plus en plus menaçants. Les activités humaines sont à l’origine de ce dérèglement, en augmentant sans cesse les quantités de gaz à effet de serre, en particulier de CO₂, dans l’atmosphère et de fait la température globale. Alors que les divers pays du monde peinent à se coordonner pour une action efficace, et que la majorité bourgeoise au Parlement fédéral empêche toute avancée en la matière, les Verts agissent au niveau communal pour enfin obtenir des avancées concrètes. Ils déposeront dans près d’une vingtaine de conseils communaux des interventions pour limiter nos émissions de CO₂ et soutenir les Vaudoises et les Vaudois dans leurs efforts d’action écologique.

Alors que le climat se dérègle toujours plus sous le poids des activités humaines, et qu’une prise de conscience sans précédent a lieu auprès de la jeune génération qui devra vivre avec les conséquences de nos actes et de nos décisions présentes, des progrès et des actions concrètes peinent à se réaliser. Que ce soit sur le plan global, l’Accord de Paris n’est toujours pas respecté plus de 3 ans après sa signature, ou au plan national, avec un Parlement à majorité de Droite qui rechigne à réguler la moindre émission de CO₂, les décision prises ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Et pourtant, le temps presse !

Alors que le canton de Vaud a lancé l’élaboration d’un « Plan climat », les Verts souhaitent accélérer les choses en passant par les communes, également partie prenante dans la lutte contre le réchauffement climatique et la nécessaire transition vers une société « zéro carbone ». En effet, tant la Constitution vaudoise que la Loi vaudoise sur l’énergie, à son article 10 alinéa 2, nous rappelle que Canton et communes doivent «  (…) mett(re) en œuvre des démarches adéquates pour contribuer à la diminution des émissions de CO2 et autres émissions nocives. »

C’est pourquoi les conseillères er conseillers communaux Verts interviendront ces prochains mois dans les communes afin de proposer divers axes d’action concrets pour réduire ces émissions néfastes. Parmi les solutions proposées :

-la perception, par la commune, d’une taxe sur l’électricité (indemnité de 0,7 cts par kilowattheure (kWh)) distribuée sur le territoire communal et/ou d’une taxe communale affectée aux énergies renouvelables, à l’éclairage public, à l’efficacité énergétique et/ou au développement durable. La réaffectation du produit de cette/ces taxe(s) permettrait ensuite de subventionner des actions écologiques entreprises par la population (tel l’achat d’électroménagers de classes énergétiques A+++, le remplacement de chauffages à mazout par des pompes à chaleur, l’installation de panneaux solaires) ou par l’administration communale (isolation de bâtiments, installation de panneaux solaires) ;

-la mise en place d’un « plan climat communal » fixant une stratégie d’action et des objectifs chiffrés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire des communes, ainsi que les moyens pour y parvenir (avec des objectifs internes à l’administration communale, ou l’établissement de mesures incitatives pour la population et les entreprises).

En outre, même en limitant le réchauffement à 1.5°C, les effets du réchauffement étant d’ores et déjà inévitables, les principaux risques pour la population et pour la biodiversité à l’échelle de la commune doivent être identifiés en tenant compte de ses caractéristiques géographiques, et les mesures adéquates pour en minimiser l’effet immédiatement adoptées.

Les Verts espèrent ainsi que, par le niveau local, des changements concrets soient désormais implémentés, inspirant le niveau national à enfin appliquer de manière ambitieuse les engagements pris par la Confédération via la signature de l’Accord de Paris.

Nouvelles du réseau

Lettre ouverte des Jeunes Vert-e-s aux parlementaires bourgeois

Chère délégation vaudoise du bloc-bourgeois,

Vendredi 18 janvier, plus de 10’000 jeunes Vaudoises et Vaudois ont pris la décision de donner un signal fort à l’ensemble de la classe politique : faire grève pour le climat. En effet, pourquoi étudier si les politiques détruisent allègrement notre futur sur Terre ? Cette grève est le signe d’une jeune génération qui se réveille et va de l’avant, vers une société responsable et consciente des limites des ressources. Cette génération, parfois accusée de silence ou de désillusion, montre aujourd’hui sa force et sa détermination à se faire entendre par celles et ceux que les bourdonnements du profit immédiat et du système économique rendent sourd-e-s aux cris de l’urgence climatique.

L’ensemble des espèces menacées, les dérèglements climatiques et les injustices sociales qui en découlent ne trouvent plus d’allié-e-s dans l’arène climatosceptique libérale. La jeunesse est attachée aux enjeux du 21ème siècle, et nous accusons le manque de prévision à long-terme des politiques actuelles. Les derniers chiffres du site ecorating.ch ont révélé que vous ne vous souciiez qu’infimement de la protection de l’environnement et de la lutte contre l’urgence climatique. Nous entendons régulièrement dans vos discours que vous vous préoccupez des générations futures : cette mobilisation montre pourtant bel et bien que la préoccupation principale de la jeunesse est celle que vous ne cessez de bafouer jour après jour par vos votes et vos prises de positions, comme récemment lors de la Loi sur le CO2 que vous avez soigneusement vidée de toute substance. Et pourtant, des élu- e-s vaudois-e-s de vos rangs soutiennent les grévistes.

Cette génération-là, la génération climat, que vous avez tant de peine à entendre, espère que vous ne resterez plus assourdi-e-s par le bruit passager du profit immédiat et des climatosceptiques. Biodiversité menacée, réchauffement de la planète, dérèglement des cycles de l’azote, du carbone, du système biogéochimique intégral, hausse des températures et ses conséquences sur l’agriculture ou le déplacement des populations, montée du niveau des océans ; tout va vers le pire, le drame progresse et vous continuez à agir de manière totalement irresponsable.

Pourtant, des solutions existent (en annexe, le rapport du GIEC à l’attention des politicien-ne-s) pour un monde en-deçà des 1,5° C de réchauffement, et vous les connaissez : la génération d’aujourd’hui vous parle, il est déterminant pour l’avenir de notre planète, de notre vie sur Terre, et surtout pour l’économie, que vous les entendiez.

Dernièrement, vous vous êtes opposé-e-s à une initiative sur la protection des sols suisses, à une autre en faveur d’un système d’alimentation durable et responsable ou encore à une troisième, pour la sortie du nucléaire. Vous continuez à vous opposer aux taxes sur le kérosène et à réglementer les émissions de CO2.

Ne serait-il pas temps de repenser vos valeurs ? Que vaut un parti qui ne sait évoluer au gré des événements historiques et qui reste figé sur des convictions du passé ? La liberté n’est-elle pas indissociable de la responsabilité ? Alors prenez les vôtres ! La jeunesse est dans la rue : les libéraux les ignorent, avec dédain, et votre majorité politique ne répond pas aux enjeux critiques du 21ème siècle et aux préoccupations des jeunes Vaudoises et Vaudois, futurs citoyen-ne-s de notre Canton. Par cette lettre, nous vous appelons à vous engager concrètement pour le climat et l’environnement, ou à ne pas vous représenter le 20 octobre prochain. Nous vivons une urgence planétaire vitale ; nous avons besoin d’élu-e-s à la hauteur de cet enjeu !

En espérant que vous saurez prendre conscience de l’importance de cette urgence, recevez, Chère délégation vaudoise du bloc-bourgeois, nos sincères salutations,

Oleg Gafner, coprésident des Jeunes Vert-e-s vaudois-e-s

Mathilde Marendaz, membre des Jeunes Vert-e-s vaudois-e-s

Interventions parlementaires

Placements de la BCV : pas de pétrole mais des idées !

Motion

Les changements climatiques vont impacter le territoire cantonal de façon significative avec des augmentations importantes des températures et une modification des régimes de précipitation. Ces phénomènes auront des conséquences sur l’environnement, la qualité de vie et l’économie de notre canton.

Pour répondre à cette urgence, le canton de Vaud est sur le point de se doter d’un plan climat. Un des volets de cette démarche vise à définir un plan d’action pour réduire les émissions dé gaz à effet de serre. Il s’agit de renforcer les politiques publiques existantes en agissant non seulement sur les quatre principaux domaines d’émissions (énergie, mobilité, agriculture, industrie) mais aussi en tenant compte des émissions exportées. Le but de la démarche est de « développer de nouvelles pratiques » en développant des « actions d’exemplarité ».

Un des leviers à disposition des pouvoirs publics pour agir réside dans la politique d’investissement des établissements de droit public. Un peu partout dans le monde, plusieurs institutions publiques ont décidé de renoncer à investir dans les énergies fossiles (sables bitumineux, pétrole, charbon, …). Des caisses de pension britanniques, danoises, allemandes, norvégiennes, suédoises, australiennes, américaines et suisses ont décidé ces dernières années de réorienter leurs placements financiers vers des domaines durables.

C’est un moyen concret et puissant de favoriser les investissements vers des modes de production plus durables et une façon de mettre en cohérence les flux financiers avec l’objectif de contenir le réchauffement climatique. C’est aussi un moyen de protéger les établissements publics de placements financièrement vulnérables. Une étude pilotée par I’OFEV fait ressortir que les pertes de valeurs des titres toxiques liés au CO2 pourraient entraîner une baisse importante des prestations des caisses de pension (jusqu’à 21%) si le prix du CO2 venait à s’élever. Cette élévation étant indispensable si l’on veut respecter les objectifs définis par les Conférences internationales sur le climat, il faut à la fois la favoriser et s’y préparer. Outre sa compatibilité avec le plan climat du canton, une telle politique de «désinvestissement» présente donc également un intérêt économique.

Les établissements publics ou ou de « droit public » vaudois peuvent s’appuyer sur des bases légales qui les encouragent à favoriser des placements financiers durables.

La caisse de pension de l’Etat de Vaud a par exemple l’obligation légale (article 17 de la LCP) de définir une stratégie en matière de développement durable et d’investissements responsables. Une Charte d’investissement responsable, intégrant des critères de durabilité a donc été établie. Bien que ces mesures soient à encourager, ni les émissions des gaz à effet de serre, ni le changement climatique ne sont aujourd’hui reconnus comme étant des critères au sein du processus de gestion de la CPEV. Ces mesures pourraient donc être renforcées. La Banque cantonale vaudoise a quant à elle pour missions notamment de porter une attention particulière au développement de l’économie cantonale, selon les principes du développement durable (art. 4 de la loi sur la BCV).
Détenue majoritairement par l’Etat, cet établissement financier n’est pourtant pas « exemplaire » ou « visionnaire » comme le rappelle une étude menée par le VWVF sur plusieurs banques de détail.3

Notre parlement a déjà eu l’occasion de débattre de l’opportunité d’inciter une institution publique de renoncer à des placements dans les énergies fossiles. En 2016, le Grand Conseil a en effet accepté de renvoyer un postulat demandant au Conseil d’Etat vaudois «d’établir un rapport sur les engagements financiers de la CPEV dans le secteur des énergies fossiles et sur l’opportunité pour la CPEV de se retirer complètement du secteur» .

Contrairement à ce que certains opposants à la démarche affirmaient, les compétences d’investissement des établissements publics ne relèvent pas de façon «inaliénable et intransmissible» des conseils d’administration. un avis de droit récent5 démontre que le désinvestissement des énergies fossiles constitue une décision qui peut relever de la loi et non une simple question technique de placement qui relèverait uniquement des compétences du Conseil d’administration. Des orientations de ce type pourraient, dès lors, parfaitement être définies dans un acte constitutif ou dans la loi.

Cette analyse doit nous inciter à nous appuyer sur la capacité d’investissements des établissements publics ou de droit public majoritairement en mains de l’Etat pour agir concrètement afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le Conseil d’Etat aura prochainement l’occasion d’aller dans ce sens, à travers sa réponse au postulat Dolivo portant sur les investissements de la CPEV.

Compte tenu de l’urgence de trouver des réponses fortes au réchauffement climatique, nous proposons d’étendre la démarche à la Banque cantonale vaudoise (BCV).

Ainsi, nous demandons au Conseil d’Etat, de soumettre au Grand Conseil un décret
présentant un plan de «désinvestissement» progressif des énergies fossiles de la Banque
cantonale vaudoise, associé à une modification de la loi sur la BCV, précisant la mission de la banque dans le domaine de l’investissement responsable.

Vassilis Venizelos

CSSP, South pole group (2015). Risque carbone pour la place financière suisse
WWF (2Cll 7) La durabilite dans la banque de detail sursse
15 POS 149 Postulat J.-M. Dolivo-Pour contribuer a la lutte contre le réchauffement clmatique, la Caisse de pension de l’Etat de Vaud (CPEV) doit désinvestir les énergies fossiles!
Kieser U., Saner K. (20al 7). Vermogensanlage von Vorsorgeeinrichtungen. Zur Zulassigkeit kommunaler und kantonaler Restriktionen bei der Vermôgensanalagen, Aktuelle Juristische Praxis 2017, p. 327-333

Interventions parlementaires

Soutenons les jeunes qui se mobilisent pour le climat !

Résolution

La visage de la Suédoise Greta Thunberg est devenu, depuis son discours à la COP 24 en Pologne, le symbole d’une jeunesse qui veut alerter les décideurs à propos de l’urgence climatique. Ce mouvement prend une ampleur internationale et de nombreux jeunes de par le monde lui ont emboîté le pas. Leur cri du coeur s’adresse directement aux politiques et à leur action pour les générations futures : il faut faire mieux pour protéger la planète !

Le 18 janvier 2019, de nombreux jeunes porteront en Suisse cet appel pour une prise de conscience climatique, y compris dans les écoles vaudoises. Leur message nous est adressé directement, entre autres autorités politiques, et nous avons la responsabilité de ne pas rester sourds et de joindre les actes à la parole.

Les députés soussignés ont dès lors l’honneur de déposer la résolution suivante :

Le Grand Conseil vaudois tient par la présente résolution à apporter son plein soutien aux jeunes qui se mobilisent pour le climat et qui réclament un changement profond dans les politiques climatiques, pour l’avenir de notre planète et des générations futures. Le Grand Conseil invite le Conseil d’Etat à auditionner une délégation de ces jeunes à brève échéance et ensuite de prendre en compte leurs revendications dans le plan climat cantonal en cours d’élaboration.

Raphaël Mahaim

Communiqué 2019

Le climat a besoin d’actes forts

Les Verts déposent aujourd’hui trois textes visant à faire concrètement avancer la politique climatique. Tout d’abord une résolution pour soutenir les étudiant-e-s et les écolières et écoliers qui feront grève ce vendredi pour défendre le climat, et intégrer leurs demandes au plan climat actuellement est en voie d’élaboration. Une initiative parlementaire pour taxer les billets d’avion et ainsi engager le canton de Vaud à faire pression sur l’Assemblée nationale pour qu’elle finisse enfin par adopter des mesures contraignantes en la matière. Et finalement une motion demandant que la BCV renonce aux investissements dans les énergies fossiles et que le Conseil d’Etat précise la mission de la banque dans le domaine de l’investissement responsable. Les Verts espèrent que ces textes obtiendront une majorité parlementaire qui permette enfin de passer de la parole aux actes et d’avancer, concrètement, vers la politique climatique conséquente nécessaire à notre canton et à notre pays.

Alors qu’écolières, écoliers et étudiant-e-s s’apprêtent à faire grève ce vendredi pour défendre une protection digne de ce nom du climat, les Verts soumettent aujourd’hui au Parlement vaudois une résolution pour les soutenir dans leurs efforts. C’est cette nouvelle génération qui devra faire les frais de l’inaction de leurs aîné-e-s, il est donc essentiel de soutenir sa volonté d’action immédiate et conséquente, qui rejoint la volonté et les actions des Verts depuis leur création. La résolution précise que le Grand Conseil vaudois soutient non seulement ces jeunes qui se mobilisent pour le climat et qui réclament un changement profond dans les politiques climatiques, pour l’avenir de notre planète et des générations futures mais qu’il invite également le Conseil d’Etat à auditionner une délégation de ces jeunes à brève échéance pour ensuite prendre en compte leurs revendications dans le plan climat cantonal en cours d’élaboration.

D’autre part, suite à l’échec de justesse au Conseil national, de l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion lors des débats sur la nouvelle mouture de loi sur le CO₂, et sachant que, bien que l’avion reste l’un des modes de déplacements les plus polluants mais que le kérosène n’est pourtant pas taxé depuis 1944, les Verts souhaitent que le canton de Vaud demande à l’Assemblée fédérale d’enfin adopter une telle taxe. Une telle taxe est d’autant plus pertinente que, selon un sondage récent, la population suisse la soutient et que le secteur aérien reste, à ce jour, le seul à être exempt de toute mesure climatique. Ne serait-ce que par simple souci de cohérence et d’équité, il s’agit donc d’équilibrer les mesures dans tous les secteurs émettant des gaz à effet de serre en priorisant les plus polluants.

Enfin, les Verts demandent au Conseil d’Etat d’utiliser l’un des principaux leviers à sa disposition pour avancer rapidement et concrètement pour arrêter d’alimenter la filière des émissions polluantes, soit proscrire tout investissement « carbonisé » et réorienter la politique financière vers des investissements durables, ce que le Conseil d’Etat peut faire à travers la BCV. C’est un moyen concret et puissant de favoriser les investissements vers des modes de production plus durables et une façon de mettre en cohérence les flux financiers avec l’objectif de contenir le réchauffement climatique. A noter qu’un avis de droit récent vient appuyer cette idée et contrer les arguments fallacieux des opposants selon lesquels les compétences d’investissement des établissements publics relèveraient des conseils d’administration. Il s’avère que le désinvestissement des énergies fossiles constitue une décision d’ordre éthique et moral et non une simple question technique de placement qui relèverait uniquement des compétences du Conseil d’administration. Des orientations de ce type pourraient, dès lors, parfaitement être définies dans un acte constitutif ou dans la loi.

Actes Verts

Les Verts refusent une Loi sur le CO2 vidée de sa substance

Le point fort de la session de décembre a indiscutablement été, outre la magnifique élection de deux femmes très compétentes au Conseil fédéral, le traitement de la Loi sur le CO2. La révision de ce texte avait pour objectif de permettre à la Suisse d’appliquer l’Accord de Paris sur le climat.

Un projet initial déjà insuffisant

Après la sécheresse de cet été, on pouvait penser que le Conseil national prendrait enfin ce dossier au sérieux et s’engagerait pour une application crédible de l’Accord de Paris. Il n’en a rien été. Il faut dire que la première version de la révision de la loi, présentée par le Conseil fédéral, était déjà insuffisante. Elle ne tenait en particulier pas compte des deux grandes innovations de l’Accord de Paris, à savoir le renforcement, de 2 degrés à 1,5 degré, du plafond à imposer au réchauffement climatique, et le fait que le secteur financier doit désormais lui aussi contribuer à la limitation des émissions de CO2.

La majorité du parlement mise sur les indulgences climatiques

Sur certains points, la commission avait certes quelque peu amélioré la première version du Conseil fédéral. Cependant, en plénum, le bloc UDC et PLR a supprimé une bonne partie de ces améliorations. Pire, il a fait régresser le projet par rapport à sa version initiale. Le pourcentage minimal de réduction des émissions de CO2 à effectuer en Suisse a en particulier été biffé. Ceci est grave, car en Suisse, la pression est très forte pour faire réaliser un maximum de réductions de nos émissions par d’autres, à l’étranger. Or il est très difficile de s’assurer que ces réductions soient effectives. Pour cela, il faut pouvoir prouver qu’elles soient additionnelles, c’est-à-dire qu’elles n’auraient pas pu avoir lieu sans le mécanisme de financement issu du pays qui va comptabiliser la réduction des émissions de CO2 sur sa propre « facture climatique ». En l’occurrence, cette preuve sera d’autant plus difficile à fournir que l’UDC et le PLR ont biffé les exigences de qualité pour les réductions d’émissions de CO2 réalisées à l’étranger, qui figuraient dans la loi. Par ailleurs, en réduisant nos émissions à l’étranger, nous nous privons de moderniser nos entreprises, nos installations et nos infrastructures en Suisse, ce qui va à l’encontre de nos intérêts, y compris d’un point de vue économique.

Plusieurs affaiblissements des mesures dans le domaine de la mobilité et des entreprises sont en outre à déplorer. Enfin, nous ne sommes pas parvenus à intégrer le secteur financier à la loi et l’aviation continuera à pouvoir offrir des prix ridiculement bas, encourageant la croissance du trafic aérien comme des émissions. Un tel résultat est un affront aux générations de nos enfants et de nos petits-enfants, auxquelles l’UDC et le PLR comptent simplement transmettre les problèmes et les coûts, humains comme financiers, du changement climatique.

Permettre au Conseil des Etats de repartir sur de nouvelles bases

Dans ces conditions, les Verts ont refusé le projet au vote d’ensemble. Il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’on osé affirmer certains représentant du PLR, de jeter la loi à la poubelle ou de retarder les politiques climatiques de la Suisse. Il s’agit au contraire de donner une chance au Conseil des Etats, également appelé la chambre des sages et qui va reprendre le dossier, de repartir sur de meilleures bases, afin de prendre enfin au sérieux l’application de l’Accord de Paris. Le Conseil des Etats commencera ainsi ses travaux sur la base du projet initial du Conseil fédéral, insuffisant, mais néanmoins moins mauvais que le résultat des travaux du Conseil national. Nous espérons qu’il se montrera plus responsable que la chambre du peuple et qu’il fera du projet de loi un texte à la hauteur du défi climatique.

Adèle Thorens

Interventions parlementaires

Plan d’action concerté pour le climat

Postulat

Les Assises vaudoises du climat ont largement rassemblé autour de la feuille de route que le Conseil d’Etat a adopté en septembre dernier. Elles ont souligné la nécessité d’une action concertée de toutes les actrices et de tous les acteurs, afin de réaliser l’accord de Paris ratifié par la Suisse pour contenir le réchauffement du climat. Illustrations à l’appui, la cheffe du Département du territoire et de l’environnement a su montrer comment les changements climatiques exercent déjà leurs impacts dans le canton : inondations, crues, éboulements, fontes glaciaires, neige en défaut, sécheresse, manque d’eau, disparition d’espaces animales et végétales, etc.

Dans sa feuille de route pour un Plan climat vaudois, le Conseil d’Etat a fixé le premier objectif : il s’agit de « définir un plan d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), en cohérence avec l’objectif 2050 de la Confédération, qui fixe la limite entre 1 et 1.5 tonnes par habitant et par année. » Le gouvernement relève l’état actuel : sur le territoire cantonal, les émissions moyennes de GES se situent à 5.5 tonnes par habitant et par année, dont 41% par les carburants et 38% par les combustibles. Le plan d’action visera aussi à prévenir, réduire et gérer les impacts des changements climatiques sur l’environnement et la société. Il y aura lieu de suivre et documenter les mesures du plan climat vaudois, ainsi que les impacts des changements climatiques sur le territoire vaudois.

Les signataires du présent postulat soutiennent ces objectifs et la volonté du Conseil d’Etat d’élaborer les mesures du Plan climat jusqu’en automne 2019. Les signataires prient le gouvernement d’étudier une démarche transversale avec les départements, tant dans l’élaboration que dans la mise en œuvre des mesures. Dans l’esprit des Assises, il s’agit d’impliquer au mieux les communes, les milieux scientifiques et économiques comme la société civile pour réaliser les mesures en faveur du climat.

Pierre Zwahlen

Ce postulat a été signé par 57 député-e-s de tous les partis.

Interventions parlementaires

Plan d’action concerté pour le climat

Les Assises vaudoises du climat ont largement rassemblé autour de la feuille de route que le Conseil d’Etat a adopté en septembre dernier. Elles ont souligné la nécessité d’une action concertée de toutes les actrices et de tous les acteurs, afin de réaliser l’accord de Paris ratifié parla Suisse pour contenir le réchauffement du climat. Illustrations à l’appui, la cheffe du Département du territoire et de l’environnement a su montrer comment les changements climatiques exercent déjà leurs impacts dans le canton : inondations,crues, éboulements, fontes glaciaires, neige en défaut, sécheresse,manque d’eau, disparition d’espaces animales et végétales, etc.

Dans sa feuille de route pour un Plan climat vaudois, le Conseil d’Etat a fixé le premier objectif : il s’agit de « définir un plan d’action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), en cohérence avec l’objectif 2050 de la Confédération, qui fixe la limite entre 1 et 1.5 tonnes par habitant et par année. »Le gouvernement relève l’état actuel : sur le territoire cantonal, les émissions moyennes de GES se situent à 5.5 tonnes par habitant et par année, dont 41% par les carburants et 38% par les combustibles. Le plan d’action visera aussi à prévenir, réduire et gérer les impacts des changements climatiques sur l’environnement et la société. Il y aura lieu de suivre et documenter les mesures du plan climat vaudois, ainsi que les impacts des changements climatiques sur le territoire vaudois.

Les signataires du présent postulat soutiennent ces objectifs et la volonté du Conseil d’Etat d’élaborer les mesures du Plan climat jusqu’en automne 2019. Les signataires prient le gouvernement d’assurer une démarche transversale avec les départements, tant dans l’élaboration que dans la mise en œuvre des mesures. Dans l’esprit des Assises, il s’agit d’impliquer au mieux les communes, les milieux scientifiques et économiques comme la société civile pour réaliser les mesures en faveur du climat.

Pierre Zwahlen

Interventions parlementaires

Des arbres pour le climat !

Postulat

Au moins 20% de surface en plus pour les arbres dans les villes et villages du canton d’ici à 2030 !

Les arbres produisent de l’oxygène et captent le CO2. Et ils rendent de nombreux autres services. Parmi les récentes études : L’étude « Nos arbres » publiée par le groupement d’experts GE-21 abouti à la conclusion qu’il faudrait augmenter le pourcentage de sol ombragé, grâce aux arbres, pour s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Dans un récent article de la Tribune de Genève, les auteurs de l’étude indiquaient que la surface dédiée aux arbres devrait augmenter de 20% d’ici à 2050 dans le périmètre étudié à savoir l’ensemble du canton de Genève. Le pourcentage du sol ombragé par les arbres passerait ainsi de 21 % à 25%.

En plus de l’ombrage bénéfique, l’étude identifie les contributions suivantes : leurs contributions à la détente et la récréation, leur diversité biologique et capacité d’accueil d’autres espèces (par exemple, l’intérêt des vieux arbres pour l’habitat des oiseaux et les chauve-souris) leur capacité à atténuer les pics de chaleurs estivales et l’épuration des micropolluants.

Cette étude s’est donné pour objectif de cartographier les indicateurs décrits ci-dessus, ce qui a permis d’identifier les zones déficitaires en arbres pour chacun de ses services. La littérature indique que typiquement, un arbre génère un surplus net de services 10-20 ans après sa plantation. Les grands arbres (>20m de hauteur) contribuent donc très fortement aux services écosystémiques.

Les arbres sont potentiellement vulnérables aux nouvelles maladies, à un changement du climat et une accentuation de l’effet îlot de chaleur urbaine.

Les pistes évoquées dans cette étude pour se prémunir partiellement contre la perte dramatique desservies écosystémiques sont d’améliorer les conditions de plantation et de choisir des espèces et variétés méridionales capables de survivre dans un climat plus chaud et sec.

Bien géré, le patrimoine arboré peut contribuer à une bonne qualité de vie. II mérite par conséquent de faire partie de l’aménagement du territoire. L’étude suggère qu’un plan de gestion soit établi, de manière participative et mis à jour régulièrement.

Pour aboutir à ces résultats, l’étude a posé les questions suivantes :

  • Existe-il trop, ou trop peu d’arbres sur le périmètre étudié ?
  • Ou faudrait-il planter des arbres en priorité ?
  • Faudrait-il privilégier de nombreux petits ou quelques grands arbres?
  • Comment améliorer la manière de planter les arbres ?
  • Quelles espèces et essences faudrait-il privilégier pour les futures plantations ?

Tant de questions pertinentes et de résultats intéressants proposés par cette étude. Quant est-il dans les zones bâties des villes et villages vaudois ? Au moment de définir une politique climatique et un plan d’action biodiversité, le présent postulat demande au Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité de mener une étude similaire et de définir des objectifs et les mesures y relatives – respectant le principe de subsidiarité et les compétences des communes – afin que les surfaces dédiées aux arbres dans les villes et les villages du canton soient augmentées d’au moins 20% d’ici à 2030.

Séverine Evéquoz

Communiqué 2018

Budget 2019 de l’Etat de Vaud : A quand un paquet climat ?

Les Verts saluent la présentation, cette année encore, d’un budget équilibré pour le canton. L’introduction anticipée dans le canton de la troisième réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) est maîtrisée et l’aspect social de la réforme pleinement intégré. Après ce paquet RIE III, les Verts en appellent maintenant à la définition d’un plan d’action pour répondre à l’urgence toujours croissante de faire face au défi climatique. Il n’y a plus de temps à perdre !

Les Verts saluent, cette année encore, la maîtrise du Conseil d’Etat à majorité rose-verte dans le savant équilibre charges-investissements qui permet au Canton de répondre aux défis qu’il rencontre tout en continuant à rester dans les chiffres noirs. Ce budget 2019 ne fait pas exception, malgré l’introduction anticipée de la RIE III cantonale. Les Verts sont en particulier satisfaits que l’aspect social de cette réforme soit pleinement intégré au budget. Pour rappel, le taux d’effort de chaque Vaudoise ou Vaudois dans le paiement de sa prime d’assurance maladie est désormais plafonné à 12% depuis ce mois de septembre, pour passer ensuite à 10% en 2019, ce qui soulagera le budget de très nombreux ménages vaudois. Cela ne résout cependant pas le problème d’un système de santé à bout de souffle, victime de décisions absurdes prises par un parlement fédéral gangréné par les lobbies privés et qui ne cesse de prendre des décisions qui pèsent sur les finances du Canton.

Les Verts se plaisent, en outre, à souligner les efforts faits pour renforcer l’intégration de tous au sein de notre société, que ce soit en proposant des mesures pour renforcer l’intégration et l’autonomie des migrants, ou encore en donnant plus de moyens à l’OCTP.

Les Verts saluent, enfin, les efforts consentis pour l’environnement. Mais si 22 millions supplémentaires sont, par exemple, annoncés pour le DTE, 15 millions proviennent, en fait, de la Confédération dans le cadre du programme bâtiment et seuls 7 millions sont investis par le Canton. Il eût été souhaitable que le Canton s’aligne sur l’apport fédéral plutôt que de n’en consentir que moins de la moitié. En outre, si, sur 100 francs dépensés en 2019, 1.20 francs le seront pour l’environnement, auxquels l’on peut ajouter une partie des 3.53 francs consacrés au trafic (si on pense à la lutte contre la pollution, aux investissements dans les transports publics, etc.), le signal est certes encourageant mais reste insuffisant. A l’heure du défi climatique et de ses effets toujours plus présents, les Verts demandent que le Conseil d’Etat envisage désormais rapidement un paquet climat qui, comme dans le cas de la RIE III, viserait à faire converger divers investissements et politiques pour répondre à l’urgence et anticiper, autant qu’il est encore possible de le faire, ses effets. Non prises en compte, les conséquences de cette bombe à retardement seront ensuite difficilement compensables.