Communiqué 2020

NON à une loi d’abattage alors que notre biodiversité devrait être préservée

Ce communiqué est émis par le Comité vaudois contre la révision de loi sur la chasse dont les Vert.e.s font partie

Alors que le peuple suisse devra voter sur le projet de révision de Loi sur la chasse le 27 septembre prochain, le comité vaudois contre cette révision inacceptable a officiellement lancé aujourd’hui la campagne dans le canton de Vaud. Les stands et les distributions en gare ont d’ores et déjà commencé tant il est important qu’un NON sorte des urnes ! Pour la préservation de la biodiversité, déjà fortement mise à mal, et une meilleure convivance humains-animaux, sans péjorer encore davantage la situation de nombreuses espèces menacées.

Le comité vaudois contre la révision de loi sur la chasse a présenté, ce matin à Lausanne, ses arguments et lancé officiellement sa campagne. Composé de nombreux partis, associations et fondations[1], les actions de terrain ont déjà commencé pour sensibiliser les Vaudoises et les Vaudois aux dangers importants représentés par cette révision de loi.

Alberto Mocchi, Président des Vert.e.s vaudois.es a ouvert la conférence de presse en rappelant l’enjeu de la votation : «La révision sur laquelle nous sommes appelés à voter est une attaque frontale contre la biodiversité. Au lieu de mieux protéger les espèces animales en danger, elle facilite leur abattage et fait passer les intérêts particuliers de quelques chasseurs devant l’intérêt général et celui d’une nature déjà mise à rude épreuve».

Claire Richard, Présidente du Parti vert’libéral vaudois a ensuite souligné les dérives amenées par cette loi : « Alors que seule la gestion du loup était prévue au départ par le Conseil fédéral, la révision de la loi revue par les Chambres remet en question la protection, entre autres, du lynx, du cygne tuberculé, du castor ou encore du héron cendré. » Pire encore, « bécasse, lièvre et tétras-lyre pourront toujours être chassés sans protection. La loi ne leur sera d’aucune aide! », s’est alarmé en écho François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse.

La nouvelle loi représente ainsi une détérioration inquiétante de la situation de protection actuelle des espèces, dissimulée derrière de pseudo-améliorations qui n’arrivent pas à cacher son incohérence. C’est ce qu’a dénoncé Serge Fischer, Président de Pro Natura Vaud : « Les partisans du Oui prétendent que la révision de loi protégera de nouvelles espèces et favorisera la sauvegarde des milieux naturels. Or ces prétendus effets positifs sont délibérément biaisés. Ainsi l’introduction d’une protection totale de 12 espèces de canards sur les 15 actuellement chassables n’aura aucun effet concret, car les trois espèces qui pourront continuer à l’être (colvert, morillon et sarcelle d’hiver) forment déjà 98 % des effectifs tirés ! Quant aux habitats, les cantons appliquent depuis longtemps les mesures de protection prévues par la Confédération…qui pourrait par contre désormais paradoxalement y autoriser des tirs de régulation. C’est schizophrène ».

Si cette révision choque donc par la menace accrue qu’elle représente pour les espèces menacées, elle fait d’autant moins sens qu’animaux et êtres humains ont des rôles spécifiques et complémentaires à jouer pour le bien de nos écosystèmes et notre qualité de vie commune. « Les grands prédateurs régulent et soignent la nature. Ils sont donc nos alliés. Ils diminuent typiquement l’impact des sangliers et des chevreuils sur la forêt, ce qui augmente le nombre d’espèces d’arbres et d’arbustes. De la même façon, les cultures sont mieux préservées de la faune sauvage. N’oublions pas que le loup est le seul prédateur naturel du sanglier! La meilleure santé de la grande faune par l’élimination des animaux les plus faibles, voire malades, est aussi une conséquence positive du retour des grands prédateurs dont c’est la tâche depuis toujours» a ainsi rappelé Lorenzo Poglia, chargé d’affaire au WWF Vaud.

Cette révision de loi ne menace, en outre, pas seulement les espèces mais nos droits démocratiques également, tel que le droit de recours des organisations. Anna Zangger, avocate de la Fondation Franz Weber, a ainsi précisé que « tout droit de recours serait abrogé pour les décisions de tirs individuels des espèces chassables. Si un canton décidait, par exemple, d’autoriser le tir de corbeaux freux, le Tribunal ne pourra plus se pencher sur l’autorisation délivrée, comme il le peut aujourd’hui. Aussi bien les organisations que les communes perdraient ainsi tout droit de recours ».


[1] Animae, Birdlife, Fondation Mart, Groupe Loup Suisse, branche vaudoise, Helvetia Nostra et la Fondation Franz Weber, Jeunes vert ’libéraux, Jeunes Vert-e-s vaudois-es, Les Vert∙e∙s vaudois·es, Parti vert ’libéral vaudois, Pro Natura Vaud, PS vaudois, WWF Vaud