Communiqué 2018

Que fait le canton de Vaud de ses déchets plastiques ?

Alors que la Chine a annoncé fermer ses frontières à plus de 24 catégories de déchets solides venant du monde entier, cette décision impacte-t-elle notre canton, étant donné que ce pays absorbe plus de la moitié des déchets plastiques mondiaux ? C’est notamment ce que demande aujourd’hui la députée d’Echallens, Anne-Laure Botteron au Conseil d’Etat, par voie d’interpellation. Cette annonce, couplée aux récentes polémiques sur la pollution par le plastique des océans, pousse, en outre, à se poser la question de notre production de déchets et de la mise en place d’une stratégie visant à réduire ces déchets et à tendre, ultimement, vers le zéro déchet.

Alors que la Chine ferme ses frontières aux déchets plastiques du monde entier, les pays occidentaux sont mis au pied du mur et cette fermeture met surtout soudain en exergue le manque de filières de recyclage locales, en particulier pour le plastique. En Suisse, nous consommons 125 kg de matières plastiques par personne et par an, dont 45 kg d’emballages. Or 70 % de ces matériaux ne sont pas recyclés. S’il est vrai que la chaleur produite par l’incinération de ces déchets est certes souvent récupérée, une marge de manœuvre considérable demeure pour réduire, à la source, la production de déchets, et maximiser encore leur recyclage.

Car si l’on peut trier désormais sans problèmes alu, fer blanc, papier, déchets organiques, piles et PET, certains déchets plastiques (hors PET), pourtant facilement recyclables, finissent toujours obligatoirement dans nos poubelles, aucune collecte séparée ne leur étant destinée. Pour ces emballages, des points de collecte existent dans certaines déchèteries, mais une fois récoltés ceux-ci finissent le plus souvent incinérés, faute de filière de recyclage.

La problématique internationale actuelle, ainsi que la polémique récente sur la pollution des océans du globe mais aussi des lacs et rivières suisses par le plastique, pousse donc à questionner nos pratiques de recyclages et à envisager de réduire la production des déchets par des mesures concrètes. Car si la mise en place de filière de tri et de recyclage peut s’avérer onéreuse pour les collectivités locales, elle peut aussi être source de revenus, en vertu des principes de l’économie verte. Le recyclage est essentiel, mais il est surtout nécessaire de limiter la production de déchets.

La députée d’Echallens, Anne-Laure Botteron, demande donc aujourd’hui au Conseil d’Etat vaudois, par voie d’interpellation, s’il entend mettre à jour son plan cantonal de gestion des déchets et ses fiches-mesures qui datent de 2004 ? ; s’il pense renforcer les filières de traitement des déchets plastiques ? ce qui est fait pour réduire le volume des différents déchets dans notre canton ? ; quelles mesures incitatives pourraient être menées pour encourager les citoyens à réduire leurs déchets conformément à l’art. 3 de la loi sur la gestion des déchets (LGD) ? ; et aussi comment serait-il possible d’encourager des actions « zéro déchet » ?