Communiqué 2018

Ni poubelle ni javel pour les aliments invendus

Alors que le gaspillage alimentaire atteint des sommets, en particulier en Suisse, une pratique ayant cours dans notre canton choque : il s’agit de rendre impropre à la consommation les invendus de grandes surfaces, notamment en déversant de l’eau de javel dans les conteneurs qui les collectent. Socialement et écologiquement, une telle mesure est inadmissible. C’est pourquoi la députée verte Nathalie Jaccard intervient aujourd’hui au Grand conseil.

Chaque année en Suisse, près de 94 kg de nourriture par habitant sont jetés et détruits, malgré les efforts déployés pour lutter contre le gaspillage alimentaire à toutes les échelles.  Mais le plus inadmissible est de rendre volontairement impropre à la consommation les invendus des grandes surfaces, notamment en déversant sur eux de la javel. Cette pratique, empêchant que ces restes puissent être récupérés et consommés, touche directement notre canton. Les invendus représentant non moins de 10% de la nourriture jetée annuellement. Cette pratique devrait être désormais proscrite tant elle heurte la sensibilité sociale et écologique.

Plusieurs états voisins, tels la France ou la Belgique, ont d’ailleurs rendu cette manière de faire illégale et obligent à redistribuer ou recycler les aliments invendus. Il est en effet tout à fait possible de stocker les denrées alimentaires concernées dans de parfaites conditions d’hygiène afin de les mettre à disposition des organisations caritatives, ou alors de recycler les aliments qui ne peuvent plus être consommés par les humains pour en faire bénéficier les animaux, une fois reconditionnés pour eux, ou encore, au pire, de les composter, voire de les méthaniser.

Face à l’ampleur du problème, les nombreuses solutions alternatives existantes, et surtout l’importance des besoins patents dans notre canton dont témoignent des organismes venant en aide aux personnes défavorisées tels que Mère Sofia, il est urgent d’agir ! La députée verte Nathalie Jaccard demande donc au Conseil d’Etat d’étudier l’opportunité et les possibilités de faire interdire, dans notre canton, toute pratique visant à rendre impropre à la consommation et au compostage les invendus des grandes surfaces et de mettre en place des mesures concrètes afin de permettre de faciliter la redistribution et le recyclage des invendus.