Communiqué 2018

Cultiver en ville pour produire et manger local

Le souci, au sein de notre population, de manger toujours plus d’aliments de proximité va grandissant, de même que la volonté de resserrer les liens entre ville et campagne. Mais les surfaces agricoles à la campagne ne sont pas illimitées. La récente modification de l’article 104 de la Constitution fédérale relative à l’agriculture permet désormais de valoriser l’agriculture indigène et ses produits par un renforcement des liens ville-campagne. L’agriculture peut ainsi partir à la conquête des villes. Séverine Evéquoz, députée verte, demande donc au Conseil d’Etat de fixer le cadre nécessaire au développement de politiques agricoles urbaines et péri-urbaines dans notre canton.

Alors que la population demande de plus en plus à pouvoir s’alimenter localement, privilégie les circuits courts, et que les urbains cherchent à se rapprocher des campagnes, de nombres projets d’agriculture urbaine et péri-urbaine ont commencé à être lancés. Situés à l’orée des agglomérations et parfois des villages, ces projets riches et variés incluent des productions maraîchères, des activités pédagogiques, des rencontres conviviales, l’éducation des plus jeunes. Au-delà de l’approvisionnement alimentaire, les activités proposées participent ainsi à resserrer les liens entre la ville et la campagne, et entre les producteurs et les consommateurs.

Si la récente modification de l’article 104 de la Constitution suisse relatif à l’agriculture va dans le sens de ces initiatives et les promeut, il manque encore toutefois le cadre nécessaire permettant le développement de projets pérennes. Nombre d’acteurs ne sont tout simplement pas informés des possibilités qui s’offrent à eux.

Pourtant des outils de politique agricole existent, permettant de soutenir des initiatives collectives de projet (tels que les Projets de Développement Régionaux, les Plans de Développement de l’Espace Rural ; les projets menés dans le cadre de l’Ordonnance sur la promotion de la qualité et de la durabilité dans le secteur agroalimentaire ; les projets soutenus par le Programme Ressources (art.77a et 77b LAgr) ou encore les Contributions à la qualité du paysage via les PER).

La députée verte Séverine Evéquoz demande donc au Conseil d’Etat, avec des députés de tous bords politiques, de dresser un rapport sur l’opportunité d’introduire, dans notre canton, les mesures suivantes pour soutenir les efforts naissants en matière d’agriculture urbaine et, surtout, les pérenniser :

-impulser le développement de politiques agricoles urbaines et péri-urbaines, notamment en travaillant avec les agglomérations et les communes, les associations agricoles et organes de vulgarisation et les particuliers à l’échelle des régions.

-développer un guichet cantonal permettant de conseiller et guider les porteurs de projets dans le but d’encourager activement la mise sur pied de projets innovants et projets passerelles entre ville et campagne. Il s’agit concrètement d’encourager concrètement le montage de dossiers, d’accompagner leur développement et aider, dans la mesure du possible, leur mise en œuvre. Il s’agirait aussi de garantir une cohérence des dossiers, afin de permettre leur dépôt auprès des instances fédérales.

-renforcer le secteur primaire en lien avec l’évolution de l’économie et de ses nouvelles opportunités numériques (économie de partage et collaborative)