Communiqué 2018

Les réfugiés mineurs non-accompagnés méritent une stratégie cantonale claire

Les Verts vaudois, par la voix de leur députée Séverine Evéquoz, ont aujourd’hui déposé au Parlement vaudois une interpellation pour que le canton définisse enfin une stratégie claire de prise en charge des réfugiés mineurs non-accompagnés (RMNA) alors que la fermeture annoncée du centre d’accueil du Chasseron posent des questions sur leur encadrement.

La baisse du nombre de l’accueil de RMNA dans le canton de Vaud explique, sans doute, l’annonce communiquée de la fermeture prochaine du Chasseron à Lausanne mais cette fermeture pose de nombreuses questions allant bien au-delà des seuls dispositifs d’accueil concrets. La fermeture d’un centre pose en effet également la question du suivi scolaire et social des enfants provoquant un changement d’établissement scolaire, un éloignement des familles de parrainage qui ont finalement pour effet de casser les liens sociaux et de confiance que ces enfants ont potentiellement réussi à reconstruire. Leur formation et leurs possibilités de reconstruction sont ainsi mises en danger.

Il n’y a pas si longtemps, en 2016, suite à une vague de huit tentatives de suicides parmi les RMNA, le Grand Conseil avait alors réaffirmé le droit inaliénable de tous les enfants à bénéficier d’une protection et d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité, tels que la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) le prévoit. Les députés saluaient par voie de résolution largement soutenue les efforts alors consentis par le Conseil d’Etat pour soutenir financièrement l’EVAM dans sa tâche en la matière.

Deux ans plus tard, les défis demeurent, notamment mis en évidence par le large taux de remplacement au sein de la profession parmi les éducatrices et éducateurs qui peinent à accomplir leur travail avec les moyens qui leur sont donnés. Il est donc plus que jamais nécessaire de redéfinir la prise en charge de ces RMNA et de délimiter comment l’organiser et avec quels objectifs. Il sera alors possible d’investir forces et moyens au bon endroit pour sauvegarder la santé des éducatrices et éducateurs actifs auprès d’eux et assurer la meilleure prise en charge possible de ces enfants en situation particulièrement délicate.