Interventions parlementaires

Bienveillance en milieu scolaire

Interpellation

« Burn out » de l’élève, dépression, moqueries et autres conflits, élèves perturbateurs, manque de concentration… Autant de difficultés auxquelles les classes vaudoises sont confrontées régulièrement et qui créent un climat défavorable à l’apprentissage.

L’empathie est la capacité de s’identifier à autrui à travers les notions de besoins et d’émotions. Dans une société très axée sur le savoir-faire, cette qualité associée à la bienveillance permet d’être à l’écoute des autres, sans jugement de valeur, afin d’exprimer les malaises et permettant souvent de trouver des solutions aux problèmes. La « Communication Non Violente » peut être un des outils.

Les recherches récentes sur le développement du cerveau, en particulier dans le cadre de l’apprentissage, ont mis en évidence l’importance d’un climat d’empathie et de bienveillance dans le cadre familial, mais également dans l’environnement scolaire, permettant potentiellement de trouver des solutions aux constats pré-cités.*

La grande majorité des enfants en âge de scolarité consacrent une grande partie de leur journée à l’école, entre la présence en classe, les transports et les devoirs à domicile. Or, durant tout ce temps, ils sont aussi susceptibles d’avoir besoin d’une oreille bienveillante.

Aussi, j’ai l’honneur de poser les questions suivantes au Conseil d’État :

  • Dans quelle mesure les formations de base et formations continues d’enseignant/e/s de l’école obligatoire tiennent-elles compte des résultats des recherches récentes sur le fonctionnement du cerveau concernant l’apprentissage ?
  • L’État a-t-il déjà pris des mesures pour favoriser un climat de bienveillance dans les classes, en particulier à l’école obligatoire, pour transmettre la capacité d’empathie aux élèves ? Si oui, lesquelles ? Si non, pourquoi ?
  • A-t-il entrepris une étude des différentes solutions que des enseignant/e/s de l’école obligatoire dans le canton ont déjà mises en place par eux-mêmes dans ce même sens ? Quels moyens a-t-il identifiés pour atteindre ce but (à l’image de la Communication Non Violente) ?

Sabine Glauser

* Dans son ouvrage « Pour une enfance heureuse », paru en 2014, le Dr Catherine Gueguen, a rassemblé une belle documentation scientifique datant d’entre 1985 et 2013, pour montrer l’effet du stress sur le cerveau de l’enfant, en illustrant le tout de son expérience en tant que pédiatre. Elle évoque les problèmes d’agressivité, de dévalorisation, de manque de concentration, allant jusqu’à des maladies du système nerveux ou d’ordre psychiatrique.

Dans un autre ouvrage, paru en 2016, « Les lois naturelles de l’enfant », par Céline Alvarez, l’auteure expose sa méthodologie et raconte une expérience menée sur trois ans dans une classe de maternelle française en milieu défavorisé. Elle-même inspirée par le livre pré-cité et de la communication non violente parmi d’autres témoigne de l’étonnante efficacité d’un comportement empathique exemplaire, sur les enfants qui l’ont ensuite reproduit spontanément durant des moments de crises, notamment lors des récréations. Par la suite, les enseignants des degrés supérieurs ont constaté que ces élèves disposaient d’un bagage pour la gestion du stress et des conflits très efficace, favorisant par ailleurs un climat de classe optimal pour l’apprentissage.

De telles expériences ont été reproduites depuis avec des résultats rapportés similaires pour l’instant.