Interventions parlementaires

Quelle vision pour le développement de la mobilité au pied du Jura?

Postulat

Le développement récent de la gare de Grandson a permis d’améliorer en partie l’offre en transport en commun le long de la ligne du pied du Jura. On est ainsi passé de 8 trains par jour en 2015 à 4 trains par heure aujourd’hui. Ceci dit, l’offre en transports publics demeure malgré tout encore largement insuffisante pour convaincre les habitants de la région de délaisser leur voiture et pour répondre aux besoins des personnes dépendantes des transports publics. Une offre complémentaire train-bus serait gagnante aussi bien pour les habitants du pied du Jura que pour les deux opérateurs en place.

Ce d’autant plus que l’on s’attend à ce que l’évolution démographique et le développement économique de la région se poursuivent. Le site industriel de La Poissine (entre Grandson et Onnens), qui fait partie des sites stratégiques de la Politique cantonale des Pôles de Développement (PPDE) et qui a été raccordé au rail en 2016, devrait ainsi accueillir dans les prochaines années plus de 300 emplois supplémentaires.

Or, qui dit accroissement de la population et développement économique, dit également augmentation des besoins en matière de mobilité et accroissement des nuisances qui s’y rattachent. Ainsi, on peut sans peine imaginer que l’augmentation de la mobilité induise des désagréments en termes de pollution atmosphérique, accroisse les risques d’accidents et provoque une congestion du trafic aux heures de pointes notamment, en particulier des voies d’accès aux principales gares de la région (Grandson, Yverdon) et des services de Parc & Drive qui s’y rattachent.

De fait, la ligne ferroviaire entre Yverdon et Neuchâtel est extrêmement concurrentielle en termes de temps de parcours en comparaison du temps de parcours en véhicules privés, et ce aussi bien en direction de Neuchâtel que d’Yverdon. Cette ligne n’est toutefois pas utilisée de la manière optimale. La part modale transport en commun/transport individuel motorisé sur les parcours trans-cantonaux reste très faible. Une part des déplacements en véhicules privés pourraient pourtant très probablement être captée avec une amélioration des fréquences et des temps de parcours des bus et des trains. Le tableau ci-dessous met en évidence l’offre à l’heure de pointe et le manque d’intérêt de l’offre en heure creuse. Les deux dernières colonnes montrent que des temps de parcours concurrentiels entre le train et la voiture sont possibles.

Comparaison des temps de parcours1

Trajet en minutes

En train, en dehors des heures de pointe

En train, aux heures de pointe (trains supplémentaires matin/soir)

En voiture (TIM)

Gorgier – Yverdon

46

17

17

Concise – Neuchâtel

42*

26

22

Gorgier – Neuchâtel du

18

18

18

Concise – Yverdon

33

8

20

Provence – Yverdon

48

26**

29

Concise – Lausanne

61*

44*

46

Gorgier – Lausanne

74*

50*

56

*avec changement

** hypothèse : Bus -> Concise puis train (5’ de changement)

Compte tenu de ce qui précède, nous demandons au Conseil d’Etat de bien vouloir :

  1. réaliser un état des lieux :

  • des besoins en mobilité des habitants de la région, en intégrant notamment les catégories de personnes qui n’ont pas d’autre choix que d’emprunter les transports publics (personnes âgées, etc.) ;

  • des collaborations existantes le long de la ligne du pied du Jura entre les différents partenaires responsables de l’offre en transports publics ;

  • des freins actuels au développement des transports publics et de la qualité de l’offre.

  1. esquisser, en collaboration avec les opérateurs des transports publics et en discussion avec les autorités neuchâteloises, différents scénarios permettant de pallier les éventuels manques au regard des prévisions démographiques et de développement économique de la région.

1 Sources : cff.ch et Google Maps

Céline Ehrwein Nihan