Interventions parlementaires

Lutter enfin contre les pesticides toxiques pour l’environnement et les êtres humains

Interpellation au Conseil national

Le reportage de l’émission Cash Investigation sur l’impact des pesticides sur la santé et l’environnement a fait beaucoup de bruit en France et en Suisse romande et confirmé les craintes des écologistes concernant l’usage de produits toxiques dans l’agriculture. Au vu des dernières révélations de ce reportage, je pose les questions suivantes:

–       Le reportage montre qu’en France, de nombreux enfants sont soumis à des pesticides comme le Folpel via l’air ambiant. Qu’en est-il en Suisse ?

–       Le reportage montre qu’en France, la présence de nombreux pesticides a pu être décelée dans le corps d’enfants, y compris de produits toxiques dont la France a aujourd’hui interdit l’usage. Qu’en est-il en Suisse ?

–       Les journalistes de Cash Investigation ont pu établir une carte de l’exposition aux pesticides pour le territoire français. Dispose-t-on de telles informations pour la Suisse ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi ?

–       Dispose-t-on aussi d’informations sur le degré d’exposition et son impact sur différents groupes, dont les agriculteurs ? Où en est le projet de biosurveillance humaine ?

–       Le Conseil fédéral confirme-t-il le fait que certains pesticides, dont la toxicité pour les êtres humains est avérée et dont la Suisse a interdit l’usage sur son territoire, à l’image de l’atrazine par exemple, continuent à être produits pour l’exportation par des entreprises suisses comme Syngenta, créant des dommages à l’environnement et à la santé à l’étranger ? Le Conseil fédéral trouve-t-il cette situation cohérente et éthiquement défendable ?

–       Le Conseil fédéral ne trouve-t-il rien à redire au fait que les consommateurs suisses soient vraisemblablement soumis, tout comme les consommateurs français, via les importations de produits alimentaires, à des pesticides toxiques dont l’usage a été interdit sur notre propre territoire ? Des pesticides qui ont peut-être été produits pour l’exportation par des entreprises suisses ?

–       De l’atrazine, interdite en France comme en Suisse, reste présente dans l’eau potable de certaines régions françaises. Qu’en est-il en Suisse ?

–       Les Etats-Unis et la France prévoient d’interdire l’usage du Chlorpyrifos. Quand le Conseil fédéral va-t-il en faire de même ?

–       Le Conseil fédéral peut-il assurer que le plan d’action sur les pesticides tienne compte de ces derniers développements, illustrant de manière frappante notre exposition à des produits toxiques ?

Adèle Thorens, le 17 mars 2016