Interventions parlementaires

Postulat de Olivier Epars – La biodiversité et les moyens mis en oeuvre par le canton: à quand Vaud quittera-t-il la queue du peloton ?

A lire certaines statistiques et informations nationales (office fédéral de la statistique 2011 et Conférence des délégués à la protection de la nature et du paysage 2012), on se rend compte que le canton de Vaud se trouve dans le trio de queue pour les moyens mis en oeuvre pour la protection de la nature et du paysage. En effet il ne consacre que 0,05% de ses dépenses à ces postes soit cinq fois moins que le canton de Genève ou presque trois fois moins que le canton de Berne, canton assez similaire. Pour le nombre d’ETP par surface de territoire il ne se trouve derrière lui que les cantons des Grisons et du Valais. Ces deux cantons avec beaucoup de montagnes nécessitent évidemment moins de moyens pour la protection de la nature, les projets y étant moins nombreux proportionnellement au territoire.
Nous savons que dans ce type de statistiques tous les moyens mis en oeuvre ne sont peut-être pas forcément identifiés car pour les ETP parfois il peut y avoir des personnes qui sont engagées au contrat d’une durée déterminée ou sur mandat et vont peut-être ne pas figurer dans la statistique. Si l’on prend les budgets 2012 à 2015 (depuis que la DGE existe sous l’UB 005) on ne voit pas d’ETP qui aient été mis pour la nature et le paysage et certes le montant «travailleurs temporaires» a passé de 567’000.- à 770’000.- soit env. 1,75 ETP. Toutefois la réalité ne doit pas être bien loin de ces statistiques 2011, le canton de Vaud met peu de moyens tant financiers qu’humains pour la protection de la nature et du paysage alors que ceux-ci, particulièrement avec cette pleine croissance économique qui a lieu depuis presque 10 ans, sont mis sous pression par de nombreux projets.
Au vu de ce benchmarking, je me demande si le Conseil d’Etat se donne vraiment les moyens pour arriver à réaliser ce qui est nécessaire pour le maintient de la biodiversité dans ce canton et les objectifs fixés par la Confédération pour 2020. Par exemple, le canton a-t-il les moyens de vérifier dans les très nombreux projets impactant sur la nature que les mesures de compensation demandées sont mises en oeuvre ?

Dans l’interpellation du député vert R. Mahaim déposée lors de l’année mondiale de la biodiversité, à laquelle le Conseil d’Etat avait répondu fin 2011, le Conseil d’Etat disait «qu’il veillerait à ce que les services disposent des ressources et moyens suffisants dans le cadre du budget de fonctionnement pour atteindre les objectifs annoncés par la Confédération».
Il disait également «accorder un statut de protection cantonale aux quelques 400 biotopes et sites marécageux» et aussi «qu’il aurait un plan d’action de la Nature demain en 2012 pour préserver, restaurer et mettre en réseau ces objets. Il précisera en particulier les cibles à atteindre à l’horizon 2020, les moyens nécessaires et les responsabilités relatives incombant aux différents départements». Au vu de sa situation biogéographique le canton a une importance particulière ce qui fait que d’être en queue de peloton est encore plus préoccupant.

Depuis la refonte des services au sein de la DGE en trois divisions, la division biodiversité a été crée au sein de la DIRNA et c’est avant tout elle qui est chargée des mesures pour défendre ou favoriser la biodiversité dans notre canton. Mais on sait aussi que la biodiversité n’a cour pas seulement dans cette division mais aussi dans celle des forêts et dans celle s’occupant des eaux. La nouvelle période de Convention – programme va être mise sur pied cette année pour la période 2016-2019. On sait que la Confédération dans ce cadre peut financer entre autre des ETP, il paraît important que la Conseil d’Etat nous fasse un rapport et qu’il fasse des propositions pour que le canton sorte de cette queue du peloton le plus rapidement possible, l’arrivée n’étant plus trop éloignée puisque se situant en 2020. D’avance je l’en remercie.