Communiqué 2020

Mobilité cycliste : un premier pas encourageant

Les Vert∙e∙s vaudois∙es ont pris connaissance avec satisfaction du projet cantonal de création de bandes cyclables provisoires sur une partie du réseau routier vaudois, afin d’inciter à l’utilisation quotidienne du vélo. Il s’agit pour les Vert∙e∙s d’un premier pas, qui doit être suivi d’autres, notamment au niveau communal, afin de voir la mobilité douce progresser rapidement dans notre canton. Ils interviendront en ce sens par la voix de leurs élu-e-s dans les conseils communaux.

Le projet présenté ce jour par les autorités cantonales et visant à créer rapidement 100 kilomètres de bandes cyclables afin de renforcer l’attrait de la mobilité douce dans les mouvements pendulaires est salué par les Vert.e.s vaudois.es.

Les Vert∙e∙s s’engagent en effet depuis toujours au niveau cantonal et communal pour promouvoir la mobilité active (ou douce) et les intérêts de celles et ceux qui la pratiquent au quotidien. Ils ont ainsi par exemple déposé en août 2018 par la voix de leurs député-e-s Séverine Evéquoz et Felix Sturner un postulat demandant une mise à jour et un renforcement de la stratégie cantonale pour le vélo.

Cette création de bandes cyclables doit être un premier pas, qui doit être suivi d’autres, afin de relier à terme de manière sûre et efficace les principales localités vaudoises entre elles par un réseau de bandes et pistes cyclables permettant à tou-te-s de se déplacer rapidement et de façon sûre à vélo pour le travail, les achats ou les loisirs. Cela comme le demande d’ailleurs le projet de Loi fédérale sur les voies cyclables, actuellement en phase de consultation.

Les communes ont un rôle important à jouer dans cette politique, et les Vert∙e∙s comptent agir prochainement dans les conseils communaux afin de renforcer et pérenniser les mesures prises à ce niveau dans le cadre de l’après crise du COVID-19. Il est notamment central que les aménagements réalisés soient continus et ne souffrent pas de différences locales du fait d’une absence de coordination.

La mobilité vaudoise doit redonner ces prochaines années la place nécessaire à la mobilité douce et aux transports en commun, dans l’intérêt du climat comme de la santé de la population.

Communiqué 2020

300 millions pour une relance en faveur de la transition énergétique

Pour ne pas opposer mesures de relance post-COVID 19 et l’indispensable transition écologique, et plus particulièrement son volet énergétique, les Vert.e.s proposent de procéder à une alimentation extraordinaire du fonds vaudois sur l’énergie d’un montant de 300 millions de francs afin de participer aux efforts de soutien à l’économie locale en la rendant plus résiliente, plus innovante et résolument tournée vers l’avenir. L’initiative parlementaire est également soutenue par les groupes vert ’libéraux, PS, de l’Alliance du centre, d’Ensemble à Gauche et du POP.

La crise sanitaire et ses conséquences sociales et économiques ont nécessité des soutiens financiers d’urgence de la part de la Confédération et du canton afin d’éviter la suppression trop importante d’emplois et des faillites. Si ces dispositifs se sont avérés indispensables et qu’il faudra continuer à soutenir les entreprises, les raisons individuelles ainsi que les milieux culturels, sportifs et associatifs, il faut également s’assurer que la reprise de l’activité économique ne se fasse pas sur le dos du climat. Un climat et un environnement dégradé auront notamment pour conséquences de nouvelles crises sanitaires, par l’augmentation des pandémies et des zoonoses. Ainsi, la relance doit être saisie comme une occasion unique d’infléchir notre dépendance aux énergies fossiles en soutenant l’économie locale et en l’orientant vers plus de durabilité et de résilience. Création d’emplois et relance économique doivent rimer avec transition écologique et énergétique.

Les investissements publics dans l’énergie renouvelable ont un impact très positif sur l’économie locale. Dans le cadre des débats sur la CoCEn, il avait en effet été démontré qu’avec les montants engagés par le Canton et avec l’apport de la Confédération dans la rénovation énergétique de bâtiments, « pour 1 franc engagé par le canton, ce sont 4 francs qui sont distribués sous forme de subventions et 18 francs en moyenne qui sont injectés dans l’économie sous forme de travaux et de fournitures, soit un effet de levier de x18 » (EMPL 151, p.8).

Une alimentation massive du fonds pour l’énergie, permettrait d’accélérer la rénovation des bâtiments (notamment communaux) ou de soutenir le développement du solaire, de la géothermie ou de la biomasse. Ce soutien est d’autant plus important et urgent que les besoins sont avérés et les projets existent mais ils manquent souvent cruellement de soutiens financiers. De même, en soutenant de la recherche appliquée et le développement de projets innovants, le canton de Vaud pourrait se profiler à la pointe en Suisse sur la transition énergétique.

Les Vert.e.s ont donc déposé hier, par la plume de leur chef de groupe Vassilis Venizelos, une initiative parlementaire, largement soutenue par plusieurs groupes politiques, demandant l’élaboration d’un décret visant à verser un montant exceptionnel de CHF 300’000’000.- au fonds sur l’énergie. Au sens de l’article 132, alinéa 1, de la loi sur le Grand Conseil (LGC), un délai est fixé au Conseil d’Etat à fin avril 2021 pour qu’il rende son préavis et soumette au Grand Conseil le projet de décret demandé. Le financement de ces 300 millions pourrait soit passer par l’emprunt, soit, par exemple, par l’allocation des dividendes de la Banque National Suisse de CHF 249,3 millions sur l’année 2020 ou le solde de la réserve des préfinancements pour la réforme RIE III (CHF 206 millions au bilan de l’Etat au 31.12.2019).

Communiqué 2020

Chlorothalonil : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau !

Les Vert.e.s vaudois.es ont pris connaissance avec inquiétude des premières estimations présentées ce jour par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) au sujet de la pollution des eaux souterraines du pays au chlorothalonil. Le canton de Vaud semblant être – à l’image des autres cantons de plaine – particulièrement touché, ils demandent aux autorités cantonales et communales de rendre publiques dans les plus brefs délais toutes les informations concernant la présence de résidus de ce pesticide dans nos eaux, et de prendre les mesures nécessaires afin d’en réduire sans tarder la teneur.

Le chlorothalonil est un pesticide qui a été utilisé pendant de nombreuses années dans l’agriculture suisse, jusqu’à son interdiction fin 2019 en raison de son danger pour la santé humaine. Les informations communiquées aujourd’hui par l’OFEV montrent qu’une bonne partie des eaux souterraines du plateau dépassent les valeurs limites en résidus de ce pesticide, et présentent donc un danger potentiel à long terme pour celles et ceux qui les consomment.

Les Vert.e.s souhaitent donc qu’une information complète et transparente soit fournie aussi vite que possible à la population vaudoise par les autorités communales et cantonales quant à la situation, aux risques sanitaires encourus et aux mesures pouvant être prises à court, moyen et long terme pour les éviter.

Les Vert.e.s demandent également aux autorités cantonales de soutenir les communes, qui sont les gestionnaires des réseaux de distribution d’eau potable, tant financièrement qu’en termes d’expertise afin que toutes les mesures nécessaires à garantir la sécurité de la population soient prises rapidement.

Ils interviendront en ce sens au Grand Conseil par la voix du député Felix Stürner, qui avait déjà déposé une question orale en septembre 2019 à ce sujet.

Cette intervention vient, en outre, dans le droit fil du postulat déposé par la Conseillère aux Etats Verte, Adèle Thorens, lors de la dernière session à Berne qui s’enquérait du temps que prendrai l’assainissement de nos eaux potables polluées par le chlorothalonil et d’à qui en reviendrait la facture.

Plus généralement, cette inquiétante nouvelle conforte les Vert.e.s dans l’idée que notre agriculture doit poursuivre son chemin vers une réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires, dans son intérêt comme dans celui de l’environnement et de la population.

Communiqué 2020

Le Régional disparaît mais la couverture de l’information locale ne doit pas disparaître avec lui

Les Vert.e.s de la Riviera et du Chablais apprennent aujourd’hui avec regret et consternation la disparition du journal « Le Régional » qui couvrait jusque-là l’actualité de leurs régions. Cette disparition, précipitée par la crise actuelle du COVID-19, est d’autant plus regrettable et alarmante qu’hormis “Le Point Chablais” pour Aigle-Bex et environs, et “Le Cotterg” pour les Ormonts, plus aucun média papier local et indépendant ne couvre désormais la région. Les conseillères et conseillers communaux Vert.e.s interviendront dans leurs législatifs respectifs pour demander une aide urgente destinée à recréer un média régional et ainsi sauver cet élément crucial à la démocratie locale.

La démocratie directe a besoin de citoyennes et citoyens informés. Une information objective et étayée est fondamentale dans notre système politique afin que chacune et chacun puisse prendre ses décisions en conscience et voter en connaissance de cause. Les Vert.e.s ont déjà manifesté à plusieurs reprises leur attachement à la diversité de la presse et agi, aux niveaux cantonal et communal (à Lausanne et Blonay, notamment) pour que, à l’instar des médias télévisuels et audiovisuels, un subventionnement, public ou parapublic, garantisse une information locale indépendante. Car il est nécessaire pour la démocratie directe de maintenir l’accessibilité, la diversité, la qualité et la fiabilité de l’information, et pour tout dire la liberté d’expression, dans les médias, de même qu’une diversité de supports, presse imprimée incluse, pour que l’ensemble de la population, y compris les personnes n’ayant pas accès à Internet puissent accéder à l’information de façon équitable, voire à pouvoir s’y exprimer (courrier des lecteurs).

Hors, aujourd’hui, l’on apprend la disparition du journal « Le Régional », seule publication à couvrir les trois districts de l’Est vaudois, de manière étayée, diversifiée et détaillée, dans la quasi-indifférence des municipalités des communes concernées. La Municipalité de Blonay vient quant à elle de refuser, il y a 15 jours, le postulat du Vert Jean-Marc Nicolet qui lui demandait, justement, de soutenir la publication en faisant paraître des avis officiels, dont les convocations aux séances du Conseil communal. Un soutien public est pourtant de nos jours indispensable pour garantir qu’un minimum d’information locale indépendante puisse subsister face aux pressions toujours croissantes qui pèsent sur ce domaine.

Les Vert.e.s du Chablais et de la Riviera profiteront donc de la rentrée parlementaire qui s’amorce pour déposer dans tous les conseils communaux où ils sont représenté-e-s dans les trois districts, des interventions pour demander la recréation rapide d’un média local et indépendant couvrant leurs régions, et le soutien des communes dans cet effort.

Les Vert.e.s témoignent, en outre, de leur soutien aux journalistes du « Régional » et espèrent vivement qu’une solution pourra rapidement être trouvée pour pouvoir continuer à bénéficier de leurs compétences dans la couverture de leur riche région.

Communiqué 2020

Faire de la crise une opportunité de transformation

La crise du coronavirus a violemment mis en lumière les limites de notre système économique et social. Il s’agit désormais d’en tirer les leçons pour anticiper la prochaine crise, d’ores et déjà en marche : celle climatique. Pour transformer ces derniers mois en une opportunité de transformation qualitative et durable de notre société, les Vert.e.s interviendront dès le mois de mai dans les conseils communaux et au Grand conseil pour poser les jalons de ce revirement économique et social nécessaire. Ils annoncent, en outre, le lancement d’une initiative populaire « de renouveau » pour la fin de l’année allant dans le même sens. Au lieu de cimenter les structures actuelles, un nouveau départ est possible.

La crise du COVID-19 de ce printemps a engendré une catastrophe sociale et économique sans précédent qui a mis crûment en lumière certains dysfonctionnements de notre société. Elle a mis nombre de personnes, notamment les indépendant-e-s, dans une situation très délicate. Les Vert.e.s vaudois.es souhaitent que tout soit mis en œuvre pour soutenir celles et ceux qui sont durement frappé-e-s par cette crise, et veilleront à ce que les aides prévues par les pouvoirs publics soient suffisantes et réparties de manière équitable.

Au-delà de l’indispensable réponse à l’urgence, il s’agit pour les Vert.e.s de voir dans cette crise une opportunité à saisir pour remédier à ces dysfonctionnements et construire une société plus durable et résiliente. Notre modèle actuel s’est en effet révélé vulnérable et notre économie, en particulier, est peu résistante aux chocs car construite sur une volonté de profit à court terme plutôt que de qualité de vie à long terme. C’est d’autant plus préoccupant que la prochaine crise qui nous attend (et qui a déjà commencé) liée aux dérèglements climatiques, aura des effets bien plus néfastes et étendus sur le long terme.

Il faut donc apprendre de nos erreurs et profiter de l’arrêt forcé que nous avons vécu pour repartir sur de nouvelles et meilleures bases. Et ce dès maintenant ! Il est donc urgent de changer notre rapport au monde et à l’économie, et de réformer cette dernière pour sortir d’indicateurs tels que la production, la consommation et le PIB, et nous orienter vers des valeurs sociales et environnementales.

Pour ce faire, les Vert.e.s interviendront dès le mois de mai dans les conseils communaux de nombreuses communes ainsi qu’au Parlement cantonal pour réformer notre modèle économique et certaines de nos habitudes de vie, dans l’intérêt de notre qualité de vie et pour préserver de celle des générations futures.

Il s’agira, notamment :

  • de développer et d’ancrer le télétravail dans le monde professionnel. Ayant fait ses preuves pendant la crise, il représente une excellente opportunité de repenser notre rapport à la mobilité, mais aussi à notre travail et plus généralement à notre gestion du temps. Il doit donc être développé, moyennant la mise en place d’un cadre évitant de potentielles dérives.
  • promouvoir les circuits d’approvisionnements courts, mettant en contact directement consommatrices et consommateurs et productrices et producteurs.
  • réorienter la promotion économique vers plus de durabilité, le long terme, qui tienne compte des limites planétaires en termes de ressources.
  • instaurer un revenu de transition écologique.
  • prioriser la transition énergétique et la protection de l’environnement dans la politique d’investissements étatiques.
  • remplacer le PIB par des indicateurs plus qualitatifs pour quantifier le bien-être d’une société.

Pour accompagner cet effort de transformation de notre économie, les Vert.e.s envisagent de lancer en outre une initiative populaire cantonale d’ici la fin de l’année.

Communiqué 2020

Plutôt que les propos dépassés du Centre Patronal, avançons vers un changement sociétal

Les Vert.e.s vaudois.es sont consterné-e-s par les propos du Centre Patronal qui, dans son bulletin hebdomadaire, dit s’inquiéter de la prise de conscience par certain-e-s quant aux alternatives au modèle consumériste qui a prévalu dans notre société ces dernières décennies. L’un des grands enseignements de cette crise est justement qu’une autre manière de consommer, de produire et d’interagir économiquement est possible, et les Vert.e.s comptent bien tout mettre en œuvre pour tirer les leçons qui s’imposent une fois l’urgence sanitaire levée.

« Il faut éviter que certaines personnes soient tentées de s’habituer à la situation actuelle, voire de se laisser séduire par ses apparences insidieuses: beaucoup moins de circulation sur les routes, un ciel déserté par le trafic aérien, moins de bruit et d’agitation, le retour à une vie simple et à un commerce local, la fin de la société de consommation… ». Ces propos semblant tout droit sortis d’une parodie ou d’un article d’un site satirique sont pourtant ceux, bien réels, publiés dans le dernier bulletin hebdomadaire du Centre Patronal, sorti ce mercredi 15 avril.

Ces propos sont inconscients et tout bonnement consternants. Alors que tous les voyants environnementaux sont au rouge, et que la communauté scientifique est unanime quant à la nécessité de réduire notre empreinte sur le climat et la biodiversité si nous voulons éviter une crise bien plus grave que celle que nous traversons actuellement, il faudrait, selon le Centre Patronal, recommencer « comme en quarante », reprendre les choses où on les a laissées, sans la moindre remise en cause.

L’un des enseignements de cette crise est justement celui qu’un autre modèle économique est possible et nécessaire, moins dépendant d’une course effrénée au toujours plus, rapprochant productrices et producteurs et consommatrices et consommateurs et valorisant la qualité et le local plutôt que le bon marché et le jetable. Il s’agit aussi de créer une économie plus résiliente face aux chocs.

Les Vert.e.s souhaitent que l’indispensable redémarrage économique soit l’occasion de se détacher d’un système qui a désormais clairement montré ses limites et n’est plus viable à long terme, et de mettre en place une manière de produire et consommer durable et respectueuse des humains et de l’environnement. Bien plus qu’une crise, c’est une catastrophe, et celle-ci doit ébranler nos certitudes et nos fonctionnements pour les remettre en question. Une rupture avec le monde d’antan est plus que jamais nécessaire.

Ils formuleront à cet effet des propositions une fois la crise sanitaire passée et que les institutions auront repris leur fonctionnement normal.

Une chose est certaine, les Vert.e.s s’opposeront au Centre Patronal tant que celui-ci continuera à militer pour une économie aux recettes d’avant-hier, qui nous font foncer droit vers un désastre écologique et humain. 

Communiqué 2020

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit ?

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

Pour les citoyens·nes:

  • Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  • Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.

Pour les maraîchers·ères:

En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.

  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité:

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Pour les Vert·e·s lausannois·e·s:

MAADI Selsa, RAEDLER David, DAKKUS Sima , COMPANY Xavier , BERGUERAND Anne, GNONI Sara


Avis de droit – Marché lausannois

Question écrite à la Municipalité – Les Vert·e·s lausannois


Communiqué 2020

Interdiction du marché réduit par le Conseil d’Etat : une décision incompréhensible et contre-productive

Les Vert·e·s lausannois·es ont appris ce jour que le Conseil d’Etat
avait décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme
« réduite ». Alors que toutes les mesures avaient été prises par la
Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et
exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des
contrôles renforcés – cette décision est parfaitement incompréhensible.
Elle constitue également un nouveau coup-dur pour les maraichères et
maraichers, qui espéraient ainsi renouer avec quelques rentrées
financières.

Les Vert·e·s lausannois·es avaient salué la décision prise par la
Municipalité de Lausanne le 7 avril dernier de rouvrir certains stands
des marchés alimentaires sous une forme « réduite ». Cela était
nécessaire afin de permettre à la fois aux Lausannoises et Lausannois de
retrouver un accès facile et régulier aux fruits et légumes locaux, et
aux maraichers de pouvoir retrouver une source de revenus essentielle.
Pensée sous une forme très limitée, cette ouverture était restreinte aux
seuls fruits et légumes – soit 30 stands sur les 160 habituels. Des
contrôles renforcés étaient aussi prévus.

Or, par la décision de ce jour, le Conseil d’Etat interdit ces stands,
au motif que cela ne serait pas compatible avec le droit fédéral. Les
Vert·e·s lausannois·es soulignent fermement que cette décision est non
seulement incompréhensible, mais aussi contre-productive et non-conforme
au droit fédéral.

•       Incompréhensible, car par une ouverture restreinte aux fruits et
légumes, le nombre de stands aurait été très réduit, ce qui aurait
permis de respecter tous les impératifs de l’OFSP ainsi que les
exigences fédérales, notamment d’isolation des stands ;

•       Contre-productive, car par cette interdiction, le Conseil d’Etat prive
les maraichères et maraichers d’une source importante de revenus,
complique la possibilité de se fournir en denrées alimentaires locales
et augmente encore le nombre de personnes se rendant dans les
grandes-surfaces, au risque de tempérer le respect des impératifs de
l’OFSP ;

•       Non-conforme au droit fédéral, car le Conseil fédéral a lui-même
nouvellement explicité dans son Rapport explicatif concernant
l’Ordonnance 2 COVID-19 « qu’un stand isolé vendant de la nourriture est
considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert,
contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible
de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand
isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une
autre place. ». Or, la tenue des stands alimentaires à Lausanne aurait
réalisé cette condition, dans la mesure où seuls 30 stands étaient au
total concernés sur les 160 stands habituellement ouverts. Tant le
caractère « isolé » des stands que le respect des normes de l’OFSP
auraient ainsi pu être garantis. En exigeant l’absence d’une «
concomitance de lieu, date et horaire », le Conseil d’Etat dépasse le
cadre du droit fédéral.

Les Vert·e·s lausannois·es invitent la Municipalité à adapter au
plus-vite son plan de réouverture des stands alimentaires, cas échéant
en précisant au Conseil d’Etat le caractère suffisamment isolé des
stands et les mesures de contrôle prises. Et espèrent que le Conseil
d’Etat respectera alors le droit fédéral.

Communiqué 2020

Coronavirus et climat

Nous vivons des jours décisifs. Face au Covid-19, dévastateur, et à ses conséquences dramatiques, saurons-nous prendre les bonnes options, solidaires et durables ?

A la crise sanitaire, fraternellement affrontée par toutes et tous mais qui menace la terre entière et surtout ses habitants les plus démunis, s’ajouteront l’effondrement économique et de graves tensions sociales. La détresse de certaines catégories de la population et les inégalités croissantes nourriront le découragement, le désespoir et la violence. Comment y ferons-nous face collectivement ?

Une chose est sûre : l’humanité forme un tout, interdépendant. Nous serons sauvés ensemble ou nous ne le serons pas ! Mais arriverons-nous à rester solidaires en toutes circonstances ? N’oublions pas les conséquences désastreuses des politiques protectionnistes et nationalistes mises en place dans la suite de la crise des années 30 ! Et les décisions autoritaires et liberticides justifiées par les motifs sanitaires n’ouvriront-elles pas la porte à la tentation de régimes forts ?

L’heure est à l’urgence, et même au marathon, comme le dit le conseiller fédéral Alain Berset. Mais nous préparons-nous à modifier notre manière de vivre ensemble et à inventer des solutions qui tiennent compte du long terme ?

Il y a heureusement, dans tout ce bouleversement, une bonne nouvelle : les mesures que nous devrons prendre pour le bien de la planète (climat, biodiversité) seront moins dramatiques que celles d’aujourd’hui, et les efforts qui nous seront demandés moins grands que ceux que nous consentons actuellement !

Et une autre : on le voit, les régimes démocratiques peuvent agir de manière très résolue lorsqu’un état d’urgence est reconnu en tant que tel. Des choses qui semblaient impensables il y a peu de temps sont désormais possibles. Il faudra qu’il en aille de même vis-à-vis du climat.

Et une troisième : en cas de crise majeure, de magnifiques solidarités (y compris financières) se mettent en place, à tous les niveaux (individus, réseaux, collectivités, pays). Rapidement. L’urgence climatique en exigera également.

Enfin une quatrième : après la pression mise ces dernières années pour réduire les coûts et le rôle de l’Etat, tout le monde redécouvre les vertus de l’action publique et collective.

Une crise ne prend pas de pause lorsqu’en survient une autre. Dans nos réponses aux effets du coronavirus, nous devons garder en ligne de mire le réchauffement climatique et la perte de la biodiversité (aussi invisibles et inimaginables aux yeux de beaucoup que le Covid-19 l’était il y a encore quelques jours !). Car si nous les négligeons, les conséquences en seront encore bien pire (si cela peut s’imaginer !) que celles de la pandémie. Sans réduction drastique des émissions de CO2, on le sait, une partie importante de l’humanité pourrait être purement et simplement décimée d’ici la fin de ce siècle ! Rien à voir avec les dizaines de milliers de morts – et je ne minimise pas les drames actuels – dus au coronavirus … . A 2°C ou 3°C de réchauffement climatique, nous aurons à faire face à des problèmes encore 10, 100 ou 1000 fois plus graves !

Certains croient pouvoir se réjouir que le Covid-19 contribue à la diminution de la pollution. C’est peut-être vrai dans l’immédiat, mais en l’absence de décisions structurelles et de réorientation de nos sociétés, cela risque fort de n’être que temporaire. C’est pourquoi les décisions prises ces jours seront d’une importance cruciale du point de vue de la transition vers une société et une économie respectueuses du climat et de la biodiversité.

Comme la lutte contre la pandémie, la protection de notre environnement nécessite des investissements énormes et un changement fort des modèles économiques. La durabilité doit figurer au coeur de toutes les politiques. Or le risque est grand que les collectivités financent les mesures de relance sans tenir compte des objectifs climatiques et environnementaux. Il importe que le soutien apporté aux entreprises du pays par les collectivités publiques soit conditionnée à l’émergence d’une économie bas carbone, plus robuste face aux crises à venir.

Ainsi par exemple, les compagnies aériennes, sévèrement affectées par la pandémie, réclament l’aide des pouvoirs publics. C’est l’occasion pour l’Etat d’imposer des contre-parties, de soumettre son soutien à des conditions drastiques, qui dissuadent efficacement notre frénésie d’hypermobilité aérienne et réduisent les considérables émissions de CO2 que cela provoque. D’ailleurs, le télétravail qui se répand aujourd’hui à grande échelle (non sans pollution) nous montrera peut-être qu’on n’a pas toujours besoin de prendre l’avion … .

Cette pandémie doit nous pousser à changer de modèle, à repartir sur des bases différentes, plus solidaires, plus décentralisées, avec le respect de la planète en ligne de mire plutôt que la recherche du profit à n’importe quel prix.

Ainsi peut-être l’avenir se révélera-t-il plein d’espoir. Peut-être ne prendrons-nous plus l’avion à la première occasion (diminuant par là aussi bien la pollution atmosphérique que les risques de propagation mondiale des virus), préférerons-nous les produits locaux et les circuits courts (plus sûrs, surtout pour les biens alimentaires) et diminuerons-nous notre consommation effrénée … .

La crise, aussi dure soit-elle, peut aussi être une chance. Le renouveau de Pâques ?

Philippe Biéler

Ancien conseiller d’Etat (Vaud), Maracon

Communiqué 2020

Comptes 2019 : A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle – mais pas au détriment du climat

Après la présentation des comptes 2019 du canton de Vaud, les Vert∙e∙s se félicitent de la très bonne santé financière du canton. Les charges sont maîtrisées ce qui témoigne de la bonne gestion financière du gouvernement à majorité rose-verte. Étant donné la situation de crise sanitaire que nous vivons et ses conséquences économiques et sociales,  les Vert.e.s soutiennent l’attribution des excédents budgétaires à la lutte contre les effets du Covid-19. C’est en effet l’heure de la solidarité avec toutes celles et tous ceux qui sont les plus touché-e-s par les conséquences de cette crise. Il s’agira, en revanche, pour les Vert.e.s de veiller à ce que ces moyens financiers permettent de poser les bases d’une économie plus durable et résiliente. Car cette urgence ne doit pas éclipser celle climatique qui demande, elle aussi, des moyens financiers considérables, et dont les effets seront bien plus nocifs si rien n’est fait pour l’éviter. Les Vert.e.s veilleront aussi à ce que l’indispensable solidarité Canton-communes également mise de côté puisse se matérialiser le plus rapidement possible.     

Les Vert∙e∙s se réjouissent que le canton bénéficie toujours d’une très bonne santé financière, permettant notamment d’employer les écritures de bouclement pour soutenir entreprises et indépendant-e-s souffrant particulièrement de la crise liée au Covid-19. L’heure est désormais à la solidarité et il est indispensable que le Canton assure ce soutien. Les Vert.e.s demandent cependant que ce soutien ne prétérite pas plus encore notre capacité à répondre à l’urgence climatique, mais contribue à un nécessaire basculement de notre économie vers plus de durabilité et une sortie des énergies fossiles. La relance ne doit pas nous projeter droit dans le mur. Ce n’est qu’en privilégiant les circuits courts, les productions et les modes de vie moins polluants, ainsi qu’en préservant la nature et la biodiversité, que nous pourrons préparer notre économie et notre société aux menaces qui planent sur elles à plus long terme.

Les Vert∙e∙s sont également satisfait-e-s de constater qu’un financement pour le Plan climat (initialement annoncé pour avril puis reporté à l’été en raison de la crise) reste assuré. Ils regrettent cependant qu’une partie des excédents des comptes 2020 ne soit pas déjà employée à la lutte contre le réchauffement climatique. L’urgence est bien réelle, et le temps pour agir compté. Il s’agira de s’en rappeler lors du bouclement des comptes 2020, car si la crise actuellement provoquée par le Covid-19 est exceptionnelle, l’ampleur de la catastrophe pourrait encore être démultipliée si rien n’est fait rapidement et de manière volontariste pour enrayer le déclin croissant de la biodiversité et les effets toujours plus impactants du réchauffement climatique.

Les Vert∙e∙s appellent aussi à une résolution rapide des négociations Canton-communes afin que ces dernières puissent continuer à assurer leur rôle de proximité essentielle avec les habitant-e-s du canton et s’engager également en faveur de la transition écologique.