Interview
- Béatrice Métraux, qu'est-ce qui a motivé votre engagement en politique?
- Ma sensibilité politique s'est formée au cours des 25 ans que j'ai passés dans le nord de la France, à Roubaix, près des mines, des terres et des rivières souillées, d'un air pollué, et à moins de 100 km de la centrale nucléaire de Gravelines. C'est là que j'ai pris conscience de la nécessité de protéger l'environnement.
Au début des années 80, j'ai épousé un ingénieur forestier vaudois et je me suis établie en Suisse. J'ai beaucoup appris de mon mari et de sa famille, une famille paysanne du Gros-de-Vaud, qui défendait les forêts, les terres, le paysage... Mais je n'avais guère le temps de m'occuper de politique, entre ma carrière professionnelle de juriste et l'éducation de nos trois fils. Ce n'est que dans les années 2000, lorsque j'ai été un peu plus disponible, que je me suis inscrite chez les Verts.
- Quel a été votre parcours professionnel ?
- J'ai un diplôme de droit de l'Université de Lille. J'ai complété mes études à l'Université de Lausanne, puis j'ai été engagée à l'Office fédéral des réfugiés pendant deux ans. Ensuite j'ai travaillé pendant 16 ans à l'Institut suisse de droit comparé. J'ai aussi effectué plusieurs missions au Sénégal, au Rwanda et au Mali. Et depuis quelques années, je suis au service de la Fédération des sociétés de fonctionnaires du Canton de Vaud, où j'ai été engagée comme juriste et qui m'a élue récemment à sa présidence.
- Et comment êtes-vous devenue syndique de Bottens?
- Je suis entrée à la Municipalité en 2002. J'ai été réélue en 2006. Et depuis cette année, je suis syndique. J'aime ce village et ses habitants. J'ai à coeur de défendre et de développer la qualité de la vie de ce coin de pays. À la Municipalité, j'ai mis en place l'Agenda 21, la semaine de la mobilité, des actions pour les personnes âgées. J'ai aussi exigé qu'on respecte les règles d'aménagement du territoire. Pour moi, le respect du droit est essentiel. Je n'ai jamais accepté de fermer les yeux sur une construction illégale. Les lois sur l'aménagement du territoire sont favorables à l'environnement; elles doivent être appliquées de la même manière pour tout le monde.
- Pourquoi vous présentez-vous au Conseil d'Etat contre le candidat UDC?
- Je crois que l'UDC, aujourd'hui, n'a plus sa place au Conseil d'Etat. Il faut que les membres de l'équipe gouvernementale s'entendent sur les valeurs fondamentales, les valeurs républicaines, qui leur permettent de dialoguer entre eux. Les Verts partagent ces valeurs, alors que la nouvelle UDC, qui a fait de la xénophobie son fond de commerce, s'en écarte. Elle est devenue un parti d'opposition. Avec une verte et sans UDC, le Conseil d'Etat gagnera une capacité de décision plus rapide dans les domaines où nous sommes en en retard, comme la qualité du service public, la prise en charge des plus défavorisés, la politique familiale, la sécurité, l'équilibre du développement territorial, la stratégie de sortie du nucléaire ou la protection du milieu naturel.




